« Marseille » sur internet avec « Netflix »

Tout produit audiovisuel terminé doit trouver son public. Le chemin traditionnel passe – passait – par le grand écran et le petit. Oui, mais il faut de plus en plus tenir compte d’un nouveau canal, internet, décliné aussi sur portables et tablettes. «Netflix», installé sur internet, est une entreprise américaine qui diffuse moyennant finances films et séries dans bon nombre de pays, en revendiquant près de septante millions d’utilisateurs au début de 2016. A dix francs par mois, cela donne un chiffres d’affaires annuel qui frôle les dix milliards (six fois le budget total de la SSR-SRG, trois fois celui du groupe France-Télévision)!!!

Promotion pour la Ville

Promotion pour la Ville

Le hasard veut que, ces dernières semaines, un habitant de Moscou dont on ne sait plus s’il paie encore une partie de ses impôts en Belgique, Gérard Depardieu, tenait en effet le rôle principal de «The End», un film de Guillaume Nicloux, diffusé en e-cinéma (VOD) depuis le 8 avril 2016. On ne sait pas si le film a rencontré un public!

Et revoilà Gérard Depardieu dans une opération d’une considérable envergure, maire de «Marseille» qui est en ligne depuis quelques jours sur Netflix, série de huit épisodes de cinquante minutes.

 

Le maire et son adjoint : Gérard Depardieu et Benoit Magimel

Le maire et son adjoint : Gérard Depardieu et Benoit Magimel (Image Netflix)

Sur le grand écran, la fiction passe par le divertissement populaire qui évidemment se nourrit des grands spectacles qui attirent les foules (James Bond, Batman et les autres) plus que par le cinéma d’auteur. La fiction télévisée, celle des séries, passe soit par les unitaires (un récit complet dans chaque numéro) qui tient du divertissement populaire et les récurrentes, qui peuvent être assimilées au cinéma d’auteur qui impose au consommateur un élan d’exigence.

Les «blockbuskers», ces produits à grand spectacles, font aussi leur apparition dans l’univers du petit écran et sur internet. On vient de faire grand cas de la sixième saison de «Games of Thrones». Et l’on aura croisé un peu partout des informations à propos de la première série européenne produite par Netflix qui est en ligne sur le site avant la présentation des deux premiers des huit épisodes sur TF1, le jeudi 12 mai 2016, pour découvrir la série. Et l’opération internet/Tf1 a probablement pour mission d’être un pompe-à-abonnés pour Netflix! Réussira-t-elle?

«Marseille» à première vue

De lectures de pages presque entières à doubles, parues dans des journaux «sérieux» comme «Le Monde», «TéléObs», «Télérama» ou même «Le Temps», la «Tribune de Genève» ou «Dimanche Matin», on peut retenir que cela se passe à Marseille, qu’il s’agit en principe beaucoup de politique puisque le maire en charge (Gérard Depardieu) va entrer en conflit avec son ambitieux poulain et adjoint (Benoît Maginel). De nombreuses intrigues secondaires accompagneront cet affrontement, y compris avec intervention de personnages féminins.

Encore "Lui"

Encore « Lui »

L’investissement est de l’ordre de un millions d’euros par épisode (vingt mille francs la minute, ce qui n’est pas énorme – une série romande comme «Station horizon» tournait autour de treize mille francs). L’écriture est due à Dan Franck et la réalisation signée Florent Siri et Thomas Gilou (au cinéma, «La vérité si je mens!»)

Deux autres « séries »

 Bien entendu, Marseille va se trouver au centre de l’action, dans sa diversité. Rien de nouveau sous le soleil du midi. La trilogie de Pagnol («Marius», «Fanny», «César») reste dans certaines mémoires, pas seulement pour la saveur de l’accent. L’épisode no 3000 de la série de France 3, «Plus belle la vie», est apparu le 22 avril 2016. Mais cette fois, belle sera probablement faite la part en extérieur.

Toujours "Lui"

Toujours « Lui »

Une série politique?

 Probablement, surtout quand les lectures préalables mentionnent presque toutes l’américaine «House of cards» où le combat politique dégénérait en affrontements personnels violents. Etonnant tout de même de ne pas avoir croisé de référence faite à une autre série tout aussi centrée sur la politique, la danoise «Borgen».

Dans le sillage de la promo

 Tout cela pour dire que Netflix aura su conduire à l’américaine une campagne de promotion obligeant assez largement la presse a signaler son existence. Et sur le petit écran, «Marseille» aura trouvé sa place. Silence radio puisque celle-ci n’est pas dans mes sources d’information!

Mais qui dit «promo» dit au plus information, pas encore réflexion à propos du produit attendu. A se demander d’ailleurs si ceux qui font de la promo ont eu l’occasion de juger sur pièces.

Une petite phrase tirée du «Temps» (Edition du 4 mai 2016), signée Nicolas Dufour, particulièrement attentif aux séries télévisées, peut surprendre: «Depuis quelle façonne ses contenus, Netflix a déjà soumis aux internautes le meilleur et le pire, Orange is the New Black» ou Marco Polo». «Marseille» relève du pire. « Le Temps» y reviendra.

 De lectures en promenade sur internet, j’aurai rencontre le site de «Télérama» :

http://www.telerama.fr/series-tv/video-que-vaut-marseille-la-serie-netflix-made-in-france,141985.php

On y trouve une rubrique «Têtes de série» où sont exprimées les premières appréciations qualitatives sur bon nombre de série, pour permettre à l’auditeur internaute de s’y retrouver. En quatre minutes, Pierre Langlais («Télérama»), Pierre Serisier («Le Monde»), Marjolaine Jarry («Lobs»), et Maxime Bordeau («Hufflington Post») n’y vont pas de main dite morte.

Malgré tout, je reste curieux de découvrir cette série, lors de son passage sur TF1. Le programmation s’inscrit dans un mode de diffusion qui finira par nuire à des chaînes généralistes comme la nôtre, la RTS ayant en plus pour habitude d’offrir son premier rideau à des séries unitaires pour rejeter bon nombre de récurrentes en fin de soirée.

 

 

 

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