Cinéma suisse partout…et sur RTS Deux

A Locarno, plein de films suisses. Parmi ces films suisses, plein de films co-produits par la SSRSRG ou  la RTS. Dans cette offre, une première mondiale, « Moka » de Frédéric Mermoud, co-production entre la France et la Suisse (Bande à part). Et dès le 17 août, sortie dans les salles. Une première image:

 

 

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans "Moka"

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans « Moka » (Frénetic – Zürich)

Et une autre, à  Locarno puis sur les écrans suisses à mi-septembre 2016:

Le carnaval avec les boilles aiu sinistre contenu en la présence de l'interprète de Jacques Chessex ( Photo Vega film)

Un carnaval avec les boilles au sinistre contenu en la présence d’André Wilms, interprète de Jacques Chessex dans « Un juif pour l’exemple » de Jacob Berger : première à Locarno le mercredi 3 aoûr 2016 (Photo Vega Film)

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 14 juillet 2016, peu après 21h30, sur la deux: «Mérette» de Jean-Jacques Lagrange, le 21 «La dentelière» de Claude Goretta, le 28, «La salamandre»  d’Alain Tanner, le 4 août, «Romands d’amour» de Jean-Louis Roy: chaque réalisation audiovisuelle, pour éviter de distinguer «Film» et «Téléfilm» qui ne différent que par leur mode de diffusion, (la carrière sur grand écran commencée avant de rejoindre le petit) aura été suivie sur RTS Deux d’un ou de deux documents consacrés aux auteurs-réalisateurs. En fin de soirée, après minuit, combien encore de spectateurs?

Hommage au « Groupe 5 »

Ainsi la RTS rend hommage au «Groupe 5», en oubliant «Michel Soutter». Dès 1969 et pour une assez courte période, Lagrange, Goretta (alors employés de la jeune télévision romande), Tanner, Roy et Soutter, collaborateurs réguliers, forment un groupe uni par une idée efficace de production: la télévision sous l’égide de René Schenker accepte d’investir le prix d’une soirée dramatique (soixante mille francs) dans une production qui reste sous l’entière responsabilité du réalisateur qui est souvent aussi producteur.

Michel Soutter (1932-1991) devant l'affiche des "Arpenteurs" (1972) © ERLING MANDELMANN

Michel Soutter (1932-1991) devant l’affiche des « Arpenteurs » (1972) © ERLING MANDELMANN

Rappeler quelques titres du «Groupe 5», c’est souligner son importance: «Charles mort au vif» (Tanner), «James ou pas» (Soutter), «Le fou» (Goretta), «Black out» (Roy), «La salamandre» (Tanner), «Les arpenteurs» (Soutter), «Retour d’Afrique» (Tanner), «L’invitation» (Goretta). Ces films ont presque tous en commun d’avoir fait belle carrière en festivals, accumulé de précieux dossiers de presse. Certains ont rencontré un large public international.

Le rôle de la télévision dans l’opération? Le risque pris par le directeur d’alors et ses plus proches collaborateurs d’avoir osé dire «Oui» à une proposition qui revenait à passer un budget de théâtre filmé à la co-production d’un film.

La télévision  d’aujourd’hui rend hommage à quatre seulement des cinq, Michel Soutter oublié! Mais le «nouveau cinéma suisse» des années soixante n’est pas né avec le «groupe 5». Il y eut déjà des auteurs de films en Suisse romande avant, Henry Brandt, assurément. Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy, Alain Tanner étaient de bons « cinéastes » avant la création du «Groupe 5» et Lagrange grand « téléaste »

Un coffret DVD

La cinémathèque, en co-production avec la RTS, vient de préparer un coffret DVD qui comprend deux longs-métrages de fiction restaurés à partir des originaux, «L’inconnu de Shandigor» de Jean-Louis Roy et «Les arpenteurs» de Michel Soutter et trois documents assez peu connus, mais rares et précieux, «Docteur B, médecin de campagne» d’Alain Tanner, «Les motards» de Claude Goretta et «La dernière campagne de Robert Kennedy» de Jean-Jacques Lagrange. Ces documents audiovisuels ont le mérite de rappeler qu’il n’y a pas de hiérarchie entre le cinéma et la télévision quand l’œuvre repose sur une volonté de créativité en toute liberté. Des bonus et des textes accompagnent les films numérisés.

Marie-France Boyer dans "L'inconnu de Shandigor" de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

Marie-France Boyer dans « L’inconnu de Shandigor » de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

On peut se procurer ce coffret auprès de:

www.cinematheque,ch/boutique

ou de:

https://boutique.rts.ch/35-dvd

pour le prix de 42 francs ( port en sus)

La promotion faite par la cinémathèque

 Dans le numéro 288, septembre/octobre 2016, en un petit format, avec des caractères souvent petits, la cinémathèque consacre une dizaine de pages à cette «Rétrospective». Sa publication pourrait prendre le chemin d’une intéressante revue historique sur le cinéma, dans laquelle on aimerait lire plus souvent des citations de critiques suisses.

Il était juste de profiter de l’occasion pour attirer l’attention sur des acteurs pas forcément déjà «célèbres» au début des années 7o, les Jean-Luc Bideau, François Simon, Bulle Ogier, Miou-Miou, Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Jacques Denis, Michel Robin, Juliet Berto, Philippe Léotard ou Maurice Garrel. Ils furent parmi les «complices» de ce «Groupe 5» important mais éphémère dans sa durée, quelques années, mais qui ne s’oublie pas.

Jean-Luc Bideau et Jacques denis dans "La salamandre* d'Alain Tanner (1971)

Jean-Luc Bideau et Jacques Denis dans « La salamandre* d’Alain Tanner (1971)

Dans une sorte d’éditorial, Gille Pache, alors encore directeur des programmes de la RTS et Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, prennent la peine de signaler que l’hommage rendu à cinq «pionniers» genevois qui ont su trouver une reconnaissance internationale ne doit pas ignorer d’autres qui, parfois restés discrets, appartiennent à la même génération de cinéastes en suisse romande, les Yersin, Reusser, Edelstein, Butler, Amiguet, Champion, Schüpbach, Gonseth, etc.

Texte sur les sites de la RTSR et de la RTS

 Sur la page d’accueil de notre site RTSR, on trouve en bonne place une mise en valeur du programme actuel du «cinéma suisse à l’affiche de cet été», qui a donc un lien étroit avec le coffret DVD dédié au Groupe 5.

En cliquant sur:

http://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

on trouve quelques lignes intitulées en gros caractères

Il était une fois…

 L’introduction tend à faire croire qu’ils ne sont que cinq, désormais nobles représentants du troisième âge, en seuls “pères” du “nouveau cinema Suisse romand” des années soixante. C’est aller vite en besogne de citer les noms de ceux qui, quadragénaires ou proches de l’être, représenent la relève, les Ursula Meier, Lionel Baier, Jean-Stéphane Bron et Frédéric Mermoud, plutôt quadragénaires. Comme s’il n’y avait eu personne entre les deux générations, que la cinémathèque cite et que la RTS oublie.

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière - Claude Goretta (1977)

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière – Claude Goretta (1977)

La présentation, ensuite, de Jean-Louis Roy, d’Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter (pour le moment oublié par sur les écrans de la RTS), Jean-Jacques Lagrange est d’un meilleur niveau que l’introduction qui ressemble beaucoup à une “brève” dans l’esprit du “téléjournal” ou d’un réseau sur internet.

Et sur les différents écrans, que se passe-t-il?

( à suivre)

Et que dire de ces «vieux» films?

(A suivre)

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