Séries : plus qu’une mode

Illlustrations reprises de l’un des 103 textes consacrés aux séries qui subsistent sur ce blog. Pour le plaisir de se souvenir ! True Detective. (Temps de lecture, trois/quatre minutes)

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Assisté, mercredi 13 avril 2016, à un brutal match de catch verbal durant quinze minutes parsemées dans soixante. Revu ce jeudi matin « Infrarouge » : impression inchangée. C’est inadmissible ! C’est décidément la formule qui est en cause ( cf en particulier de la minute 5 à la minute 12). Il faudra ou il faudrait y revenir ! (fyly- 10:57)

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Un peu partout dans le monde, la série, unitaire ou récurrente, occupe de plus en plus de place. Un peu partout, on a compris que les différences formelles s’effacent entre le cinéma et la fiction télévisée

Laura Palmer, dans « Twin Peaks »

Twin Peaks – Laura Palmer

Intéressante lecture, dans « Le Monde des 10 et 11 avril » : deux pages, « La télévision est a son apogée en termes de créativité » et « « Tapis rouge pour les séries », signées Martine Delahaye. Dans la première, parole à John Truby, consultant auprès de grands studios américains, en particulier HBO, lors de la sortie d’un livre « Anatomie du scénario ». On y prend élan à partir de ce qui tend à devenir un tissu d’évidences : « Depuis les années 2000 environ, la télévision est à son apogée en termes de créativité, et ce partout dans le monde » car « une bonne série peut être aussi bien filmée qu’au cinéma, et avec tellement plus de dramaturgie que n’importe quel film ». Pour atteindre l’audience la plus large possible, « il fallait que l’on s’attache au personnage principal pour que le spectateur revienne chaque semaine vers lui, (..) ce qui impliquait qu’il soit positif. Un réseau câblé s’appuie sur le nombre de ses abonnés, pas sur le maximum de spectateurs devant chaque émission. « L’apparition des chaînes payantes du câble a mené à la situation actuelle : même au-delà des Etats-Unis, les séries font preuve d’une très grande créativité, et souvent beaucoup plus que le cinéma.

Peggy ( Elisabeth Moos) la petite secrétaire montée en grade, de moins en moins timide. Voici un pâle reflet de la qualité des images projetées sur le petit écran.Mad Men :Elisabeth Moss

 Quelques noms

 Pour atteindre une grande qualité d’écriture, il faut donc un « Showrunner », qui dirige une équipe de scénaristes et supervise l’ensemble du processus de création, tels, cités par « Le Monde » Vince Gilligan (Breaking Bad), Nic Pizzolatto (True Detective), Mathieu Weiner (Mad Men) ou David Chase (Les sopranos).

Pour les cinéphiles de la grande époque des ciné-clubs, des années 50 à 80 du siècle dernier, nourris au biberon du cinéma d’auteur, d’autres noms confirment la « politique-des-auteurs » mise à mal par les « show-runners » : Maurice Pialat « La maison des bois », David Lynch « Twin Peaks », Lars von Trier, « L’hôpital et ses fantômes », Jane Campion « Top of the Lake », David Fincher « House of cards », etc.

Encore Robin(Elisabeth Moos) cette fois un peu comme prisonnière de la végétation, dans la forêt inquiétante où se cache Tui Top of the lake

Top of the lake /Elisabeth Moss

A qui attribuer « Borgen », « The killing », « Downton Abbey », « Un village français », »Boardchurch », « Luther » etc ?

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente de "Borgen"Borgen

Le vieux « cinéphile » et peut-être même le jeune « sériophile » ne sait peut-être pas très bien qui est le véritable responsable de « Broadwalk empire », de Martin Scorsese, co-producteur qui a signé le premier épisode dans un décor que l’on retrouvera régulièrement, celui du bord de mer d’Atlanta City, ou de Terence Winter, responsable de l’écriture. Pour « Vinyl », on retrouve les deux mêmes noms en responsables de la démarche créative.

Sarah Lund (Sofie Gräbel) ) plus souvent en pull qu'une arme à la mai dans The KIlling

The KIlling

Les offres de Netflix

Et puis, aux grandes chaînes de télévision généralistes, commerciales ou de service public, au câble par abonnement s’ajoute désormais un autre vecteur porteur de produits audiovisuels de création. Sur internet, Netflix, parmi d’autres comme Amazon, propose films et séries en flux continu, à des prix abordables, sans passer par le traditionnel « petit écran ». Leur puissance grandit. ! Une nouvelle industrie mondiale se met en place. La série devient un produit audiovisuel : il faut renoncer à y ajouter « télévisée »

Et la Suisse ?

 « Le Monde » explique pourquoi la série, accueillie déjà dans des sections aux festivals de Berlin ou Toronto, devrait trouver une manifestation importante qui lui serait consacrée. Certes, un peu partout, certaines manifestations font depuis assez longtemps place à des séries « télévisées », comme « Tous écrans » à Genève. Une série ambitieuse doit se faire remarquer dans un festival, qui permet d’ouvrir des marchés internationaux. C’est une nouvelle industrie audiovisuelle qui se met en place. Certaines séries scandinaves connaissent une bonne diffusion internationale.

P'tit Quinquin .

P’tit Quinquin

En Suisse, dans l’audiovisuel, il y a trois régions, presque trois « pays » qui peinent à collaborer, Tessin, Suisse alémanique et Suisse romande. On ne voit guère de séries tessinoises, s’il en existe, ou alémaniques sur le petit écran romand. « Le croque-mort » zurichois fit récemment exception, sans avoir attiré l’attention du grand public. Et si des séries de la RTS sont adaptées pour « Zürich », on n’en parle guère.

Robin Renucci, le maire, une fonction délicate à occuper en courant le risque de finir par être "collaborationniste"

Un village français

Un survol du catalogue de « Netflix » n’a pas permis d’y rencontrer le titre d’une série produite en Suisse. Les séries romandes récentes s’ouvrent parfois des marchés étrangers, sur les réseaux de TV5 Monde par exemple. On n’entend guère parler de la présence de séries suisses dans les manifestations spécialisées. Il faut remonter à « Dix » qui reçut un prix à la Rochelle en 2010.

Et pendant qu’en effet, un peu partout dans le monde, la série se développe et triomphe, la RTS qui pouvait jusqu’ici produire trois séries en deux ans n’en propose plus qu’une par année, économies obligent. Dans la navigation à contre-courant, on ne fait pas mieux !

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