Sortie de « La Vanité » en Suisse romande

La télévision, la SSR-SRG nationale, en Suisse romande la RTS, est assez souvent co-productrice de films destinés d’abord au grand écran, qu’il s’agisse de documentation, d’animation ou de fiction. Ces interventions jouent un grand rôle dans le financement de certains projets. La télévision a donc parfaitement raison de signaler qu’elle aide le cinéma suisse.

On a pu voir et on continuera peut-être encore de voir parmi les spots publicitaires un message qui attire l’attention sur « La Vanité » dixième long-métrage de Lionel Baier. Le coût-minute d’une publicité sur petit écran est assez élevé. On peut même aller jusqu’à faire remarquer que les diffuseurs qui peuvent s’offrir le support publicitaire qu’est le petit écran sont peu nombreux. Ils sont très souvent américains, car Hollywood sait mettre à disposition de la promotion de ses produits des sommes considérables. Ce n’est que rarement le cas pour des productions d’autres pays.

La pub pour un film sur petit écran ne signifie donc pas automatiquement qu’il s’agisse d’un de ces « blockbuskers » qui attirent les spectateurs par dizaines de milliers. Le film de Lionel Baier est une œuvre de qualité et de finesse qui pourrait être populaire, mais modestement. Son style n’est pas tapageur comme le sont la grande majorité des films qui drainent les foules. C’est un film qui sait être gai sur un sujet grave, la mort volontaire que veut se donner dans des conditions d’aide légale, un architecte âgé. On est presque dans un récit qui respecte les trois unités du théâtre classique, de sujet, de temps et de lieu. Et le titre ne frôle pas l’orgueil ou l’auto-satisfaction. Il fait allusion à une forme d’art pictural qui rappelle souvent par la présence d’un crâne que la mort est inéluctable pour l’homme et ses préoccupations.

La vanité -Lionel Baier

Derrière Esperanza (Carmen Maura) et Patrick Lapp (David Miller), on aperçoit l’oeuvre de Hans Holbein le jeune, « Les Ambassadeurs » reproduits ci-dessous.

La télévision a raison de rappeler ou de faire savoir qu’elle aime le cinéma suisse, en proposant aussi des films qui ont pour ambition d’être plus que de simples divertissements.

"Les Ambassadeurs" de Hans Holbein le jeune, 1533

Au début du film, on entrevoit dans une chambre d’un motel qui semble s’éloigner des riches années de sa construction, au temps de l’Expo 64, une toile célèbre de Hans Holbein le jeune, « Les Ambassadeurs », œuvre considérée comme un parfait exemple de « vanité » picturale. L’étrange objet en oblique au bas du tableau devient un crâne quand on le regarde obliquement depuis la gauche du tableau, à la « Tate Gallery » à Londres, effet d’anamorphose plus facile à produire avec des miroirs déformants ou en numérique qu’en peinture en 1533.

Une réponse à to “Sortie de « La Vanité » en Suisse romande”

  • Sylvie Pauli Rieder:

    Le commentaire de Feddy Landry donne envie de voir ce film de Lionel Baier et il me semble personnellement qu’en cette periode preelectorale ou tant de vantards cherchent a se profiler pour que l’on s’interesse a leur petite personne, une lecon de finesse et d’humilite. En finir, se donner la mort, reflechir a la vie, a sa vie, signifie tout un programme !

    (Pour les lecteurs sensibles a la ponctuation, je dispose d’un clavier grec, sans accents graves ou autres.)

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