Votations fédérales : à chaud…

A propos de sondages :

Dans « Le Temps » de mardi 2 décembre 2014, en page 9, fort intéressant article signé Magali Goumaz et intitulé « Les sondages sont à nouveau cloués au pilori« . L’institut GFS annonçait le 19 novembre 2014 un rejet d' »Ecopop à 56 %; il s’est élevé en réalité à 74 % – 18 % d’écart, largement en dehors des marges d’erreur admises. Sur l’Or de la BNS, on y annonçait 47 % de rejet avec 15 % d’indécis. Le résultat s’est inscrit à 77 %. Certes, il y a un problème avec ces sondages assez éloignés du résultat. Leur accorder une si grande importance, sur les ondes et à l’antenne, mais plus encore dans la presse écrite qui oublie très souvent les marges d’erreur, serait peut-être à « punaiser » au pilori ! ( 02.12.14 à 10H30 – fyly)

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Me retrouver trois fois sur le plan fédéral dans le camp des vainqueurs ? Diable, qu’aurais-je fait de faux ? Suivi, plutôt attentivement, plus de 150 minutes de résultats et commentaires sur RTS1, ce dimanche après-midi 30 novembre 2014. Ce n’est pas la partie commentaire qui retient ici mon attention, mais la manière de les faire.

Trois éléments pour faire passer l’information et analyses personnelles :

  • les textes écrits qui défilent au bas de l’image
  • le décor
  • les déclarations des invités, donc des mots portés par des visages

Les textes

Il ne s’agit pas des mots des invités mais des phrases écrites qui défilent au bas de l’écran. Peut-on être réellement attentif aux deux sources simultanées d’information ? Ce doublon est-il  le reflet du « modernisme » ?

Les phrases qui défilent résument les résultats actualisés et la position de certains invités, dans le style « twitter »

Par écrit, la votation sur les forfait fiscaux qui était double à Genève, fédérale et cantonale, avait donné des résultats équivalents. Dans le décor, le non genevois sur le plan fédéral dépassait le cantonal de près de dix pourcent. Contradiction non corrigée !

Remarqué aussi qu’une prévision sur le résultat définitif était donné à des pourcentages arrondis, avec une adjonction « marge d’erreur 2 % ». Tiens, enfin cette indispensable précaution, qui consiste à mettre les informations numériques à leur juste place, dans une fourchette : voilà qui fait perdre tout sens au premier chiffre après la virgule affiché dans le décor.

Le décor

Il est très blanc, avec des rouges barres verticales plus ou moins larges et en mouvement latéraux comme dans le « Téléjournal » ! Elégant, mais les mouvements n’apportent pas grand chose.

Par contre, la couleur est importante. En rouge pâle, les résultats provisoires et des prévisions, en rouge vif, les résultats définitifs. Les couleurs changent au fur et à mesure que tombent les résultats. Mais il faudrait associer au rose des nombres entiers et au rouge vif la précision de la première décimale.

La place centrale est celle de l’animateur : à sa droite et à sa gauche, deux fois trois places. Donc en principe sept personnes en même temps, avec départs remplacés qui permettent ainsi d’élargir le nombre d’invités. Beaucoup plus d’hommes, autour de la dizaine, que de femmes, deux seulement.

Parmi les six, en permanence, un expert scientifique, et un collaborateur de la RTS. Ainsi l’animateur du débat est appuyé par un collègue qu’il peut interpeler. Celui-ci peut intervenir dans le débat et contribuer à le relancer par des questions et des remarques : intéressante contribution.

A «Infrarouge », son animateur ou son animatrice unique, doit souvent se transformer en arbitre d’un pugilat. Dans les « 28 minutes » d’Arte, l’animatrice est assistée de deux collègues et c’est à trois qu’ils font progresser le débat entre leurs trois invités qui n’ont dès lors pas souvent l’occasion de se livrer au plaisir spectaculaire mais rarement porteur d’information du pugilat.

Les mots

Dans ce type d’émissions consacrées à la politique, les invités ont en général la politesse d’écouter les autres sans pourtant mettre leurs idées en sourdine. Les différents commentaires, remarques et interprétations peuvent alors être suivis dans un climat de respect mutuel. On est heureusement éloigné du « ring » qui ferait, croit-on, le charme d’ «Infrarouge ».

La qualité de l’information a finalement tout à gagner de la dignité des comportements des invités. A l’opposé, on peut citer le comportement d’un dénommé Zemmour Eric lors du dernier « Infrarouge » : il ressemblait à un partisan d’Ecopop appartenant l’aile le plus dure de l’UDC. Quelques jours avant un important scrutin en Suisse, sa présence à «Infrarouge » fut une maladresse !

Aurait-on pu, dimanche entre 13h10 et 15h30, se poser le problème de la comparaison entre les sondages d’avant votation qui ont valeur de photographie à un moment donné et des résultats qui furent nettement différents, ? Il serait intéressant de s’interroger sur ce triple grand écart ? Cela permettrait de relativiser les sondages auxquels ont accorde tellement d’importance dans les médias….

4 réponses à to “Votations fédérales : à chaud…”

  • Monique SOMMER:

    Effectivement, je n’ai pas beaucoup entendu de comparaisons entre les sondages et les résultats des votations, autrement dit il faudrait peut-être accorder un peu moins d’importance aux sondages…

    En ce qui concerne les débats politiques tels que « Infrarouge », j’avais déjà signalé la foire d’empoigne qui règne sur le plateau où souvent les invités parlent en même temps, ne s’écoutent pas, l’animatrice ne pouvant la plupart du temps pas calmer le jeu, résultat : tout le monde perd son temps.

    Pour ma part, c’est mon opinion, la présence d’Eric Zemmour était de mauvais goût!
    Quel est le but de cette émission ?
    Aider les spectateurs à se faire une idée des enjeux ? A réfléchir?

    Dans ce cas, il serait bien de « repenser » le déroulement de cette émission. Les personnes qui ont suivi les émissions « A vous de juger » d’Arlette Chabot sur FR3, doivent se souvenir de l’ambiance respectueuse, voire cordiale, qui régnait sur le plateau. C’est la raison pour laquelle j’écoutais cette émission. Bon courage, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

    • Ce message est clair. Merci de votre approbation !

      Un texte en brouillon doit me permettre de revenir à l’occasion sur « Infrarouge ». C’est le principe qui est à mettre en cause, plus encore que la manière dont l’animatrice laisse filer les débats – à noter en passant que l’animateur anime mieux l’émission que l’animatrice !

      Zemmour doit son invitation probablement aux quatre cents mille exemplaires vendus de son ouvrage. Valérie Trierweiler en est à plus de six cents mille fois « Merci de ce moment ». Thomas Piketty dépasse le million d’exemplaires déjà vendus dans le monde pour « Le capitalisme au XXIéme siècle ? J’ai certainement omis de suivre « Infrarouge » au moins deux fois….

      Fyly, (18.12.14)

  • Monique SOMMER:

    Je voulais donner mon approbation à l’explication de M. Freddy Landry. Ce n’est pas clair ?

  • Zuffray:

    Courses de ski et les commentaires du consultant: après le 1023 ème « un ti peu » j’en peu plus!
    C’est un ti peu normal non ?

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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