Infrarouge presque au salon

Actualité et réflexion ne font pas bon ménage

Il va de soi que le sujet d’ « Infrarouge » allait être celui des « Elections fédérales », sous l’angle des perdants et des vainqueurs puis des conséquences non pour l’avenir du pays, mais pour la composition du prochain conseil fédéral. Heureusement, l’un au moins des participants au débat se permit poliment de dire qu’il était tout de même prématuré de savoir le pourquoi des victoires du nouveau centre recomposé.

Pour une fois, pas sur le ring !

Une bonne surprise : un tel sujet aurait pu conduire à une mêlée digne d’une finale de rugby avec les trop fréquents Freysinger et autres Luscher. As pourtant de la parole coupée, M.Barthassat ne fut que leur pâle remplaçant en ce domaine et Yvan Perrrin aura surpris (en bien) en évoquant le principe des erreurs commises pendant la campagne par la direction zurichoise de l’UDC. Le ring habituel a été remplacé par un salon où l’on causait tout en écoutant exceptionnellement un peu les autres.

Il y a une raison au moins d’apprécier « Infrarouge » n’importe quand : on sait comment l’illustrer, avec les dessins pertinents et impertinents de Mix&Remix. On peut même se passer de légende ! (cf plus bas)

Haraux sur les Verts libéros

Pourquoi les Verts libéraux et le PBD ont-ils fait un bond en avant, au détriment de presque tous, renforçant en effet le centre avec un petit penchant vers la droite ? Un consensus dans l’émission prit forme pour expliquer que les Verts libéraux n’ont pas de programme bien défini. Ils ne revendiqueront pas de siège au conseil fédéral. Dans le rôle par elle inattendu de cible à démolir, Mme Chevalley prit quelques coups non sans se défendre avec une certaine élégance. On ne parla point de PBD « widmerschlumpfien » absent du débat. Dans ce cas particulier, les absents n’eurent pas tort de l’être. Mais on peut aussi se prendre à rêver en utopiste d’une autre forme d’émission.

Huit invités, un mauvais choix !

La bande des quatre, du bientôt défunt consensus helvétique théorique deux, deux, deux, un ( UDC, PS, PLR, PDC) était bien entendu présente. Le sujet tournant autour de l’écologie impliquait la présence d’une écolo face « Libéraux « et pile d’un « Verts ». Présence justifiée d’un politologue, Yannis Papadopoulos. Une bonne idée pour le huitième, s’en aller emprunter à « Mégaphone » la présence d’un « inconnu » qui fit plus ou moins bonne figure face à un politicien. Il fallait bien que le spectacle soit salué, en la personne de Jim Zbinden, revenu de la gauche à la droite bien genevoise, partisan du « tous-pourris-qui-ne-font-rien-de-bien », futur rival d’Oscar Freisynger. Apport nul ! Il y avait parmi les anonymes de « Mégaphone 1 » une certaine Alessia Lorenzini qui sut si bien faire face au chouchou valaisan.

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Les sondages n’ont rien vu venir

Pas de petit frémissement dans les derniers sondages d’une quinzaine de jours avant les élections, pour faire pressentir la perte de l’UDC, qui allait être de l’ordre de dix pourcent en voix. Se trouverait-on exceptionnellement dans la marge d’erreur que l’on oublie trop souvent de rappeler ? Ou les adaptations correctrices fréquentes, du moins en France, seraient-elles allées dans le mauvais sens. Les indécis de la dernière quinzaine auraient-ils joué cette fois un rôle très important ?


A la sortie des urnes

Un sondage dit « sortie des urnes » aurait peut-être mérité d’être pris en compte dans « Infrarouge ». Il faisait assez clairement comprendre que pour le moment l’opinion publique est en train de faire un choix qui risquerait de n’être pas ratifié par les chambres fédérales.Faut-il réélire Mme Widmer-Schlumpff, élue alors qu’elle portait l’étiquette UDC certes grisonne et non zurichoise, qui fut exclue de ce grand parti démocratique en union du centre ? Réponse claire du sondage : les deux tiers des sondés souhaitent qu’elle reste membre de l’exécutif fédéral. Mieux, le tiers des UDC formule le même souhait. Faut-il rendre à l’UDC le second siège auquel il a droit arithmétiquement selon le consensus helvétique ? Le nonante pourcent de ceux qui ont voté UDC le souhaite, alors que les PLR ne sont que 35 % à le faire et les PDC à 30%. Par contre, les pourcentages sont faibles quand on demande si la première raison de choisir un parti est liée à son conseiller fédéral réel ou potentiel. On ne se trouve alors avec des échantillons bien modestes où un seul vote prend beaucoup trop d’importance.

Insuffler beaucoup plus d’informations numériques sur le ring d’ « Infrarouge » et un peu plus quand on s’y installe au salon ne serait pas forcément un affaiblissement pour l’émission.

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