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Articles avec le tag ‘cinéma’

Au tour des « quartz » suisses

L’hiver est saison favorable pour qu’un pays seul ou un groupe fasse la fête à son propre cinéma. Viendront ensuite les centaines de festivals internationaux. Cela intéresse-t-il le grand public ? La réponse devrait être plutôt oui. Voici pourquoi.

Films suisses et grand public

On aura beaucoup parlé de ce film lors de ses difficultés financières. Mais il est terminé : "Sennentuntchi" de Michael Steiner a déjà dépassé les cent mille spectateurs en Suisse alémanique. Qu'en sera-t-il en Suisse romande dans quelques semaines ? Ce film de genre "glauque" mérite l'attention.

« Le discours d’un roi », après les Oscars, revivifie son système nerveux. Le nombre d’entrées résiste bien après plusieurs semaines d’exploitation. Les trente-cinq films suisses qui briguent une dizaine de « quartz » à Lucerne ( 12 mars 2011 ) vont peut-être renforcer le lien entre les œuvres et le public ? L’ATS vient de proposer un assez long texte en se livrant au petit jeu des paris : c’est aussi un signe ! Michel Zendali, avant qu’il ne soit trop tard, aura découvert jeudi 10 mars ( TSR1) que le cinéma suisse se féminisait en pariant sur le duo Reymond/Chuat de « La petite chambre ». Nicolas Bideau, l’ancien chef de la section cinéma, fit des efforts pour la promotion de ces « quartz » qui vont peut-être contribuer à amener quelques spectateurs de plus devant certains films suisses. La cuvée 2011 à un mérite : plusieurs des candidats aux quartz sont déjà connus du grand public comme « La petite chambre », le «Sennentuntschi » de Michael Steiner, « Cleveland contre Wall Street » de Jean-Stéphane Bron. « Romans d’ados » de Béatrice Bakhti aura cumulé spectateurs et téléspectateurs.

Quarante mille spectateurs en Suisse romande, c'est un succès cinématographique. Certes, cela ne représente que le cinquième des téléspectateurs qui suivent chaque jour le "19:30". Mais on peut proposer un autre critère comparatif : admettons que la population de France soit trente fois supérieure à celle de la romandie francophone. Quarante mille romands deviendraient ainsi plus de un millions d'habitants de France. Un millions, c'est très honorable sur le grand écran.

Importance des co-productions avec la télévision

Les deux principaux fournisseurs de l’indispensable carburant pour qu’un film existe, l’argent nécessaire mais pas suffisant, sont la Confédération et la SSR, à petites dizaines de millions chacune. Sans la télévision et ses chaînes régionales, le cinéma suisse serait plus maigrelet, d’un bon tiers environ. Les trente cinq films de fiction, de documentation, d’animation, longs ou courts-métrages, « nominés » lors des Journées de Soleure ont reçu en janvier quelques milliers de francs, parfois en petites dizaines : un arrosoir apprécie ! Dix quartz honorifiques sont décernés à Lucerne. Dix des trente-cinq nominés ont été co.-produits par la TSR. C’est proportionnellement beaucoup plus que la place de la TSR dans le paysage audiovisuel suisse.

All That Remains, de Pierre-Adrian Irlé, Valentin Rotelli. L'histoire de deux voyages, deux légendes, quatre destins croisés.

La nuit du cinéma suisse

Sur le petit écran, écouter quelque discours, énumérer des titres, faire attendre le nom du vainqueur, le voir monter sur scène, l’entendre remercier les uns et les autres ne fait pas passer une soirée bien folichonne, ni en Suisse, ni même à Paris ou Hollywood. Mais la TSR a concocté un choix de films alléchant pour que cette nuit du cinéma suisse soit séduisante dans la variété de ses propositions.

LAND OF THE HEADS de Barras et Cédric Louis

Avant minuit, deux films d’auteur qui furent aussi des succès commerciaux, le « Home » d’Ursula Meier puis « Les faiseurs de Suisses »( 1978) de Rolf Lissy qui n’a pas complètement perdu son actualité politique et son humour. Peu après les douze coups, un document d’intense rigueur, consacrée à une traductrice de romans de Dostoïevski. Puis ce sera un primeur sur le petit écran, les cinq courts-films de la sélection de 2011 : mais qui sera encore devant son petit écran à 01h45 ? Peut-être ceux qui connaissent de réputation le sulfureux « A vos marques, prêts, Charlie », une pochade d’esprit pornographique avec Mélanie Winiger : il sera alors 02h40 ! Salut les galopins !!

Cinéma suisse : pourquoi tant de haine ?

Le film, empêtré dans les lieux communs et les détails qui gênent, nous ramène aux heures grises du cinéma suisse. C’est hélas une catastrophe. Un scénario qui se perd à force d’égarer le spectateur. Ces plans fixes, si plaisants ou poétiques soient-ils, n’ajoutent rien à l’histoire. Une mise en scène purement illustrative, une photo bâclée, des acteurs livrés à eux-mêmes. Il vaudrait mieux dominer le récit. Pour le moment, il a sans doute davantage à montrer qu’à exprimer. Un projet (qui) devait avoir un certain potentiel pour convaincre un vieux briscard comme le producteur zurichois Hans-Peter Fueter.

Impasse du désir de Michel Rodde : fusillé par haine !

D’abord, on n’en est pas à un détail près : Peter-Christian devient Hans-Peter ! Et puis, lu où ? Nulle part : ceci est un collage de phrases authentiques qui viennent d’un peu partout. Elles datent de 1969,1970, 1974 ou 2010. Elles sont tirées d’un mémoire de licence d’une étudiante neuchâteloise construisant à Lausanne un discours critique autour du nouveau cinéma suisse dans les années soixante/septante. Elles concernent des films comme « Charles mort ou vif » et « Le milieu du monde » d’Alain Tanner, « Sauvage » de Jean-François Amiguet, « Impasse du désir » de Michel Rodde. Elles auraient très bien pu être dirigées contre « Les vilaines manières » ou « Quelques jours avant la nuit » de Simon Edelstein. Pour compléter la liste, on pourrait faire quelques recherches dans certaines déclarations de l’ancien responsable du cinéma suisse transféré en diplomatie. Elles sont signées Georges Bratschi, dans la « Tribune de Genèvc », Antoine Duplan dans « L’Hebdo », Norbert Creutz dans « Le temps ». Dans un supplément du quotidien, « Sortir », « Impasse du désir » est classé 48ème sur cinquante par Creutz, son confrère Thierry Jobin lui accordant la lanterne rouge au cinquantième rang d’une liste recouvrant deux/trois mois. Les années passent : une certaine critique lémanique reste fidèle à elle-même.

Sauvage de Jean-François Amiguet : fusillé par haine !

Et encore, parfois l’écrit se trouve en retrait de déclarations orales exprimées entre quatre yeux ! Tous les films cités ont reçu le soutien de la TSR. Mais on peut, on doit se demander : pourquoi tant de mépris ? Pourquoi tant de haine ? Sans savoir répondre !

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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