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Après « No billag » : budget réduit et personnel menacé!

Les illustrations de ce texte rendent un premier hommage à une « Web-Série »très attendue, présentée en ouverture du NIFFF, à Neuchâtel, le 6 juillet 2018. Elles donnent une idée de son ambiance visuelle. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

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Gilles Marchand reçu par « L’Obs »

 Dans l’édition   du 28 juin 2018 de l’hebdomadaire français L’OBS, le patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand, participe à un « grand oral » proposé par l’excellent hebdo de la gauche française modérée, sur trois pages mais avec grande photo. Fort intéressant de lire les déclarations de Gilles Marchand, adaptées à un autre public que celui de notre pays. On finit par y apprendre ou deviner plein de choses intéressantes.

Il s’explique en particulier fort bien sur la campagne « No Billag » telle quelle aura été menée par une partie des collaborateurs, les journalistes à l’antenne. Durant la campagne, consignes ont été données aux collaborateurs de « ne pas être excessif, ne pas se ruer sur les réseaux sociaux. Toute notre argumentation repose sur le fait que les Suisses ont besoin de la SSR, qui offre une information correcte ». Il souligne ensuite le rôle particulier dévolu aux journalistes qui apparaissent à l’antenne : « L’entreprise doit se défendre en restant calme, professionnelle, solide, et demander à ses journalistes de bien traiter ceux qui veulent leur disparition…. Je ne souhaite cela à aucun dirigeant. »

Les journalistes ne sont pas les seuls collaborateurs d’une entreprise de télévision mais ils sont, eux, fort bien connus du grand public puisqu’ils apparaissent à l’antenne. Pour beaucoup, le « 19h30 » est le journal de Darius Rochebin alors qu’ils sont en coulisses plusieurs dizaines à préparer l’émission sans que l’on connaisse ou retienne des noms qui défilent parfois rapidement dans des génériques.

Durant la campagne, ce sont ces anonymes, souvent avec leur association professionnelle syndicale, qui se sont engagés dans de nombreuses localités de Suisse romande, et cela durant des semaines. J’aurai pris plaisir à rencontrer à Neuchâtel deux de ces collaboratrices anonymes pour leur offrir une rose en guise de remerciements pour leur présence dans une petite ville de province loin de leur lieu de travail, mais pourtant proche de leur passé.

En cours de la campagne « No Billag », le conseil fédéral avait décidé de faire passer la redevance des ménages de 450 francs en vigueur à 360 environ dès 2019. Cette décision a certainement joué un rôle dans la décision de rejet à près de 70 % de « No Billag ». Mais on n’a pas beaucoup, alors, évoqué les conséquences de cette promesse de campagne. Et ce ne fut pas là le seul remerciement reçu pour leur déplacement en « lointaine » province.

Un réveil pour le moins amer

Le réveil est, en cette fin du mois de juin, plutôt amer. Comme l’annonce « Le Temps » du 29 juin 2018, La SSR en cure d’austérité dans le sillage de « No Billag ». Apparait en public ce qui était connu dans les coulisses de l’entreprise, une bonne partie de son personnel s’étant aussi tristement penché depuis plusieurs semaines sur les problèmes qui allaient surgir de cette austérité.

La situation est relativement claire :

Economiser cent millions par année

Durant les quatre prochaines années, la SSR-SRG doit diminuer son budget de cent millions de francs. La RTS y contribuera pour un montant de 15 millions. Cette diminution de moyens est directement provoquée par la prochaine redevance d’un franc par jour.

Supprimer 250 postes de travail

 Parmi les mesures prises, l’une d’elles inquiète tout particulièrement le personnel, surtout celui resté dans l’ombre pour battre la campagne de « No Billag », ceux donc du « hors-antenne » : 250 postes de travail seront supprimés, ceci en grande partie dès 2019. On peut admettre qu’un poste de travail revient en moyenne à cent mille francs par année à l’entreprise, toutes charges comprises. Cela fait donc une économie de 25 millions par année, pour l’ensemble du pays.

Toujours dans des survols d’ordre de grandeur, ceci : la SSR-SRG offrir six mille postes de travail. Si en moyenne les collaborateurs travaillent durant trente ans, cela fait 200 départs naturels chaque année, 300 donc en une année et demi.

Il est donc possible de renoncer à tout licenciement dit « sec » en une année et demi. Reste qu’il faudrait arriver à comprendre comment il sera possible de fabriquer plus de temps d’antenne avec un peu moins d’argent et un peu moins de personnel. A force de raboter un petit peu ici et là, on finira bien par abaisser le niveau la qualité de l’offre. A Chaque tour de vis un petit peu, cela finira bien par se voir !

Réinvestir 20 millions, entre autres dans la fiction

Il faut aussi mettre en évidence une décision intéressante qui atténue la poids de l’économie annuelle de cent millions. En vérité, la diminution de moyens ne sera que de 80 millions, puisque vingt millions seront consacrés à des propositions nouvelles. Sur les cent millions, vingt vont être consacrés à l’amélioration de certains secteurs à l’autre. On évoque, par exemple, à Zürich, la suppression de coûteux divertissements de fin de semaine.

Une grande partie de ce transfert viendra financer la réalisation de séries de fiction, qui permet de s’insérer dans un mouvement mondial propre à l’audiovisuel. Décrire un pays, c’est aussi raconter des histoires avec des personnages mis en scène qui racontent autrement que par l’information type « Temps présent » ou « Mise au point » et autres émissions romandes de premier rideau aux téléspectateurs ce que sont les Suisses et ceux qui vivent en Suisse, comme ces secundos, par exemple, qui enfilent à la nati quelques très beaux buts qui déplaisent tant à Mme Rickli. La création audiovisuelle à travers la fiction, c’est aussi une composante d’un pays par son imaginaire.

En réalité, la diminution de budget s’élèvera donc à 80 millions de nos francs avec un réinvestissement de 20 millions dans des secteurs nouveaux, dont un ancien, la fiction, amélioré.

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PS I : Dans une prochaine intervention, nous reviendrons sur ce problème des séries suisses, domaine dans lequel il se passe plein de choses intéressantes maintenant déjà, qui n’ont pas de rapport direct avec les conséquences indirectes de la belle victoire contre « No Billag ».

A la RTS une web-série,  « Le 5ème cavalier », sera présentée en première mondiale au NIFFF à Neuchâtelle vendredi 6 février lors de l’ouverture du festival à 19h00 et 21h15

Le montage d’une série de six épisodes, « Double vie » de Bruno Deville vient de commencer ( à découvrir fin 2018, début 2019).

Une première image de « Double vie » (RTS)

Le tournage d’une autre série, « Helvetica », sous la direction de Romain Graf, vient de commencer dans la capitale fédérale. ( à voir dans le deuxième semestre de 2019 ). Nous y reviendrons….

PS II : Il faut aussi signaler que la série tournée à la DRS, « Private banking » vient d’être présentée le jeudi 29 juin 2018 par Arte, curieusement en version française, ce qui lui aura valu une large présentation dans le journal « Le Monde » qui ne s’intéresse guère à ce qui se passe en Suisse. Avec l’appui d’ARTE, cette série de la DRS est ainsi prise en compte au niveau international, même avant que quelques millions supplémentaires soient déplacés vers la fiction. Nous y reviendrons…..

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Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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