A livre ouvert

Mise en ligne du 28.08.14 : dans le texte « Que fait la télévision du football? », on trouve « Parler et encore parler! (28.08.14), « Contre-pied, un petit bijou » (04..09.14) et enfin « Pour en finir avec le « Mundial » (07.09.14(,

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Une série romande de six épisodes, présentée six samedis durant par RTS1 à 20h10, dès le 30 août 2014.

1 / Première approche (27.08.14 )

2/ Informations numériques

Coté «  part de marché » !

 Il est intéressant de savoir comment le public réagit face à une proposition tout de même exceptionnelle de la RTS: il n’y a en principe que deux séries de fiction produites par la chaîne chaque année.

Le 30 août 2014, 142 mille romands regardent le premier épisode sur RTS1 quand 8 mille suivent RTS2 et que 470 mille regardent alors la télévision : 30 % de PDM est une assez bonne part de marché un samedi à cette heure.

Le 6 septembre, 82 mille pour le deuxième épisode pour 158 mille liés à la RTS alors que 400 mille sont devant un petit écran : PDM à un peu plus de vingt pourcent. Baisse de régime ? La concurrence du tennis à New-York joue un rôle.

Un départ correct qui ressemble à ceux plus anciens des deux saisons de « L’heure du secret » et de «Port d’attache ».

Coût-minute

 Proposer une série produite par une société suisse sur un sujet suisse représente un gros investissement dans notre pays, 4,2 millions dont venus 3,2 de la télévision. Le million « extérieur » provient en bonne partie des sources traditionnelles, section du cinéma de la Confédération, fondation romande. Durée totale de la série : six fois cinquante-deux minutes. Le coût à la minute s’élève ainsi à environ 13’500 francs, dont 10’200 à charge du service public. Montant élevé ? Non, plutôt modeste : voici deux exemples !

François Morel, Edouard, l'ancien directeur qui n'était pas très regardant sur les dépenses (A livre ouvert, épisode 1)

François Morel, Edouard, l’ancien directeur qui n’était pas très regardant sur les dépenses (A livre ouvert, épisode 1)

Une chaine généraliste d’Ecosse avec la BBC, section américaine et l’ARTE franco-allemande viennent d’investir environ six millions, en francs suisses équivalents, pour les 220 minutes dans « Fleming, l’homme qui voulait être James BOND » une curieuse et fort intéressante série : on se trouve alors à environ vingt-sept mille francs la minute : le double du prix suisse. Et le coût-minute de cette série à majorité européenne est inférieur à bien des réalisations américaines !

Autre exemple : se tourne actuellement dans les Grisons une nouvelle version de « notre » Heidi nationale, une coproduction entre l’Allemagne et la Suisse. Huit millions engagés pour peut-être cent minutes ? Quatre-vingt mille francs la minute.

Autre information « chiffrée » : le tournage a eu lieu du 3 juillet au 13 septembre 2013, durant 57 jours. Cela représente environ cinq minutes et demi par jour de tournage, alors que le cinéma « normal » en réalise deux à trois par jour.

 

En effet, plutôt modestes en comparaison internationale, les moyens de la RTS, et plutôt élevé, le rendement quotidien !

( A suivre, des considérations sur la présence de « France 2 » au générique de « A livre ouvert ». Il faudra aussi s’arrêter à une réflexion sur la qualité !!)

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1/ Première approche 

 Fin août 2014, importante semaine pour la RTS : deux événements à « trois millions » (de francs !). Avec le nouveau décor fort élégant pour l’actualité, dont le « 19.30 », la présentation est gagnante ; l’information elle-même le sera-t-elle aussi ? L’apparition d’une série de fiction de la RTS, de six fois cinquante-deux minutes, est un événement qui se produit deux fois l’an. Il repose en partie sur la créativité, pas sur des avancées techniques formelles.

Le sam’di soir après l’turbin….

Six jours sur sept, chaque semaine, entre 19 et 21 heures, la RTS fait confiance à ses émissions propres d’information, de réflexion et parfois de culture. Mais le samedi pose problème. On vient de suivre, six semaines durant, les « estivales » animées par Alain Morisod qui fait gagner voitures et voyages, opération signalée comme « promotion de produit » : part de marché en moyenne, 25 %, avec cent mille spectateurs environ. « A livre ouvert » doit faire aussi bonne part, comme les deux saisons de « L’heure du secret ».

Mais le samedi soir n’est propice, ni à la réflexion, ni à la culture. « A livre ouvert » a pour mandat de divertir le plus grand nombre possible des téléspectateurs. Cela devrait être possible.

Stéphanie Chuat, co-auteure de "A livre ouvert" (Photo RTS/Matthias Grunsky)

Stéphanie Chuat, co-auteure de « A livre ouvert » (Photo RTS/Matthias Grunsky)

Parmi les bonnes séries romandes

Vu les deux premiers épisodes : « A livre ouvert » se situe au même niveau que « Crom » ou « L’heure du secret » no 1, un peu plus séduisant que la fin de « L’heure du secret » no 2, nettement supérieur à « T’es pas la seule » ou « Port d’attache ». Pour mémoire, la meilleure série romande de ces dernières années reste « Dix » de Jean-Laurent Chautemps. A noter que « France2 » a procédé au pré-achat d’ « A livre ouvert », amorce d’une ouverture à l’international.

Deux auteures

Fort souvent, l’équipe qui écrit sous la direction d’un « showrunner » n’est pas celle qui assure la mise en scène. Ici, et c’est chose originale, le duo Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, connu pour sa réussite de « La petite chambre » avec Michel Bouquet, est au travail depuis fin 2010, responsable de l’écriture, des dialogues, de la mise en scène et en partie des finitions, le choix du groupe suisse « The Animen » par exemple.

Véronique Reymond, co-auteur mais aussi actrice dans le rôle de Christiane (RTDS/ Photo Philippe Christen)

Véronique Reymond, co-auteure mais aussi actrice dans le rôle de Christiane (RTS/ Photo Philippe Christen)

L’histoire, sans cadavre, se développe sur six épisodes, donc en un peu plus de 300 minutes – cinq heures. Il faut laisser au spectateur le plaisir de découvrir l’intrigue, ses rebondissements, tournant autour d’un détournement d’argent, qui a de vagues ressemblances avec les folies d’un chirurgien du CHUV passionné de livres rares, qui publia un répertoire de ses collections sous le pseudonyme anagrammatique de Lukas Jesus von Bollgy. Le fil de l’histoire se déroule avec une réelle fluidité. Les dialogues vont de la simplicité au brio parfois cynique ou amusant. Dans l’ensemble, les interprètes sont à la fois bien choisis et bien dirigés. Et l’on prend ainsi plaisir à faire connaissance avec des personnages amusants, plaisants, pour certains d’entre-eux attachants. Mais à chacun les siens !

Isabelle Gélinas, Michèle, la nouvelle directrice de la blbiothèque de quartier (RTS/capture d'cran)

Isabelle Gélinas, Michèle, la nouvelle directrice de la blbiothèque de quartier
(RTS/capture d’écran)

Voici donc quelques raisons certes sommaires pour prendre le train et passer en revue les wagons d’un divertissement du samedi soir de bon niveau.

Une réponse à to “A livre ouvert”

  • Leutenegger:

    Comédie très sympa! « ils », les acteurs jouent très bien. A Lausanne en plus. Un faible, « coup de coeur » pour Véronique Reymond. Un bon moment!

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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