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Ondes de choc

Nouvel événement sur RTS1, ( 21 février 2018) : en premier rideau, à une excellente heure d’exposition – 20h10 – présentation du premier numéro d’une collection, « La Vallée » de Jean-Stéphane Bron, l’un des quatre réalisateurs d’équipe de « Bande à part ».

Jean-Stéphane Bron, Lionel Baier, Frédéric Mermoud, Ursula Meier

Lors d’un entretien conduit par Jacques Pilet, pour « Bon pour la tête », Gilles Marchand, désormais patron de la SSR-SRG, a assez clairement mis en avant la nécessité de donner meilleure place à la fiction pour « raconter » des histoires de notre pays. On aura dans les semaines qui viennent suffisamment d’occasions pour apporter différentes pièces au dossier de l’espoir d’une accélération créatrice à travers la fiction.

« Ondes de choc » est une collection qui repose sur une démarche commune : à partir de faits divers dramatiques qui se sont produits en Suisse romande, les quatre réalisateurs et leurs équipes ont pu proposer leurs réactions face à ces événements en laissant place aussi à leur imagination.

La vallée ( mercredi 21.02.18)

La réalité sert donc de tremplin : en 2010, des jeunes Lyonnais débarquent en Suisse pour y voler des voitures de luxe. L’affaire tourne mal.

« La vallée », un film de Jean-Stéphane Bron Avec Ilies Kadri. Copyright : RTS/Philippe Christin

Mais notre première approche va d’abord rester générale : comment la notion de « collection » s’inscrit-elle dans la création audiovisuelle contemporaine. Sans la moindre hésitation, la collection peut être considérée comme une forme qui tient des exigences de la série. Pour mémoire, la série unitaire ( un sujet traité dans chaque épisode en principe par certains personnages récurrents) et la série récurrente (un même récit se déroule durant l’ensemble des épisodes) occupent de nombreuses heures de diffusion, en journée ou même parfois très tardivement. A première vue, la série récurrente est plus ambitieuse que la récurrente, dès lors qu’elle fait appel à la fidélité du spectateur.

La collection, qui n’est pas une idée nouvelle si elle reste plutôt rare, a parfois été mise en valeur, par exemple par ARTE.

« Boomerang » de Nicole Borgeat

 Raconter des histoires d’ici ? On peut même partir de deux personnages qui échangent leurs personnalités, un politicien aux idées xénophobes et une demandeuse d’asile kurde musulmane qui se réveillent dans la peau de l’autre pour aborder avec une réelle sensibilité le problème de l’émigration.

« Boomerang » entre dans une ligne assez traditionnelle de téléfilm. Il est encore possible de voir le film jusqu’au 9 mars 2017 :

https://www.rts.ch/fiction/9189813–boomerang-un-film-de-nicole-borgeat.html

Le « groupe cinq »

Plus, en remontant dans un passé tout de même lointain, on peut citer deux exemples au moins qui se sont développés en Suisse romande vers la fin des années 60 du siècle dernier, le « Groupe des Cinq » et « Quatre d’entre elles ».

Au début des années 70, Alain Tanner, Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange, qui se sent tous « auteurs » de films, dans le sillage mondial des nouvelles écoles nationles ( les nouvelles vagues en France et en Tchécoslovaquie par exemple) proposent au directeur d’alors de la RTS, René Schenker, de mettre à leur disposition un budget qui permet de construire une co-production parfois ambitieuse.

René Schenker,(1920-200) ancien directeur de la RTS (1958-1973 puis de la RTSR ( 1973-1985)
( Photo RTS)

Voici deux références sur le site de la RTS

https://www.rts.ch/archives/tv/culture/cinema-vif/7947728-le-groupe-5.html

https://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

Quatre d ‘entre elles

Peu avant, quatre réalisateurs de courts métrages, au milieu des année 65, qui arrivent à tourner des courts métrages, faute de trouver des moyens de financements qui n’existent pas encore –l’aide fédérale à la fiction date de la fin de années soixante – Claude Champion Francis Reusser, Jacques Sandoz et Yves Yersin- tournent chacun un court-métrage faisant le portrait d’une femme, « Sylvie » 16 ans, « Patricia » 22 ans, Erika, 31 ans, Angéle,72 ans, en un collectif « Milos-films » ( en hommage à Milos Forman dont « L’as de pique », léopard d’or ). Les quatre films, regroupés en un long-métrage, « Quatre d’entre elles » fait très correcte carrière nationale et même internationale, tiré par sa meilleure partie « Angéle » d’Yves Yersin. C’était déjà une forme de collection, permettant à quatre courts métrages de bénéficier des portes mieux ouvertes sur grands et petits écrans à la durée du long-métrage. Les trois premiers parties durent 26 minutes ( deux fois treize ) et le quatrième ( 39 mn, trois fois treize) : la collection d’alors tenait ainsi de la mini-série.

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Bien entendu, nous allons être très attentifs à la collection « Ondes de choc »

+ La Vallée – Jean-Stéphane Bron ( 21 février)

+ Sirius –Frédéric mermoud ( 14 mars )

+ Journal de ma tête ( 4 avril )

+ Prénom : Mathieu ( 25 avril )

Il y aura donc encore des textes autour de cette « collection »…

2 réponses à to “Ondes de choc”

  • Bonjour,
    Votre article sur les dernières productions RTS est très intéressant.
    Vous citez Gilles Marchand sur la nécessité de donner meilleure place à la fiction pour « raconter » des histoires de notre pays.
    Suite aux prises de paroles de Gilles Marchand, directeur de la #RTS sur le débat #NoBillag où il affirmait être ouvert aux pistes d’amélioration de la RTS, ce blog développe quelques réflexions concernant la place laissée aux acteurs suisse ou domiciliés en Suisse dans les films de fictions produites par la RTS.
    La RTS dans le domaine de la fiction affiche son soutien au cinéma suisse sur son site internet:

    « Le désir de la RTS est de proposer de grandes histoires originales, qui se démarquent de l’offre de fiction internationale. Des séries qui portent l’empreinte de notre région, à la fois par leur ancrage, leurs paysages, mais aussi par leurs interprètes. »

    J’aimerais connaitre votre avis concernant mes réflexions sur le casting des productions de fiction à la RTS:
    http://quoi-encore.over-blog.com/2018/02/les-fictions-de-la-tsr-sont-elles-representatives-de-notre-culture.html

    De même concernant le financement des fictions RTS et ses contraintes:
    http://quoi-encore.over-blog.com/2018/02/cinema_suisse_financement_et_contraintes.html

    Meilleures salutations

    • Je viens, aujourd’hui seulement, de lire attentivement les deux textes que vous citez dans votre réaction au sujet que j’ai traité le 21 février dernier.

      Je n’étais d’ailleurs pas intervenu sur mon blog ces dernières semaines.

      Vous avez raison arithmétiquement sur la présence des acteurs « romands » dans les fictions romandes, y compris celles de la RTS. Je ferai allusion à ce problème ce soir même lors d’une séance du comité de la SRT-NE.

      Et j’aurai l’occasion d’y revenir dans mon blog, sans savoir encore quand.

      Je vous remercie de votre réaction en regrettant que ma réponse soit un peu tardive.

      Cordialement
      Fyly

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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