Le sport-roi, rassembleur et envahissant!

Avertissement: cinq mille signes ci-dessous, temps de lecture entre trois et quatre minutes!!! (Illustrations, en vue d’aérer le texte, tirées deRTSSport!)

 Au Roi, tout est permis. Y compris de mépriser ses sujets.

Le serpent de l’Engadine

Le samedi 11 février 2017, descente dames aux championnats du monde. Une couche de brouillard, sauf erreur connue sous le nom de «serpent de l’Engadine» traîne sur la piste, départ ainsi retardé d’on ne sait trop combien de temps! RTS Deux réalise alors un exploit de taille: de 12h35 à 13h35, un plan fixe (ou peut-être deux ou trois), un texte qui défile au bas de l’image, pour faire prendre patience. L’attente sera longue, sans un mot d’explication orale. Pas de sujet de réserve pour faire prendre patience. Mais qui était donc de garde, parmi les responsables du service des Sports, ce jour-là, pour faire face à un incident. Tous dans les Grisons ?

La finale tardive

Au soir du dimanche 19 mars 2017, dans l’avant-programme, on annonçait à 21h: «Tennis ATP 1000 indien Wells Finale En direct d’Indian Wells (USA). Seulement si Suisse», pour une durée de 180 minutes en direct. «Suisse» ce soir-là il y eut; et même deux. Non pas à 21h, mais peu avant 23h. Là au moins, l’intendance avait pris ses précautions, au cas où une autre rencontre importante se prolongeait. Réaction il y eut, avec la reprise, en premier rideau, respectueuse du «si Suisse» : Wawrinka en demi-finale. Longue attente, de près de trois heures, avant de voir Federer sourire de sa victoire. Et Wawrinka d’apprécier, plus ou moins, ce sourire….

Le respect des horaires

Pratiquement toutes les chaînes de télévision s’imposent à elles-mêmes un horaire plutôt strict. Un événement politique d’importance au moins nationale justifie un horaire bousculé. Mais le «19h30» respecte l’horaire annoncé à la minute près, la publicité à la seconde. Même les débats en direct doivent respecter les horaires. Sans forcément couper un orateur au milieu d’une phrase, l e(la) présentateur(trice) de service met parfois abruptement fin à son émission, même si on y parle de course à pied!

Le sport-roi est donc ainsi l’exception qui autorise, au nom du direct, des horaires très souples soumis à des incertitudes (football, hockey-sur-glace, sports de plein air comme le tennis, etc).

En Suisse, le roi est aussi choyé puisque rassembleur, autrement dit porteur de bonnes parts de marché qui pèsent sur la moyenne annuelle. On peut certes faire quelque infidélité à sa majesté quand un direct s’étire dans l’ennui ou se prolonge sans rien montrer en ayant à disposition de la lecture. Le commentateur joue alors d’un rôle important: sonner l’alerte quand il se passe quelque chose.

Le commentaire et ses risques

D’ailleurs, le commentaire pose parfois problème, avec des interventions souvent inutiles, à raconter avec retard ce que nous venons de voir. Chose personnelle, je consomme certains sports, quand l’envie me prend de me laisser bercer par l’eau qui coule, tiède, du robinet à image. Mais on peut aussi regarder autrement. Le hockey sur glace prend une saveur nouvelle en cherchant du regard l’arbitre qui s’efforce de ne pas intervenir dans le cours du jeu. Une épreuve de ski alpin donne rapidement le sentiment du «déjà-vu»: rien ne ressemble plus à un participant qu’un autre participant. Heureusement, il y a les temps affichés et surtout les écarts sur le meilleur, en rouge ou en vert. On peut donc plaisir à prévoir la couleur. Mais un dixième de seconde, cela ne se «voit» pas tellement. Le commentateur si préoccupé à combler le silence se trouve assez souvent démenti par la couleur des écarts. Le silence est aussi une vertu qui permet d’apprécier un beau geste!

Dans la cour du roi se trouve des personnages ennuyeux: le récent Vaduz-Lausanne en football n’a pas atteint les sommets. Faire partir en ski les meilleurs en dernier est habile astuce pour maintenir le suspens d’une épreuve en direct. Mais attendre pendant presque deux heures une finale de tennis, qui fut d’ailleurs de belle qualité, avec plus de coups gagnants que de fautes directes, ce fut bien long.

Trop de sport ne semble pas, pour le moment, tuer le sport. Encore que la discrétion soit grande sur les parts de marché, sauf quand elles atteignent un sommet! Et viendra le jour, peut-être pas si lointain, où le sport sera financièrement inaccessible pour les chaînes de service public généraliste. Il sera trop tard pour apprécier le rôle de la redevance annuelle qui entraîne la gratuité quotidienne!

Une vraie chaîne sportive

L’amorce d’une chaîne sportive existe déjà sur internet. Mais il semble que le coût à engager pour disposer d’un canal de diffusion supplémentaire n’est pas particulièrement élevé. A quand un canal suisse sportif, avec commentaire pour chaque région, qui permette de respecter les horaires promis aux minorités qui aiment suivre la documentation ou ont un faible pour la fiction, éléments constitutifs d’information ou d’enrichissement culturel.

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Un contrat sans détail

PS: la SSR-SRG vient de publier un communiqué annonçant que les sports motorisés continueront d’être présents ces cinq prochaines années. Mais les «partenaires ont convenu de ne pas divulguer les détails des contrats». Secret d’entreprise! Comme si on divulguait les contrats dans les autres sports…. Il ne serait pas inintéressant de connaître les coûts à l’heure ou à la minute des différents sports….

 

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