Locarno, 62ème: presse, télé, radio!

Alors, Locarno, du 5 au 15 août, c’était quoi, cette année, m’a demandé le cinéphile qui, d’un lointain voyage en Islande, ne revient pas bronzé, mais apaisé? Pour lui, j’ai découpé des textes dans des journaux. Et il saura trouver sur internet échos télévisés et radiophoniques.

Populaire et de qualité exportable

Tissé comme désormais chaque année: un tapis usé mais rouge de colère contre la section du cinéma de l’OFC. Le virus de l’empoignade sévit. Le trio Pascal Couchepin, Jean-Frédéric Jauslin, Nicolas Bideau reste calme. Le ministre bientôt sortant de la culture complète la cible posée devant le cinéma suisse, être «populaire et de qualité» d’un «exportable» pas très facile à atteindre.

Un léopard d”honneur pour le ministre de la culture sortant de charge. Une plainte en bonne et due forme contre l’OFS et sa section du cinéma ? Que les juristes se penchent là-dessus un peu plus que dix minutes, en bottant juridiquement en touche.( Photo TSR)

Long tapis rouge pour FM

Long tapis rouge devant Frédéric Maire, des Arts et Lettres de France, avant le festival, au début du festival, pendant le festival, à la fin de festival et bientôt encore en prenant le train avec Manuela Maury: après quatre ans de force tranquille, il quitte Locarno pour la cinémathèque qu’il rejoindra depuis Corcelles. Le bilan artistique est bon. Frédéric mérite que ce soit dit.

Pour Michel Piccoli, pas de tapis rouge : une photo noir/blanc suffit pour saluer un tout grand acteur du cinéma (dwillement - rsr)

Festival décevant mais indispensable

Pour «Le temps» incontournable, le bilan du festival comprend: palmarès contestable, programmation de la Piazza décriée, rétrospective Mango boudée, baisse de fréquentation, pas assez de jeunes. Du gris dans le tapis rouge! Mais un édito intitulé «Pourquoi il faut défendre le festival de Locarno» prend place sur la même page. Plus loin un «arrivederci» amical suivi d’un aimable «bienvenue» à Lausanne sont adressés à FM! Et Locarno doit être défendu contre les longues dents d’un festival de Zurich qui veut faire rimer glamour avec glamour en demandant à Roman Polanski de succèder à Sylvester Stallone. Polanski, nous l’avions raté pour un rendez-vous avec les participants de «Cinéma & Gioventu» au début des années soixante, alors qu’on découvrait son «Couteau dans l’eau» qui d’aucuns tentèrent d’interdire à notre jeunesse festivalière.

Un monstre à peu près cubique venu d’ailleurs domine la Piazza Grande et le public. (Photo dwillemin - rsr)

Info «manga» et «anime»

Enfin, tout de même, un «genre» de cinéma aura bénéficé d’une vaste information, le «manga» japonais, l’ «anime» quand il s’agit de films, trouve quelques envoyés spéciaux très attentifs à cette «exposition» (dans «Le monde» par exemple, «L’hebdo», ou encore «Le Temps» même avant le festival). On y apprend que les créateurs japonais et leurs partenaires se sont rendus nombreux à Locarno.

Shoko Nakagawa, pop star pokémon (dwillemin RSR) Le phénomène “pokemon” fait évidemment partie du manga. Il servit, sert et servira encore de parent du substitution pour les parents sur occupés ou débordés par l’attrait pour leurs enfants pour ces pokemons souvent considérés comme trop envahissants - une bonne affaire commerciale aussi !

Et la compétition ?

Tapis rose pour quelques films, à partir du 10/11 août. Petite priorité pour la compétition. Mais le jury n’a pas suivi les parieurs. Parmi un cinquantaine de papiers découpés, films soulignés en rouge : pas beaucoup de couleurs! Mais le rouge monte après le palmarès.

Radio et télévision.

La télévision et la radio? Tapé sur chacun des sites, dans la case recherche: «Festival de Locarno 2009». Télévision: une liste d’une trentaine de sujets apparaît, dans le désordre temporel, contenu résumé. Quelques réalisateurs parlent de leur film dont on découvre des extraits. Radio : une vingtaine de citations, sans mention du contenu. Donné du temps à l’écoute : ce pourrait bien être là la source d’infos la plus complète sur les films

Arnaud et Jean-Marie Larrieu réalisateurs du film Les derniers jours du monde (dwillemin RSR) De leur film passé à Locarno, peu de choses durant le festival. Beaucoup plus depuis quelques jours: il vient de sortir en France et est annoncé en Suisse romande.

 Ces remarques ne prétendent pas établir un classement entre presse, radio et télévision. Chaque média choisit son chemin pour parler d’une même manifestation et compte répondre aux besoins de ses clients. Chaque client devrait savoir formuler ses exigences et à partir de là, faire ses choix? On peut appartenir au groupe pour lequel les vraies vedettes d’un festival de cinéma sont les films qui ne restent pas au tapis!

Un grand petit événement: «Les Yeux de Simone»

Un film au moins aura été splendidement accueilli par la presse romande: «Les yeux de Simone» de Jean-Louis Porchet, consacré Pierre Blondeau, l’animateur aveugle des rencontres de Pontarlier, qui continue de savourer des films grâce à son épouse Simone qui lui raconte doucement les images à l’oreille. Sept minutes qui devraient faire son chemin, à tout le moins francophone. En tous cas, une belle idée.

A suivre

1/ Les films en compétition à Locarno ont souvent été très mal diffusés en Suisse. Et les films du palmarès n’ont de tous temps pas tellement été mieux traités. Pourquoi ? Nous tenterons d’y répondre prochainement en ouvrant une fenêtre sur une forme de diffusion à mieux explorer.

Dyana Gaye réalisatrice du film Un transport en commun. (dwillemin RSR) Moyen métrage de quarante-cinq minutes, impossible à exploiter sur grand écran (trop court pour un long et bien trop long pour un court qui accompagnerait un long!). Oui, mais co-produit par Arte, on pourra voir à l’automne ce “Transport en commun” africain dont Thomas Sotinel a dit grand, très grand bien dans “Le MONDE” du 12 août 2009.

2/ La sélection suisse pour les Oscars d’’Hollywood va prendre chemin vers le Jura dès cette année. Une bienvenue tentative de décentralisation.

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