Du « vert » au « rouge » en passant par l' »orange »

Au carrefour, le feu rouge impose l’arrêt, le vert donne le passage et l’orange annonce l’arrivée du rouge. Pour l’automobiliste, la situation est claire – encore que l’orange puisse poser problème! La transposition dans d’autres domaines est possible: du vert pour la satisfaction, du rouge pour le refus; et de l’orange pour les nuances. Exemples:

« Vert » pour « Travelling »

 «Travelling» est donc un remarquable « ménage-à-trois » dans le domaine culturel, celui de la cinéphilie, qui peut compter comme simple divertissement pour une partie du public. Le dimanche, un même film est largement commenté à la radio (dans l’émission «Travelling» à 10h, La 1ère). présenté en salle (Capitole à Lausanne à 15h avec reprise le samedi soit à 21h) et sur le petit écran (RTS2, vers 22h). La cinémathèque en assure la promotion par ses canaux culturels habituels! Le site consacré par la RTS à «Travelling» apporte de précieuses informations. Sur le petit écran, après une page de pub, le film tombe du ciel pourtant précédé d’un élégant logo. Ainsi jaillit (22.02.15) en noir-blanc de format presque carré, parlé suédois et sous-titré, «Le septième sceau» d’Ingmar Bergman. De quoi faire fuir le téléspectateur qui « traîne » alors sur RTS2!

Jeanne Moreau ( et Marcello Mastroianni) dans "La notte" ( 1961) de MicheLangelo Antonioni

Jeanne Moreau ( et Marcello Mastroianni) dans « La notte » ( 1961) de Michelangelo Antonioni / 12 avril 2015

L’ensemble aurait d’emblée mérité un vif feu vert pour le ménage à trois et la programmation dans l’esprit d’un ciné-club abordant l’histoire du cinéma, sonore pour le moment.

Dans une chaîne généraliste de service public, il doit y avoir aussi place pour la culture sous toutes ses formes, même si la préoccupation du divertissement (le sport par exemple) est largement et prioritairement prise en compte. Un programme culturel n’attire par forcément le grand public. Il peut toutefois être valorisé en prenant la peine d’informer le téléspectateur de ce qui va suivre, avant l’envahissante pub. Mais cette remarque ne vaut pas seulement pour «Travelling».

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Les visiteurs du soir ( 1942) de Marcel Carné, dialogues de Jacques Prévert, avec Arletty /19 avril 2015

Bonne nouvelle, présentation prochainement il y aura :

 L’idée ne nous avait pas totalement échappé!

Ce sera chose faite dès la rentrée pascale, mais comme cela demande un peu de formation et de préparation, nous avons décidé de mettre Travelling à l’antenne dès la rentrée de janvier sans présentations pour ne pas attendre avril.

Avec mes meilleurs messages

Gilles Pache Directeur des Programmes

 Avec cette information d’esprit culturel, la RTS s’inscrit dans la ligne d’ARTE ou de France 5 plus que celle de TF1 ou M6. Tant mieux!

 “Rouge” pour “Le 19:30”

Samedi 14.02.15, “Fête du cinema suisse” à Genève, y compris avec présence du conseiller fédéral Alain Berset qui répond fort bien à la “lettre” envoyée par Jean-Luc Godard pour remplacer son absence physique: quatre minutes de Godard pur et dur, qui sonnent délicieusement dans le conformisme “sous-césars” et plus encore “sous-oscars” d’une cérémonie d’esprit SSR-SRG.

Bonne promotion faite par la RTS elle-même qui énumère ses co-productions “nominées” pour les quartz; elles sont nombreuses. Tout naturellement,  “ Le 19:30” s’y attache en fin d’émission, avec un sujet de trois minutes au environ.

Toshi Toda et isabelle Caillat dans "All that remains" de Pierre-Adrian Irlé et Valentin Rotelli

Toshi Toda et Isabelle Caillat ( meilleure interprétation féminine, quartz du cinéma suisse 2011) dans « All that remains » (2010) de Pierre-Adrian Irlé et Valentin Rotelli,

Pierre-Adrian Irlé, entrepreneur audiovisuel et co-auteur, co-réalisateur et co-producteur de « Station horizon” rend hommage en passant à l’acteur Baptiste Gilliéron: sur l’image s’inscrit le nom de “Valentin Rotelli”.

Sous sa puissante barbe noire plus belle encore que celle de Bernard Yerlès, Romain Graf, entrepreneur audiovisuel et co-auteur, co-réalisateur et co-producteur de “Station horizon” répond à une question: sur l’image s’inscrit le nom de “Pierre-Adrian Irlé”.

olga Rogosin et Travis Shakespeare dans "All that remains" de Valentin Rotelli et Pierre-Adrian IRLé

Olga Rogosin et Travis Shakespeare dans « All that remains » de Valentin Rotelli et Pierre-Adrian Irlé, qui existe en bonne partie grâce à sa co-production avec la RTS

Passe une image de la piquante web-série, “Breaks-Up”, produite par Jump Cut Sarl: elle est attribuée à Pierre-Adrian Irlé, ce qui est juste, et Valentin Rotelli, ce qui est faux.

Voilà qui prouve, au “19:30”, une excellente connaissance de l’audiovisuel, fait par des trentenaires, qui se concocte à Genève!!

Ces informations reposent tout de même sur un ilôt de plausibilité: Pierre-Adrian Irlé et Valentin Rotelli sont co-auteurs de trois films, “961”, “Big sur” et “All that remains” qui ont contribué à leur formation sur le tas. Valentin Rotelli est associé à “Station horizon” comme monteur.

Quand on se plante dans la presse écrite, en général suit un erratum parfois assaisonné d’ un “comme tout le monde l’a remarqué….”! Comment fait-on quand on donne des informations fausses à des centaines de milliers de téléspectateurs? Je n’en sais fichtre rien.

“Orange” pour “26 minutes”

Vincent et Vincent, en radio, durant cent vingt secondes, enfin, à peu près, c’était joyeusement drôle et efficace. Avec trois clous et mille francs, enfin à peu près, ils se sont bricolés un petit studio et ont filmé leurs élucubrations transmises sur internet. C’était joyeusement efficace et drôle. Ils ont tourné en Suisse romande: le spectacle a été enregistré par la RTS. Ce fut, semble-t-il, un excellent reflet du mérité succès public.

Et la RTS eut l’assurément intéressante idée de prolonger ce succès sous forme d’une émission non plus de “Cent vingt secondes”, mais de “26 minutes”. Dans certains sketchs, il reste un peu de la saveur du bricolage de la radio filmée! Mais bon nombre de plans d’extérieurs font remplissage: où est l’intérêt d’une image prise d’hélicoptère? Duja? On aime ou on aime pas; passons! L’invité du jour ne sait pas s’il doit “vendre” sa marchandise ou entrer dans le jeu du duo. La version télévisée semble plutôt retenir l’impertinence spontanée du duo.

Vincent Veilllon lors du tournage de la maquette de "26 minutes" à Lausanne en novembre dernier.Dans l'ombre guette le public ( PhotoJax LOOUVION)

Vincent Veilllon lors du tournage de la maquette de « 26 minutes » à Lausanne en novembre dernier.Dans l’ombre guette le public ( Photo RTS/Jay Louvion))

Oui, mais ! Il y a la présence du public qui “participe” comme dans le “Club” du “mondial”. Ce public hurle sa joie, applaudit sur ordre et rit parfois bien timidement de certains gags. Pour les dizaines de milliers de téléspectateurs, ce public n’est pas un “plus”. L’est-il au moins pour les dizaines d “invités”? Peut-on vraiment parler de « participation »?

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