Séries survolées

Rappel de critères personnels mais assez largement partagés :

à qualités ressenties comme égales

+ il y a plus de plaisir à suivre une série récurrente qu’une unitaire

+ la suivre un par un ou en rafales vaut mieux qu’en duos qui rappellent trop le cinéma dans les salles, avec long-métrage coupé par un entracte

+ en soirée, une diffusion vers 21h est plus alléchante qu’en nocturne («notre» RTS met bien en valeur ses productions propres entre 19h et 21h).

Il ne se passe pas une semaine sans que la montée en force de la notion de série soit confirmée. Exemple récent: l’affiche géante qui attire l’attention sur «The young Pop» reste visible dans nos rues. Certes, il s’agit aussi d’une campagne de «Canal+» à la recherche de ses abonnés perdus….

Et maintenant, survolons, dans l’ordre « Westworld », « Games of Thrones », « Person of Interest!

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 Westworld

(RTS Un – lundis – un par un – deuxième rideau avant minuit – VOST)

 La fabrique d’androïdes, son personnel, sa vie, ses conflits d’une part, la bourgade de l’autre, dans un grand espace de l’Ouest américain avec ses spectacles joués par les androïdes pour de vrais spectateurs qui arrivent par le rail. Ce pourrait aussi très bien être une manière de raconter comment passer de l’écriture du scénario à sa réalisation sur une scène où se trouve le public parmi les acteurs. C’est ambitieux. On en arrive parfois même à frôler quelques raisonnements «métaphysiques». L’affrontement entre le Dr Robert Ford, créateur du parc, un peu marginalisé par certains de ses collaborateurs, et Dolorés Abernathy, belle et douce jeune femme qui commence à se poser des questions sur elle-même, va dans cette direction (épisode 5 – lundi 31 octobre).

 Jeffrey Wright ( Bernard Lowe), directeur de la programmation du parc) et Anthony Hopkins ( Dr Robert Ford, créateur de la fabrique et directeur du parc) (Photo RTS/HBO)

Jeffrey Wright ( Bernard Lowe), directeur de la programmation du parc) et Anthony Hopkins (Dr Robert Ford, créateur de la fabrique et directeur du parc) (Photo RTS/HBO)

Curieux sentiment tout de même d’un peu d’inégalité entre les épisodes, de hauts et bas à l’intérieur, avec recours fréquents à des affrontements en champs puis contre-champs uniquement sur les visages. Ce trouble pourrait bien naître de la difficulté qu’il y a de repérer qui est androïde et qui est humain, les acteurs et les spectateurs confondus. Pourquoi? Je n’ai pas (encore) compris quels signes permettent de reconnaître les uns et les autres. Mais il se peut que la série soit rigoureusement construite sur cette imperméabilité. A trop se poser cette question, on risque de perdre le fil, d’autant plus qu’il faut lire les sous-titres. La violence excessive qui peut surprendre n’est tout de même pas inquiétante: le personnel de la fabrique dispose d’un efficace atelier de réparations.

Dolorès dans le paysage (Photo HBO)

Dolorès dans le paysage
(Photo HBO)

La diffusion est accompagnée du logo rouge. Pourquoi diable? A cause de la violence prise au premier degré? Satisfaction personnelle oscillante!

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Games of thrones

(RTS Un – lundis – un par un – en noctunre )

Faute d’avoir appris la géographie des royaumes, j’ai perdu pied depuis assez longtemps. J’y reviens parfois pour constater que la mise en scène reste pareille à elle-même, d’excellent niveau, dans son alternance de violences et d’intimités.

Cersei Lannister (Lena Headey), reine gérante des Sept Couronnes (Macall B.Polay - HBO)

Cersei Lannister (Lena Headey), reine gérante des Sept Couronnes (Macall B.Polay – HBO)

Intéressante information trouvée sur internet: aux USA, la progression en millions de spectateurs, reprises comprises, est régulière, avec en moyenne une audience de 2.5 millions (saison 1) passant par 3.8, 5.0, 6.8, 6.9 puis 7.7 (saison 6 terminée en juin). Encore faudrait-il savoir ce que représentant ces millions pour HBO aux USA.

Le lundi 7 novembre 2016, la RTS aura peut-être fait preuve d’un maximum d’originalité en proposant l’épisode 6 de la saison 6 à 00h55: record battu! C’est probablement une programmation qui doit apporter de nouveaux adeptes à la reprise de l’épisode en «play tv» pendant sept jours! C’est la faute au «Loup de wall street», le grand film de Martin Scorsese, qui dure 180 minutes, en hommage à la présidentielle américaine.

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Person of Interest

(RTS Un – Jeudis – en duos – en premier rideau – cinquième saison en cours)

Cette série américaine appartient à l’ensemble des unitaires, un récit par épisode. Mais avec une demi-douzaine de personnages qui réapparaissent d’un épisode à l’autre, avec leurs liens qui évoluent, elle dispose de qualités récurrentes précieuses, tout comme par exemple «Docteur House». La cinquième saison, en cours, avec ses treize épisodes, pourrait bien être la dernière. Fera-t-on exploser la Machine?

Originalité dans la présentation de "Person of Interest" ( Photo RTS)

Originalité dans la présentation de « Person of Interest » ( Photo RTS/Warner Bros)

Allergique, je l’aurai été assez longtemps à cette Machine qui prévoit les crimes au fonctionnement de laquelle je ne comprenais pas grand chose. J’ai picoré puis, au fil des saisons, augmenté la dose. Tout de même pas à en  devenir «fan»! Certains des responsables de la série font belle carrière. Il y a son créateur, Jonathan Nolan, qui est dans le coup de «Westworld». Et on retrouve aussi dans le générique J.J.Abrams dans le rôle d’un des producteurs, lequel Abrams passe aisément du petit au grand écran. Il aura signé un film d’auteur étonnant, «Superhuit». Ils s’en tirent bien dans des formes différentes d’anticipation!

Michael Emerson, à la démarche singulière, joue Harold Finch, le milliardaire inventeur de la Machine. L'acteur fut aussi l'étrange Benjamin Linus de "Lost"

Michael Emerson, à la démarche singulière, joue Harold Finch, le milliardaire inventeur de la Machine. L’acteur fut aussi l’étrange Benjamin Linus de « Lost »(Photo RTS/Warner Bros)

De l’avis d’observateurs attentifs de l’univers des séries, «Person of Interest» est allée en s’améliorant d’une saison à l’autre. Reste à savoir si la remarque est fondée. Il se pourrait que cette Machine qui sait tout, invention de la science-fiction, existe ailleurs, sous d’autres noms, ceux de la CIA et de la NSA acquises à la surveillance généralisée.

Et puis, en 2013 Edward Snowden a parlé. Oliver Stone vient de lui consacrer un film. La Machine de «Person of Interest» n’est plus une invention. C’était une parabole sur la réalité. Et c’est ainsi qu’une série gagne des galons qui ne lui auront pas été attribués immédiatement.

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