Du logo rouge à Picasso

Chaque diffuseur dispose d’un signal d’alarme pour avertir qu’une émission n’est pas à la portée de tous les yeux et de toutes les oreilles, puisqu’elle risque de heurter certaines formes de sensibilités. Pour la RTS, le parfois hypocrite avertissement qui soulage les consciences du diffuseur, est le « logo rouge ». Encore ne faudrait-il pas l’utiliser comme une sauce à usage trop fréquent. Depuis plusieurs semaines, le logo est au rendez-vous durant plus de trois heures le dimanche soir avec deux duos, « Esprits criminels » et « New-York, unité spéciale ». Il s’agit de deux divertissements américains à caractère unitaire et policier, avec des personnages qui ne changent guère d’un épisode à l’autre.

Nuse Jackie

Edie Falco (Jacky Peyton) dans « Nurse Jackie ».
Que fait-elle donc pour mériter son logo rouge ?
Elle se « pète » aux « médics » et elle a un amant : c’est « immoral »…. A ne pas oublier : c’est aussi une grande professionnelle aux méthodes parfois peu orthodoxes !

Record en septembre !

 Durant quelques semaines, pire il y eut, le logo rouge affublant aussi l’impossible « Nurse Jackie » après minuit, durant plus d’un heure. Abusives, ces quatre heures de « logo » ! Pas très compatibles avec un service public qui aime bien son « grand » public ! Ou bien on use trop facilement du logo rouge, ou bien on revoit la programmation de ces séries policières américaines à cent balles la minute.

Depuis quelques semaines, moins de rouge : à minuit, la série « Silicon Valley » aborde un problème économique et de société sans tueur ou violeur en série. Plus de logo rouge ! Mais il est minuit : le très cher « grand public » fait dodo !

Un poster pour "Girls" (Production HBO).  De gauche à droite : Jemima Kirke (Jessa), Allison Williams (Marnie), Lena Dunham (Hannah), et Zosia Mamet (Shoshanna). √√

Un poster pour « Girls » (HBO).
De gauche à droite
:Jemima Kirke (Jessa), Allison Williams (Marnie), Lena Dunham (Hannah), et Zosia Mamet (Shoshanna).
RTS, dès le 09.11.14, à 00h15, donc le 10!

Question ouverte : une nouvelle série américaine, dont le première vertu est de ne pas être policière, « Girls », apparaît dès le 9 novembre, de 00h15 à 01h20, excellente case horaire pour lui assurer un large public dit de « niche » en compagnie de quatre jeunes femmes assez libres dans leur comportement amoureux. Avec ou sans ? Il y avait bien un logo rouge pour « Nurse Jackie ».

Masters of sex

Masters et Johnson ? Tout le monde (ou persque) connaît. La RTS propose cette série américaine  de John Madden , sans criminels, produite par showtime, dès le lundi 10 novembre 2014 vers 23h30. « Notre » télévision serait-elle la première chaine généraliste francophone à le faire en Europe après la discrète OCS City en France ? Bravo. Dans quelle version ? Originale avec sous-titres français ou doublée ?  Mais pourquoi continuer de proposer deux épisodes à la fois, ce qui met fin à la diffusion après une heure du matin ? Pour presque personne ? Programmation audacieuse, mais l’audace est démolie par l’horaire. Un par un, cela irait tellement mieux : mais l’audace manque pour changer des habitudes internes.

L'affiche de "Masters of sex" (Showtime), sur RTS 1 dès le lundi 10 novembre ers 23h30, épisodes en duos

L’affiche de « Masters of sex » (Showtime), sur RTS1 dès le lundi 10 novembre vers 23h30-

Avec ou sans logo ? On peut parier sur le « rouge » ….

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Rencontre avec Picasso

 Or donc, à vingt-et-une heures, comme chaque dimanche, je fuis RTS1, ses polars unitaires américains et leur logo rouge de sang, souvent au profit de RTS 2 et de se documents. Le 26 octobre, au dernier moment, je consulte tardivement les programmes, pour me rendre compte qu’ARTE vient de consacrer quatre documents à Picasso à l’occasion de la réouverture du Musée à lui consacré à Paris.

Quelle formidable, belle et émouvante immersion dans la vie d’un créateur polyvalent, que ce « Picasso, l’inventaire d’une vie ». Une idée sert de fil rouge : l’œuvre retrace la biographie à travers ses femmes ou compagnes inspiratrices. Cet « inventaire d’une vie » est co-réalisé par Hugues Nancy et Olivier Widmaier Picasso, petit-fils du peintre, ce qui contribue à donner au document une sorte d’intime complicité.

Portrait de Dora Maar- Musée Picasso - PARIS ( photo ARTE)

Portrait de Dora Maar- Musée Picasso – PARIS
( ARTE)

Il vaut la peine de retenir quelques points qui montrent la richesse du document. Il ne faut pas réduire Picasso à des visages méconnaissables ou torturés. Les constructions d’œuvres avec des formes géométriques élémentaires, souvent des carrés, ne représentent d’une petite partie de l’œuvre. Picasso savait s’inspirer d’Ingres ou de Matisse pour parvenir aux « Demoiselles d’Avignon ». Vélasquez, Goya, Le Gréco furent pour lui des rampes de lancement.

Après le décès de Picasso en 1973, Maurice Rheims prit des années pour faire l’inventaire de toutes les œuvres, des esquisses aux plus grandes, que Picasso souvent conservait pour lui dans une de ses demeures. En plus de septante ans, ce sont cent vingt mille travaux qui furent recensés, entre mille cinq cents de deux mille par année, cinq par jour ; tous les jours ! L’absence de testament et des problèmes juridiques liés aux enfants naturels et aux autres rendirent complexe le partage des biens. Ministre de la Culture, André Malraux, habilement, fit voter une loi permettant aux héritiers d’un artiste de « payer » les droits de succession non en argent mais en œuvres. Sans cette loi, il n’y aurait pas beaucoup d’œuvres de Picasso dans les musées de France.

Picasso, l'inventaire d'une vie d'Hugues Nancy et Olivier Widmaier Picasso ( photo ARTE)

Picasso, l’inventaire d’une vie d’Hugues Nancy et Olivier Widmaier Picasso (ARTE)

Vidéo indisponible

Il y a quelques années, la TSR devenue RTS donnait des informations sur des canaux de diffusion proches d’elle, « TV5 France, Belgique, Suisse », « Tv 5 Monde » et ses plus de deux cents millions de téléspectateurs potentiels. Il fut aussi souvent question de la proximité entre ARTE et la TSR à l’occasion de certaines collaborations.

ARTE, comme d’autres, propose de voir et revoir une partie de ses propositions sur son site « ARTE+7 », mises à disposition pendant sept jours. J’ai voulu revoir « Picasso, l’inventaire d’une vie ». Surprise d’apprendre que « Cette vidéo n’est pas disponible pour votre pays ».

La RTS aurait-elle fait l’achat de ce document qui serait mis en réserve pour une future diffusion plus ou moins lointaine ? ARTE ne dispose-t-elle des droits que pour la France et l’Allemagne ? Et ce n’est pas la première fois que la « porte » est fermée aux Romands. Mais à qui poser la question pour connaître la cause de cette « interdiction » d’accès ?

 

 

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