Une seule médaille ? C’est la cata !

Dimanche 20 février 2011, dans « Les sports » du jour, en plus de l’ « Etoile des neiges » évocatrice d’une chanson – mais pour quelle(s) génération(s) ? – on fait le bilan, en ajoutant la méforme de Silvan Zurbriggen. Une déception de plus en ski alpin !

Une théorie par service

Quelques minutes plus tard, au « 19 :30 » à l’audience hénaurme, voici une petite phrase ou deux, ton sinistre si possible et visage triste : « A Garmisch-Partenkirchen, c’est la cata » Une seule médaille ! Les journalistes sportifs viennent de tenter de dresser un bilan de la réalité des championnats du monde de ski alpin et proposent quelques justes nuances. La présentatrice du TJ commente dans le sens du vent qui porte la cata. Parlent-ils du même événement ? Chacun suit son chemin

La présentatrice commente dans le sens du vent... qui porte la cata !

Maudite quatrième place « chocolatée »

Précision indispensable : il ne s’agit pas des championnats du monde. La « cata », c’est le résultat des suisses. Une seule médaille, juste, mais pas n’importe laquelle, une d’argent gagnée, pas d’un d’or perdu ! Lucide, le sportif « âgé » du Val-de-Ruz.. Dans presque chaque pays participant, c’est une rencontre internationale où l’on a le regard coincé sur son équipe. Cette fois, c’est notre tour : la cata est helvétique. Pensez donc, une seule médaille. Vrai, pour qui accepte de ne compter que l’or d’abord, plus l’argent, enfin le bronze. On rejette la quatrième place d’un méprisant chocolat dont on prétend pourtant en autres milieux qu’il a vertu érotique, le chocolat ! Un championnat du monde, c’est comme une course d’un jour unique, même sur quinzaine étalée. Une parenthèse dans la saison, avec skieurs dans le rôle des rois mages !

Des dirigeants très optimistes

Les dirigeants du ski suisse annoncèrent une récolte de six médailles. Les entraîneurs, employés des précédents, n’osent pas les contredire. Les multiples médias ne vont pourtant pas rabattre les joies annoncées !. Et les skieurs ? Ils n’ont par le choix : il faut confirmer. Raté ! Oubliés, les deux qui ramassent une bûche en fin de course une médaille déjà pendue au cou. Oubliés les quatre quatrièmes rangs, chaque perdant séparé par trois dixièmes du podium. Trois dixièmes ? Moins de dix mètres dans une descente de trois kilomètres à cent à l’heure. Un centième de seconde ? Trente centimètres !

L’or d’abord

La cata ? Et si c’étaient ces effets d’annonces qui cachent le charme de la compétition ! Chaque jour ou presque, on publie un classement sur un critère simple : d’abord le plus grand nombre de médailles en or, puis à égalité, le nombre des médailles en argent, procédé une fois encore répété avec le bronze.

Le pays qui ne récolterait qu’une seule médaille d’or est ainsi mieux classé qu’un rival obtenant quatre d’argent et six de bronze ! Pas très significatif !

On pourrait nuancer cette sécheresse en attribuant à l’or un coefficient supérieur à l’argent, lui même supérieur au bronze, et en continuant, par exemple jusqu’aux quinze premiers (en Formule1 sauf erreur) ou trente (coupe du monde de ski). Le classement mesurerait alors la valeur d’une saison dans son ensemble, et pas seulement quelques courses concentrées sur une courte période.

Comparaisons dans le temps

Intéressante, assez souvent, la présence de consultants qui furent de bons skieurs et savent lire le travail des participants. Mais il leur arrive de faire remarquer des détails qui restent difficiles à saisir, un effet de carre, une manière d’entrer dans une porte. Bien entendu, sans les temps affichés en permanence, verrait-on une différence entre les meilleurs ? Pas certain. Souvent on entend dire que les écarts qui séparent les premiers sont de plus en plus petits. Est-ce exact ? Ne pourrait-on pas aussi, plutôt que de rappeler la carrière des participants, revenir sur une course d’il y a 75 ans, puis 50, puis 25 et enfin d’aujourd’hui et de donner la proportion de ceux qui se trouvent dans la même seconde ? On comprendrait peut-être ainsi pourquoi les meilleurs sont de plus en plus nombreux. Mais est-ce le cas ? Bref, suivre l’évolution d’une compétition dans le temps permettrait d’ouvrir une porte sur l’histoire d’un sport. Et pendant ce temps, les techniciens trouveraient un moyen de mieux faire sentir la raideur d’une pente.

Et puis, mieux comprendre un sport pris comme divertissement, c’est peut.-être aussi savoir l’apprécier mieux.

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