Serpent venimeux inattendus….

 ((Temps de lecture : environ trois minutes. Les images sans légende qui illustrent ce texte proviennent du site de France 4))

J’ai une sorte d’allergie aux serpents, parfois avec une amorce presque physique de froid dans le dos en en voyant l’un ou l’autre en mouvement sur le grand écran d’une salle comme le petit d’un salon ( Suivre la télévision sur un téléphone portable n’est pas possible.. puisque je continue de vivre sans portable !).

Cela vient de très loin, de l’enfance, d’une rencontre sur une route avec un serpent dont j’imaginais qu’il était dangereux, courageusement écrasé, puisque ce devait être une vipère, avant d’apprendre que j’avais occis un pacifique orvet ! Quel lien entre cet « meurtre » gratuit et inutile et l’allergie à l’image de n’importe quel serpent ? Ce sentiment désagréable, à la vue de l’image de n’importe quel serpent, subsiste.

Au hasard du « pitonnage »

 Ce samedi 19 août 2017, il y avait « Les coups de cœur d’Alain Morisod » (RTS1), des « Voice kid » ( TF1), les exploits de « Fort Boyard » ( France 2), « NCIS » ( M6) ! J’ai failli, comme souvent le samedi, passer un début de soirée avec le sujet historique d’ARTE, toujours porteur d’un potentiel informatif qui permet de ne pas éprouver le sentiment d’avoir perdu son temps. Mais je n’ai pas résisté à la tentation de savoir si mon « froid-dans-le-dos » à la vue de serpents persistait. France 4 proposait une mini-série en rafale, quatre numéros de quarante minutes environ avec comme titre « Les dix serpents les plus dangereux » à découvrir au Costa-Rica, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud et en Chine. Ce ne fut du reste pas un succès d’audience en France, à peine une part de marché de 1.3%, équivalent à 226.000 personnes ( source www.toutelatele.com qui affiche dans la matinée les audiences du jour précédent- pas en Suisse, en France !).

Territoire non desservi !

Oh miracle personnel : pas le moindre frisson dorsal ! Une émission magnifique, qui rend même presque supportable la rafale de quatre épisodes alignés les uns après les autres. Trois heures de suite avec, dans chaque pays, le dix plus dangereux serpents venimeux. A un détail près : vu seulement trois serpents de Chine, le dernier apparaissant fort tardivement à 23h40.

Je me proposais de voir la fin le lendemain, grâce aux reprises. Chose faite dimanche matin : « Pour des raisons de droits concédés à France Télévisions, cette vidéo n’est pas disponible depuis votre position géographique. Qui est le responsable de cet accès impossible ? Le détenteur des droits qui veut pouvoir vendre son produit en Suisse ? La RTS qui, ayant acheté les droits, ne veut pas se faire brûler la politesse par le voisin? Mais à qui donc s’adresser pour connaître le réponse ? A la médiatrice de la RTSR, pour porter plainte contre ce qui revient à une interdiction d’accès à une émission proposée par une chaîne généraliste d’un service public étranger ? Reste à faire un autre contrôle : par le « replay qui permet de tout revoir sur son propre téléviseur. Contrôle pas encore fait lors de la mise enligne de ce texte

Nigel Marven, un vrai « conteur »

Il faut alors dire le pourquoi de ce qui fut cette surprise conduisant à un véritable plaisir. Voici un autre souvenir lointain, celui d’André Voisin, de l’ORTF, qui animait une émission, « Les conteurs », donnant la parole à des « anonymes » habités par leur don de raconter leur vie, leur quotidien, avec leurs mots, leurs accents, leurs rythmes. Nigel Marven, producteur de télévision et zoologiste, aurait très bien pu être l’un de ces conteurs parfaitement à l’aise pour employer le verbe qui presque sans interruption appuie sa présence.

Il y a donc le Verbe, précis dans l’information sur les caractéristiques de chaque serpent parfois découvert sous nos yeux à l’aide d’un crochet habilement manipulé. Il exprime, dans sa langue maternelle, l’anglais, son admiration lucide pour la beauté des animaux qu’il montre. La traduction en français respecte respecte la diction de la langue originale.

Des plages contemplatives

La construction de chaque épisode respecte le parti-pris initial, montrer dix serpents venimeux, remontant du dixième au premier, du moins au plus dangereux. Des arrêts permettent de résumer la situation et d’ouvrir des parenthèses contemplatives. Puisque certains reptiles se nourrissent d’oiseaux , voici certains d’entre-eux. La tête de ce serpent ressemble à celle d’une tortue, on en rencontre une vraie. Une vipère aux couleurs vives est accompagnée d’un dicton populaire : rouge sur jaune tue la faune.

Nigel Marven emporte l’adhésion parce qu’il parle bien de ce qu’il aime transmettant ainsi son plaisir. Un conteur parle de ces reptiles qui font parfois « froid-dans-le-dos », avec des images fascinantes autant que belles. Il se met en scène avec son enthousiasme qui ne nuit pas à l’information scientifique. Des moments rares offerts par le petit écran…..

Les commentaires sont fermés.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Derniers commentaires
Catégories
Archives