Get Adobe Flash player

Débats politiques

( Jeudi 6 avril à 09h45 ):Voir plus bas quelques considératons et comparaisons à propos du Temps de parole

(Samedi 8 avril à 17h45) : voir encore plus bas une réponse possible pur « Et les programmes? »

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Dégusté, aussi pour pouvoir faire certaines comparaisons, deux débats politiques :

+ Lundi 3 avril 2017, RTS 1 – Elections cantonales, pour le conseil d’Etat vaudois, sur un schéma déjà utilisé pour le conseil d’Etat de Neuchâtel, une centaine de minutes, de 20h35 à 22h15 environ.  Supportable !

+ Mardi 4 avril 2017, d’environ 20h50 – le temps de pitonner pour trouver BFM-TV qui n’est pas ma « tasse de thé » sur le canal 37 – à 01h00. Il fallait bien s’arrêter au milieu les « debriefings » demandant à un proche de plusieurs candidats ce qu’il pensait de son poulain – le meilleur, bien sûr. Près de 250 minutes. Presque du masochisme !

Le décor

 A la RTS,il est connu, en forme de U ou de V, deux groupes à la droite et à la gauche de l’animateur, en principe que tout oppose, pour tenir le OUI contre le NON ou la Gauche contre la Droite, le centre en général placé à droite, d’autant plus que prochainement Freysinger va laisser une place libre .. ou revenir l’occuper plus encore en force. Un décor d’affrontement pour un pays dans lequel le consensus est tout de même assez largement répandu, le conseil d’Etat sortant forme un bloc solide qui attend un ou une seul(e) petit nouveau, presque avec condescendance..

Pour la forme en U et V, avec le public décoratif passif ( Photo RTS – Cedric Vincensini)

Un décor d’affrontement au pays du consensus.

Paris : deux animatrices face à un cercle presque complet, donc en demi-O, avec onze petites tribunes, temps de parole mesuré pour chacun, les candidats placés dans un ordre qui mélange les places entre gauche extrème et droite de même – voir notre photo. Aurait-on recouru au hasard pour remplir les onze cases ?

Le « onze » en demi-O avant la finale (Photo BFM-TV)

Un décor consensuel au pays de l’affrontement gauche-droite

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

 Jeudi matin 6 avril à 09h30

Le temps de parole

RTS2

Les élections gouvernementales en Suisse romande passent sur RTS 2, la chaîne dont l’audience moyenne est largement moins bonne que celle de RTS1 : c’est une première indication sur l’importante accordée à une votation cantonale. Une certaine égalité de temps de présence semble bien exister entre les trois groupes d’invités, composée de quatre ou cinq personnes, avec mélange de sortants et de candidats nouveaux, sans trop évoquer d’égalité de temps entre-eux. Mesure-t-on, à l’intérieur des équipes, le temps de chacun ? Peut-être, mais sans le mentionner. Et l’on retrouve droite et gauche séparés. Mais le gouvernement vaudois fait presque équipe au-delà des partis face aux candidats !

BMFTV

Onze candidats, cinq « grands » et six « petits » : comment est-on parvenu à ce classement ? Il sort tout droit d’une sorte de moyenne des multiples sondages : on est « grand » à partir de 10 %, « petit » à moins. Pas question de marge d’erreur. Personne pour contester ce classement, somme toute logique. Sauf si les sondages se « trompent » !!!

Comment a-t-on procédé à BMFTV pour assurer légalité du temps de parole ? Là, çà se complique, à en devenir un élément même du décor.

Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, les animatrices du « grand » débat, pieds sur le frein plutôt que l’accélérateur! (Photo BFMTV)

Ce temps de parole par personne avait été annoncé avant même l’émission : 17 minutes. Ce qui fait un peu plus de trois heures. Le temps restant pour arriver aux quatre heures ? Une pub bien longue, et la parole utilisée par les animatrices Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, assez efficaces mais un peu ternes, parfois autoritaires pour imposer une partie des sujets préparés. Quand deux ou plus d’invités parlent en même temps, comment compte-t-on le temps de parole ?

17 minutes par personne. C’est ce dont disposent à peu près les quatre invités de « C’…à vous » chaque jour sur France 5. Ceux d’ »Infrarouge », ( RTS1, mercredi 5 avril vers 21h30), pour répondre à la question « Faut-il avoir peur d’Erdogan ?», à six, disposaient théoriquement de dix minutes chacun.

Un dispositif de mesure de chaque temps de parole donnait le situation de chacun parfois en cours de débat. Difficile de trouver autre chose pour établir une égalité théorique : on n’ira tout de même pas jusqu’à compter le nombre de mots prononcés par chacun !

Mais le système a ses limites dès lors que certains sont en retard sur la majorité. A partir de 23h00, à plusieurs reprises, des retardataires firent valoir ce retard en en profitant pour sortir du sujet ou allonger leur intervention. Il y eut même quelques instants qui tirèrent vers la « flibuste » à l’américaine : pour utiliser le temps de parole disponible, pourquoi pas en venir à ne rien dire… ce qui revient à faire du blablablablablabla…

L’égalité du temps de parole ne signifie pourtant pas que chacun produit le même effet dans le même temps. En fait, dans un tel débat, comment juge-t-on les invités ?

*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*=*

Et les programmes ?

Chacun des onze candidats eut donc un bon quart d’heure pour s’exprimer. Mais pour dire quoi ? Dans l’idéal, ce serait pour faire entendre son programme et/ou donner de bonnes raisons au « voter-pour-moi ». En réalité, que se passe-t-il ? On emploie plus de temps à mettre en cause le programme de certains autres que pour vanter les mérites du sien. Apparaît alors ce qui est le « dérapage » de la plupart des débats contradictoires. L’interprète prend le dessus sur le texte. Autrement dit, le comportement du candidat retient plus l’attention que ce qu’il dit. Les prises dites de bec prennent plus d’importance que les mots. Savoir « boxer » prend autant d’importance que d’encaisser et de répliquer. Comme si au théâtre ou au cinéma, le comportement de l’interprète était plus important que le sens de ses dialogues. On quitte ainsi l’affrontement des idées pour le spectacle du comportement de celui qui les met en scène.

Jean-Luc Mélanchon (Photo BFM-TV)

D’ailleurs, vers 00h30, dans les premiers « débriéfing », autrement dit dans une première « réunion-bilan » ou encore « séance d’évaluation », on y rendit hommage à celui qui avait été le plus brillant (Melenchon) ou avait le mieux répliqué (Macron). Ce résumé oublie les « petits candidats » qui apportent tout de même des idées et parfois des informations intéressantes au cours de leurs interventions. Mais il aura été question de Poutou pour son costume, son absence sur une photo et une assez brillante « diatribe »

 

Emmanuel Macron :a employé le mot culure(BFM-TV)

Pendant cette longue campagne présidentielle française, et ce n’est pas fini, on aura pris acte du résultat de dizaines de sondages, sans que soit mentionné un élément essentiel, la marge d’erreur, tout en sachant qu’il faut, bien entendu s’en méfier, et pris acte de multiples commentaires déplorant l’absence des programmes durant les affrontements !

Dans son édition du 18 mars, sur huit colonnes, « Le Monde » résumait à presque égalité de signes – entre 2.600 et 2.900 – les différents programmes des huit candidats qui avaient déjà obtenu les cinq cents parrainages validés par le Conseil Constitutionnel au 14 mars. Temps de lecture pour chacun d’eux : un peu plus de deux minutes. En tout environ vingt minutes, pour deux pages entières du journal. J’en ai après plus en vingt minutes sur ces programmes que durant plus de deux cents minutes d’affrontements sur le petit écran.

Juste en passant : dans le débat télévisé, aucune allusion restée en mémoire comportant le mot »culture ». Dans le journal, trouvé trois fois ce mot. Mais aussi rencontré « le port de l’uniforme à l’école ».

Et alors ? La grande émission de plus de quatre heures de BFM-TV avec CNNews a retenu en moyenne 6,3 millions de téléspectateurs pour 32 % de part de marché, ce qui est évidemment imposant, pic atteint vers 23h00. Ces indications confirment le succès de ce genre d’émission qui ne repose pas sur les programmes, des candidats, mais sur la mise en valeur de ceux qui les portent dans une dimension spectaculaire….

 

Les commentaires sont fermés.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Tags
Catégories
Archives