Nouveau Directeur général

Roger de Weck à la tête de la SSR

C’était il y a quelques années, en septembre, à Berne, au centre Paul Klee, lors d’un séminaire de la SRG-SSR regroupant des représentants de toute la Suisse, sur un sujet rébarbatif, très technique. Les orateurs se succèdent. Et tout à coup, un mot qui claque, « culture », comme une bombe puante dans un jardin de délices technocratiques. Le mot qu’il fallait entendre, au moins une fois. Ébranlé au point d’en être presque ému, j’allai remercier celui qui avait osé cette «incongruité» !

Roger de Weck (Photo : SF)

On s’attendait en mai à la nomination à la tête de SRG-SSR d’un technocrate, d’un patron de haut vol doué pour la finance, en période de pénurie d’argent. Ils furent une dizaine à préparer une belle surprise dans la plus totale discrétion. Dès janvier 2011, un journaliste, homme de culture, parfait bilingue, pro-Européen, d’une vieille famille, dirigera la SSR. Il fit partie, l’an dernier, d’un groupe qui rêvait d’une chaîne nationale rapprochant les différentes cultures de ce pays en offrant aux uns le meilleur des autres. Il se fit rabrouer comme ses complices : la SSR n’a pas les sous ! L’utopie nommée alors « Pour une Arte en Suisse » pourrait reprendre vie !

Roger de Weck, actuellement, s’interroge sur les problèmes qu’il va rencontrer dans quelques mois. Il veut faire glisser un peu plus la SSR vers la satisfaction du citoyen plutôt que de flatter le consommateur. Oh ! Pas tout le temps, mais un peu plus souvent, quitte à perdre une plume de part de marché. Citoyen mieux servi, au détriment de temps en temps du consommateur : chose nouvelle, très importante ! Il faudra bien trouver les cinquante millions qui manquent chaque année pour maintenir les offres de la SSR à leur niveau actuel. Certaines mesures sont déjà en place dans ce sens. Il faut oser rappeler une chose très simple, contre les vents contraires : une hausse de la redevance d’un peu plus d’un franc par mois résoudrait en partie le problème. Ce serait supportable pour les bourses, ça l’est beaucoup moins pour bon nombre d’esprits. Mais soyons conscients qu’une SSR affaiblie ne sauvera pas la presse écrite de ses difficultés.

On assiste aujourd’hui aux bouleversements de l’audiovisuel de service public qui se déclinent sur des supports complémentaires. Sous le prochain règne d’un homme préoccupé par la culture, on peut rêver de formes nouvelles qui restent à inventer ou à mieux mettre en valeur, pourquoi pas parfois même dans un domaine inattendu comme celui de la philosophie. Il y a trente ans naissaient les SRT : quel beau cadeau pour cet anniversaire que cette nomination !

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