Les débuts de « 26 minutes »

Très attendue, la nouvelle émission de la RTS, « 26 minutes » ( samedis vers 18h45 sur RTS 1 avec reprise le dimanche vers 20 heures sur RTS2), bien exposée, promotion bien faite, sous le signe de la nouveauté. Bien sûr, rappel fut fait du « Fonds de la corbeille », qui dura de 1989 à 2003. Il est donc permis d’ajouter au concert de l’auto-satisfaction du reste légitime, tout de même un «c’est-le-moment» !

Historique partiel

Vincent et Vincent dans vinteci minutes, rts1, dès samedi  17.01.15 un peu avant 19hoo.

Vincent Veillon et Vincent Kucholl face à face dans le studio de « 26 minutes »

La satire en Suisse romande, selon Duja qui place sans surprise son micro sur le trottoir, ce n’est pas le satyre, « celui qui a une grosse bite », gag verbal dans son style, exemple de liberté d’expression que je ne me sens pas personnellement obligé d’admirer. La satire, évoquée lors de cette première de « 26 minutes » par Vincent Veillon et des invités, c’est donc « Le fonds de la corbelle », l’ex-« Saturne », « Vigousse », plus loin dans le passé « Ouin-Ouin », « Le bonjour de Jack Rollan », tout près « Mix-&-Remix » qui n’écoutait pas « La Soupe ». Quelques oublis : Zouc ou François Silvant ou encore le « Carabine FM » qui déjà quitta « Couleur3 » pour le petit écran avec impertinence et délire de 1987 à 1998.

 

Carabine FM - vint aussi de "Couleur 3" - gérard Mermet - Lolita- Alain Monney - 1987-1998 - émission souvent ginée Gérard Louvin

Carabine FM qui naquit aussi  survint  « Couleur 3 » : Gérard Mermet – Lolita- Alain Monney – 1987-1998 –
émission souvent signée Gérard Louvin Souvenirs, souvenirs : excellents !.

« 120 secondes » a connu un immense succès radiophonique confirmé par sa version sur internet. Le spectacle a été vu par presque cent mille romands lors de nombreuses représentations en public. La télévision a donc « surfé » sur le succès de sa branche radio en introduisant une nouvelle émission sur le petit écran : excellente initiative.

Le passage à l’écran

La nouvelle émission commence par une rafale de plans courts à sujets multiples, puis se déroule dans un studio pas très moderne avec un présentateur qui annonce les différents sujets. Un générique à la « Temps présent » sert d’introduction à une édition spéciale hebdomadaire du « 19.30 ». On procède donc à un « détournement » d’émissions avec un Veillon et son faux sérieux et un Kucholl et ses personnages multiples.

Les possibilités offertes par la télé.

 Sur le petit écran, on peut

+ filmer en direct un entretien en duo éventuellement complété par un invité, avec plusieurs caméras, sans quitter le studio ;

+organiser un duplex où le présentateur dialogue avec l’image de son interlocuteur, image parfois coupée en deux

"26 minutes" : une des solutions pour la télévision : Veillon en studio et Kucholl projeté sur un écran, le premier dialogue donc avec l'image du second

« 26 minutes » : une des solutions pour la télévision : Veillon en studio et Kucholl projeté sur un écran, le premier dialogue donc avec l’image du second

+ construire par le montage un reportage qui peut se dérouler sans présentateur avec de nombreux personnages, joués par le seul Kucholl dans des lieu différents.

Le contenu de la première

Le bonjour du sponsor est suivi de la rafale du générique et du sommaire annoncé par le présentateur. Suivent Un reportage sur la neige artificielle (plusieurs personnages- 160 secondes), l’invité de la rédaction, Pierre-Yves Maillard rejoint par Ignacio Chollet, sorti du public ( direct, 360 secondes, trop long – difficile d’introduire de l’humour dans un entretien amorcé par des réponses sérieuses à des questions sérieuses), un survol de la satire (reportage, 135 secondes), un duplex avec un intégriste chrétien, Jean-Gabriel Cuenod (145 secondes), un reportage autour d’un constructeur valaisan de chalets (plusieurs personnages dans lieux différents – 160 secondes) et enfin un entretien en direct avec Meunard Galarotti de la BN ( 290 secondes).

Six sketches pour 1250 secondes, trois minutes et demi pas unité : « 120 secondes » était un titre même pas respecté en radio filmée pour internet. Qu’importe. Mais il manque cinq minutes pour en arriver à 27, sponsor compris.

La présence du public

"Le fond de la corbeille* 1989-2003

« Le fond de la corbeille »: 1989-2003. Souvenirs, souvenirs, plutôt bons !

Comment meubler les cinq minutes manquantes dispersées durant toute l’émssion ? Par les interventions du présentateur, plutôt trop sérieux, pas assez second degré faute d’avoir toujours avec lui son partenaire, et les incursions de Duja en trottoir.

Mais voilà le public, composé de spectateurs probablement heureux d’être reçus en studio. En une bonne dizaines de plans, ce sont des applaudissements, des cris, des sifflets : tout l’arsenal déjà déployé lors du « mondial » avec les représentants du football dit de talus dans « le club » !

Ce public réagit-il sur ordre d’un « chauffeur de salle » ? Impossible à dire puisque par sa fonction éventuelle, celui-ci est invisible !

Les rires

 Une émission d’humour doit faire rire. S’il y a un public, il doit rire, car le rire est communicatif. Lors de ma seconde vision de « 26 minutes », j’ai posé au crayon un petit bâton, comme à la « Pomme », court pour un rire discret ( pas loin de la vingtaine), allongé pour un plus franc et sonore (trois seulement). Etrange, cette timidité, alors que ce public devait être heureux d’être invité. Or le rire est censé être communicatif.

Utile, le public, pour "26 minutes". Ce n'est plus de la radio, ce n'est pas le spectacle en salle... c'est de la télévision. Bof!!

Utile, le public, pour « 26 minutes »? Ce n’est plus de la radio, ce n’est pas le spectacle en salle… c’est de la télévision. Image prise lors du tournage d’une maquette en novembre 2014.

Revu, juste avant de rédiger ces lignes, pendant à peu près 26 minutes, plusieurs des « 120 secondes » sur internet. Ri tout seul, devant mon écran, à plusieurs reprises, franchement. Plus que durant « 26 minutes ».

Oui, sans réserve à l’existence d’une émission d’humour. Pas du tout séduit par la présence du public qui n’apporte pas grand chose au téléspectateur. Regret sincère d’être déçu ! Après rodage, cela peut changer…

3 réponses à to “Les débuts de « 26 minutes »”

  • pfister jakob:

    Bonsoir,
    120 secondes fantastiques, le spectacle génial, 26 minutes sur le même niveau. Ce deviendra le journal le plus regardé et, et nos deux journalistes, les Vincent, deviendront incontournables si vous voulez avoir de l’information non trafiquée et si fouillée,quel talent. BRAVO. N’oublions pas que nos deux Vincent ont fait de brillantes études,ce sont des intellectuels. Je suis certaine qu’ils en savent plus en tous cas autant que les politiques qu’ils interrogent.
    Me réjouis déjà des prochaines 26 minutes.
    Bonne semaine.
    Evelyne Pfister

  • J’ai juste envie de dire bravo à cet article que j’ai lu avec énormement d’interet

  • Firenze:

    « « 120 secondes » était un titre même pas respecté en radio filmée pour internet.  »
    –> Le titre « 120 secondes » n’était qu’une référence à feue l’émission dominicale de faux reportages « 120 minutes ». Je ne crois pas qu’un seul épisode de 120″ ait jamais duré 2 minutes pile, ça a toujours été dans les 3 min minimum.

    Quant au public, je peine à comprendre si c’est sa présence qui vous agace ou qu’il ne soit pas plus bruyant.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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