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Locarno | Le Blog de la RTSR
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La TSR et le festival de Locarno ( 3-13 août 2011)

Le festival de Locarno, c’est une présence dans les journaux télévisés : l’information au quotidien. Ce sera un « Tapage nocturne » le 14 août à la fin de festival : l’amorce d’une synthèse. Mais ce sont aussi sur les écrans de Locarno dans les différentes sections neuf co-productions TSR, sur les quelques deux cents films qui seront proposés aux « festivaliers » des salles et de la piazza grande.

En compétition

Olivier Père, pour sa deuxième année à la direction du festival, a retenu vingt films pour ce qui reste tout de même la section la plus importante d’un festival, sa compétition. Encore qu’à Locarno la programmation sur la « Piazza Grande » et ses huit mille place potentielles soit importante, et pour le retentissement de la manifestation, et pour ses finances. Or en 2011, sur les vingt films de long-métrage en compétition, trois sont suisses entièrement ou partiellement. Du jamais vu ? A tout le moins du rarement vu ! Il en va d’une année de cinéma comme d’un vin : les millésimes ne se ressemblant pas forcément. Mais peut-être cela tient-il aussi au dégustateur, Olivier Père ayant bien senti que son attention au cinéma suisse devait sortir renforcé d’une première année de contacts.

Et c’est ainsi que seront en compétition les trois films ci-dessous, présentés avec une image et le texte qui accompagne leur présence sur le site de la tsr.

VOL SPECIAL de Fernand Melgar (documentaire)

En Suisse, plus de 200′000 personnes vivent jour après jour la peur au ventre : à tout moment, elles risquent de se retrouver en prison sans avoir commis le moindre délit. Elles peuvent finir ligotées, menottées, bâillonnées et renvoyées chez elles de force par vol spécial. Pourquoi ? Pour l’unique raison que ces personnes sont des sans-papiers. Pour comprendre les enjeux des renvois forcés et les conditions dans lesquels ils se déroulent, le cinéaste s’est immergé plusieurs semaines dans la prison de Frambois à Genève, l’une des anti-chambres des vols spéciaux.

MANGROVE de Frédéric Choffat et Julie Gilbert (fiction)

Une plage isolée sur la côte sud du Pacifique. Au bout de la plage, la mangrove. Une jeune femme européenne revient avec son fils après plusieurs années d’absence. Mais peut-on faire la paix avec les fantômes du passé ?

ABRIR PUERTAS Y VENTANAS ( Absences) de Milagros Mumenthaler (fiction)

Trois sœurs, Marina (21), Sofia (20) et Violeta (18) se retrouvent à vivre seules dans leur maison familiale de Buenos Aires, suite au décès de leur grand-mère qui les a élevées. Elles essayent tant bien que mal de vivre cette période de transition et d’incertitude. Violeta disparaît un jour avec son homme sans crier gare. Le vide laissé par cette absence se ressent dans la demeure ; la relation entre Marina et Sofia devient difficile et accentue leur vulnérabilité et leur tristesse.

Tourner ailleurs

« Mangrove » est tourné dans un petit village du bord de mer sur le Pacifique au Mexique. « Absences » se déroule en Argentine. Dans une certaine mesure, tourner dans un centre de requérants d’asile qui sont en attente de l’exécution d’une décision de renvoi, situé dans le canton de Genève, c’est vivre dans un ailleurs dur à supporter.

Un court-métrage, « Chasse à l’âne » de Marie Nicollier, participe au concours interne de la section « Léopards de demain” Il a été tourné au Japon.

Trois japonais goûtent de la viande d’âne chez leur ami boucher. Conquis par la saveur de ce plat exotique, les trois hommes décident d’acheter Igor, le petit âne, pour le déguster. Dans les rues marchandes de Komoro, les trois comparses jubilent de leur projet gourmand. Mais à la vue d’une crèche de Noël en vitrine, un doute les assaille : l’âne, au côté de Jésus, est-il sacré pour les chrétiens ? Abattre et dévorer Igor s’avère plus difficile que prévu.

Voilà qui confirme l’importance des tournages de films suisses hors de nos frontières. Un hasard ? Un exode volontaire ? Le désir de s’en aller voir ailleurs pour de ne pas faire un film en Suisse ? Une fuite devant les réalités nationales ?

On peut même ajouter encore un exemple, « Romance » de grand animateur Georges Spitzgebel, puisque le théâtre de son récit se situe dans un avion, qui n’est pas un territoire national.

Un passager se retrouve assis à côté d’une charmante jeune femme. Une courte histoire romantique, deux points de vue sur un même voyage en avion. Deux regards en suivant la forme du scherzo de la sonate pour piano et violoncelle de Serge Rachmaninov.

En programmation spéciale, il faut noter un hommage à Claude Goretta avec « L’invitation », « La Dentellière » et «La Provinciale », complété par « Bon vent à Claude Goretta » de Lionel Baier.

Avec ou sans Berne

Les deux sources de financement du cinéma suisse sont la Confédération d’une part, la TSR en ce qui concerne la Suisse romande de l’autre. Cela fait tout de même un nombre honorable de millions, sans lesquels le cinéma suisse serait encore plus discret. Pour la souplesse et la rapidité dans les décisions, la TSR supérieure à Berne.

Est-il juste d’écrire que tous ou presque des films soutenus par Berne le sont aussi par la TSR, alors que tous les films soutenus par la TSR, surtout s’il s’agit de la relève, ne le sont pas forcément par Berne ?

Je ne sais pas répondre à cette question. Je vais la poser à quelques interlocuteurs. Donc, on y reviendra. Peut-être !

Vincente Minnelli

Avec un vaste ensemble de films de Vincente Minnelli, Locarno renoue avec les grandes rétrospectives. A coup sûr, un des sommets de la manifestation qui se poursuivra ensuite à la cinémathéque de Lausanne.

Locarno, 62ème: presse, télé, radio!

Alors, Locarno, du 5 au 15 août, c’était quoi, cette année, m’a demandé le cinéphile qui, d’un lointain voyage en Islande, ne revient pas bronzé, mais apaisé? Pour lui, j’ai découpé des textes dans des journaux. Et il saura trouver sur internet échos télévisés et radiophoniques.

Populaire et de qualité exportable

Tissé comme désormais chaque année: un tapis usé mais rouge de colère contre la section du cinéma de l’OFC. Le virus de l’empoignade sévit. Le trio Pascal Couchepin, Jean-Frédéric Jauslin, Nicolas Bideau reste calme. Le ministre bientôt sortant de la culture complète la cible posée devant le cinéma suisse, être «populaire et de qualité» d’un «exportable» pas très facile à atteindre.

Un léopard d”honneur pour le ministre de la culture sortant de charge. Une plainte en bonne et due forme contre l’OFS et sa section du cinéma ? Que les juristes se penchent là-dessus un peu plus que dix minutes, en bottant juridiquement en touche.( Photo TSR)

Long tapis rouge pour FM

Long tapis rouge devant Frédéric Maire, des Arts et Lettres de France, avant le festival, au début du festival, pendant le festival, à la fin de festival et bientôt encore en prenant le train avec Manuela Maury: après quatre ans de force tranquille, il quitte Locarno pour la cinémathèque qu’il rejoindra depuis Corcelles. Le bilan artistique est bon. Frédéric mérite que ce soit dit.

Pour Michel Piccoli, pas de tapis rouge : une photo noir/blanc suffit pour saluer un tout grand acteur du cinéma (dwillement - rsr)

Festival décevant mais indispensable

Pour «Le temps» incontournable, le bilan du festival comprend: palmarès contestable, programmation de la Piazza décriée, rétrospective Mango boudée, baisse de fréquentation, pas assez de jeunes. Du gris dans le tapis rouge! Mais un édito intitulé «Pourquoi il faut défendre le festival de Locarno» prend place sur la même page. Plus loin un «arrivederci» amical suivi d’un aimable «bienvenue» à Lausanne sont adressés à FM! Et Locarno doit être défendu contre les longues dents d’un festival de Zurich qui veut faire rimer glamour avec glamour en demandant à Roman Polanski de succèder à Sylvester Stallone. Polanski, nous l’avions raté pour un rendez-vous avec les participants de «Cinéma & Gioventu» au début des années soixante, alors qu’on découvrait son «Couteau dans l’eau» qui d’aucuns tentèrent d’interdire à notre jeunesse festivalière.

Un monstre à peu près cubique venu d’ailleurs domine la Piazza Grande et le public. (Photo dwillemin - rsr)

Info «manga» et «anime»

Enfin, tout de même, un «genre» de cinéma aura bénéficé d’une vaste information, le «manga» japonais, l’ «anime» quand il s’agit de films, trouve quelques envoyés spéciaux très attentifs à cette «exposition» (dans «Le monde» par exemple, «L’hebdo», ou encore «Le Temps» même avant le festival). On y apprend que les créateurs japonais et leurs partenaires se sont rendus nombreux à Locarno.

Shoko Nakagawa, pop star pokémon (dwillemin RSR) Le phénomène “pokemon” fait évidemment partie du manga. Il servit, sert et servira encore de parent du substitution pour les parents sur occupés ou débordés par l’attrait pour leurs enfants pour ces pokemons souvent considérés comme trop envahissants - une bonne affaire commerciale aussi !

Et la compétition ?

Tapis rose pour quelques films, à partir du 10/11 août. Petite priorité pour la compétition. Mais le jury n’a pas suivi les parieurs. Parmi un cinquantaine de papiers découpés, films soulignés en rouge : pas beaucoup de couleurs! Mais le rouge monte après le palmarès.

Radio et télévision.

La télévision et la radio? Tapé sur chacun des sites, dans la case recherche: «Festival de Locarno 2009». Télévision: une liste d’une trentaine de sujets apparaît, dans le désordre temporel, contenu résumé. Quelques réalisateurs parlent de leur film dont on découvre des extraits. Radio : une vingtaine de citations, sans mention du contenu. Donné du temps à l’écoute : ce pourrait bien être là la source d’infos la plus complète sur les films

Arnaud et Jean-Marie Larrieu réalisateurs du film Les derniers jours du monde (dwillemin RSR) De leur film passé à Locarno, peu de choses durant le festival. Beaucoup plus depuis quelques jours: il vient de sortir en France et est annoncé en Suisse romande.

 Ces remarques ne prétendent pas établir un classement entre presse, radio et télévision. Chaque média choisit son chemin pour parler d’une même manifestation et compte répondre aux besoins de ses clients. Chaque client devrait savoir formuler ses exigences et à partir de là, faire ses choix? On peut appartenir au groupe pour lequel les vraies vedettes d’un festival de cinéma sont les films qui ne restent pas au tapis!

Un grand petit événement: «Les Yeux de Simone»

Un film au moins aura été splendidement accueilli par la presse romande: «Les yeux de Simone» de Jean-Louis Porchet, consacré Pierre Blondeau, l’animateur aveugle des rencontres de Pontarlier, qui continue de savourer des films grâce à son épouse Simone qui lui raconte doucement les images à l’oreille. Sept minutes qui devraient faire son chemin, à tout le moins francophone. En tous cas, une belle idée.

A suivre

1/ Les films en compétition à Locarno ont souvent été très mal diffusés en Suisse. Et les films du palmarès n’ont de tous temps pas tellement été mieux traités. Pourquoi ? Nous tenterons d’y répondre prochainement en ouvrant une fenêtre sur une forme de diffusion à mieux explorer.

Dyana Gaye réalisatrice du film Un transport en commun. (dwillemin RSR) Moyen métrage de quarante-cinq minutes, impossible à exploiter sur grand écran (trop court pour un long et bien trop long pour un court qui accompagnerait un long!). Oui, mais co-produit par Arte, on pourra voir à l’automne ce “Transport en commun” africain dont Thomas Sotinel a dit grand, très grand bien dans “Le MONDE” du 12 août 2009.

2/ La sélection suisse pour les Oscars d’’Hollywood va prendre chemin vers le Jura dès cette année. Une bienvenue tentative de décentralisation.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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