« Game of Thrones : 5ème saison en VO

Au-delà du gag : 173 secondes au « 19:30 » !

Mieux qu’un gag, les 173 secondes consacrées à la présentation lundi soir (13 avril 2015) peu après 22h30 de l’épisode 1 de la saison 5 de «Games of Thrones» en version originale sous-titrée, la RTS seule chaîne généraliste publique francophone à le faire! Bravo pour la promo; bravo pour les infos; voici enfin une reconnaissance de l’intérêt d’une série haut de gamme adressés à ce très précieux grand public! La pression exercée par le producteur HBO a tout de même joué un rôle puisque 170 chaînes firent hier la même chose, présenter la nouvelle saison moins de 24 heures après les USA. Il y aura donc quelques pirates de moins, au moins parmi les élèves  d’une école romande de cinéma. C’est un progrès qui va contribuer à améliorer la part de marché! Tant mieux. Audace il y a donc, sur deux points: ne présenter qu’un épisode à la fois comme le font les américains initiateurs d’une série parmi les plus coûteuses jamais réalisées et admettre que les habitants de Suisse romande savent lire des sous-titres incrustés en français. Encore un petit peu d’audace en choisissant une heure de diffusion plus précoce! A en croire «Le 19:30», les pirates auraient été un million et non pas seulement cent mille comme signalé plus bas en gag baigné de rouge! Une fois encore, quelle est la source de cette information sur le nombre de pirates? J’allais oublier: la série en 5e saison conserve ses qualités! ( fyly – 14.04.15 – 08h30)

L’épisode est disponible durant 7 jours sur RTS.ch

Gag : lu dans «Le Temps» du lundi 13 avril 2015, en page 21, ce communiqué de l’AFP: Les 4 premiers épisodes de la saison 5 de la série de HBO Game of Thrones ont fuité sur internet dans le nuit de samedi à dimanche, à quelques heures de la diffusion mondiale du premier épisode, a révélé le site internet TorrentFreak. Les épisodes qui ont fuité auraient été téléchargés plus de 100’000 fois en juste trois heures. C’était bien la peine de prendre les précautions décrites ci-dessous. Mais à propos, et malgré le conditionnel, comment savent-« ils » qu’ils étaient plus de cent mille?? (fyly – 13.04.15 – 18h00)

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  Lundi 13 avril 2015, RTS Un, aux environs de 22h30: premier épisode de la saison 5 de «Games of Thrones», en version originale sous-titrée, vingt-quatre heures à peine après la sortie aux USA de cette production de HBO. Une exclusivité mondiale? Disons oui , mais partagée par deux cent diffuseurs dans presque autant de pays, avec, certes, de nombreuses apparitions sur des chaînes payantes. Voici donc la réponse intelligente de HBO et de ses clients au piratage: un épisode à peine sorti aux USA qu’apparaissaient paraît-il des versions sous-titrées à la hâte dans la langue de chaque pays. Aux USA, il y eut 4,3 millions de piratages par épisode en 2012, passés à 8 pour la saison 4 l’année dernière (emprunt fait au TélétopMatin du 12 avril). Mais comment font-ils, ces Américains, pour mesure l’ampleur du piratage? Enfin, il y a là-bas de grandes oreilles qui écoutent et qui savent tout sur tout et tous….

Nombreux textes dans la presse

Et ça cartonne, un peu partout. Voici «Games of Thrones» en couverture de TVGuide, ce magazine suisse avare de textes de réflexions sur l’audiovisuel et les émissions. Voici presque une page dans «Le Temps», pour y tracer les portraits de cinq personnages importants. Peter Dinklage fait la une de «TéléOBS», l’hebdo des médias, appuyée par quatre pages rédactionnelles (et dans le même numéro, six autres pages richement illustrées dont cinq sur des séries nordiques et une sur la saison 2 de l’israélien d’«Hatufilm», série reprise aux USA en «Homeland», du reste avec l’auteur israélien Gidéon Raff).

Tirion Lannister (Peter Dinklage), pesonnage fort de la série, dans une image qui, pour une fois, met en valeur la qualité esthétique de la lumière (Photo RTS/HBO)

Tirion Lannister (Peter Dinklage), personnage fort de la série, dans une image qui, pour une fois, met en valeur la qualité esthétique de la lumière (Photo RTS/HBO)

 

Dans son édition du «Monde» des dimanche 12 et lundi 13 avril 2015, trois pages entières. L’une raconte comment fonctionne le tournage de la série dans une dizaine de pays, qui savent accueillir des millions de dollars, y compris en accordant à la production des avantages fiscaux qui rendent timides certaines interventions cantonales romandes. Une autre page offre quelques clefs pour comprendre le royaume de Westeros et rappeler que la série adapte plusieurs romans de Georges R.R.Martin, les saisons 6 et 7 de la série en cours d’écriture alors que le romancier doit encore rédiger les deux derniers volumes de sa saga puissante.

Autre personnage fort de la série, Daenerys Targaryien (Emilia Clarke)

Autre personnage fort de la série, Daenerys Targaryien (Emilia Clarke)

La mise en scène quand on s’y perd

Une page entière, sous forme d’un tableau évoque «le jeu des sept couronnes», avec les huit capitales de fiefs, ce que l’on trouve au-delà du Mur ou en traversant des bras de mer. Ce remarquable résumé d’une situation très compliquée est fort utile pour qui s’est peu à peu perdu dans ces royaumes, avec ces dizaines sinon des centaines de personnages, parfois à ne plus toujours savoir qui est qui et où cela se passe. On peut alors aussi s’intéresser à la mise en scène, aux décors, aux cadres, aux couleurs dominées par les sombres du gris au noir en passant par le bleuté, le blanc de la lumière rappellant que l’on peut avec elle sculpter l’espace. Cela permet aussi d’apprécier le travail des acteurs dans une construction dramatique qui fait place évidente à la violence, aux surprises, aux retournements de comportements, aux plaisirs parfois partagés de la chair, à un temps qui semble dilaté, avec cette présence si forte des femmes dans un univers de parfois grandes «brutes» masculines. Il n’est donc pas même grave de s’y perdre puisque cela accentue le plaisir d’admirer la mise en scène qui se montre digne d’une écriture romanesque que l’on ose penser être d’intense richesse.

Emilia Clarke en Daenerys, éminente cavalière.

Emilia Clarke en Daenerys, éminente cavalière.

L’heure de diffusion

 Les qualités d’une série sont une chose. Une autre est de s’intéresser au succès. L’heure de diffusion importe peu si l’on retient la part de marché en pourcent. Par contre, une estimation sur le nombre de personnes est plus intéressante. Il semble bien que, pour la RTS, vingt-cinq mille spectateurs en moyenne pour «The Knick» soit considéré comme bonne audience. La quatrième saison de «Games of Throne», qui vient de se terminer, aurait réuni en moyenne cinquante mille personnes. Les retrouvera-t-on pour la version originale? On ne devrait pas se poser une telle question: une chaîne généraliste de service public doit savoir prendre des risques, ici celui de la version originale, sans annoncer qu’elle poursuivra l’expérience seulement si «le public est au rendez-vous».

Daenerys et un dragon, pas toujours facile à maîtriser

Daenerys et un dragon, pas toujours facile à maîtriser

D’ailleurs, présenter une série de haut de gamme au succès mondial aux alentours de 22h30, c’est d’emblée renoncer au grand nombre, dans une partie de soirée où le nombre de spectateurs est en baisse rapide. Pour cent spectateurs qui regardent la TV entre 22 et 23 heures, il n’en reste plus que la moitié environ entre 23 et 24 et moins d’un quart entre minuit et une heure. Après? N’en parlons plus: que valent les estimations quand les nombres sont très petits? L’audace, ce serait parfois de placer en milieu de premier rideau des séries récurrentes de haut de gamme comme «Games of thrones» ou «Broadchurch» plutôt que d’en rester aux unitaires lassants à force de répétition genre «Candice Renoir», «NCIS», «Esprits criminels », «Les experts». Un épisode par semaine vaudrait mieux que les trios genre «Broadchurch» qui se terminait, ces dernières semaines, après une heure du matin! Ceci est une autre question sur laquelle nous reviendrons.

Une réponse à to “« Game of Thrones : 5ème saison en VO”

  • Salomevivi:

    En ce qui me concerne, je dirai simplement que je suis contente d’avoir regardé cet épisode sur le site de la rts plutôt qu’en « streaming-pirate ». Dans l’attente que cela se fasse aussi pour d’autres séries telles que Broadchurch and Co.

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