LRTV : une « pause » seulement

« Match nul » écrivions-nous le 16 juin 2015 une fois connu la « victoire » du OUI avec trois mille voix d’avance sur le NON. Maladresse, « match » presque nul pas terminé! Il ne s’agit que d’une pause de quelques mois avant la reprise des « hostilités ». On reparlera de « Billag » quand les cent mille signatures souhaitées par le radical romand Nantermod seront atteintes, avec le soutien de l’UDC et de l’USAM si l’on en croit une information qui reste à confirmer. J.F.Rime va s’auto-déchirer pris entre la défense des postes de travail de Billag, avec son personnel installé en bonne partie dans le canton de Fribourg et sa mission de sauver le seize pourcent des entreprises suisses faisant au moins un chiffre d’affaires annuel de plus de un million qui seront ruinées par la redevance nouvelle, dès 2018, plus élevée que l’ancienne.

On annonce aussi une prise de position du Conseil fédéral sur l’audiovisuel de service public ouvrant un « vrai » débat devant les Chambres ( en 2016, 2017 ?). Chic, alors!

L’UDC et Mme Rickli joueront l’attaque. L’USAM restera-t-elle sur le banc ? Nantermod deviendra-t-il avant-centre? Bref, en comparaison sportive, c’est la pause à la mi-temps d’une rencontre de football ou entre le premier et de deuxième tiers d’un match de hockey.

Profitons de ce temps d’arrêt pour un rappel : les partisans du OUI ont poussé un premier OUF de soulagement et ceux du NON trouvé un terreau fertile pour continuer leur combat, non contre la redevance et son prélèvement, mais pour abattre l’audiovisuel suisse généraliste de service public.

Du grain à moudre pour les politologues

Rappelons tout de même quelques faits qui ne sont pas encore expliqués :

+ Pourquoi le NON, tout de même étroit du Tessin, à 52 contre 48, alors que la SSR-SRG accorde 22 % de son budget au cinq-six pourcent de la population de langue italienne ?

+ Les votes des villes furent assez nettement en faveur du OUI ( preuve à l’appui, les résultats dans les capitales cantonales), alors que les NON viennent des campagnes et des petites communes.

+ La Suisse romande a largement contribué à la mince victoire du OUI. Ce serait pourtant une erreur que d’en conclure que tout est pour le mieux dans la meilleure des RTS du monde. On peut, on doit, en discuter. A coup sûr, la RTS peut, doit faire mieux dans certains domaines. Mais ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.

L’UDC, l’USAM existent ; pas la « Presse » !

L’UDC existe, elle a fait voter contre. L’USAM existe, sa direction a fait voter contre. La presse aurait, selon certains partisans du OUI, systématiquement fait voter contre. Mais la presse n’est pas unitaire. La « presse » n’existe pas. Il existe des éditeurs – deux d’entre-eux au moins ont pris ou fait prendre position contre la LRTV : Tamedia et Ringier. Ces éditeurs ont été suivis par leurs plus proches collaborateurs, les responsables chefs et parfois sous-chefs des rédactions. D’autres parmi leurs collaborateurs ne se sont pas alignés sur les propriétaires des titres. Notons aussi que bon nombre de journalistes de l’audiovisuel sont restés silencieux pendant la récente campagne.

Il est dès lors intéressant de citer une partie du texte de Chantal Tauxe, dans « L’Hebdo » (Ringier) du 18 juin en page 33 sous le titre « Un dimanche sans vainqueurs » :

« On a artificiellement divisé les journalistes en deux camps, supputant ceux de la presse écrite tous alignés couverts aux ordres de leurs éditeurs « zurichois », et ceux du service public forcément planqués, arrogants et tout aussi alignés derrière leurs chefs suprêmes. On a ainsi insulté toute une corporation dans les moteurs essentiels restent, pour la plupart de ses membres, l’indépendance d’esprit et de devoir critique ».

 Assez bel exemple d’indépendance, encore que le « forcément planqués, arrogants et tout aussi alignés… » témoigne peut-être d’un souci exagéré d’équilibre entre « confrères et consoeurs » supposés ennemis à cause de l’antagonisme des « patrons »

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