L’appétit du « Conseil du public »

Pour enricher la discussion sur les sujets choisis par le conseil du public qui aboutissent à la rédaction d’un rapport, des interventions portées à la connaissance du conseil peuvent être précieuses. Et pourquoi pas les faire connaître à travers ce blog.

C’est ainsi que le conseil du public se prononcera prochainement sur les émissions consacrées par la RTS à la cuisine. Thierry Murier, caissier de la SRT-NE,a donc pris la peine d’envoyer quelques remarques à un des membres du conseil du public pour éventuellement nourrir une prochaine intervention. Son texte , adressé en Cc à tous les membres du comité de la SRT-NE, m’a paru intéressant au point de souhaiter le publier. Ce que je fais ci-dessous avec l’autorisation explicite de son auteur ( temps de lecture, entre trois et quatre minutes).

L’occasion est belle aussi pour donner une suite au récent texte rédigé dans une certaine urgence à propos d’ “Infrarouge” au comité de la SRT-NE en formulant quelques remarques sur les Rapports et communiqués du Conseil du public . (Temps de lecture, 3 minutes)

(( Reste à trouver des images ??- dimanche 28.02.16 – 08:09 -fyly)

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En cuisine avec la RTS – Thierry Murier

Nombre d’émissions

 Elles seraient au nombre de quatre (« Al dente », « Cuisine de chez nous », « Pic assiette », « Descente en cuisine »). Alors que la culture ne dispose que d’une petite fenêtre et que les émissions religieuses font les frais des mesures d’économie, la RTS se paie le luxe de proposer quatre émissions culinaires (pas en même temps il faut toutefois le convenir) dans un paysage médatique déjà saturé de cuisiniers amateurs.  Je trouve cette répartition injuste vis-à-vis d’autres thématiques méritant aussi être défendues par une télévision de service public. A ce titre et dans le cadre des futures mesures d’économies, c’est par la réduction de la voilure des émissions qui couvrent à triple ou à quadruple une thématique qu’il faudrait commencer.

 Emissions

Je donnerai ici un avis général. La diffusion d’une seule émission est suffisante, le concept étant rigoureusement le même de l’une à l’autre…

 Je catégorise les quatre émissions en deux groupes (a) la création (« Cuisine de chez nous », « Pic Assiette » et « Descente en cuisine ») et (b) les opérations publicitaires/marketing (« Al Dente »).

 Je commencerai par la 2e catégorie. Pour procéder à la critique, connaître la répartition des coûts de production avec les partenaires commerciaux est nécessaire (le financement d’ »Al Dente » par la RTS est probablement moindre que pour « Cuisine de chez nous », je ne dispose malheureusement pas de cette information). Ce qui m’intéresse surtout est de savoir de quelle manière ces partenaires interviennent sur la ligne « éditoriale » de l’émission: si ce type de partenariat est financièrement intéressant pour la RTS, cela ne permet pas non plus de faire n’importe quoi sous prétexte que l’émission est sponsorisée. Il serait dès lors pertinent que le conseil du public aille au-delà de « Al Dente » et se penche sur la ligne éditorial/concept des émissions financées par des partenaires commerciaux.

 « Al Dente » : pour moi, le degré zéro de la télévision. Un concept qui n’évolue pas, du grand n’importe-quoi dans le jeu (partie 1 questions : une personne peut presser sur le bumper et dire n’importe quelle bêtise ; partie 2 : on dit aux enfants de ne pas jouer avec la nourriture – cela se passe de commentaires ; partie 3 : dégustation à l’aveugle – Comment humilier une personne ?). L’animateur n’est pas drôle (ses plaisanteries tombent à plat) et en fait trop (sa façon de jouer l’élément perturbateur en cuisine est usé).  Le seul élément que je sauverais de cette catastrophe en cuisine est les deux salariés de coop (les cuisiniers) qui font bien leur job, malgré les piètres interventions de l’animateur. Madame Dana Hastier devrait venir faire un stage à la RTS.

 Créations propres de la RTS

 « Cuisine de chez nous » :  l’idée de faire une émission couvrant toutes les régions linguistiques de la Suisse est intéressante. Le format de 45-50 minutes et le mélange de la cuisine avec d’autres aspects culturels est très bien aussi (permet de prendre un peu son temps). Pas de starification ce qui est un grand plus aussi. Le système de notation de me gène pas car cela débouche souvent sur de la critique positive ou constructive (contrairement aux émissions de TF1 dont le but est de flinguer les concurrents).  J’estime que ce concept devrait être maintenu MAIS en y sortant tout l’aspect cuisine (saturation du thème, voir commentaire plus haut) et en tendant vers quelque chose de plus culturel (« Culture de chez nous » ) où les personnes seraient amener à se prononcer sur des projets/initiatives/créations.

   « Pic Assiette » : une de ces émissions à la gloire d’un ou d’une journaliste. Personnellement, je ne la supporte pas et je zappe. Le concept est toutefois intéressant et j’aime bien les cadrages ainsi que la façon de filmer en accéléré, bien adapté pour ce genre d’émission.

« Descente en cuisine » : jamais vu.

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RAPPORTS ET COMMUNIQUES DU CONSEIL DU PUBLIC

Le communiqué du 26 février, « Infrarouge » (Temps de lecture : une minute)

Infrarouge a fait l’objet d’un échange récent entre les producteurs-animateurs et les membres du Conseil du public. L’émission est devenue depuis douze ans un rendez-vous phare du public romand : des débats plus ou moins animés sur des thématiques politiques, économiques, sociétales et, assez rarement, culturelles. Avec le temps, la forme a quelque peu évolué et le CP salue l’insertion de données statistiques et informatives, de reportages utiles à la relance ou à la continuité du débat, sans oublier les contributions de Mix & Remix, destinées à détendre l’atmosphère.

Un débat est constitué de confrontations pas toujours faciles à gérer. Le Conseil du public s’est fait l’écho auprès de l’animateur et de l’animatrice de situations tendues qui dérangent une partie des téléspectateurs. Il est vrai qu’en fonction des personnalités présentes, la maîtrise des expressions contradictoires est souvent difficile, s’agissant à la fois d’éviter une cacophonie de plusieurs voix simultanées tout en laissant aussi les passions s’exprimer et en faisant avancer le débat ! Il n’en reste pas moins que des améliorations pourraient être apportées dans la gestion des débats.

Le Conseil du public a donc émis un constat globalement positif tout en suggérant, en fin d’émission, l’apport d’une synthèse, voire d’un fact-checking par un-e journaliste n’ayant pas pris part à l’émission.

Remarques (Temps de lecture, maximum deux minutes)

Depuis plusieurs années, le conseil du public a donné plus d’ampleur à ses réflexions à propos de la radio et la télévision et de certaines de leurs émissions. Des petits groupes de travail, trois ou quatre membres du conseil, planchent sur un sujet, confrontent leur avis, confient à l’un d’eux la rédaction du projet de rapport ensuite soumis à l’appréciation du plénum qui peut proposer des modifications avant publication. Les responsables de l’émission sont invités à la séance où l’on examine le rapport. Celui-ci est ensuite accessible sur le site de la RTSR.

A maintes reprises, la lecture du communiqué donne l’impression d’être prudemment aimable avec le sujet du jour alors que le rapport ne craint pas de le malmener, certes et de loin pas systématiquement.

C’est un peu le contraire qui est apparu avec le récent débat sur “Infrarouge”. Le rapport déjà en ligne comprend près de vingt mille signes (temps de lecture attentive, au moins un quart d’heure). Le communiqué, reproduit ci-dessus, se contente de 1.300 signes.

Le rapport plus élogieux que réservé, les regrets sont énoncés comme des points pas très importants. La moitié du communiqué explique pourquoi il serait nécessaire d’améliorer au moins la gestion des débats.

Il est évident qu’une discussion dans un cadre restreint d’un comité cantonal comme celui qui nous a conduit à proposer presque dans l’urgence un texte sur le blog intitulé “Infrarouge au comité de la SRTNE” peut amener des remarques qui restent plus virulentes que si elles étaient écrites.

Le rapport complet parle d’”infrarouge” comme d’un rendez-vous incontournable qui retient l’attention d’un nombre important de téléspectateurs. Rappel de la moyenne annuelle de 2015 : 13 % de parts de marché avec 40 mille spectateurs, alors que la moyenne annuelle de la case entre 22h30 et 23h30 s’élevait en 2011 à 20 % pour soixante mille personnes. Pourquoi mentionner 2011? Ou bien l’information n’existe pas pour les années suivantes, ou bien elle est considérée comme un secret d’entreprise !! D’ailleurs, l’information chiffrée sur l’audimate moyen de 2015 ne figure pas dans le rapport.

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Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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