Tour de France « sur » France 3 et 2 et « sur » RTS/ 19, 22 et 28 juillet

26 juillet 2016 à   07h54

 Lundi 25 juillet 2018 : pas une minute de sport sur RTS 1 ou 2 ! C’est le vide le plus troublant. Mais mardi et mercredi, coucou, voici revoici le football. Et ce seront bientôt les JO: la RTS n’allait pas perdre son titre de championne en temps d’antenne consacré aux sports parmi les plus généralistes de service public. Les téléspectateurs restent «rassemblés», fidèle au rendez-vous imposé!

Le tourisme culturel

Aveu: la composante touristique entre assurément dans mon attention assez distante vouée au tour ces derniers jours. Mais il vaut la peine, un peu au moins, de se poser des questions sur la manière dont la télévision montre et parle des sports, ici le Tour de France. C’est pourquoi l’illustration de ce texte autour d’un seul monument, la collégiale de Neuchâtel, ma proche voisine, est une manière de saluer les responsables du spectacle autour du Tour et de leur rendrre hommage quand ils profitent du vélo pour faire du tourisme historique et culturel. Ils pimentent ainsi agréablement un spectacle sportif un peu terne.

Dans le module de France télévison, le 19 juillet 2016, le cénétaphe des Comtes de Neuchâstel

Dans le module de France TV, le 19 juillet 2016, le cénétaphe des Comtes de Neuchâtel

 Poursuivi des heures durant l’alternance du Tour de France entre la RTS et France Télévision. Oh, souvent distraitement, les lectures, sudoku, relevés de comptes ou jeu des ponts bien en place, attention attirée plus par l’oreille dos tourné que par l’œil rivé sur les cyclistes qui moulinent.

Tout de même, des fins d’étape parfois un brin excitantes, l’une d’elles associée à la glissade de Chris Froome, qui aura ensuite perdu quelques secondes sur ses principaux rivaux mais en même temps augmenté son avance sur son nouveau dauphin français, Romain Bardet. Il aura fallu une course à pied et une chute pour pimenter la course, sans oublier une descente assis sur le cadre!

Grâce à lui, tout de même des moments de suspens en descente et chutes...

Grâce à lui, tout de même des moments de suspens en descente et chutes…

En duos

Au petit jeu du pitonnage comparatif RTS-France 2, la place occupée par les duos de commentateurs est essentielle: même dos tourné, on les entend. Romain Glassey pose beaucoup de question à Daniel Atienza qui sait tout plein de choses et prend réel plaisir à les raconter en long et en large. Gérard Holtz en est à son dernier Tour, en direct, en course. En «Vélo-Club» il est associé à Laurent Jalabert, lui aussi en fin de carrière. Le Tour de France, ce sont d’abord les commentateurs, tout comme les journaux télévisés sont attribués aux présentateurs qui souvent ne font que présenter, informations orales y compris, le travail de nombreux collaborateurs. La partie touristique de FranceTV est un véritable « plus ». Les connaissances techniques de Daniel Atienza sont assez vastes.

Jean-Maurice Ooghe

Ce nom ne dit rien? C’est pourtant parmi les dizaines de collaborateurs de France TV Sports le principal responsable de l’apport visuel. Il prépare le tournage pendant de longues semaines réparties sur toutes l’année et dirige l’opération jour après jour pendant la compétition.

Jean-Michel OOghe en R repérage à Cherbouerg-en-Contentin le 1 janvier 2016 (photo Ouest-france)

Jean-Michel Ooghe (au centre) en repérage à Cherbourg-en-Contentin le 14 janvier 2016 (photo Ouest-france), alors qu’il imagine une séquence qui apparaitra à l’écran.

Il vaut la peine, une fois au moins, de signaler l’existence de ceux qui font la télévision, si souvent oubliés au profit de ceux qui commentent les images. La presse écrite se doit de parfois s’arrêter à ces collaborateurs précieux qui restent dans l’ombre. «TéléObs» (2698- 23 au 29 juillet) rend hommage à ce presque inconnu et lui donnant l’occasion de s’exprimer sur son travail. Des huit à neuf mille signes du texte de L’OBS– temps de lecture, environ dix minutes – retenons quelques éléments intéressants.

Le cloitre très serein de la Collégiale de Neuchâtel, absent de la cellule touristique du France Télévision

Le cloitre très serein de la Collégiale de Neuchâtel, absent de la cellule touristique du France Télévision

Bizarrement, c’est peut-être la dernière étape qui recueille la meilleure audience: Paris et les Champs-Elyséees, l’Arc de Triomphe font rendez-vous mythique. Le Tour n’est que rarement une émission de premier rideau, ces soirées qui font le plein à l’audimate. Pourtant, chaque après-midi, il y a tout de même plus ou moins quatre millions de téléspectateurs, en France. Beaucoup plus si l’on tient compte des multiples pays qui, un peu partout, reprennent les images du Tour en direct ou différé. D’année en année, des progrès sont effectués: il paraît que de minuscules caméras embarquées dans les guidons des vélos de coureurs volontaire permettent de s’introduire dans le peloton!

Plus de tombes que de coureurs!

 Elément très intéressant: « au moins vingt pourcent des téléspectateurs ne sont pas là pour les exploits cyclistes mais pour découvrir des paysages, ne cesse de répéter Daniel Billalian, directeur des Sports de France Télévisions.

Détail du cénotaphe des Comtes de Neuchâtel - la collégiale évoquée dans un module intéressant de France Télévision

Détail du cénotaphe des Comtes de Neuchâtel – la collégiale évoquée dans un module intéressant de France Télévision

 Jean-Maurice Ooghe se souvient: Le jour où nous avons longé le ligne de front de la Somme, j’ai montré plus de tombes que de coureurs. (..) Le tour, c’est aussi une leçon d’histoire et de géographie. Les contacts avec des associations comme «Le centre des Monuments nationaux» depuis trois ans ou «La Fondation pour les Monuments historiques» sont fréquents. Les tournages sont préparés lors des repérages d’avant Tour: Cette histoire de patrimoine, c’est un peu mon bébé. Je développe cette idée depuis vingt ans.

 Cette attention aux paysages, aux monuments, aux localités traversées est, pour les villes de départ et d’arrivée, une sorte de retour sur investissement puisqu’elles paient à l’organisation des sommes importantes – on en entendu citer le montant de trois cents mille euros pour Finhaut?

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22 juillet 2016 à 14h55

Les images et les mots

 La diffusion d’une étape du Tour de France commence sur la RTS en même temps que la prise d’antenne sur France 3 ensuite relayée par France 2, mais nos voisins jouent ensuite les prolongations en «club». Les images de base sont souvent les mêmes, si leur habillage varie.

 Là où l’image est constamment dense, le son se réduit à des mots prononcés par des commentateurs depuis une cabine, lieu plus souvent fixe qu’en mouvement. Les bruits réels du direct sont presque inexistants. Deux équipes étrangères l’une à l’autre confectionnent séparément le reportage! On retrouve toutefois du son direct lors d’entretiens qui sont en quelque sorte des commentaires du spectacle que l’on vient de voir.

Parcours neuchâtelois du Tour de France 2016

Une partie du parcours neuchâtelois du Tour de France 2016

Il est intéressant, en pitonnant, de comparer le travail de France Télévision à celui de la RTS, championne du monde parmi les généralistes de service public du temps d’antenne accordé aux sports rassembleurs!

L’image seule

Elle permet de s’introduire dans le peloton, devant, à côté ou derrière un grand ensemble – le peloton principal – ou de plus petits, échappés ou attardés, parfois réduits à un coureur solitaire. On nous montre ainsi sportifs portants des tenues bigarrées différentes en moulinant leurs jambes pour faire avancer une machine à deux roues, appelée bicyclette. A dire vrai, regarder des cyclistes pédaler n’est pas un spectacle tellement fascinant. C’est même plutôt ennuyeux.

L’image seule ne permet pas de bien faire comprendre la situation en course. Pour connaître les écarts entre les différents groupes, il faut faire intervenir un élément essentiel sur le déroulement de chaque étape, le travail des chronométreurs. De plus, impossible d’un simple regard de «mesurer» la vitesse des déplacements!

Lundi 19 juillet 2016 : intéressant module touristique de FranceTélévision sur la Collégiale de Neuchâtel, sauf que notre image ne date pas de 2016 !

Lundi 19 juillet 2016 : intéressant module touristique de FranceTélévision sur la Collégiale de Neuchâtel, sauf que notre image ne date pas de 2016 !

 La promotion touristique

Mais le cyclisme sur route a un mérite, celui de traverser des paysages qui, durant les trois semaines d’un tour de France avec incursions chez des voisins, sont porteurs de qualités touristiques. France Télévision, avec son armada d’hélicoptères, peut quitter le peloton pour offrir de souvent très belles images du paysage dans l’esprit contemplatif de «Passe-moi les Jumelles». Ces échappées hors de la course peuvent être préparées à l’avance et injectées dans le direct. On croise ainsi l’aspect commercial de l’opération: la promotion touristique de la région traversée adressée à de nombreux pays qui reprennent tout ou partie des images du Tour.

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19 juillet 2016 à 09h57

Tentative de prise de pouvoir par une partie de l’armée de Turquie? Largement et bien commentée à «C….dans l’Air» (France 5) et à «28 minutes» ( Arte).  Quelle virtuosité dans l’établissement des listes d’officiers, soldats, avocats à arrêter immédiatement! Bonne affaire pour Erdogan avec ses services bien préparés à la contre-attaque!

Nice? L’émotion, bien sûr. Et une démonstration de plus de la rupture entre le personnel politique français et la réalité douloureuse. Car il y a ceux qui savent ce qu’il aurait fallu faire (Estrosi, Sarkozy) et ceux qui pensent qu’un gouvernement de droite n’aurait pas forcément fait autrement que l’actuel quand un camion est lancé dans une foule.(« France5 », ARTE, « 19:30 ») La campagne présidentielle, qui se sert de l’émotion, envahissante, est de plus en plus insupportable.

Sport «rassembleur»?

Pour la téléspectateur, parfois en vacances, c’est, après le football et le tennis, l’invasion du Tour de France en attendant les Jeux Olympiques de Rio. Beaucoup de sports, paraît-il rassembleur. Trop, surtout sur notre service public généraliste. Mais ceci est une autre question.

Tour de France 2016/Collégiale de Neuchâstel

Tour de France 2016/Collégiale de Neuchâtel d’avant photo et numérique

Opté, ce lundi 18 juillet 2016 pour l’étape franco-suisse du Tour de France, qui s’en allait passer devant ma maison natale, suivre les quarante kilomètres d’une route empruntée des centaines, non des milliers de fois, frôler mon appartement calfeutré sous la protection d’un château et d’une collégiale qui allaient bien faire l’objet de plans pris d’hélico.

Les tuiles colorées du tout de la Collégiale de Neuchâtel, aussi vues en direct sur le petit écran

Les tuiles colorées du toit de la Collégiale de Neuchâtel, aussi vues en direct sur le petit écran

Confortablement en «appart»…

Il eut été possible de se rendre à quatre cents mètres de mon domicile au bord d’une route fermée pour regarder passer les deux cents véhicules de la caravane publicitaire, pour attendre ensuite pendant de longues minutes le passage de coureurs à belle vitesse (moyenne de l’étape du jour à plus de quarante-cinq kilomètres à l’heure), pendant une dizaine de minutes, rester debout sur de vieilles jambes de moins en moins porteuses, en profiter pour emprunter le petit train touristique gratuit qui remplaçait les bus bloqués.

Quatre heures de direct

Et bien non, ce serait, durant quatre heures, un stage confortablement assis ou même couché devant mon assez grand petit écran. Avec une claire intention: France 3 d’abord relayé par France 2 d’une part, RTS Un de l’autre, la main sur la «zapettte» pour passer très souvent de l’un à l’autre, afin d’écouter les uns et les autres qui commentent le même événement. Avec en plus dès l’arrivée dans le canton de Neuchâtel, préférence donnée à la France, pour comprendre comment nos voisins présentent la Suisse ce lundi traversée sur près de cent kilomètres. D’où le double «sur» du titre évoquant le Tour en suivant l’offre des services publics de France et de Suisse romande, destinée à des millions de spectateurs de par le vaste monde. Formidable promotion «touristique» qui vaut probablement largement les trois cents mille francs dépensés par Finhaut, tête de l’étape de mercredi 20 juillet, montant qui vaut peut-être bien aussi celui payé par Berne.

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Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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