LRTV ? Oui, encore !

Il faut bien, entre deux propositions de désintoxication LRTV, s’accorder quelques heures pour saluer «L’ombre des femmes» de Philippe Garrel, «Trois souvenirs de ma jeunesse» d’Arnaud Desplechin, beaux hommages au «vieux» cinéma des années soixante, celui de François Truffaut par exemple, pester contre ARTE qui propose ce jeudi soir de mini-séries comme s’il s’agissait d’un long-métrage de trois heures avec deux entractes et offre le luxe de décevoir avec «D’une vie à l’autre» dont on se demande quel est le sujet, ou suivre les exploits de Timéa (Bacsinsky affublée du cérémonieux «mademoiselle» prononcé par l’arbitre) ou de Stan Wawrinka ( sans «monsieur»)

Mais chassez le naturel du lecteur est inutile: il revient!

 « L’Hebdo », 4 juin: questions pour l’avenir

Jacques PIlet

Jacques PIlet

 Ancien collaborateur de la TSR, créateur de journaux, «L’Hebdo» en 1981 puis «Le Nouveau Quotidien», en 1991, qui devint partie du «Temps», Jacques Pilet demande «Comment sauver la SSR». Encore que «sauver» pourrait être remplacé par «améliorer»! «Les plus déchaînés des adversaires de la nouvelle loi (…) rêvent de télés commerciales, porteuses d’idéologues droitières et nationalistes. Ils s’en prennent personnellement à Roger de Weck, parce que «beaucoup veulent sa peau». Mais il se peut que «Nombre de ceux qui diront non ne veulent pas pour autant la mort de la SSR». Dès lors, l’occasion est belle de commencer à se poser quelques questions qui sont désormais éloignées de l’objet de la votation: «La télévision doit-elle suivre la folle spirale des coûts dans le monde du sport? La formule 1, par exemple, est-elle indispensable? Vaut-il la peine de se battre si chèrement pour passer des séries françaises avant TF1». La question pourrait aller plus loin, puisqu’elle concerne autant les séries doublées en français que les françaises qui passent sur n’importe quelle chaîne de service public généraliste d’Outre-Jura. Une collaboration avec le presse devient pourtant souhaitable: «Tout le monde y gagnerait, à commencer par le public qui attend du neuf».

«Quoi que décident les Suisses le 14 juin, la SSR devra (…) à la fois mincir et s’améliorer (…) comme tant d’autres entreprises.»

« Le Temps »: 5 juin 2015 – page 11

Gilles Marchand. Directeur de la RTS. Septembre 2013

Gilles Marchand.

«Halte au « SSRT-bashing »»: telle est une partie du titre d’une nouvelle contribution de Gilles Marchand. Le dénigrement a atteint, en effet, un pic récemment, avec la parution «d’un tous-ménages». L’USAM, inspirée par le style de l’UDC, et cette dernière, ont ensemble, mené campagne pour le «Non» avec l’appui de grands éditeurs et de leurs proches collaborateurs, les rédacteurs en chef et autres adjoints. «Débattons calmement du service public», propose le directeur de la RTS qui rappelle que l’actuelle offre «correspond, bon an mal an, au mandat qui lui est confié». Et d’ouvrir ainsi quelques pistes: «Discutons de l’avenir de la fiction et des documentaires dans un monde numérique. Réfléchissons au rôle du sport dans un pays multilingue traversé par de multiples identités. Demandons-nous s’il est préférable de parler de culture ou de la produire. Bataillons sur nos mandats, bref, évoquons l’avenir de nos medias». Et alors que très souvent on parle du «grand public» qui se mesure aux parts de marché glorieuses, Gilles Marchand ouvre une perspective nouvelle: «La SSR n’est évidemment pas au service de l’Etat, mais de ses publics». Et ce pluriel est important, car il pose une question rarement prise en compte, la «programmation», chose bien différente de la production des émissions.

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