De « C…. dans l’air » et « 28 minutes » à « Infrarouge »

 

Dès ce lundi 2 février 2015, sur RTS1, vers 22h30, pendant dix semaines, la saison 4 d’un « blockbusker » haut de gamme, cinéma et télévision confondus, la 4ème saison de « Game of Thrones ». Une offre originale, précieuse : un seul épisode à la fois… parfait respect de l’esprit de la série récurrente. (fyly – 02.02.15- 11:15

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Commencer de comprendre…

L’information sur l’actualité au quotidien passe, chez les généralistes de service public ou commerciaux, par les téléjournaux qui traitent bon nombre de sujets, mais rarement dans des modules de plus de deux/trois minutes. On y offre parfois une amorce de réflexion.

Quand l’actu se fait importante, apportant des éléments qui concernent un pays entier (la Banque nationale suisse ne défend plus le prix plancher) ou plusieurs («Charlie», les décisions de la Banque centrale européenne, la situation en Grèce, le djihadisme international), un effort doit être consenti pour commencer à comprendre le sens de tels événements, en prenant un peu de recul. Il faudra attendre souvent des semaines et des mois pour construire des documents d’investigation qui fassent le point et parfois explorent des pistes nouvelles.

Sur la RTS, l’actu bien sûr passe par des différents journaux, le «12 :45», «Couleurs locales» et surtout le «19 :30». Pas beaucoup de place pour amorcer une mise en lumière, un peu parfois dans «Mise au point» et une fois par semaine dans «Infrarouge». Pour une meilleure documentation, il y a  «Temps présent» et désormais parfois «Les coulisses de l’événement» ou «TTC».

Trois émissions, sur trois chaînes différentes, assez comparables, s’inscrivent dans ce courant d’amorce de réflexion sur l’actualité immédiate, dès les jours qui suivent l’apparition de l’événement, «C… dans l’air» (France 5), «28 minutes» (Arte) et  «Infrarouge» (RTS).

C…dans l’air (France 5)

Yves Calvi et Caroline Roux, les animateurs de "C...dans l'air"

Yves Calvi et Caroline Roux, les animateurs de « C…dans l’air »

Fréquence: cinq jours en semaine, durant un peu plus d’une heure, à 17h45 et vers 22h30, en reprise, sous la direction de deux animateurs, Yves Calvi et Caroline Roux. Quatre invités, souvent signataires d’un livre sur ou autour du sujet abordé, de sensibilités différentes, sans forcément doser les appartenances politiques. Les dix dernières minutes sont consacrées aux questions du public, qui défilent au bas de l’image, quelques-unes des questions permettant au directeur du débat de s’en servir. Pendant l’émission, deux ou trois courts sujets sont associés au problème traité. Probablement en vrai direct. Visible ensuite sur internet.

28 minutes (Arte)

Un dessin de Coco, pour "28 minutes" du 30 janvier 2015

Un dessin de Coco, pour « 28 minutes » du 30 janvier 2015

Fréquence: cinq jours par semaine, vers 20h10, sous la direction d’une animatrice, Elisabth Quinn, assistée d’autres membres de la rédaction d’ARTE, qui interviennent dans le débat par des questions ou des remarques, Renaud Dély, Nadia Daam, Claude Askolovich. Un premier sujet permet de dialoguer avec un premier invité en cinq minutes. L’émission se termine par une sorte de mise au point sur des déclarations de politiciens qui ne correspondent pas à la réalité, preuve(s) à l’appui. Trois invités, choisis pour leur connaissance du dossier abordé sous des angles différents, souvent aussi auteurs d’un livre associé font face à un trio régulier de journalistes d’Arte. Le vendredi, un (ou une) caricaturiste participe à l’émission et l’animatrice annonce ses différentes contribution. Du vrai direct. Une version avec des compléments est en ligne sur internet. Sans public!

Infrarouge (RTS Un)

Mix&Remix, "Infrarouge" du 27 janvier 2015

Mix&Remix, « Infrarouge » du 27 janvier 2015

 Fréquence, un jour par semaine, en principe le mardi aux environs de 22h30, pour un peu plus d’un heure, avec un duo d’animateurs en alternance, Esther Mamarbachi et David Berger. Un seul sujet, débattu par six, parfois huit invités, y compris un en duplex. L’émission est diffusée quelques heures après l’enregistrement en direct, en principe intégralement. Les invités sont choisis, certains pour leur compétence sur le dossier traité, d’autres pour représenter différentes sensibilités politiques. On voit durant toute l’émission un public qui ne fait qu’applaudir au début et à la fin de l’émission. Parfois de courts sujets préparés injectés dans l’émission. Les dessins de Mix&Remix apparaissent sans que les participants puissent en prendre connaissance, à l’insu des animateurs. L’émission peut en tous temps être revue sur internet.

Comparaisons

Coco, de "Charlie-Hebdo", a remplacé Charb dans "28 minutes"

Coco, de « Charlie-Hebdo », a remplacé Charb dans « 28 minutes »

Durée: plus de dix heures par semaine sur France 5 ( avec la reprise), près de trois heures sur ARTE à l’antenne, un peu plus d’une heure sur RTS Un.

Heure de diffusion: en fin d’après-midi et fin de soirée sur France 5. A une heure dite de grande écoute sur ARTE. En fin de soirées sur RTS Un, quand l’audience devient presque confidentielle.

Les invités: quatre sur France 5, pour leur connaissance du dossier, en fonction de sensibilité politiques différentes, quatre jours avec Yves Calvi, le vendredi réservé à Caroline Roux. Trois sur ARTE, mais face à trois représentants de la rédaction, chaque jour. Six ou plus sur RTS Un.

Choix des invités: tant sur France 5 qu’ARTE, la connaissance du dossier, sous différents angles, est largement prioritaire sur l’appartenance politique. Sur la RTS, on mélange spécialistes du sujet et représentants de différents partis politiques.

Commentaires

Mix&Remix : le 27 janvier 2015, neuf dessins dans la galerie sur internet. 12 le 20 janvier, 16 les 9 et 16 décembre. Un problème pour Mix&remix, avec le sujet ou la manière dont il a été traité le 27 ?

Mix&Remix : le 27 janvier 2015, neuf dessins dans la galerie sur internet, douze le 20 janvier, seize les 9 et 16 décembre 2914. Un problème pour Mix&remix, avec le sujet ou la manière dont il a été traité le 27 ?

Le recrutement des invités est plus facile dans un pays de plus de soixante millions d’habitants, avec sa métropole parisienne à dix millions que dans une région comme la Suisse romande de moins de deux millions, avec rares alémaniques et pratiquement jamais de tessinois.

Animation: France 5, excellents animateurs rarement débordés par leurs invités. Arte: avec trois invités face à trois bons journalistes «maison», les débordements sont de courte durée. RTS: Esther Mamarbachi, plus souvent débordée que David Berger, tolère trop de pugilats verbaux, à se demander si la notion même de pugilat n’est pas souhaitée pour faire d’ «Infrarouge» le spectacle des discordes entre représentants de courants politiques. Il suffit actuellement d’un représentant de l’UDC ou inscrit dans sa mouvance pour «assurer» le spectacle.

Esther Mamarbachi est très loin derrière Elisabeth Quinn. Personnellement, je lui préfère David Berger, qui reste à bonne distance d’Yves Calvi. La réussite de ce genre d’émission dépend tout de même en partie du responsable de l’animation!

Je regarde de plus en plus souvent France 5 et ARTE et de moins en moins «Infrarouge». La direction des programmes de la RTS serait-elle séduite par les empoignades d’ «Infrarouge» qui ne peuvent pas ne pas éclater avec l’actuelle politique dans le choix des invités? Qui pourrait inciter la RTS à revoir sa politique en matière de réflexion à court terme sur des événements pas toujours très importants? Pourquoi pas le conseil du public de la RTSR?

 

 

3 réponses à to “De « C…. dans l’air » et « 28 minutes » à « Infrarouge »”

  • Zahno:

    Bonjour,
    je n’ai pas grand chose chose à dire mais j’apporte un soutien
    à notre Esther Mamachbachi, pourquoi:
    elle traite des sujets d’actualité et de proximité. Je défends la proximité.
    Les émissions françaises sont bonnes mais je commence à regarder dans son ensemble davantage
    la tv suisse en général dont Esther Mamachbachi d’Infra rouge que je félicite pour son émission d’hier.
    Il est vrai qu’en Suisse nous avons des personnalités de très haut niveau que nous ne voyons pas très souvent à la télé.
    J’aime bien Infra rouge et celle qui la dirige.
    Jean Zahno

  • Johnson Belangenyi:

    Je regarde régulièrement ESTHER MAMACHBACHI dans Infrarouge et YVES CALVI dans C’…dans l’air. C’est que j’apprécie chez les deux animateurs, c’est le sens de la repartie lorsqu’ils approfondissent les sujets en modérant les débats de façon plus ou moins équilibré.

    C’est que je déplore, c’est le manque d’équilibre de genre avec les intervenants masculins plus nombreux. En outre ESTHER recourt aux opinions de quelques personnes dans l’assistance. Ce côté participatif réel l’emporte sur les messages des téléspectateurs qui privent l’émission des échanges en direct entre les panélistes et le public.

    Pour moi, l’animatrice et l’animateur sont, toutes choses étant égales par ailleurs, dynamiques et « knowledgeable ».

    • Merci à tous deux de vos remarques, qui ont le mérite d’éviter le « pseudo ». Chacun à sa manière prend la défense d’Esther Mamarbachi.

      La réussite d’un débat dépend d’abord de son sujet ou de l’intérêt qu’on lui porte, ensuite de la qualité des interventions des invités. L’animateur (ou l’animatrice) peut y contribuer.

      Dans le texte de « C..dans l’air » et « 28 minutes » à « Infrarouge », j’ai tenté de comparer les structures de trois émissions, qui permettent à France 5 et ARTE d’amorcer la réflexion sur des événements mieux et plus rapidement que la RTS. Les pugilats verbaux n’enrichissent pas un débat d’idées. L’animateur doit savoir les maîtriser et si possible les éviter. Concevoir un débat comme une empoignade entre représentants de différents courants politiques est certes chose possible. Ainsi fait-on souvent à « Infrarouge ». On peut faire autrement !

      Certaines interventions du public sont citées dans « C..dans l’air » ; d’autres défilent au bas de l’image durant les dix dernières minutes de l’émission. Il n’y a de place pour le public dans « 28 minutes » et « Infrarouge » sinon par de brèves citations d’anonymes faites par des animateurs.

      Esther Mamarbachi « ne recourt pas « aux opinions de quelques personnes dans l’assistance ». Il s’agit d’une mise en scène : les noms des invités sont en général connus avant le début de l’émission. Certains n’interviennent que sur un aspect du sujet. Ils sont priés d’attendre au milieu du public avant de prendre place à la table des invités. Il n’y a rien là de spontané !

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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