JO : première semaine

Incontournables, bien entendu, puisqu’ils occupent pratiquement à cent pour cent RTS 2. Et avant « Rio », il y a beaucoup de tennis, beaucoup de football, beaucoup de cyclisme, passablement d’athlétisme, au point de se poser la question de savoir si tant de sports s’inscrit bien dans les «devoirs» d’une télévision de service public généraliste. La liberté de choix est restreinte! Certes, le sport est rassembleur, ce qui sous-entend qu’il apporte de bonnes parts de marché en milliers de spectateurs et en pourcentage: condition nécessaire mais largement insuffisante pour le service public.

JO Rio

Restent tout de même des bribes de liberté bizarre: suivre le petit écran images et sons dans son dos, faire des sudokus, lire son journal ou corriger ce texte! On peut aussi entrer dans le jeu des comparaisons en «pitonnant» entre RTS 2 et France 2/France 3. Car, hélas, comme tout bon téléspectateur suisse, il ne me vient pas naturellement à  l’idée d’aller voir ce qui se passer sur «nos» chaînes nationales en patois suisse allemand ou en italien. Je suis assez grand partisan du sport comme divertissement offert par le petit écran. Je viens d’avaler des heures et des heures de JO!

Inutile, pourtant, de proposer un classement du genre, j’aime le sport x, je déteste le z, mais le y m’intéresse un petit peu. A chacun sa petite hiérarchie personnelle.

Mieux vaut, dans ce blog, s’interroger sur «comment» tout cela est fait pour parvenir jusqu’à nous. L’image, riche et variée, en direct ou différé, appuyée par des sons d’ambiance discrets fait très (trop) belle place aux mots des présentateurs(trices), des commentateurs (trices), des experts(tes).

Choisir les images

Nicolas Bideau, qui reçoit en la "maison suisse" les invités, le athlètes ... et leurs médailles...

Nicolas Bideau, qui reçoit en la « maison suisse » les invités, le athlètes … et leurs médailles…

 La plus importante des compétitions sportives mondiales est à l’évidence ces JO par la grande diversité des propositions. Les responsables des images maîtrisent en général parfaitement bien le travail de base. Pour un seul sport, ils disposent de nombreuses caméras, parfois des dizaines. Chaque caméra doit remplir une mission généralement décidée par la réalisation avant enregistrement. Toutes les images parviennent ensuite dans une régie. Un premier choix est alors effectué, en direct, qui donne lieu à un premier montage. Plans d’ensembles, plans rapprochés, caméras en mouvement sont à disposition du monteur en direct qui est le véritable responsable du spectacle. On peut ensuite rapidement reprendre certaines images, les proposer au ralenti, les accélérer, décider d’en proposer deux ou quatre en même temps. Ces possibilités multiples sont dans leur grande majorité bien exploitées.

Retenu une faiblesse: la position des caméras pour le tennis de table, autrefois appelé ping-pong, qui se joue sur une table plus longue entre les joueurs que devant eux. A Rio, la largeur réelle est nettement plus grande que la longueur. Cet effet optique est parfois sensible aussi en tennis.

Originale séance de signatures....

Originale séance de signatures….

A chaque diffuseur son programme

Ce premier «montage» en régie pour tous les sports est diffusé dans le monde entier. Chaque chaîne doit alors procéder à ses propres priorités, savoir comment passer de l’un à l’autre. Il est naturel de privilégier les sportifs du pays qui diffuse les images pour son ou ses publics quitte à infliger des tours et des tours de piste pour cyclistes. Il est du reste probable que le diffuseur planifie dans leurs grandes lignes ses choix, qui peuvent être perturbés dans le découlement même de certaines épreuves.

Le pitonnage a un mérite: le faire fonctionner au moment où apparaît la publicité, qui n’est pas toujours hautement séduisante avec son principe de répétition. Bien entendu, au bout de la chaîne, le spectateur se trouve devant un écran géant en plein air, y compris sur les stades, ou devant son téléviseur de salon ou son ordinateur, une tablette, un portable. Presque partout…

Beach-volley, réactions vives...

Beach-volley, réactions vives…

Surprise: des gradins très peu remplis. La finale du double dames en tennis se sera jouée de manière presque confidentielle. Que se passe-t-il? Le public brésilien se fait rare? Les prix des places sont trop élevés? La remarque vaut aussi pour ces petits sports qui n’intéressent la télévision que lors de cet événement mondial. On peut faire de belles rencontres avec des sports élégants inattendus. Quitter ainsi les seuls sports-spectacles dominés par des intenses intérêts financiers est somme toute assez agréable. Alors, vive cette diversité.

Choisir les mots

 Sur la bande sonore, dans la plupart des sports, il n’y a quelques bruits d’ambiance dont on ne décèle pas forcément l’origine. Il paraît, à lire une partie de la presse, que le public brésilien ne serait pas toujours très élégant, à applaudir les fautes de cex qui risquent de «battre» les nationaux. On ne s’en rend guère compte sur les écrans. Comme si le son était presque uniquement porteur de mots. Une image riche, un son pauvre réduit au verbe ?

Kambudji en demi-finale du 200 mètres

Mujinga Kambudji

A quoi devrait servir le commentaire? Pas à ce qu’il souvent il sert: dire, même en retard, ce que l’on vient de voir; ou encore, dans une rencontre par équipes répéter le nom des joueurs, ce qui n’est pas d’un grand intérêt. Le commentaire devrait ajouter quelque chose à l’image, faire comprendre les lois d’un sport rare, auquel on ne connaît presque rien, mieux expliquer ce qui peut se cacher derrière ce que l’on voit, la finesse d’une réussite, la beauté d’un geste, la difficulté d’un mouvement.

Le commentateur comme l’expert peut se trouver sur les lieux de la rencontre sans voir l’image, dans un centre hors des stades, mais au Brésil, devant plusieurs écrans ou dans le studio du diffuseur, qui ne voit alors que ce que voit le téléspectateur mais en disposent fiches informatives. Les mots pourraient, devraient, plus souvent, compléter l’image.

On même dépasser l’image. Avant les jeux, de nombreux sujets, souvent intéressants, ont été consacrés au Brésil, actuellement fragile, avec sa présidente en congé forcé, ses difficultés économiques, la pauvreté qui subsiste.

Mais une fois les compétitions commencées, on est entré dans une sorte de «bulle». Du Brésil, il ne reste plus que les paysages, les stades. Il n’y a plus que la réalisé visuelle des jeux, pas tellement d’autres sons que les mots. On est certes ailleurs, à Rio, mais finalement nulle part. Mais personne ne nous impose de rester devant le JO vingt-deux heures sur vingt-quatre, même si le choix s’est restreint, surtout en Suisse romande où la moitié de l’offre tourne autour des JO. Alors, parfois, l’ennui s’installe…..

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Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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