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« Tour de France » : encore en 2023!

(Temps de lecture, entre deux et trois minutes )

 « Bonne nouvelle », selon un communiqué de la SSR-SRG, paru le vendredi 21 juillet 2017 : en 2023, la SSR-SRG et ses unités d’entreprises pourront encore et toujours diffuser un direct le « Tour de France » et un bon nombre d’autres grandes classiques du cyclisme en Europe.

Une petite phrase peut retenir l’attention : Les parties ont convenu de ne pas divulguer les détails des contrats. Autrement dit, ne posez pas une question pourtant intéressante : combien çà coute ? C’est France télévision qui assure l’image et le son direct qui lui est associé pendant la course. Et comment cela se passe-t-il entre l’entreprise qui produit les images et celles qui les reprennent dans le monde entier?

Warren Barguil, un français à pois pour faire plaisir  aux Français en 2017 (Source: RTS sports)

Le cyclisme, une longue tradition

Est-ce là chose importante? Avec qui « Unit Sport SSR » signe-t-elle ces contrats discrets, via l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER)? C’est un motif de satisfaction d’Adrian Ehrbar, responsable de « Marketing et Communication Business Unit Sport SSR »:

«Le cyclisme en Suisse jouit d’une longue tradition et occupe une place importante dans l’offre Sport de la SSR. C’est pourquoi je suis ravi que nous puissions continuer à faire vibrer notre public suisse en direct devant le Tour de France et toutes les grandes classiques.»

L’étape Pontarlier-Verbier en juillet 2009 : une présence suisse évidente! (Source : RTS sports)

Faut-il vraiment en passer par la SSR pour « vibrer » durant le Tour de France ? Les responsables des sports de la SSR-SRG font bien leur travail d’administrateurs de flux financiers discrets. Mais après ? Quelle est la contribution non-financière de notre télévision nationale à un événement comme le Tour de France? Il n’est pas évident d’offrir systématiquement le direct dont on comprend tout de même que cela se paie. Souvent l’apport se limite au commentaire, qui, lui, est fait « maison ». Il est clair qu’un tel commentaire  prend un poids différent puisque on se trouve dans un système où des Suisses parlent de Suisses ! Durant le Tour de France, peu d’occasions d’attirer l’attention sur des cyclistes suisses : Albasini et Kung sont apparus dans les dix premiers de deux des dernières étapes. Il serait surprenant de justifier les heures et les heures consacrées au « Tour » pour ces  rares apparitions!

Pas de Mont Ventoux en 2017, mais déjà Christopher Froome en jaune en 2013 ( source : France télévision)

Notons en passant que le Tour de France, c’est aussi la promotion de certaines marques. On sait que Tissot fabrique montres. Mais même en ayant vu beaucoup de maillots blancs portant les mots « SKY » ou rouges avec « AG2R », je ne sais toujours pas ce qui se cache derrière eux. Ce n’est pas grave.

Un journaliste et un consultant

Ainsi donc l’apport romand à ce direct cycliste réside dans le seul commentaire. II est intéressant dès lors de s’en aller pitonner entre différents directs pour comparer le travail des commentateurs. Avec son consultant Daniel Atienza, la RTS tient un bon collaborateur externe, tout aussi intéressant que ceux que l’on entend sur France 3 puis France 2 chaque jour pendant trois semaines. Une différence tout de même : France Télévisions peut faire intervenir pendant et après la course plusieurs autres invités, ce qui a un mérite d’ouvrir d’autres « regards » sur la course et ses rebondissements.

Triomphe du tourisme

Le tour de France c’est aussi l’occasion de faire de la promotion touristique au sens large, des paysages, des montagnes, des lacs artificiels mais aussi des bourgades, des belles demeures, de splendides châteaux, de monastères. France Télévision peut déléguer d’autres commentateurs hors course qui permettent tout de même de caresser l’oreille avec des dictions plus variées que celles du duo suisse.

Deux vainqueurs du Tour de France dans les années cinquante, Ferdy Kübler et Ugo Koblet. Oui, mais s’y trouvèrent-ils ensemble une même année ? (Source : RTS sports)

L’apport de la RTS au direct proposé par la SSR-SRG est donc réduit au presque au seul commentaire, apport modeste intéressant. La RTS n’introduit guère, à l’intérieur du direct, comme le fait France Télévision, des documents préparés à l’avance, hormis les indispensables plages publicitaires. Pitonner d’une chaîne à l’autre offre donc un peu d’agréable variété pour accompagner les mêmes images.

Tour de France ? Pas sûr. Mais pour le souvenir de Ferdy Küblier, vainqueur dans les années cinquante.. Jolie, la « topo » suiveuse… (source RTS sports)

Les commentateurs romands remercient souvent les téléspectateurs romands d’être fidèles à la télévision romande. Comment mesure-t-on cette fidélité? Il faut les croire sur parole.

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Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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