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« Je ne suis pas votre nègre » : sur petit écran avant le grand

( Voir ci-dessous diverses remarques formulées le dimanche 30 avril 2017 )

Les émissions régulières sont organisées dans des cadres parfois très rigides. Il arrive pourtant que certains secteurs responsables de la programmation brisent ces cadres ou à tout le moins tendent à les bousculer. Un exemple : « 26 minutes » est en passe d’être adapté par la télévision de suisse alémanique, avec succès, en jouant entre autres sur le sous-titrage. Une expérience à observer.

D’habitude, une production pour le cinéma, même largement co-produite par la télévision, arrive d’abord sur grand écran pendant quelques semaines ou quelques moins avant d’apparaître sur le petit. Un spectateur qui paie sa place à l’entrée d’une salle contribue à financer tout la chaîne de l’industrie cinématographique (production, réalisation, distribution, projections). Cette priorité repose une approche financière légitime.

Raoul Peck, né  en 1963 à Port-au-prince, réalisateur, scénariste, journaliste, producteur de cinéma est un ardent défenseur des droits de l’homme (Photo Arte)

Avec « Je ne suis pas votre nègre » de Raoul Peck, apparition du film sur certains petits écrans, qui sera suivie d’une sortie en salles.

Projections récentes

 Lundi 21 avril 2017, RTS 2, 20 :35, heure d’excellente écoute.

Mardi 22 avril 2017, ARTE, 20 :50, heure d’excellente écoute.

C’est un document engagé, de colère parfois, du tristesse souvent, un cri aussi contre le racisme qui subsiste un peu partout, aux Etats-Unis, mais pas seulement, articulé autour de trois meurtres, ceux de Martin Luther King, Malcolm X et Medgar Evers, avec des textes et seulement eux de James Baldwin, dits par Joey Starr. C’est un très grand document; un document exceptionnel.

James Baldwyn, voix de Joey Starr ( Photo Arte)

Sur internet pendant sept jours

Jusqu’au lundi 1 mai 2017, on peut revoir le film sur le site de la RTS

https://www.rts.ch/play/tv/doc-du-lundi/video/i-am-not-your-negro-je-ne-suis-pas-votre-negre?id=8566983

Jusqu’au mardi 2 mai 2017, on peut revoir le film sur le site d’ARTE

http://www.tv-replay.fr/redirection/25-04-17/je-ne-suis-pas-votre-negre-arte-12354584.html

Les sous-titres en Suisse romande apparaissent en blanc. Ils sont en partie jaune sur ARTE, qui doit présenter le film en français pour les uns, en allemand pour les autres.

Sorties en salles

 En France, le film qui vient d’être diffusé sur ARTE sort dans les salles à partir du 10 mai prochain. Actuellement, on peut le voir à Genève ( Cinélux, Grütli) et à Lausanne (Zinéma). Peut-être ailleurs.

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(Dimanche 30 avril 2017 à 17h15)

Co-production avec la Suisse

Les génériques ne retiennent pas souvent l’attention des téléspectateurs. Il est tout à fait normal de signaler une présence suisse comme co-producteur d’un film qui est en plus en cours d’acquérir une belle reputation internationale, malgré sa haute exigence morale et formelle.

“Je ne suis pas un nègre”, produit par Velvet-Film, met en évidence une co-production entre ARTE France, la RTBF et la RTS, par son unité des films documentaires, Irène Challand et Gaspard Lamunière.La SSR-SRG, Sven Wäelti, est aussi associée à Close Up, société genevoise de Joëlle Bertossa. Il est normal de saluer ceux qui, en Suisse (comme ailleurs), prennent le risque de co-produire un document de haute valeur.

La présence de “Je ne suis pas un nègre” dans la case des “Docs du Lundi” est une première indication positive. La régularité d’une émission contribue à sa promotion. Sur cinq spectateurs qui suivent la RTS, un regarde RTS 2: l’audience n’est pas confidentielle vers 21h00!

Un étranger dans un village

Le lundi 24 avril 2017, la projection du film de Raoul Peck fut suivie d’un document de Pierre Koralnik, “Un étranger dans un village” ( 30 minutes environ) qui date de 1962. James Baldwyn s’est rendu dans un village valaisan au début des années soixante. Le document offre en alternance le visage de Baldwyn et quelques-unes de ses déambulations hivernales au cours desquelles il croise des habitants et s’attarde avec des enfants, sans qu’on saisisse leurs éventuelles conversations. En un français ciselé, en voix-off, Baldwyn s’interroge sur sa situation dans ce village, premier noir à s’y être longuement arrêté. On sent chez lui un malaise que l’on pourrait qualifier de respectueux pour prendre acte des différentes entre suisses et noir esseulé dans une communauté. Dans la deuxième partie, il se livre à des considérations sur la situation au Etats-Unis, beaucoup plus tendue que celle qu’il connaissait dans le village valaisan. Ce document tire des archives de la RTS peut très bien servir d’introduction à “Je ne suis pas un nègre”, qui prend en compte trois meurtres, ceux de Medgar Evers (1963), Malcolm x ( 1965) et Martin Luther King (1968).

Sam BALWYN dans « Un étranger dans un village » de Pierre Koralnik  (Photo RTS – 1962)

Soirée thématique escamotée

Les informations dont je disposais le lundi 24 avril, en partie reprises sur le site de la RTSR dès l’ouverture de la page d’accueil, et qui s’y trouve encore, furent suffisantes pour attirer l’attention sur le film de Raoul Peck. Mais rien n’attirait vers le film de Koralnik avec sa force constituant une forte et troublante soirée thématique

Une chaine de télévision généraliste comme la RTS ne peut pas(ou plus?) faire savoir qu’elle dispose d’un programme souvent intéressant. Et quand ce programme s’inscrit dans une ligne où la dimension culturelle est prépondérante, ce qui sous-entend souvent une audience en-dessous de la moyenne, les moyens manquent pour le faire savoir. Certes, les reprises sur internet durant sept jours permettent de se livrer à certains rattrapages.

Je ne suis pas un nègre (photo RTS)

“Coopération” et Arte

Dans l’hebdomadaire “*Coopération” du 25 avril, une page est consacrée à la télévision “en collaboration avec Swisscom TV”. On y attire l’attention illustrée sur une “percutante leçon d’histoire”, le film de Peck. Mais il n’y a qu’une mention, celle consacrée à son passage sur ARTE. Rien sur le lundi de la RTS : oubli étonnant. A qui la faute ? Bien sûr, à la rédaction du journal et à Swisscom TV.

Mais peut-être aussi un peu à la RTS dont le service de presse devrait pourtant pouvoir attirer l’attention sur des soirées qui sortent de l’ordinaire, comme certaines du lundi sur RTS2.

ARTE édite chaque semaine un magazine d’une trentaine de page qu’on trouve aussi sur internet. Dans son numéro 17, qui couvre la période du 22 au 28 avril 2017, en plus de l’image en couverture, on trouve des informations sur Raoul Peck ( pages 3 à 5 ) et une présentation du film ( pages 18 et 19).

Est-il vraiment indispensable de programmer le plus systématiquement possible films et documents sur la RTS avant leur passage sur un concurrent français? Parfois, les audiences modestes d’ARTE provoquent des sourires condescendants de responsables de la RTS. On en arrive à des centaines de milliers d’exemplaires de “Coopération” qui font le promotion d’un film qui a passé sur ARTE après la RTS ? Il y a quelque chose qui quelque part de joue pas dans la promotion des programmes romands…..

 

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