« Double vie » : proche du haut de gamme!

Où se situe vraiment  « Double vie », une série de six épisodes d’environ cinquante minutes chacun, conduite par la RTS en majoritaire face à son partenaire de la RTBF : entre le « 6 » du haut de milieu de gamme et le « 7 » du bas  du haut!  Pas loin de la meilleure série de fiction que fut « Dix » en 2010 sous l’entière responsabilité de la RTS, bien installée dans le bas du haut de gamme avec un bon « 7 »

Une série passe par de multiples étapes avant d’être offertes aux téléspectateurs :

+ l’idée de base

+ le principe de la couverture du budget

+ l’écriture du scénario avec dialogues

+ la consolidation du financement

+ les préparatifs du tournage, avec repérages des lieux et choix des interprètes

+ le tournage proprement dit, pour l’image et une partie des sons

+ le montage de l’image et du son avec la musique

+ la promotion

+ la projection sur la  chaîne productrice, suivie d’un éventuel bilan

+ la carrière nationale au moins et éventuellement internationale

Scène de tournage

Pour les cinq heures de projection de « Double vie », le budget tourne autour de trois millions de francs, cinq cent mille francs, dix mille francs la minute. La majorité du financement de « Double vie » a été assumée par la RTS, le solde à charge d’un co-producteur belge (RTBF). Cette série reflète donc bien la volonté affirmée par le patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand, qui veut privilégier, contre les vents et marées des difficultés financières, ces séries qui contribuent aussi à « raconter » un pays à travers des histoires portées par des personnages. Ces dernières années, la RTSR aura accompli un tour de Romandie cantonal dans l’espoir de plaire à chacun.

L’intérêt d’une co-production

L’idée de base consiste à reprendre une série belge existante et à adapter à la sauce romande lieux et personnages. Il serait peut-être intéressant, un jour plus ou moins lointain, de montrer cette série belge aux téléspectateurs romands. Elle prendrait sans douleur la place d’une américaine de bas de gamme. S’ouvrir à la fiction de plusieurs pays producteurs est une bonne démarche pour la diversification des programmes.

La diffusion internationale

Il va de soi que la co-production assure le passage de la série dans au moins le pays partenaire. Il va peut-être trop de soi qu’une série soit seulement  destinée au seul public de la zone de diffusion. Dépasser le « local » ( donc ici la Suisse Romande) est chose importante. Vendre une série à d’autres chaînes permet d’assurer quelques ressources financières qui peuvent être réinvesties dans d’autres projets.

Il y a mieux encore, en procédant à des échanges. On peut mettre à disposition d’une chaîne la série non pas contre monnaie dite sonnante et trébuchante, mais en lui proposant de « payer » le passage en fournisssant au pays d’origine une série du pays acheteur. C’est ainsi qu’une série de trois heures par exemple permettrait d’occuper six heures d’antenne sous cette forme d’échange. Ceci revient donc à disposer de deux séries pour le prix d’une. Mais cette forme d’accord est-elle souvent pratiquée ?

Quand la RTS assure

 Au fur et à mesure du temps qui passe, la RTS apprend à mieux maîtriser différentes étapes du long processus qui va d’une idée à la diffusion du produit fini. Le coût final d’une série semble bien respecter le budget.

Le coût d’une série comme « Double vie », d’environ trois millions, offre des occasions de travail à des comédiens, des techniciens romands. On a parfois déploré une timide présence de comédiens suisses, mais il est plus facile de se tourner vers Paris que vers Zürich, pour d’évidentes raisons qui commencent par la diction. Mais dans l’ensemble, les rôles sont bien tenus, parfois avec une sorte de timidité.

Les « rivales »

La RTS maîtrise bien différentes phases techniques mais aussi créatrices comme le montage, la sonorisation avec mise en place de la technique, aussi bien que l’étalonnage.

Les séries romandes de ces dernières années sont bien filmées en images souvent belles et limpides. Les interprètes s’en tirent assez bien avec leurs personnages. Peut-être qu’il faut parfois un peu trop s’en aller chercher certains acteurs hors des limites de la Suisse romande, plus souvent à Paris que Zurich. Les sons sans la musique ne posent pas de problèmes. Les collaborateurs de la RTS avec des externes maitrisent bien la phase du montage et ce qui s’y attache, la présence sur la bande sonore de la musique, l’équilibre lors de l’étalonnage.

Une réponse à to “« Double vie » : proche du haut de gamme!”

  • Jean-Bernard Busset:

    Cette série est en effet d’excellente qualité. J’ai malgré tout quelques doutes quant au scénario: Les deux premiers épisodes sont vraiment excitants, la situation mise en place est vraiment hors du commun et là on se dit que la série va atteindre des sommets ! Hélas, la suite des autres épisodes devient beaucoup moins attrayante. Une suite de petites histoires pas toujours en lien avec l’événement principal, comme si on se forçait à prolonger l’intrigue sans y apporter de nouvelles surprises à la hauteur des premières séquences.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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