L’heure du secret (1) : le tremplin du premier épisode

Que peut-on attendre, à partir du seul premier épisode de la nouvelle série de la RTS, « L’heure du secret » ? Risquons quelques appréciations qui sont des hypothèses à vérifier.

L’arrivée à Locle d’une étrangère

Lyne Tremblay (Catherine Renaud), jeune femme vivant au Québec, doit se rendre en Suisse au Locle pour y vendre une petite société d’horlogerie, « Univers », dont elle est seule héritière. Elle n’a aucune raison valable de s’intéresser à l’horlogerie, tant dans sa dimension créatrice de beauté que dans celle de son artisanat minutieux.

L'heure du secret

Elle va donc découvrir une petite ville parfois mystérieuse, avec ses vieux quartiers et son architecture moderne saluée par l’Unesco, son guérisseur, certains de ses habitants au comportement un peu bizarre. L’acheteur, Antoine Berthin (Valentin Rossier) est un personnage, ambigu avec sa secrétaire, sa femme Hélène ( Agnès Soral) à forte tendance pocharde alcoolique, sa fille Amélie ( Laétitia Bouquet) en révolte. Le hôtelier-restaurateur, André Jacquet (Jean-Luc Barbezat) et sa femme Muriel (Virgine Meisterdans9 semblent avoir quelque chose à cacher, d’autant plus que leur entente n’est pas au beau fixe.

D’emblée deux meurtres à cadavres discrets

Dès ce premier épisode, deux meurtres en moins de deux jours se produisent, celui d’un chauffeur de taxi qui aurait volontiers conté fleurette à la capiteuse jeune québecoise et celui du cuisinier de l’hôtel-restaurant. La réalisation reste assez discrète : elle n’insiste pas sur les cadavres, ni même sur l’enquête policière qui semble conduite de manière assez traditionnelle, comme si l’inspecteur Droz ( Jean-Luc Borgeat) avait quelque chose à cacher

Les rêves de Lyne

A peine arrivée au Locle que Lyne se met à rêver d’une fête dans un passé plus ou moins lointain, avec un beau couple de mariés. Mais la jeune femme du passé  fait une chute et meurt. Il n’y a rien qui justifie ce rêve de Lyne, à moins qu’une partie de son passé ne soit caché provisoirement. Puis il y aura un nouveau rêve, pas tout à fait le même que le premier, pour autant que les différences viennent de la mise en scène et pas de ce que le spectateur a retenu. D’emblée s’inscrivent  d’abord dans l’image, des éléments étranges, une poupée russe associée à chaque cadavre. On apprendra qu’un personnage du présent de Lyne fut un organisateur du mariage du passé, qui vit mourir la mariée et se suicider ensuite le marié. Bref, un passé encore mystérieux s’installe dans le présent de la jeune étrangère. En même temps, un maître horloger, Vincent Girod ( Frédéric Recrosio) aimerait bien se porter acheteur de la petite société. Il tente de convaincre Lyne de ne pas vendre son bien au chef du clan Berthin. Une policière venue du Bas, Ariane Perret, mène l’enquête en étant totalement étrangère au milieu de la ville qui fait l’objet des rêves de Lyne. Mais ceux-ci, lors du premier épisode, sont encore en partie des fantasmes des auteurs du scénario.

L'heure du secret

En quittant le taxi, Lyne ne paie pas le coût de la course. Les scénaristes auraient pu se servir ce de geste pour montrer comment on apprend à connaître la circulation de l’argent d’un pays qui n’est pas le sien Qand Lyne se trouve chez son acheteur et qu’elle seule entend le carillon d’une pendule neuchâteloise fixée dix minute avant l’heure pleine, on sait pas très bien si la  navigation entre la réalité et l’imaginaire tient du fantasme, du rêve pur ou de souvenirs dont le mécanisme nous manque.

Du côté de « Twin Peaks »

Il y a dès le premier épisode un sorte de lointain rapport avec Twin Peaks dont un personnage résume bien l’étrangeté, la dame  la buche. Mais on pressent dans cette « Heure du secret » une sorte de volonté rationnelle pour construire un puzzle dont les pièces finiront par tracer le portrait réaliste d’une société dans une petite ville industrielle certes un peu mystérieuse.

Vers de possibles comparaisons

Ces premières remarques valent pour l’écriture et la mise en scène dans sa relation avec la direction des acteurs. Il sera intéressant de faire des comparaisons avec des séries récentes de la RTS, comme « T’es pas la seule », « Crom », « Dix ». On peut attendre avec une réelle impatience, le et les prochains épisodes, même si le rythme du récit de ce premier semble un peu lent de temps en temps.

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