Pleins feux (colorés) sur des séries

 ( Mise en ligne du 24.12.14 à 09h00 : « Downton Abbey »)

Une dizaine de sujets parfois vastes mis en ligne dans ce blog ces deux derniers mois, sur des thèmes associés à l’actualité des programmes (vieillesse, votations fédérales), des problèmes de principe ( emploi du logo rouge, case-horaires des séries), portraits de créateurs ( Picasso, Truffaut), hommage à un grand classique du cinéma (La grande illusion de Jean Renoir), avec bien entendu le reflet d’une forte addiction personnelle pour les séries ( « The Knick », le retour salué d’ « Un village français », un à première vue sur « Masters of sex » ).

Bleu pour vert, noir pour orange, rouge pour rouge!!

Vu, bien sûr, beaucoup de séries, un genre qui continue d’être propice à la fiction créative ! Envie d’y revenir, même en rappels ou avec des remarques parfois brèves ! Volonté d’établir une hiérarchie personnelle, argumentée même brièvement, en feux colorés, bleus souvent, noirs parfois et rouges rarement, ceci pour éviter que le  vert-orange-rouge de la circulation routière choque certaines sensibilités. Le rouge pourrait être utilisé pour une bonne partie des séries unitaires que TF1, M6 ou la RTS exposent avantageusement entre 21 et 23 heures, les « Camping paradis », « Castle », « Mentaliste », « Grey’s anatomy », « Esprits criminels », « Léo Mattei, brigade des mineurs », « Motive, le mobile d’un crime », etc, en général des « polars », avec personnages récurrents qui n’évoluent guère d’un numéro à l’autre, des intrigues souvent compliquées et mais résolues en quatre petites dizaines de minutes, plutôt bien faites en général, mais oubliées à peine vues.

Premières listes, en ordre décroissant de préférences, pour des séries sorties depuis mi-octobre 2014 (en gras = présenté par la RTS / )

« P’tit Quinquin » (ARTE), « The Knick », « Silex and the city » (ARTE) , « Un village français »(France 3),  « Ainsi soient-ils », « Downton Abbey »,  « Luther », « Rectify »(ARTE)

Faible représentation américaine actuellement (deux), bonne présence française (quatre) et britannique (deux)!

« La petite Dorrit »(ARTE), « Lilyhammer »(ARTE) , »Masters of sex », « Girls ».

« Motive, le mobile d’un crime »

RTS avec sept mentions, ARTE cinq et FRANCE 3, une !

Une fois par jour en semaine (Silex, à 20h45)), une fois par semaine (The Knick, vers 23h00), en duos pour tous les autres, entre 21h00 et 23h00 ( Arte quatre fois, France 3 une fois, RTS une fois – « Motive), entre 23h00 environ et presque une heure du matin (RTS, cinq fois).

Pas besoin de commentaire; ce sont là des informations !!

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 Bleu (très pour)

 Downton Abbey

La sixième saison de cette série britannique est en cours de réalisation, le cinquième a déjà été présentée sur ITV en Grande-Bretagne. La quatrième, qui se déroule en 1922, se termine sur RTS1 en duos dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 décembre 2014. Télé Monte-Carlo vient d’en débuter la diffusion, en trio, le 20 décembre et enchainera dès janvier avec la cinquième saison.

On s’est donc installé chez les Crawley dans leur château, depuis 1912, entre aristocrates (« upstairs) et domestiques (« downstairs »). On y évoque politique, classes sociales, fin d’un monde et conflits individuels. Certains personnages féminins commencent à s’affirmer. De grands acteurs, de splendides décors, le mobilier, les vêtements, les meubles contribuent à la réussite. Et la plupart des quarante personnages sont présentés avec subtilité. Ce sera l’objet d’un prochain texte.

downton abbey : photo de groupes, les deux mondes réunis, au moins sur cette image. (Photo RTS)

Downton abbey : photo de groupes, les deux mondes réunis, au moins sur cette image. (Photo RTS)

L’heure de diffusion

L’heure de diffusion joue un grand rôle pour assurer la liaison entre une création audiovisuelle de haut de gamme avec le public qui s’y intéresse. TMC place la série en premier rideau, à partie de 20h50, programmation plutôt à contre-courant pour une chaîne du groupe TF1 qui ne se livre pas souvent à de très subtils choix qualitatifs. La RTS s’en tient à ce qui semble bien être pour elle une règle qui ne souffre presque pas d’exception : a-t-elle acquis les droits de la projection prioritaire d’une série récurrente de haut de gamme à fort valeur ajoutée qu’elle la « condamne » à passer à des heures tardives où, tout naturellement, le public se fait rare. Après minuit, même « Plus belle la vie », « Top Models  y perdraient une grande partie de leur public

Ce vendredi 26 décembre 2014, un record est battu : « Downton Abbey » commence à 23h30 pour se terminer vers 01h30 du petit matin. Il faut en effet faire place, en premier rideau, à trois épisodes d’une série unitaire insignifiante présentée habituellement en duos, aussitôt oubliée à peine vue, « Motive, le mobile d’un crime ». Aberrant ! Ridicule ! Méprisant pour la qualité ! A moins que l’on tienne « Motive » pour qualitativement supérieur à « Dowton », si tant est que la part de marché espérée soit le critère de qualité !!!

downton Abbey - Deux personnages importants, la douariére, comtesse Violet Crawleyy (Maggie Smith) et la demeure familliale

Downton Abbey – Deux personnages importants, la douariére, comtesse Violet Crawleyy (Maggie Smith) et la demeure familliale

 Mieux servir la qualité

Mais vaut-il la peine de pousser des « coups de gueule » au royaume des sourds et des sourdes obnubilés par le chasse au « grand public » dont on attend qu’il fasse de belles parts de marché ?

Solution il y a : on pourrait présenter à 21h00 un épisode de « Motive » et vers 22h00 un épisode de « Downton Abbey », quitte à proposer à 23h00 une reprise d’une autre série. La moyenne annuelle en parts de marché n’en serait guère affectée !

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 Silex and the city

Arte diffuse actuellement la troisième saison de quarante épisodes de chaque fois trois minutes, en semaine, à 20h45, d’après les albums de Jul, éditions Dargaud, adaptés par Jérémie Hoarau et Jean-Paul Guigne.

A la fin de l’an 2014 de l’ère chrétienne, nous en sommes à la troisième glaciation en ayant dépassé la trentaine pour rester en quarantaine. On aura connu « 50 nuances de graisse », passé quelques jours en « silex and sun », bataillé durant « La guerre des Etoiles(de feu), fréquenté une « Néandertaule », assisté à des « Jeux Paléolympiques », dansé au rythme de « New-RocK, New-Rock », baguenaudé sur le « Paléollywood Boulevard » avant l’ouverture du « Festival de Carne » où l’on y présente « Bachirmama mon Zemmour ».

Un album de la BD

Un album de la BD

Ces quelques (cha)titres cinématographiquement choisis donnent d’emblée une première idée de l’usage à faire de ce « Silex » dans la ville : on y jongle avec les mots, dans la petite famille des Dotcom, maman Spam, papa Blog, fifille Web, fiston Url et grand’père Julias, absent sur la photo.

En vérité, cela se passe quarante mille ans avant JC, lequel plus tard marchera sur les eaux, dans une vallée qui résiste à l’évolution. Les dessins sont animés avec simplicité et efficacité, tenant parfois de la caricature. La famille Dotcom a reçu d’on ne sait où un don, celui de dévider à la mitrailleuse chaque soir une salve de jeux de mots allusifs impossible à saisir dans leur totalité.

L'orchestre des "Shadoks" nés Rouxel en 1968

L’orchestre des « Shadoks » nés Rouxel en 1968

Mieux vaut avoir au moins soixante ans pour comprendre la valeur du compliment comparatif qui suit: « Silex and the city » est aussi génialement savoureux que les ancêtres « shadocks » de Rouxel nés en 68 en leurs deux cents huit déclinaisons.

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Rappel : « P’tit Quinquin »

Un cinéaste d’une extrème et presque hautaine rigueur, Bruno Dumont, que l’on peut inscrire dans la « descendance » cinématographique de Robert Bresson, signe pour Arte la meilleure série de l’année 2014. « Les cahiers du cinéma » ( no 703- septembre 2014), « Positif (no 643 – Septembre 2014), les deux revues les plus exigeantes de langue française, faites par et qui s’adressent à des cinéphiles purs et durs, font entrer la série dans leur ghotta des meilleurs films. Mieux encore : en décembre, chacun des quinze rédacteurs des « *Cahiers » désigne ses dix meilleurs films de l’année. Grand vainqueur, mentionné quatorze fois, « P’tit Quinquin ». La série télévisée d’ARTE, qui aura en principe une suite, vaut à Bruno Dumont de devancer Jean-Luc Godard, Jonathan Glazer, David Cronenberg, Hayao Miyazaki, Lars von Trier, Xavier Dolan, Ira Sachs, Alain Cavalier, Hong Sang-soo, illustres inconnus du grand public des premiers rideaux télévisés.

P'titQuinquin - une série signée Bruno Dumont Arte, 18 et 25 septembre 2014

P’tit Quinquin ( Alain Delfage) et Eve (Lucy Caron), deux des enfants qui se comportent et s’expriment comme de « vieux » adolescents amoureux, (Arte, 18 et 25 septembre 2014, une des meilleures audiences de l’année 2014)

 Rappel : The Knick ( A suivre)

 

 

 Noir( pour et contre à la fois)

 

 Rouge (fortement réservé)

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Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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