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Le sport envahissant

 Les sports, depuis les débuts du « mondial » de football il y a plusieurs semaines déjà, se sont emparés de l’antenne au point de transformer RTS Deux en une presque demi-chaîne sportive dès lors qu’ils s’installent aussi aux heures de grande écoute, entre 18 et 23 heures ou aux alentours de midi. S’agit-il d’une impression conforme à la réalité ? Il est même arrivé, parfois dans l’après-midi, d’avoir du sport sur les deux canaux. Certains sports dits « secondaires » occupent aussi une place importante sur internet.

Pas forcément « glorieux », ces membres de la « Nati », après le Suède-Suisse : souvenir d’il y a déjà quelques semaines (photo RTSsports)

Incontestablement, on vient de passer par une période sportivement bien remplie, avec football, tennis, cyclisme, athlétisme et ce regroupement de six championnats européens à Glaskow et à Berlin. Les commentateurs ne manquent pas une occasion de remercier le nombreux public de sa fidélité, comme s’il fallait fournir la preuve que la RTS remplit parfaitement son mandat de service public en étant une des rares chaînes, sinon la seule parmi les généralistes, à y si largement accueillir de nombreuses manifestations sportives sous la forme du reportage le plus souvent possible en direct. L’argent domine de plus en plus les compétitions-spectacles sportifs : le direct n’est pas le meilleur moyen pour entreprendre une réflexion à ce propos. A la RTS, la réflexion sur le sport se fait plutôt rare, alors que la presse écrite y consacre parfois autant de place qu’à la description des compétitions.

Sur le bout du doigt de notre gardien, l’un des grands d’Europe, à juste titre (photo RTSsports)

Qui a pris la décision de donner une telle place aux sports ? Serait-ce le milieu politique qui accorde les concessions ? Il s’agit probablement d’une décision interne de la SSR-SRG pour l’ensemble des canaux nationaux porteuse de belles parts de marché, un critère quantitatif important pour « mesurer » le « succès » d’une émission. Mais comment mesure-t-on la qualité ?

Trop de sports ?

Sommes-nous vraiment si nombreux et tellement fidèles au service des sports comme on nous le répète un peu trop souvent à l’antenne ? Pour cela, il faut croire sur parole les commentateurs contents d’eux. Il ne serait pourtant pas difficile de fournir, en partie au moins, des « preuves » de ces succès en donnant plus d’informations sur les parts de marché mesurées à l’audimat. Sur ces mesures en principe scientifiquement rigoureuses, la SSR-SRG  comme la RTS font régner l’ombre d’une étrange discrétion.

Ce qui suit est un « aveu » : ces lignes ne sont pas rédigées par un ennemi du sport, loin de là. Il est évident que chaque téléspectateur regarde le petit écran aussi pour se distraire, pour laisser vagabonder son cerveau au gré des sons et des images d’un spectacle plaisant qui ne demande pas une trop grande attention ni une intense activité intellectuelle. Je suis un grand consommateur de sports, content par exemple de découvrir la beauté et l’élégance des duos mixtes de plongeurs ou profondément ennuyé par les coups assénés à une petite balle qui doit finir par tomber dans un trou creusé dans l’herbe verte!

Confortablement installé dans une position horizontale, j’ai vu au moins quelques minutes de toutes les rencontres du récent « mondial » de football. En cours de direct, et ceci vaut pour presque tous le sports, les « temps morts » existent, parfois nombreux. A mon âge, il est trop tard pour apprendre à ne rien faire. Je ne sais pas comment endormir mes neurones quand un footballeur se roule de douleur avant de se remettre à courir joyeusement comme vif lapin.

Exemple d’un « temps mort » : une roulade de Neymar
(Photo RTSsports)

Après avoir parcouru chaque dimanche le seul « Matin » qui apporte encore de solides marges à son éditeur, je continue de lire d’abord certaines des pages consacrées au sport, n’importe lequel !

Ayant ainsi réglé mon compte avec ce « trop-plein » de sports, il conviendra prochainement de s’interroger aussi sur ce que la télévision en direct apporte dans sa dimension spectaculaire et distractive à travers quelques exemples.

Tous les buts

 Depuis de longs mois déjà, la RTS propose en une dizaine de minutes « tous les buts » en football ou en hockey-sur-glace. L’image de ce survol est assurément intéressante : un beau but c’est en effet un beau but, et un but bizarre, c’est aussi un but. Oui, mais une émission de télévision est faite d’images, de sons et parmi ces sons de la parole du ou des commentateurs. Pas de parole dans ce montage rapide dominical. Seulement les réactions d’une foule qui salue les réussites, dans un élan sonore qui semble tourner en boucle, presque toujours le même !

Un bel arrêt de Lloris, gardien de l’équipe de France. Donc ceci n’est pas un « goal » ( Photo RTS sports)

Des images intéressantes, des sons qui se ressemblent, que l’on aperçoive des gradins vides ou bien occupés. Mieux vaudrait oser le muet….

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Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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