De séries « lues » dans la presse….

D’abord, même sommairement, il faut tenter de faire le point sur les séries télévisées en général dont l’importance est grandissante dès lors que les ambitions initiales, distraire et plaire au plus grand nombre, prennent maintenant aussi en compte une forme de réflexion sur le monde avec un intérêt profond pour les personnages qui évoluent au fur et à mesure du récit.

De l’unitaire à la récurrente

Toute série se compose d’épisodes à diffusion quotidienne ou hebdomadaire qui forment une saison à laquelle peut s’en ajouter annuellement d’autres. La série est unitaire si les mêmes personnages qui ne changent guère servent de supports à une histoire par épisode. Elle est récurrente si ces personnages qui évoluent s’inscrivent dans un récit se développant durant  tous les épisodes. Et d’autres saisons peuvent suivre, avec une autre histoire ou la même qui se poursuit. La série récurrente se doit de créer un désir de fidélité.  Il y a plus à attendre et recevoir d’une série récurrente que d’une unitaire. Voici quelques exemples parfois révélateurs.

«Fémina »

« Fémina », encarté dans « Le matin-Dimanche » (2 août 2015) consacre quatre pages aux séries télé – « Les povers girls » : Complexes. Diversifiées. Les personnages féminins ont le vent en poupe à la télévision. Reflet de la société ou anticipation ? illustrations : « Scandal », « Outlander », « Borgen » en grand, mais aussi « Orange is the new black », « Supergirl », « Games of thrones », « Veep », « The good wife », « The killing », « Girls ». Un encadré avec : « On a toutes en nous quelque chose d’elles ». Jolie dernière phrase du texte : « Hillary Clinton a révélé sa série préférée : Borgen ».

Sarah Lund (Sofie Gräbel)   ) plus souvent en pull qu'une arme à la mai dans The KIlling

Sarah Lund (Sofie Gräbel) ) plus souvent en pull qu’une arme à la main dans The KIlling

« TéléObs »

Le nouveau supplément de l’OBS, « L’hebdo des médias », consacre la moitié de sa pagination aux programmes avec une émission développée par page. L’autre moitié ? Des textes allant plus loin dans l’analyse. Dans le dernier numéro de juillet 2015, quatre pages d’images et de textes pour décortiquer « Mad men », une série un style) et début août, quatre pages aussi pour « Engrenages, les mythologies ». Une grande série américaine parmi beaucoup d’autres ; une bonne série française parmi de rares autres à ce niveau.

Le Monde »

« Le Monde » a renoncé à son supplément hebdomadaire pour une page quotidienne, avec mot croisé et sudoku, sélection de quelques émissions de la soirée et présentation détaillée de deux émissions, parfois en radio, plus souvent dans le service public que sur les chaînes commerciales », choix assurément pointus.

Deux pages supplémentaires sous le titre « Télévisions », apparaissent dans l’édition de Dimanche/Lundi. Une suite de six volets est en cours, consacrée à « « L’Europe des séries ». Déjà parus « La France prête à entrer dans la course », « L’Italie, la force de la tradition », « L’Allemagne veut s’exporter ». Dans l’édition des 20 et 21 juillet, Marc Nicolas, directeur de la Fémis, évoque un cours récent conduisant à la formation au scénario de séries. Il s’intéresse à la place occupée par la France en Europe. Citation pour le plaisir : « Il m’a fallu sept ans pour convaincre le milieu du cinéma que les meilleures séries n’avaient pas grand chose à envier au cinéma depuis *Les sopranos*, « Six feet under » et « The wire »(…).

Photo-souvenir du déjà lointain "six feet under", ls "famille" au centre de la série, plus que les obsèques.....

Photo-souvenir  déjà lointain:l « famille » au centre de la série, plus que les obsèques…..

 A signaler, dans l’édition des 2 et 3 août 2015, un très élogieux texte consacré à « The Affair » avant sa prochaine présentation sur Canal+ vers 21h00. Les téléspectateurs romands noctambules viennent de la voir en priorité durant cinq mercredis de juillet (çà, c’est très bien), mais seulement entre 22h30 et 00h30 (çà, c’est très dommage, car toute émission programmée par n’importe quelle chaîne  à partir de 23h00 ne peut que rencontrer un maigre public).

Bougrement habile, la fin de la première saison de cette excellente série où l’enquête menée deux ou trois ans après les faits qui restent encore partiellement mystérieux conduit à l’arrestation de Noah.

Trois magazines romands

 La petite suisse romande de moins de deux millions d’habitants dispose de trois magazines consacrés en bonne partie à la télévision. Quelle est la part de chacun consacrée aux textes et non aux programmes?

Dans le « Guide TV », sept pages de textes plutôt courts sur une trentaine (un peu plus de vingt pourcent).

Dans « Télétop-Matin », une douzaine de pages de textes plus ou moins développés contre le double en programmes. (un peu plus de trente pourcent)

Dans « TV8 », ce sont près de nonante pages de papier glacé produisant presque un effet de luxe, dont sept fois neuf pages de programmes de très nombreux canaux (Environ trente pourcent pour les textes).

Des différences entre eux : exemple à propos de l’épisode de « True detective » du lundi 27 juillet, dans la partie consacrée aux programmes :

« Guide TV » (Tamédias Publications romandes SA) » : un crime commis en Californie amène deux inspecteurs, un policier de l’autoroute et un criminel à naviguer de concert »

 « Télétop Matin » (Tamédias publications romandes SA) : un crime commis en Californie amène deux inspecteurs, un policier de l’autoroute et un criminel à naviguer de concert pour tenter d’en comprendre la cause.

« TV8 » (Editions Ringier Romandie) : A Ventura County, un flic ripou, une policière intègre et un vétéran de l’armée reconverti en crack de la patrouille routière enquêtent sur le meurtre d’un politicien corrompu.

ANI - besserides

Antigone Bezzerides, « Ani, » (Rachel McAdmans), certes « policière intègre », mais à la vie privée compliquée et à la professionnelle pas tellement calme (True Detective,saison 2)

Deux éditeurs en concurrence sur le marché restreint romand : hier, ils étaient unis pour prendre prétexte de la nouvelle redevance pour affaiblir la SSR-SRG !

Dans la presse quotidienne romande, il y a assez peu de réflexions sur la télévision, remplacée par la promotion, surtout celle d’émissions télévisées, et pas seulement dans les pages consacrées aux programmes.

True Detective

Dans « Télétop Matin » ( 26 juillet), presque deux pages sur cette imposante série : fort intéressant texte tressé autour de la force des personnages féminins, avec hommage à celui d’Ani Bezzerides,  clin d’œil adressé à Sophocle. Un bref hommage est rendu à « quatre autres femmes fortes du monde des séries ».

Dans « TV8 » 1er août), deux pages sur le même sujet, mais centré sur Colin Farrell, qui interprète Ray, certes personnage pourri, mais pas seulement. Le titre – « Je déteste les armes à feu » – vaut pour l’acteur, pas pour le personnage.

Revu sur ARTE le lundi 25 une partie de « Scènes de la vie conjugale » (1973) d’Ingmar Bergman. Du grand cinéma. Passé en cours de soirée, vers 22h10, sur « True Détective », 6ème épisode. De la grande télévision. La VO, c’est important : elle ne prive pas l’acteur de sa voix !

Il faudra revenir sur ce saut apparemment brutal, qui conduisit d’Ingmar Bergman à Nic Pizzalotto. Aussi admiratif devant le film que la série, qui sous certains aspects se ressemblent. Et ce n’est pas de la « provoc » !!

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