Bon vent Claude Goretta

Claude Goretta a reçu en mars 2010 un quartz à Lucerne lors de la fête du cinéma suisse, puis un Léopard d’honneur à Locarno cet été. La cinémathèque lui consacre depuis quelques semaines un hommage qui se prolonge jusqu’à la fin de l’année. La télévision, tout naturellement, s’est associée à cet hommage. Hommages mérités !

Il fallait bien reconnaître l’importance du cinéma suisse de la fin des années 70, symbolisé en Suisse romande entre autres par le « Groupe des cinq », une association entre cinq créateurs et la TSR pour favoriser la notion de coproduction. Il était indispensable de faire savoir que les Alain Tanner, Michel Soutter et Claude Goretta sont de grands créateurs de fiction et de documentation, tant pour la télévision que le cinéma, ayant compris, eux, immédiatement, que les deux moyens de communication étaient complémentaires, et pas seulement économiquement. Le méprisant «  c’est de la télé » pour rejeter un film ne venait pas d’eux !

Rien de tel, pour l’ampleur d’un l’hommage, que la télévision même si elle ouvre son deuxième rideau tardif pour une partie de ses propositions. L’occasion est ainsi offerte de faire des associations inattendues. Le fondé de pouvoir d’un document de 1968, « Un employé de banque », qui manipulait des millions de dollars lors d’opérations de change, c’était un peu l’ancêtre des « joueurs » d’aujourd’hui à milliards perdus. En même temps, cet employé aurait pu devenir le personnage qui oublie ses repères dans « Le fou » ou l’un des employés conviés pour « L’invitation ».

Lionel Baier a raison de dire « Bon vent, Claude Goretta » (TSR 2, lundi 14 à 21h00), en une heure de démarche originale. Voici comment « Swiss film » a présenté ce film à l’occasion de sa sortie à Locarno :

Bon vent Claude Goretta

Claude Goretta a réalisé “l’invitation” en 1973. Pour le réalisateur Lionel Baier, ce long métrage est un film “compagnon de route” selon l’expression de Serge Daney. Le jeune cinéaste va à Genève interroger son aîné afin de savoir comment a été bruité le jet d’eau du film, pourquoi il faut faire attention aux détails ou comment cadrer un grand acteur comme François Simon. Et pour comprendre comment tout cela fonctionne, Lionel Baier remet en scène des bouts de “Pas si méchant que çà”, de “La dentelière” ou de “Jean-Luc persécuté”. Cette rencontre amène un des plus grands réalisateurs suisses à se livrer avec pudeur et précision sur une oeuvre riche de plus de 30 films.

Les commentaires sont fermés.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Derniers commentaires
Catégories
Archives