« GOTHARD » en rafale!

 «Gothard», deux fois nonante minutes, est un fort bon produit audiovisuel, un gros investissement financier, qui a pour personnage principal le premier tunnel des années 1880. Il soulève de multiples questions, donne certaines réponses, qu’il faut parfois s’en aller chercher dans des compléments d’informations proposés sous la forme de documents télévisés. Jamais jusqu’ici, la SSR-SRG n’avait consenti un tel effort financier. Abordons d’abord les conditions de son existence, avant de s’arrêter plus tard à son apport historique et à son intérêt audiovisuel.

"Souvenir" mitigé de l'étrange, insolite et peu compréhensible ballast inaugural de mai 2016

« Souvenir » mitigé de l’étrange, insolite et peu compréhensible ballet inaugural du 1 juin 2016 – Photo RTS

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Lundi 28 novembre 2016, «Histoire vivante» propose «Les hommes du Gothard» d’un duo tessinois, Maria Casella et Paul Nicol, adapté en français par la RTS. Ce document est le résultat du suivi de quelques mineurs pendant plus de dix ans, pour s’arrêter, bien sûr, à juin 2016, alors que l’inauguration officielle réunissait plus de notables que de travailleurs de l’ancien chantier. Efficace simplicité, avec ses chapitres annoncés en sous-titre : d’une belle richesse humaine, un grand respect pour les personnes interrogées, une excellente manière de préparer la rafale suivante.

Inauguration - histoire vivante - le chantier du sièdle

Photo de l’inauguration de 1882 – Le chantier du siècle – Histoire vivante – (RTS)

Dimanche 11 décembre, RTS 2 offre «Tunnel du Gothard, le chantier du siècle». Encore un excellent document, mais cette fois il s’agit de l’autre, le «vieux», celui de 1880 ou 1882, déjà le «plus long du monde», avec quelques centaines de mètres de plus que son aîné du Fréjus- Mont-Cenis. Petit miracle: apports fort intéressants d’historiens de trois origines linguistiques, appuyés par des photos: presque passionnant pour qui rend tient aussi à apprendre des choses qu’il ne savait pas. Etrange: de belles images d’aujourd’hui, en couleurs apparaissent à l’appui de certaines déclarations. Elles «sentent» le neuf.

Pas d’aujourd’hui (11 décembre), vraiment de demain: lundi 12 décembre 2016, voici la plus coûteuse production de fiction de la SSR-SRG, commandée par Zürich, fortement appuyée de Lugano, avec Genève un peu en retrait. Presque en même temps sur les trois chaînes qui forment la SSR-SRG. Chose rare, dans notre paysage télévisuel qui ne sait guère travailler en commun!

Photo d'époque - Entrée nord du tunnel - 1880 - Histoire Vivante (RTS)

A Chacun sa programmation

«Gothard» est donc un téléfilm de 180 minutes environ, en deux parties de 90. Le réalisateur, Urs Egger, a signé des dizaines de contributions surtout pour la télévision.

Au Tessin, «Gothard» a été présenté le dimanche vers 20h40 et le lundi peu après 21h00. En Suisse alémanique, deux premiers rideaux aussi, dimanche et lundi, juste après 20h00. La RTS fait preuve d’originalité: le lundi 12 la projection commence à 20h45 pour se terminer juste avant minuit, Il y aura bien sûr entre les deux parties un entracte, alors que remonte dans certaines mémoires «Entracte, le moment de fumer une bonne Laurence». Enfin, la pub!

La solution romande n’est pas la meilleure des manières de mettre en valeur un duo de téléfilms qui méritaient mieux: combien de personnes à 21h00, à 22h00, à 23h00, pour combien encore à 23h45? Il sera intéressant de le savoir!!

La solution romande n’est probablement pas la meilleure. Mais on peut s’interroger sur le principe même des deux épisodes de nonante minutes.

En télévision, l’unité la plus naturelle, c’est l’heure, qui permet d’y glisser une ou plusieurs plages publicitaires. En fiction, la série est construite pour le «un-par-un», même si les duos sont de mises à tout le moins sur les chaînes francophones que nous suivons. On peut se demander si «Gothard» n’aurait pas pu être construit comme une mini-série de quatre épisodes d’une cinquantaine de minutes proposés quatre soirs de suite en milieu de premier rideau – après 20h et avant 21h? Il n’y a plus aucune raison pour que la télévision continue de faire des complexes face à cinéma! Surtout quand elle ose un investissement élevé!

Le poids de l’investissement

 «Gothard» est-il destiné à ne passer que sur le téléviseur et ses dérivés ou pourrait-il être vu sur grand écran. La toute première projection publique et gratuite eut lieu le mardi 2 août sur la «Piazza grande» le jour précédant l’ouverture du festival, pour quelques milliers de spectateurs. Après? Pas de nouvelles de la présence de Gothard sur grand écran.

Le coût de l’opération: onze millions de nos francs. La SSR-SRG et ses trois unités d’entreprises ont pris en charge 5,7 millions de francs. Les partenaires allemand et autrichien couvrent le 30%, soit 3,3 millions de nos francs. Ce partenariat implique que «Gothard» sera ou aura été vu en Allemagne et en Autriche.

Deux millions proviennent de différents soutiens au cinéma. Lesquels? Il y avait dans le temps une émission qui s’appelait «questionnez, on vous répondra!». Il y a des moyens peut-être de la faire revivre. Nous y reviendrons, informations demandées…

Pour un téléfilm à prétention «hollywoodienne», expression employée sauf erreur dans un téléjournal, en comparaison internationale, ce n’est pas très élevé. Au plan suisse, c’est beaucoup, en télévision, c’est donc donné comme un record. Le moyen de mesure à disposition, c’est celui du coût à la minute d’antenne. Une série américaine amortie sur son marché national vaut à l’achat en général cent francs la minute. Un «Temps présent» de 5o minutes oscille entre deux mille et trois mille francs la minute. Une série comme «Station horizon» tourné autour de treize mille francs. Avec «Gothard», onze millions pour 180 minutes, en trois versions différentes, cela donne environ soixante mille francs la minute. C’est en effet beaucoup!

Gotthard Making-of 2015 Carlos Leal (M.) und Statisten am Set Copyright: SRF/Dusan Martincek NO SALES NO ARCHIVES Die Veröffentlichung im Zusammenhang mit Hinweisen auf die Programme von Schweizer Radio und Fernsehen ist honorarfrei und muss mit dem Quellenhinweis erfolgen. Jede weitere Verwendung ist honorarpflichtig, insbesondere auch der Wiederverkauf. Das Copyright bleibt bei Media Relations SRF. Wir bitten um Belegexemplare. Bei missbräuchlicher Verwendung behält sich das Schweizer Radio und Fernsehen zivil- und strafrechtliche Schritte vor.

Il y a des scènes tournées en studio ou en décors naturels. Un village entier à été adapté pour faire revivre Goeschenen. L’entrée du tunnel a été organisé dans une carrière en Tchéquie. L’intérieur du tunnel, sur une centaine de mètres, a été construit dans une halle immense en Allemagne. Les figurants, donc les costumes, se comptent par centaines. Même sur le seul petit écran, on voit l’argent investi. Et la SSR-SRG a su associer les trois régions, à des degrés divers, pour une réalisation «commune». Opération économiquement réussie…. Opération culturelle assez réussie… Nous y reviendrons…

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