La Grande Lessive: pour quel linge?

Sur RTS Un, jusqu’au vendredi 23 octobre 2015, c’était encore, à 18h05, «Top models» ( no 7077 !), puis à18h30, «La roue de la chance» (possibilité de gagner jusqu’à cent mille francs), de la télévision populaire pour faire concurrence à Tf1 et M6, la télévision généraliste commerciale.

Depuis le lundi 26 octobre, «La roue de la chance» passe à 17h20, «Top models» à 17h45 ( nos 7078 et suivants ). A 18h10, c’est «Le court du jour» parfois intéressant et dès 18h15, la grande petite nouvelle émission de conversation (talk-show), «La Grande Lessive», durant trente minutes. Cette intéressante télévision s’éloigne des commerciales généralistes pour s’approcher un tout  petit peu de rivales généralistes de service public comme France 5 et Arte. Donc à tout le moins, un progrès, un brin de courage au plan du programme: à saluer! Et qu’importe les futurs parts de marché en milliers ou en pourcent.

Un générique assez plaisant

Le titre?

Qui dit «lessive» dit linge, mais ce ne sera heureusement pas pour le laver en famille: il ne faut pas fouler les territoires si brillamment occupés par «Infrarouge» où, depuis quelques temps, le public invité se met à applaudir, sans qu’on comprenne qui ou quoi! Dans une machine installée dans une grande buanderie, on pourra donc enfiler toutes sortes de linges entre eux mélangés, même si la température idéale pour les uns n’est pas celle des autres. On y parlera de tout et de rien.

Le concept

 Il est relativement simple: trente minutes, un plateau, des dialogues, des documents entre eux insérés. Une animatrice accompagnée par une collègue, un ou deux chroniqueurs chacun spécialiste dans son domaine, un ou une invitée le lundi qui donne les noms de quatre personnes à convier pour les autres jours de la semaine. La production cherche donc seulement un invité par semaine qui lui assure des présences pour toute la semaine. Un peu de paresse dans l’air! Mais intéressant tout de même.

Espérons-le pour la production: un budget pas trop chiche, probablement « emprunté »  à l’ensemble des autres producteurs d’émissions de la RTS plus ou moins linéairement ou avec des suppressions à venir d’émissions existantes comme « Outre-Zapping », une des rares occasions sur la RTS de savoir comment on fait de la télé à Zürich et Lugano ou encore «Travelling», le cinéma pour cinéphile unissant cinémathèque, radio et télévision – en attendant d’autres coups de rabot.

Une vingtaine, pour 150 minutes par semaine.....

Une vingtaine, pour 150 minutes par semaine…..

Le résultat? Mais deux numéros, lundi 26 et mardi 27 suffisent-ils pas pour s’en faire une première idée? Prenons le risque…

L’animation

La réussite d’un tel spectacle de mots passe évidemment par la présence de l’animateur ou de l’animatrice qui doit tisser des liens, et entre les sujets, et entre les invités. Pas facile à faire! Employons le féminin. Voilà qui demande d’être curieuse, détendue, attentive, de savoir s’exprimer avec facilité, élégance et rigueur. Examen de passage sur le chemin de la réussite, rodage en cours, pour Maurine Mercier, fort à l’aise dans ses dialogues avec certains participants.

Maurine Mercier, l'animatrice, devant quatre machines pour linges colorés....

Maurine Mercier, l’animatrice, devant quatre machines pour linges colorés….

Hier, entres des émissions différentes, il y avait de présentatrices et des présentateurs assurant la liaison par de courtes interventions. On les appelait «speakerines». L’animatrice d’un «talk-show» doit être une bonne speakerine qui doit se rendre indispensable. Mais elle doit savoir faire plus que de présenter la prochaine intervention. A elle de créer un climat qui permette d’amorcer une conversation à plusieurs, à partir de dialogues. Cela ne sera pas facile. Peut-on aisément passer d’une avocate spécialisée dans le droit de famille et musicienne à un récit scientifique sur les poissons nettoyeurs de grands fonds, d’une école de musique à un film en 3D qui donne le vertige, les frères Lumière alors invités en gare de la Ciotat pendant quelques secondes.

Comparaisons pas forcément raisonnables…

 Trente minutes de «La Grande Lessive», c’est un peu l’équivalent de disons quatre pages du «Matin». Les «28 minutes» d’Arte, (du lundi au vendredi à 20h05) animées par Elisabeth Quinn, ce sont deux pages du «Temps» ou une page du «Monde». Avec le «C..dans l’Air» d’Yves Calvi (France 5, en semaine dès 17h48 avec reprise vers 22h30) ce sont deux pages du «Monde» ou trois/quatre du «Temps».

«La Grande Lessive»? On y reviendra: le concept existe, intéressant mais prudent. Il aurait pu être plus ambitieux. L’animation est assurément prometteuse. L’émission y gagnera quand elle deviendra une conversation à quatre ou cinq et pas seulement l’addition de dialogues et de présentation de courts documents.

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 PS qui n’a presque rien à voir…

Lu, en page 14 du «Monde» (édition du mercredi 24 octobre 2015), en attendant de le relire, un magnifique témoignage d’une historienne de 67 ans, Lucetta Scaraffia, qui vient de participer au synode des évêques sur la famille, sous le titre annonciateur du ton général du texte, «Et Dieu bouda la femme».

Ceci, juste en passant, pour donner la mesure de ce que peut apporter une page du «Monde» ou de tout autre quotidien de haut vol, selon préférence personnelle….

 

Une réponse à to “La Grande Lessive: pour quel linge?”

  • gindrat:

    Bonsoir,

    Personnellemment, je n’apprecie pas votre emission que j’ai regardée ses debuts.

    Ce soir, j’ ai ri de bon coeur pour la première fois maisuniquement grâce claude inga.
    Merci à elle.

    Bonne soiree

Avertissement

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