« Quartier des banques » : sur quatre axes

 Avant même de voir le premier épisode, un point très positif a déjà été mis en valeur : on quitte l’ambition cantonale du Tour de Romandie pour s’ouvrir à la co-production avec la RTBF. ( cf « Quartier des banques ? Mérite d’être vu ! » en ligne depuis le 12.11.17).

« Quartier des banques » est majoritairement suisse. La réciproque conduira certainement à une série majoritairement belge avec participation suisse romande minoritaire. La RTBF a tout de même un peu d’avance sur la RTS, aussi bien en quantité qu’en qualité : il suffit de rappeler l’existence de récentes séries belges comme « Beau Séjour », « La trève » ( saison 2 en cours de tournage), « L’ennemi public » ( saison 2 aussi en projet) pour s’en convaincre. Elles sont appréciées dans plusieurs pays, mais ce n’est pas sur la RTS, sauf erreur, que nous les avons rencontrées.

Pour mémoire, « L’ennemi public » : Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud), enquêtrice efficace au passé mystérieux (Photo RTBF)

Les considérations qui suivent reposent sur une vision des trois premiers épisodes sur ordinateur personnel et d’une vision partielle lors du passage à l’antenne de deux premiers épisodes le jeudi 16 novembre 2017.

La série s’engage donc sur quatre axes :

1/ une saga familiale, celle des Grangier sur trois générations, enfants compris

La « Reine-mére » chez les Grangier ( Brigitte Fossey – photos RTS)

2/ une enquête d’esprit policier conduite surtout par Elisabeth qui ne croit ni à l’accident, ni à la tentative de suicide de son frère encore à l’hôpital dans le coma

3/ le fonctionnement d’une banque privée avec les flux d’argent qui vont et viennent, en particulier ceux d’une inquiétante cliente russe qui porte sur un bon nombre de millions

4/ les conséquences de la fin du secret bancaire sous la pression américaine, puisque nous sommes en 2012.

Le titre, « Quartier des banques », ne donne guère d’idée de ces quatre axes.

Sur chaque axe, on pourrait ou il faudrait s’interroger sur l’écriture, le jeu des acteurs et leur présence, sur la mise en scène qui se termine au montage pour finaliser l’organisation du récit. Mais peut-être est-ce s’imposer un trop complet chemin d’approche.

Laura Sépul (Elisabeth Grangier) et Féodor Atkine (Maître Bartholdy) : personnages forts interprétés par d’excellents acteurs…

Tout réside donc dans le poids de chacun des axes. Force est tout de même de constater, probablement dès l’écriture, que la saga familiale et l’enquête « policière » occupent plus de place, d’une manière assez lisible en général , que les flux d’argent et la disparition du secret bancaire. En même temps, les scènes « familiales » sont mieux conduites que les celles d’actions.

Détour par Berne

Une partie relative au secret bancaire est traitée au niveau fédéral, en particulier par des déplacements à Berne. La séquence de la rencontre avec une conseillère fédérale est assez peu crédible. On avait vu un « vrai » conseiller fédéral dans l’introduction, y compris alors qu’il faisait une déclaration. Fausse piste : difficile de penser même un peu à Mme Widmer-Schlumpff. Séquence peu crédible !

C’est évidemment se prononcer sur un choix fait déjà dans la phase d’écriture en regrettant que le secret bancaire et les flux financiers soient tout de même assez peu abordés alors que la saga familiale et l’enquête « policière » sont assez longuement traités et fort bien conduits. On en sait plus ainsi sur la famille et l’enquête que sur le fonctionnement d’une banque et la fin d’un secret qui aura fait le bonheur financier de « la » banque suisse.

Cette remarque qui reflète un regret personnel porte probablement sur des options faites au moment déjà de l’écriture.

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