Ecrans de fêtes

Pour qui attend du petit écran plus qu’une distraction offerte par le robinet à images sans surprise, les périodes de fêtes ne sont pas très séduisantes. Que découvre-t-on en pitonnant, même pas au hasard, mais d’un canal à l’autre parmi ceux que l’on suit assez régulièrement – RTS1, RTS2, Arte, France 5, France 3, France 2, Mezzo ?

Les rétros, en tous genres, s’y trouvent un peu partout. Rencontré sur la RTS : un digne et triste rappel du massacre de janvier autour de « Charlie » ; un digne et triste rappel du 13 novembre, entre autres. Et pour conclure: le caleçon coloré en diagonales de Wawrinka à Roland-Garros! Mais oui !

Dans mon dos, alors que je fais une recherche sur mon ordinateur, récepteur allumé, j’entends donc une rétrospective de meilleurs moments sportifs. Elle est riche, diablement riche, la bande sonore : il y a des cris en tous genres, appuyés par les élans des experts et commentateurs avec souvent sempiternelles répétitions. C’est bruyant !

Et voici les « variétés » avec multiplication de vedettes dans des décors luxueux saisis par des caméras volantes devant un public prié de manifester sa satisfaction. Ce qu’il fait parfois avec des applaudissements ou en criant. Brailler : est-ce cela, la complicité, la joie partagée ; mieux, l’interactivité ? !

Glissons : « 26 minutes » s’est fait place solide en parts de marché sur RTS1 le samedi soir. Les deux Vincent restent excellents, au point d’arriver à nous faire croire que l’un surprend l’autre qui peine alors à retenir son rire. Ce public invité que se met à brailler à la fin d’un sketch souvent de bonne qualité augmente-t-il les parts de marché en milliers de spectateurs?!

Glissons encore : que le public invité à « Infrarouge » applaudisse quand commence l’émission peut être pris comme une moyen de remercier d’être accueilli sur le plateau. Mais comment interpréter les applaudissements finaux ? Comme un jugement sur la qualité des débats et de leurs animateurs ? « C..dans l’air » (France 5) ou « 28 minutes » (Arte) font quotidiennement mieux sans public pour applaudir, parfois bien timidement!

C’est aussi le temps des « bêtisiers », qui font bien rire ceux qui se plantent, qui permettent de faire croire que la télévision se moque d’elle-même. Rires et humour ne sont pas forcément communicatifs !

Lots de consolation

 Oui, mais tout de même, on peut trouver de bons moments sur en petit écran en cette période de fêtes.

Borschberg et Piccard

« Les coulisses de l’événement » (RTS1, mercredi 23), avec André Borschberg et Bertrand Piccard et leur rêve à plus de cent cinquante millions, le vol déjà à moitié réalisé, çà a bien plus belle allure que le précédent un peu tristounet avec un dirigeant du football mondial.

Roberto Alagna

Passer en musique une bonne soirée avec Roberto Alagna et ses amis ( France 3, jeudi 24 décembre) apporte des moments de plaisir et même d’émotion dont il faut souligner la dignité.

Downton Abbey

Personnage dominateur et ultra-cosnervatrice, mais combien délicieuse dans ses remarques, la douarière ( )

Dominatrice et ultra-conservatrice, mais combien délicieuse dans ses remarques, la douarière, Maggie Smith (HBO/TMC )

« Downton Abbey », en sixième saison, touche à sa fin ( dernier épisode sur TMC le 2 janvier 2016). Julian Fellowe, acteur, écrivain, scénariste, membre de la chambre des lords côté conservateur, s’est fait l’auteur d’une imposante saga familiale dont le thème tourne autour de la sauvegarde devenue de plus en plus difficile d’un imposant château. En sixième et dernière saison, pas la moindre usure!

Miss Fisher enquête

Miss Phryne Fisher (Essie Davis), chapeau assorti à la robe, en change souvent dans le même épisode...

Miss Phryne Fisher (Essie Davis), chapeau assorti à la robe (Photo France 3, épisode inaccessible sur internet en notre territoire – A qui doit-on cet « Interdit »?)

Il faut bien avoir le droit de se contredire. « Miss Fisher enquête » est une série dont le premier mérite est de venir d’ailleurs, d’Australie. Miss Fisher y conduit avec bonheur une rapide enquête dont les ficelles sont parfois un peu grosses. Mais c’est l’occasion de rendre visite à des milieux différents, par exemple un magicien sur scène ou un camp militaire (dimanche 27 décembre- France 3). A l’élégance de la mise en scène s’ajoute celle, vestimentaire, de Miss Fisher qui porte au moins six tenues différentes dans chaque numéro.

Rétrospective Tati

Mon ooncle et quelques-uns de ses accessoires, avec son nevau (Photo Arte)

Mon oncle et quelques-uns de ses accessoires, avec son neveu (Photo Arte)

C’est définitif : le ciné-club a changé d’écran. Il ne convoque plus sur le grand, désormais remplacé par les multiples offres de chaînes qui se donnent tout de même une composante culturelle. Ainsi en va-t-il d’Arte et de sa rétrospective Tati, avec « Les vacances de Monsieur Hulot » et Trafic » ( lundi 21 décembre), « Mon oncle », « Jour de fête » et « Play time » ( 28 décembre). Certes, les films un par un du bon vieux ciné-club, c’était tout de même une meilleure manière de déguster un œuvre que par rafale – sur Arte, la soirée du 28 commence à 20h50 et se termine à 02h10 !

 

Une réponse à to “Ecrans de fêtes”

  • André Dörflinger:

    La Suisse le pays le plus drôle….?
    Vous vouliez en sous-entendant dire, la Suisse romande = qui ne veut plus longtemps être la plus grande minorité linguistique mais « l’autre = la Seconde Suisse > à langue tant parlée qu’écrite consommée vivant avec elle même en dormant. // C’est ça, la différence. Alors, on a beau être la plus drôle > si on ne vit qu’avec langue, à l’opposé des Alémaniques. Le problème restera entier = insoluble. Le Nord du pays n’a jamais connu pouvoir étatique dictatorial rigoureux lui imposant langue parlée = écrite, a ainsi été analphabètisée bc trop tard, seulement dés 1820 (Bâle: 1838), fait unique en Europe civilisée. La Suisse fondée en pays germanophone est depuis spirituellement welchisée à 50 %. Donc : Suisse drôle ?, ouj, essentiellement la Seconde Suisse se payant éperdument la tête des Alémaniques.

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