Le poids de l’audimat

Une de mes bonnes connaissances m’accuse d’être injuste à l’égard de la RTS et d’une partie de sa programmation persuadé que je trouverais ses programmes « exclusivement inféodés à la recherche d’audience ». C’est évidemment faux.

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Non, les programmes de la RTS ne sont pas uniquement faits pour obtenir en toute heure la meilleure des audiences. Si la RTS ressemble parfois trop à TF1 ou M6, elle leur est heureusement souvent différente. Si la ressemblance de la RTS avec ARTE est assez rare, on doit pouvoir oser le regretter.

Mais l’audimat ? Pour une fois, parlons-en, dans une approche numérique. Et sous un angle précis, qui repose sur deux éléments de base :

1/ Chaque jour, l’ensemble des spectateurs romands, mesuré par un échantillon scientifiquement valable regardent RTS 1 et RTS 2 pendant un million d’heures. Cette mesure ne dit rien de la consommation sur internet en « sept + » ou sur d’autres supports, comme les portables

2/ La part de marché de TSR 1 et TSR 2 en moyenne annuelle s’élève à trente pourcent. Donc sur cent heures regardées sur un téléviseur, les téléspectateurs qui vivent en Romandie en consacrent trente à notre télévision, ce qui lui donne largement la première place sur le marché régional.

Un image d'un épisode d'Helveticus, qui passe donc en matinée et en semaine à 06:30 et 10:50 sur RTS 2 : pour le plaisir de loeil ! Mais peut-on mesurer une part de marché sur un échantillon minuscule ?

Un image d’un épisode d’Helveticus, qui passe donc en matinée et en semaine à 06:30 et 10:50 sur RTS 2 : pour le plaisir de l’oeil !
Mais peut-on mesurer une part de marché sur un échantillon minuscule ? ( Image RTS – mai 2013)

 

Dix mille en plus ou en moins

Supposons que, durant toute l’année, sur un million d’heures quotidiennes, dix mille soient consommées, en plus comme en moins. L’écart serait de un pourcent. Le 1 % d’une part de marché de 30 % représente 0.3 %, donc 3 pour mille.

Supposons ensuite que cet écart se produise durant un seul jour par semaine. Le variation de part de marché ne représente plus que 0.4 pour mille (le septième de 3 pour mille)

Si l’écart ne se produit qu’un seul jour sur les 365 de l’année, la variation de la part de marché n’est que de 0,008 pour mille. Cette variation est invisible en moyenne annuelle, donc négligeable, largement comprise dans la marge d’erreur.

Un exemple

Durant quatre mercredis de novembre 2013, en lieu et place d’émissions « maison », la RTS propose une mini-série nationale consacrée à six Suisses ayant joué un rôle considérable dans notre histoire.

Si, comme on l’a parfois entendu dire, les téléspectateurs romands ne sont pas friands de séries unitaires historiques, une perte d’heures de présence devant la RTS serait possible. Imaginons qu’elle soit de dix mille heures.

Quelle serait son influence sur la moyenne annuelle en part de marché ? Ce serait quatre fois la perte pour un seul jour, soit 4 fois 0,008 ce qui donne 0,03 pour mille, 0.3 pour dix mille et trois pour cent mille.

Trois pour cent mille, c’est négligeable et invisible. Prendre un tel risque en programmation n’aurait aucune influence lisible sur la moyenne annuelle. Donc rien n’empêche de prendre de temps en temps des risques qui ne font même pas  souffrir l’audimat !

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Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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