Séries belges

 Que sait-on de la Belgique et de sa partie francophone si l’on dispose, comme source d’information, de la seule télévision romande? A dire vrai, pas grand chose: Bruxelles n’a pas le pouvoir attractif de Paris. Que sait-on de la RTBF, la télévision d’environ quatre millions de francophones parmi les onze de belges? Pratiquement rien: les cablo-distributeurs, attentifs à proposer de nombreuses chaînes françaises, ignorent la télévision généraliste de service public de Belgique. C’est regrettable: la francophonie pourtant existe! Les cablo-distributeurs de Belgique consacrent deux euros par abonné pour alimenter un fonds de création audiovisuelle. Faire comme les Belges ne conduirait pas les sociétés suisses de distribution à la ruine!

( Vient de paraître, LE MEDIATIC no 195 -Mars-Avril 2017. En pages 4 et 5,  intéressant entretien avec le futur Directeur Général de la SSR-SRG, Gilles Marchand. A propos de l’investissement actuel de 27.5 millions de francs chaque année pour soutenir le cinéma suisse, M.Marchand dit :

La création d’un fonds permettant d’irriguer de manière plus dense qu’aujourd’hui la production cinématographique suisse serait la bienvenue. Je souhaite que des diffuseurs comme Swisscom ou Cablecom, qui font profit grâce à nos programmes, y contribuent. De même, les fenêtres publicitaires pourraient laisser une petite partie de leur marge en Suisse pour nous aider à faire plus de co-productions. Je vais essayer d’agir dans ce sens.(..) 

Et si la RTSR soutenait une telle démarche????  (  23.02.17 – 15h05)

Connaît-on la production des séries de Belgique? Mal; assurément moins bien que les nombreuses séries de France atteintes directement sur les chaînes françaises ou proposées souvent en priorité sur les écrans de la RTS.

Hasard du calendrier, découvert lors d’une lecture de « Télérama » il y a quelques instants (Edition du 22.02.17 – page 73) : le jeudi  2 mars dès 21h, ARTE présente les deux premiers épisodes d’une série de la Belgique flamande, « Beau Séjour ». Le résumé, dit « pitch », est assurément séduisant: Une adolescente assassinée recherche son meurtrier, dans une campagne hors du temps. Une première image intrigante: (23.02,17 – 16:00)

 

La série de la télévision belge flamande a été récompensée à « Séries Mania 2016 » d’un Prix du Public ( photo ARTE)

 

Le budget annuel de la RTBF se situe aux environs de trois cents millions d’euros, pour un public potentiel de quatre millions sur onze, budget couvert à 75 % par l’Etat et 25 % par la publicité. A première vue, situation assez semblable à la RTS, mais avec un public potentiel francophone belge double du romand!

Dans le domaine des séries, on a pu glaner ici ou là plusieurs productions entièrement ou partiellement belges. «The Team» associait dans une enquête sur la mort de trois prostituées les télévisons du Danemark, d’Allemagne et de Belgique, avec une participation montagnarde de l’Autriche. On y trouvait un acteur suisse, Carlos Léal. (Juillet/août 2015 sur RTSun vers 22h30).

Carlos Leal dans « The Team », en journaliste belge (Photo RTS)

«Salamander» , tournée en 2012, sortit en janvier 2015 sur la chaîne romande: cette série fort intéressante, mais touffue, d’origine flamande serait restée inédite dans la partie francophone de son pays d’origine. Il en fut question dans ce blog le 10 février 2015.

«La Trève» a été présentée par la RTS en juin et juillet dernier 2016. Le fil rouge décrit les conséquences de la mort d’un jeune footballeur d’origine africaine. Durant cette période fleurissait l’Eurofoot!

Ces trois séries oscillent, au gré des souvenirs, entre le haut du milieu de gamme et le bas du haut. Elles méritent donc d’être citées.

Voici une nouvelle série belge, incontestablement à inscrire dans le haut de gamme, «L’ennemi public», qui apparaît de manière inattendue sur «TF1» qui n’a pourtant pas l’habitude d’introduire dans son premier rideau des fictions qui ne craignent pas les complications nées de personnages ambigus et contradictoires. Il faudra revenir sur ses évidentes qualités de cette série.

Les trois plus importants personnages de « L’ennemi public », Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud), Guy Béranger (Angelo Bison) et Lucas Stassart (Clément Manuel) ( Photo RTBF)

 

Compliqués, ces lundis soirs qui offrent actuellement trois épisodes de «L’ennemi public» entre 21h et 00h10 sur TF1, un seul de «Big little Lies», très attirante série américaine sur RTS Un entre 22h40 et 23h30, puis, toujours sur RTS Un, un numéro un de la troisième saison de «Les américains» entre 23h30 et 00h15. Cruel embarras du choix! Heureusement, il y les présences sur internet en «play-tv» durant sept jours. Il faudra donc revenir sur ces trois offres, deux inscrites dans le haut de gamme, trois en pariant sur les qualités de «Big little Lies».

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