Les « Docs » de la RTS

Dès le vendredi 24 mai à 20h10, durant cinq semaines, la RTS propose une nouvelle mini-série de cinq fois quarante-cinq minutes, « La part de l’autre » de Christophe Chiesa. Le tournage en immersion s’est déroulé durant trois mois aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUV). Certes, il s’agit d’une médecine de pointe.  Mais plus encore de comprendre ce que donner ou recevoir un organe représente, dans un pays comme le nôtre où les donneurs sont trop rares.. Voici une première image :

"La part de l'autre"

« La part de l’autre »

Avertissement : ce long texte comprend différents chapitres précédés d’intertitres. Ils peuvent être lus indépendamment les uns des autres. Des sous-titres interviennent dans les différents chapitres:

Le texte avec des lettres droites comme un  « i » apporte des informations, y compris celles qui résultent des contacts avec Mme Challand, par téléphone et courriels successifs. Les parties en italiques se rapprochent de remarques plus personnelles ou signalent des questions à poser en vue d’obtenir de prochaines réponses (à suivre).

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1/L’unité des films documentaires depuis 2001

L’unité des films documentaires, créée par la direction de la RTS en 2001, par Gilles Marchand et le responsable des programmes d’alors, Raymond Vouillamoz, se compose actuellement de treize personnes, alors qu’ils n’étaient que quatre au départ. Il fallait répondre à un réel besoin de documents de création dans le format d’un long-métrage de cinéma, environ nonante minutes alors que les reportages pour la tv s’en tiennent souvent à cinquante-deux minutes au maximum. Il était important d’avoir une cellule qui puisse procéder à des échanges et collaborer avec celles de France Télévision et d’ARTE (plus de vingt co-productions depuis 2001). L’unité collabore aussi avec des producteurs et réalisateurs romands, entre autres.

Nationalisme hongrois  - Histoire Vivante, le 12 mai 2013

Nationalisme hongrois – Histoire Vivante, le 12 mai 2013

Gaspard Lamunière assiste Irène Challand depuis un peu plus de huit ans. Il a par exemple activement participé à la production d’une série nationale consacrée à des cinéastes suisses, en en confiant la réalisation et le montage à de jeunes professionnels. Il collabore actuellement à un imposant travail de collaboration avec le CICR tout en étant souvent engagé aux côtés d’I.Ch dans le domaine des échanges internationaux.

2/ De l’idée à la réalisation

L’unité des films documentaires de la RTS a la chance de maîtriser pratiquement toute la chaîne qui aboutit à une diffusion. Au départ, il y a une idée, un projet qui retient l’attention à l’interne. Il s’agit alors d’examiner la structure du financement, qui va de la production par les seuls moyens de la RTS à l’achat d’un produit terminé en passant par la co-production avec un partenaire suisse majoritaire ou minoritaire, ou étranger minoritaire ou le pré-achat qui garantit un passage antenne. Bien entendu, sur le projet est parlé dans une autre langue que le français, il faudra décider de la formule d’adaptation, par traduction ou sous-titrage. Ce cas particulier peut se présenter à l’intérieur de la SSR-SRG, partenariat avec Berne ou avec Zürich ou le Tessin. C’est là un aspect important de la cohésion nationale. Toute co-production peut être construite pour une diffusion au cinéma puis à la télévision ou ne prévoir que de diffusions que sur le petit écran et ses dérivés.

Vol spécial, la RTS co-productrice

Vol spécial, la RTS co-productrice

Les coûts à la minute vont de cent francs pour un achat à deux mille francs dans les co-productions majoritaires. Les contrats signés, l’unité suit le tournage et le montage et donne son accord avant les finitions.

Il n’est pas simple de calculer le coût réel d’une production aboutissant à la notion de coût-minute qui est tout de même une indication, comme le directeur de la RTS, Gilles Marchand, le déclarait lors d’une conférence à la SRT de Neuchâtel. Mais il se pourrait que cette complication de calcul soit aussi le reflet d’un manque volontaire de transparence.

Entre la SSR et les milieux du cinéma suisse existe un accord, « Le pacte de l’audiovisuel » qui dispose de vingt-deux millions de francs par année pour l’ensemble de la Suisse. L’unité des Docs de la RTS émarge pour deux millions à ce fonds.

Clevaland contre Wall-Street, la RTS co-productrice

Clevaland contre Wall-Street, la RTS co-productrice

 Mais il existe d’autres sources de financement interne à l’entreprise sur lesquelles il faudrait demander des informations complémentaires qui pourraient introduites dans ce texte au fur et à mesure de leur obtention. Cela pourrait bien n’être pas très aisé, la transparence n’étant pas une qualité nécessaire pour la SSR qui donne parfois un peu l’impression de se plaire en zone d’ombre.

3/ De la diffusion

Une œuvre audiovisuelle de documentation terminée doit donc être portée à l’antenne. Il devrait aller de soi que les responsables de son existence prennent une part importante dans la diffusion au(x) public(s), dans des cases qui sont réservées à l’unité, à des heures différentes, sur des supports différents, y  compris internet et ses réseaux sociaux ou sur portable et autres tablettes de lecture.

Dans la grille des programmes hebdomadaires, les « Docs » occupent plusieurs cases en période « normale » :

+ sur RTS 1,  le dimanche dans la matinée « Le doc nature » et « Le doc expédition »

+ sur RTS 2, apparaissent le dimanche soir vers 21h00, « Histoire vivante » et en fin de soirée « Le doc.ch », le lundi « Le doc du lundi » en premier rideau avec reprise d’ « Histoire vivante » en fin de soirée. On trouve encore le jeudi en début de soirée le « Doc nature ». Le « Doc.ch » est parfois remplacé par le « Doc.visions du réel ».

Romans d'ados

Romans d’ados

La présence  des « docs » est donc plus forte sur RTS 2 avec d’excellents premiers rideaux que sur RTS1. De plus, les dimanche et lundi sont en  principe peu propices à l’invasion par le sport-roi. Donc « Les DOCS » n’ont pas à subir les renvois ou les retards qui affectent souvent la fiction.

«Histoire vivante » sur RTS

« Histoire vivante », programme de nonante minutes environ, est proposé le dimanche en milieu de soirée avec reprise tardive le lundi. C’est un des « phares » de  l’unité.   A partir du sujet du document, la radio « La première » consacre durant cinq jours ouvrables par semaine une émission entre 20h00 et 21h00. La collaboration thématique s’étend à la presse écrite puisque « La Liberté » publie sur le sujet de la semaine une page entière le vendredi. Certains des récents sujets méritent d’être rappelés,  « Gatekeepers » israélien ( 03.03.2013) et « La Chine » ( 17 février).  Assez fréquemment, les parts de marché s’inscrivent parmi les meilleures de la chaîne

Le « Doc événement » sur RTS 1

Le « Doc événement » prend place de temps en temps sur RTS1 en soirée thématique qui fait suivre une projection d’un débat dans le cadre d’ »Infrarouge ». On peut citer par exemple ce qui fut fait avec « Vol spécial », « La saga des Perrochon » ou encore le très récent « Chronique d’une mort oubliée ».

L’exemple de « Romans d’ados »

Romans d'ados

Romans d’ados

« Romans d’ados » occupe une place particulière. Entre l’idée de base et la diffusion, sept ans se seront passés. Il s’agissait de suivre un groupe de jeunes passant de l’enfance à l’adolescence sans savoir comment les choses  se dérouleraient dans le temps, dans une petite ville de « province », Yverdon. Il fallait de l’audace pour proposer un tournage qui prendrait une demi-douzaine d’années sans pouvoir garantir qu’il y aurait une mini-série et qu’elle serait intéressante.  Et il fallait une Direction alors nouvelle qui ose prendre le risque de dire oui à une telle aventure.

Romans d'ados

Romans d’ados

Le résultat est connu. Les quatre films de « Romans d’ados », après une sortie réussie dans les salles de Suisse romande, ont « cartonné » comme disant ceux qui aiment s’appuyer sur l’audimate.  L’étude attentive de l’audience aura permis de dépasser l’observation quantitative pour une analyse qualitative fine : l’impact sur les jeunes de 15 à 24 ans fut nettement supérieur à la moyenne annuelle dans cette classe d’âge. Le nombre de téléspectateurs ne s’est pas effrité durant chaque heure de projection. Une expérience audacieuse réussie aura aussi conduit à un examen qualitatif en finesse des informations données par l’audimate.

4/ Contribution à la cohésion nationale

Le rapprochement entre « La première » radiophonique et « Les Docs » télévisés fonctionne bien avec « Histoire vivante ».

Un réel besoin de mettre du temps à disposition pour aborder des problèmes sous des angles multiples conduit actuellement à passer par le format de la mini-série. Il y a quelques mois, « D’une jungle à l’autre », une expédition « psychiatrique » en Amérique du sud avec patients et soignants a reçu un très bon accueil. Le même principe vaut pour « Le tour du Cervin »  proposé par « Passe-moi les jumelles » en avril et mai 2013.

D'une jungle à l'autre, une série d'esprit documentaire, une co-production de la RTS

D’une jungle à l’autre, une série d’esprit documentaire, une co-production de la RTS

Sur RTS1, dès le vendredi 24 mai en premier rideau, sous la houlette du « doc.ch » qui quitte pour quelques semaines sa case nocturne pour le premier rideau, ce sera « La part de l’autre » tourné aux HUG ( Hôpitaux Universitaires de Genève) sur des transplantations.

Une autre mini-série fera une plongée dans la vie bouillonnante du quartier des Paquis à Genève, avec sortie fin 2013.

Une série nationale, consacrée à la Croix-Rouge, est suivie côté romand par Gaspard Lamunière, le bras droit d’Irène Challand. Ce sera une preuve par l’acte que les trois chaînes de la SSR-SRG savent travailler en commun en une intéressante forme de cohésion nationale dont on a souvent parlé ces dernières années. La série sera diffusée par les trois canaux principaux de la SSR.

Cette cohésion s’est aussi concrétisée par certaines adaptations de mini-séries tournées à Zürich qui n’en est pas à son coup d’essai avec le récent « Les médecins assistants » de l’hôpital d’Interlaken, les différentes personnalités ayant permis d’enrichir la mini-série à travers un collaborateur de la REGA,  par exemple

Les médecins assistants- série DRS adaptée par la RTS

Les médecins assistants- série DRS adaptée par la RTS

Des rencontres plus fréquentes au niveau national en  sont bonne partie à la base de  ces collaborations qui témoignent d’un effort de cohésion nationale.

5/Reconnaissance internationale

« Romans d’ados » fera-t-il l’objet d’une adaptation en Suisse alémanique et au Tessin ? Une certitude : les quatre films ont été présentés par TV5 Monde avec succès. Cela ne se produit pas très souvent.

Certes, quand « Les docs » produisent, co-produisent ou pré-achètent une émission ou une série, le générique – que souvent personne ne lit – fait apparaître les noms d’Irène Challand et de Gaspar Lamunière. Irène Challand admire des grands aînés comme Claude Goretta, Claude Torracinta ou encore André Gazut qui ont fait beaucoup pour que la RTS occupe une bonne place aussi  au niveau international.  L’équipe des Docs, en pays francophones en tous cas, c’est celle qui aura appuyé des gens comme Jean-Stéphane Bron (« Mais im Bundeshuus »,  « Cleveland contre Wall Street) ou Fernand Melgar ( La forteresse, Vol spécial) dont la réputation a largement dépassé les limites de la Romandie et les frontières de la Suisse.

La forteresse de Fernand Melgar a fait une honorable carrière internationale

La forteresse de Fernand Melgar a fait une honorable carrière internationale

Lors d’un récent cours de formation destiné à des collaborateurs de chaînes de télévision du pays du « printemps » arabe au Moyen-Orient où elle était invitée comme experte avec des collègues d’Arte, Irène Challand fut interrogée sur les projets des Bron ou Melgar, qui furent donc largement soutenus par « les Docs ». La réussite de l’ « Unité des films documentaires » de la RTS passe aussi par sa bonne réputation acquise au niveau francophone au moins.

Alors, tout est pour le mieux dans la meilleure des télévisions, la RTS ? Il reste à poser quelques questions qui pourraient mettre un ou deux bémols qui n’affecteront pas la satisfaction exprimée par ce texte. Donc à suivre…

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Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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