Entre 23h00 et 01h00 !

Sur RTS1 et parfois RTS2, des séries dites haut de gamme à forte valeur ajoutée, épisodes présentés en duos, comme «  Downton Abbey » ou « Luther » se terminent après minuit alors que « The walking dead », « Masters of sex », « Girls » , ou « Damages », souvent porteuses de logos rouges, déroulent leur générique de fin parfois peu avant 02h00 ! L’observation porte sur une période allant du samedi 8 novembre au vendredi 4 décembre 2014. « Girls » vient de remplacer « Californication ».

Silicon Valley ( Photo RT/HBO)

« Silicon Valley » aborde la vie de scientifiques, mais sur la RTS entre minuit et deux heures du matin, jusqu’au 2 novembre 2014 ( Photo RT/HBO)

Durant la même période de quatre semaines, en premier rideau, entre 21 et 23 heures, on trouve entre autres « Esprits criminels » , « New-York Unité spéciale », « Camping paradis », « Grey’s anatomy ». Ces séries unitaires, en général plutôt bien emballées, sont des divertissements destinés au grand public. On les voit en France souvent sur TF1 ou M6.

Les titres cités dans le premier paragraphe sont certes aussi des divertissements, mais qui ont l’ambition d’apporter un plus, ne serait-ce que par leur caractère récurrent. Leur potentiel d’enrichissement culturel ou informatif, parfois leur côté provocateur ou libertaire sont assez largement admis. Actuellement, ARTE vient de proposer « Lilyhammer » ( série norvégienne et américaine, présentée sur Netflix) en premier rideau et offre, en nocturne vers 23h00, une reprise de « L’Hôpital et ses fantômes » de Lars von Trier (jeudis).

Une chaîne comme la RTS oscille entre le divertissement d’une généraliste qui tire ses revenus de la publicité comme Tf1 ou M6 et la vocation culturelle d’Arte et dans une certaine mesure France 5. Il devrait être possible de faire tout de même un peu mieux que de ressembler  à TF1 ou M6 (les imiter?) entre 21 h00 et 23h00 et de se rapprocher d’ARTE, pas seulement entre 23 heures et deux heures du matin !

Ainsi soient-ils - saison 2 Le père Fromenter (Jean-Luc Bideau) avant son départ-exil pour la Chine (Photo RTS/Zadic)

Ainsi soient-ils – saison 2
Le père Fromenter (Jean-Luc Bideau) avant son départ-exil pour la Chine (Photo RTS/Zadic)

Un cas particulier : « Ainsi soient-ils »

L’excellente série française consacrée à l’église catholique et au catholicisme, « Ainsi soient-ils », largement reconnue comme appartenant au haut de gamme, est un exemple révélateur du comportement nocturne du public. La série a été présentée par duos d’épisodes du 19 septembre au 20 octobre 2014. Les numéros1,3,5,7 démarraient en moyenne cinq minutes avant 23 heures, alors que les 2,4,6,8 commençaient un dizaine de minutes avant minuit.

Sur RTS1, en milliers (arrondis), voici ce qui se passe à 23 heures : 15 + 16 + 24 + 17, soit un total de 72 mille spectateurs puis entre minuit et une heure 5 +   7 + 7 + 11, soit un total de 30 mille spectateurs

Ainsi soient-ils - saison2 (Clément Rossier) et ses petites nièces

Ainsi soient-ils – saison2
Raphaël Champseaulme (Clément Rossier) et ses petites nièces (Photo RTS/Zadig)

Il ne reste à minuit que le 40 % des spectateurs présents à 23 heures !

Aux mêmes heures, les mêmes jours, sur RTS 2, sans avoir repéré de quelles émissions il s’agit, on observe le même phénomène : case 23h00 : 88 mille, case minuit 36 mille.

Il ne reste à minuit qu’environ le 40 % des spectateurs présents à 23 heures. 

Pour toute l’année 2011, sur RTS 1 et RTS 2, la moyenne des spectateurs qui regardent la télévision entre 23 et 24 heures est de 46 mille, puis de 22 mille entre minuit et une heures et enfin 12 mille entre 01h00 et 02h00. Mais quand les nombres sont petits, on peut avoir des doutes sur ces précisions à mille près. Et s’il existait des tableaux de moyennes annuelles pour 2012 et 2013, le résultat serait fort probablement le même.

Il ne reste à minuit qu’un petit peu moins de 50 % des spectateurs présents à 23 heures.

Ainsi sans grand risque d’erreur, car on peut certainement multiplier les exemples, la moitié des téléspectateurs devant un téléviseur présents à 23 heures ne le sont plus à minuit.

Donc, mettre au programme deux épisodes d’une série, comme « Ainsi soient-ils », si tardivement, c’est admettre que la moitié du modeste public de 23 heures quitte son petit écran après minuit.

Suggestion : plus de première vision après minuit !

 On pourrait ainsi abandonner parfois un autre principe dans la programmation des séries : présenter les épisodes un par un et non plus en duos. La RTS vient d’en faire l’expérience avec THE KNICK, en version originale sous-titrée, dans la case de 23 heures, avec un réel succès, semble-t-il, puisque en moyenne il y aura eu environ vingt-six mille spectateurs. C’est plus que les dix-huit mille de « Ainsi soient-ils » à peu près aux mêmes heures.

Le corps médial dans l'amphithéâtre des oéprations / The Knick ( Photo RTS/HBO)

Le corps médial dans l’amphithéâtre des opérations / The Knick ( Photo RTS/HBO)

Présenter les épisodes un par un  conduirait peut-être, dans un premier temps, à perdre quelques dizaines d’heures de visionnement, perte invisible dans une moyenne annuelle qui vient d’être améliorée lors de la coupe Davis de tennis!

La RTS devrait s’interdire à elle-même de programmer toute émission de première vision après minuit, qu’il s’agisse d’une série, récurrente ou non, surtout si sa forte valeur ajoutée est admise, ou d’un film, souvent d’auteur quelque fois même suisse, ou encore d’un autre type d’émission, un document de création par exemple; sauf exceptions !

Les commentaires sont fermés.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

Derniers commentaires
Catégories
Archives