Game Of Thrones : huit de « der »

(Illustrations prochaines)

De « Games of Thrones », en huitième saison, ce sera bientôt la vision de la sixième et « der(nière) » partie, le lundi 20 mai 2019. L’enveloppe où je conserve les textes consacrés à cette imposante série devient de plus en plus épaisse. « GoT » atteint une haute marche qui inscrit la série dans le milieu du haut de gamme : un huit sur neuf au maximum .

Une histoire d’ « Huskies »

 Lu dans le « Matin-Dimanche » ( 12 mai 2909) un texte consacré au monde canin, celui des « huskies » : des refuges américains sont actuellement suroccupés de manière inattendue par des chiens de cette race. Séduits par « GoT », des Américains achètent d’exquis chiots sans bien savoir qu’adultes, ceux-ci aimeront courir à fond de train cinq à huit kilomètres par jour, manifesteront une forte attirance pour la fuite, en général sans retour. Si bien qu’un refuge pour cinquante bêtes doit en accueillir quatre fois plus ! Voici un effet secondaire inattendu de l’attirance de certains téléspectateurs pour cette race canine présente dans « GoT »

Sur ce « Blog de la RTSR », une recherche faite en tapant « Games of Thrones » rappelle que, entre 2013 et 2016, existent une demi-douzaine de textes, complétée par quatre mises en ligne récentes. Peut-être serait-il intéressant de relire le tout pour en faire un amorce de dossier, curieux que je suis de savoir si mes réactions d’aujourd’hui confirment celles d’hier.

Il ne devrait pas y avoir de doutes sur le côté BlockBusker (BB) de la série, sur la réussite du spectacle, son élégance formelle, la richesse de l’ensemble de ses personnages regroupés par familles, associées chacune à un Etat.

Je n’aurai été téléspectateur assidu que de la dernière saison, happé par la promotion puissante faite autour de celle-ci. Des saisons précédentes, je n’en avais que picoré que quelques épisodes. Arrivé au terme de cette série, certains éléments sont devenus clairs.

Rien à voir avec une saga respectant l’Histoire. Il s’agit d’une œuvre de pure imagination, qui se déroule hors du temps, autrement dit sans s’interroger pour savoir si tout cela se déroule dans le passé, le présent ou le futur. L’auteur des textes initiaux, George R.R.Martin raconte une histoire basée sur de multiples lieux et personnages qui dépasse un récit brillant aussi vite oublié qu’à peine vu.

L’approche littéraire

On peut tenter une approche littéraire du travail de R.R.Martin, s’interroger sur ses sources, direction Tolkien et « Le seigneur des anneaux » reconnue, permettant de faire des comparaisons aussi audacieuses que plausibles avec certaines œuvres Shakespeare ou du Maurice Druon des « Rois maudits ». intéressant, mais n’allons pas plus loin dans ce sens.

Voici pourquoi je ne suis pas un vrai « fan » : j’ai pris le train déjà en marche. J’ai dès lors perdu du temps à savoir qui est qui, à quel royaume aux noms fugaces chacun appartient, ayant peine à comprendre disposition des lieux et l’organisation des Etats. Pour tout comprendre, il aurait fallu lire des résumés avant d’entrer dans l’épisode suivant pour en avoir assez sur ce qui allait se passer sans rester en bord de route à regarder la série comme le public des tours cyclistes s’intéresse à une caravane publicitaire. Ce léger malaise me laissa parfois pressentir que j’étais en train de passer à côté de quelque chose d’important….

Recours à trop de violence

 Le recours à la violence peut souvent apparaître comme excessif. On a l’habitude, au cinéma, de voir des hommes s’entretuer sans se poser trop de questions. Mais que des femmes, parfois, en fassent autant, cela finit par troubler, surtout quand interviennent des scènes de contacts amoureux, certaines conduisant parfois au plaisir partagé, d’autres plus souvent proches du viol ! Alors que je commençais à savoir comment répondre à mes propres questions reflétant des doutes, je suis tombé sur un texte de Daniel Cohen, Directeur du département d’économie de l’Ecole normale supérieure paru dans L’OBS du 09.05.2019. L’auteur écrit clairement ce que j’aurais probablement écrit beaucoup plus maladroitement. Mieux vaut dès lors avoir la sagesse mâtinée d’honnêteté de passer par la citation :

GoT (..) offre un formidable lexique de l’Amérique (de Trump) : une politique du chaos pour affirmer son pouvoir ; une forme de refus obstiné d’assumer une responsabilité collective dans le bien-être du monde, à l’exception de celui de ses électeurs ; l’obsession de construire un mur pour se protéger des autres, à l’image de celui qui est censé protéger le royaume de Westeros de la menace des morts-vivants ; et des malheureux humains, les Sauvageons, pris en étau entre deux mondes comme les migrants d’aujourd’hui….

 Je ne résiste pas au plaisir de citer aussi ces quelques lignes qui inscrivent GoT dans le monde contemporain en passant d’Obama à Trump : C’est bien Obama que Trump veut « tuer », en adoptant en toutes choses un point de vue contraire au sien : sur le climat, l’Iran, Cuba, les traits nucléaires, la santé…

 Et en guise de conclusion, ceci enCore : Beaucoup plus subtiles que les hommes généralement balourds à l’exception d’un nain et d’un eunuque, les femmes font espérer que Martin n’a pas renoncé à nous sauver du monde machiste, trumpien, qu’il a créé. Réponse dans (quelques jours) pour la série et dans un an et demi pour Trump.

 Il est juste d’inscrire GoT comme une fable du monde contemporain.

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