Temps d’antenne doublé pour « TTC »

 « TTC » lundi 22 mai 2017 et sur internet : voici quelques-unes des formules parlées ou écrites d’avant, pendant ou après l’émission: « Le duel Brabeck- Ziégler », « Emission spéciale », « L’internationale face à la multinationale », « Le grand patron de Nestlé face à l’homme de gauche qui voulait la Révolution », « Portraits croisés », « Un face-à-face inédit et en direct », 83 ans pour l’un et 72 pour l’autre, une émission de 57 minutes alors que « TTC » s’en tient habituellement à 27. Un événement ? L’eau mise à la bouche par l’allongement du temps d’antenne, une fois bue, était-elle rafraichissante ?

De gauche à droite : Peter Brabeck, Patrick Fischer, Jean Ziègler (Photos RTS)

Déroger à la rigidité d’un horaire qui accorde d’une semaine à l’autre assez exactement le même temps d’antenne lors d’une émission qui fait apparaître régulièrement les petites fourmis jaunes qui vont dans tous les sens, c’est de l’iconoclastie. Voici donc une bonne raison d’y aller voir et même revoir sur internet : la TSR change ses habitudes, ne respecte pas ses sacro-saints horaires, comme si une émission d’information retrouvait le temps de la liberté comme n’importe quelle banale rencontre du sport roi rassembleur.

Un dialogue, pas un duel

Le duo en marche et en coulisses

L’idée de l’affrontement était donc assumée. Un duel, historiquement, pouvait aller jusqu’à la mort ! Mais il n’y eut pas de vainqueur, ni même de blessé. Point n’était-on dans le sillage Marine (Le Pen) – (Emmanuel) Macron, battue par elle-même. Pierre Brabeck n’aura pas souvent fréquenté les plateaux de télévision lors que Jean Ziègler compte parmi ceux qui peuvent se vanter d’un bon score annuel depuis bien des années d’années. Qu’importe : l’un n’était là pour démolir l’autre, ni l’animateur pour arbitrer un match de boxe avec vainqueur par KO ou aux points. Ce fut très bien ainsi sans tomber dans la suavité de l’indifférence. Un dialogue, avec parfois des éléments d’une surdité probablement volontaire, aura remplacé le duel annoncé pour « titiller » le client en l’incitant à améliorer la part de marché habituelle de TTC. Il serait intéressant de savoir si ce TTC allongé a atteint une part de marché au-dessus de sa propre moyenne annuelle.

Le duo en noir-blanc

Pas 27 minutes, mais 57 : donc un événement, au point de faire regretter que cette sortie de routine ne soit pas plus fréquente. On risquait donc la bonne surprise, comme on devrait les aimer. On y aura entendu plein de choses fort intéressantes, entre autres que l’un et l’autre aura été attiré par l’Amérique du Sud, que les bonus du premier ne furent pas en espèces sonnantes et trébuchantes mais en actions qui reflètent la valeur de l’entreprise, que le dettes du second restent imposantes, qu’ils sont tout deux locataires, le second dans la maison de sa femme, etc

Documents préparés

 

 Une demi-douzaine de documents préparés à l’avance furent introduits dans l’émission, au détriment du direct, puisqu’ils occupèrent à peu près le quarante pourcent du temps d’antenne, ce qui est beaucoup pour une émission en direct. Pourquoi cela ? Pour apporter une valeur « spectaculaire » à l’émission ou un moyen de faire preuve de prudence, l’insertion du document permettant éventuellement d’éviter un dérapage durant le dialogue redevenu duel ?

Une improvisation sur « Macron » ?

On est en droit de supposer que la première question était improvisée, d’autant que la préparation de l’émission aura pris du temps pour obtenir l’accord de l’ancien patron de Nestlé : que pensez-vous d’Emmanuel Macron ? Que Jean Ziégler n’en pense que pis que pendre ne surprit point : un laquais de l’oligarchie ; le peuple français mené par le bout du nez, roulé dans la farine ; six millions de chômeurs, vingt millions de pauvres, c’est la faute à Macron, responsable de ces catastrophes ; tout cela était aussi dû à la presse qui a réussi à le faire passer pour celui de la rupture du système. Une telle intervention eut été excellent tremplin pour « Infrarouge ». Ce dérapage initial est resté sans conséquence. Pendant ce temps, un sourire de Peter Brabeck, amusé et calme.

«  TTC », durée allongée, donc hors de son schéma habituel, aura proposé un duel devenu dialogue d’un réel intérêt. Précieuse sortie de rout..ine.

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