Taches d’encre

Sondages et charte déontologique de la RTS

Dans un document intitulé “Charte déontologique et valeurs de la RTS” (accessible ici), entré en vigueur le 1 novembre 2011, nous lisons en sa page 12:

Les Sondages d’opinion sont présentés non pas comme des pronostics, mais comme des photographies datées de l’opinion publique. Le nombre de personnes interrogées,l’aire géographique, la marge d’erreur de réalisation et le commanditaire sont cités.

L’entrée en vigueur n’implique pas forcément une mise en pratique systématique. Mais on s’en approche, et heureusement si la charte a un sens !

Les résultats d’un sondage commandé par la SSR-SRG à l’Institut GFS de Berne ont été rendus publics au “19.30” du 06.06.2012 durant deux minutes. Toutes les exigences de la charte géologique ont été respectées. Le directeur de GFS, Claude Longchamp, livre durant le journal un commentaire du reste intéressant en plus du sondage. C’est en effet en triple non qui se prépare mais la prudence est restée de mise au “19:30” relativement à l’initiative populaire “Accéder à la propriété grâce à l’épargne-logement”. 42 % en plutôt favorables contre 45 % en plutôt défavorables est assez proche de la marge d’erreur qui est de 2.7 %. Mais ce 42/45 remplace un 47/38 obtenu fin avril : la variation va donc vers le refus !

En additionnant chaque fois les plutôt pour, les plutôt contre et les indécis, on arrive à cent pourcent. Comme si tout le monde s’en allait voter. Les sondeurs n’ont-ils pas un moyen de prendre le pouls de l’électorat dans sa dimension abstentionniste ? Il semble aussi que pour GFS, qui s’était assez lourdement trompé lors de la votation sur les minarets, le temps se soit clairement amélioré.

Quand les vaches donnent de la corne…

Dimanche 6 mai 2012 : trois heures de vaches qui s’encornent racontées par une demi-douzaine de collaborateurs de l’entreprise et à tout le moins autant de spécialistes. Par la durée, un des sommets de cette fin de semaine sur RTS Un.

Souvent on peut se demander pourquoi un même événement pèse tellement différemment selon le média qui le rapporte. Trouvé dans LA TRIBUNE DE GENEVE du même lundi (en page 13 quelques dizaines de signes sur la gagnante, avec  sa photo, son nom et seulement le visage d’un agriculteur dont on supposera qu’il c’était le propriétaire.

Dans l’arêne …..

Trouvé dans LE TEMPS en page 8 deux cent cinquante signes sur « Shakira », la reine des reines et dans L’EXPRESS en page 21 un communiqué de six cent signes signé ATS pour savoir que « La couronne change de reine ». Schakira a donc battu Manathan.

Tombé en pitonnant sur RTS Un a un moment où il semblait y avoir un conflit quand à la gagnante, le jury appliquant un règlement sans empêcher que le combat arrêté reprenne. Rien compris !

Combat de reines : mais est-ce la bonne ?

Conclusion : il en faut vraiment une ? Un même événement ne pèse pas le même poids dans des médias différents. Que c’est original !

Jacques Neirynck et les séries débiles

La SSR souhaite pouvoir accéder à la publicité sur ses sites internet. Les éditeurs de journaux et dans une moindre mesure les chaînes privées de radio et de télévision s’y opposent. Dans la dernière parution de « L’Hebdo », Jacques Neirynck adresse une lettre ouverte au nouveau président de la SSR, M.Raymond Lorétan.

Pour lui, il y a trop de chaînes publiques – 7 en télévision, 17 en radio. Il oublie que service public ne signifie pas que tout le monde en même temps doit se trouver devant la même émission. Au contraire : le service public s’adresse à tous les publics, même ceux qui vivent dans des niches minoritaires. Une chaîne sportive, pourquoi pas, comme deuxième chaîne pour l’ensemble de la Suisse serait un véritable service public. Chaque région pourrait alors nourrir un troisième canal par des reprises, des émissions à petit potentiel public et par des adaptations aux autres régions de certaines émissions d’une des régions linguistiques.

Neirynck raisonne alors autour de la redevance. Si celle-ci subsiste, écrit-il : « A la SSR toute la redevance sans aucune publicité ; aux privés toute la publicité sans rien de la redevance ». Pour la SSR ce seraient trois cents millions de moins (recettes publicitaires) et soixante de plus (le 4 % de la redevance qui va aux privés). Instantanément, écrit encore le pamphlétaire, la qualité des programmes de télévision s’améliorera. Vrai peut-être pour les privés dont la qualité déjà existante est parfois en hausse, mais ce ne sera pas instantané. Faux pour la SSR.

La publicité agit seulement sur des « gogos attirés par des émissions débiles », lesquelles émissions ne sont faites pour des « nuls fascinés par des séries débiles » que tout le monde peut voir presque partout. Comme si toute émission à succès s’adressait seulement à des débiles – cf les « téléjournaux » ou la « Météo » ! Un pareil mépris pour le grand nombre est inélégant!

Une série de haute qualité, sensible et intelligente, « Boardwalk Empire » est très tardivement présentée par la TSR le dimanche soir. Alix Nicole, responsable des acquisitions de fiction promue programmatrice, explique cette heure tardive par la peur d’un mauvais audimat. ( Cf à ce propos lire l’article de ce blog « Programmation trop tardive »). On peut regretter que M.Neirynck ignore que l’audiovisuel contemporain connaît actuellement des sommets à travers certaines séries souvent américaines, cinéma et télévision confondus. Dire des séries qu’elles sont toutes débiles est un peu simplet.

Une porte qui point ne s’ouvre

En six jours, début juillet, au « 19 :30 » furent mis en ligne sur tsr.ch soixante-neuf modules pour cent quarante minutes de diffusion. On y peut dépasser les traditionnelles deux minutes, soit dans la durée d’un module, soit en en juxtaposition plusieurs sur le même sujet ( mariage princier à Monaco ou incontournable DSK)

Un couple dans la nuit rejoint son appartement que l’on nous dit grand et dont la location est beaucoup plus élevée qu’un sept pièces de conseiller d’Etat à Genève. La porte ne s’ouvre pas, malgré plusieurs essais. Quelques caméras immortalisent cet événement dont on nous dit qu’il a fait le tour du monde. Enfin la porte s’ouvre ! Les caméras ne sont pas admises à l’intérieur.

Ce jour-là ( mercredi 6 juillet 2011), rien d’important sur DSK ! Ouf : il reste au moins la porte qui point ne s’ouvre, serrure tripatouillée pendant au moins une minute. Comme on nous dit que la nouvelle a fait le tour du monde, la TSR devait en effet s’associer à cet événement de première importance.

Le lendemain, rien trouvé dans « mes » quotidiens sur l’histoire de la clef. Par conséquent cette information unique, indispensable, précieuse, incontournable, un vrai scoop, est donc spécifiquement télévisuelle, grâce à la pratique de l’art de l’anodin. Au montage, on aurait pu abréger le coup de la clef qui ne fonctionne pas pour orienter plus encore le document vers ceux qui contribuent à faire de l’information sur rien, y compris en tirant mieux parti d’une course d’école. Mais pourquoi pas, alors, oser franchement un petit sujet comme ceux confiés à des cinéastes le vendredi, même avec un second degré freudien.

Deux milliards pour un « sondage »

Nous étions –non, vous étiez !! – paraît-il deux milliards sur cette bonne terre à assister au mariage royal britannique télévisé le 29 avril 2011. Grand bien vous fasse ! Deux sur les sept milliards d’habitants de la terre probablement atteints en 2011, cela fait presque du trente pourcent pour William et Kate, bébés encore au sein ou aînés en EMS y compris.

William et Kate à l'heure de saluer le monde !

Le bassin de diffusion de la TSR en Suisse romande représente environ un million et huit cents mille téléspectateurs de zéro à plus de cent ans. Le trente pourcent environ de cette masse se situe aux environs de cinq cents cinquante mille personnes.

Le mariage de William et Kate a été suivi par 224 mille habitants de suisse romande obtenus en additionnant les audiences de France 2, TF 1, M 6 et de TSR 2. Cet effectif est tiré d’un échantillon scientifique rigoureux, marge d’erreur connue mais presque jamais communiquée.

La taux d’équipement en téléviseurs en Suisse est probablement plus élevé que la moyenne mondiale. La part de marché, environ le quinze pourcent pour le mariage du siècle, se situe à la moitié de la moyenne mondiale.

Il y a un grain de sable. Ou bien les chiffres donnés pour la suisse romande sont faux et ne valent pas mieux que ces « sondages » dont on ne donne que des résultats en pourcent. Ou bien, cette audience mondiale à deux milliards n’est qu’une pure supposition partout répétée sans le moindre contrôle. Les faux bruits infondés deviennent des vérités ! Ou bien encore…

A noter en passant que sur les 224 mille invités au mariage télévisés, seuls 72 mille étaient fidèles à la TSR, les autres figés devant trois chaînes françaises. A peine trente pourcent de romands pour la chaîne romande.

Par contre, pour Réal-Barcelone, il y avait 178 mille habitants de suisse romande sur TSR 2 et 58 mille sur TF 1 : là le pourcentage pour la TSR est voisin du 75 pourcent. Les sports d’ici se défendent mieux que les « pipolles » d’ici face à la concurrence française. J’ai pitonné d’une chaîne à l’autre ce soir-là. Ou suis-je, à trois quarts dans les 178 ?

Le “19:30″ confond scoop et info !

Le canton de Neuchâtel aura vécu pendant des mois son « Affaire Hainard », du nom d’un éphémère conseiller d’Etat. Hors du canton, tout cela aura fait souvent sourire. Restaient à connaître les conclusions d’une commission parlementaire qui devaient être rendues publiques vers le 20 avril 2011.

Mais voici qu’au soir du 7 avril, le « 19 :30 » consacre un « deux minutes » qui n’apporte presque rien de nouveau, sinon que « Temps présent » a aidé la commission à comprendre le fonctionnement d’un Hainard hyperactif. C’est de l’auto-satisfaction. Alors quoi ? Le TJ de la TSR peut se vanter d’avoir lancé un scoop qui allait, bien entendu, être prolongé le lendemain dans la presse écrite, prise de vitesse par le média électronique.

Ce scoop aurait apporté une information importante si Frédéric Hainard avait été décrit en mouton blanc aussi pur que le noir du mouton de l’UDC. Le « deux minutes » aura pourtant donné indirectement une information sur l’existence d’une fuite ! D’où vient-elle ? Il serait intéressant de le savoir !

Un scoop sans valeur informative n’a strictement rien à faire dans le journal d’un service public généraliste. La TSR n’a ainsi rien offert au citoyen mais flatté le consommateur qui veut savoir tout-sur-tout-tout-de-suite et avant les autres.

Quand Mamar coupe la parole

Les reproches adressés à Esther Mamarbachi portent sur sa manière trop fréquente de couper la parole à l’un ou l’autre de ses interlocuteurs. Elle semble être sensible à ce reproche ! Alors qu’elle venait dans un débat récent de couper une fois de plus la parole à l’un de ses invités, elle ajouta que des téléspectateurs allaient naturellement le lui reprocher. Faute reconnue, faute pardonnée ?

Infrarouge

Elle doit diriger son débat. Quand il y a deux invités opposés, puis deux fois trois personnes elles aussi opposées, que parfois on entre encore en contact avec quelqu’un en duplex et qu’il faut passer de brefs documents qui permettent certaines transitions, on crée forcément des conditions pour frustrer l’un ou l’autre de ses hôtes. Le frustré, qui piaffe de pouvoir s’exprimer longuement, aura soin de protéger son droit à la parole. Mamar est donc obligée de faire avancer le schmilblick. Couper la parole a le mérite de l’efficacité. 

Alors il faudra continuer de lui adresser demain, encore et toujours, le même reproche. Tant et aussi longtemps que, dans son remarquable décor neuf, « infrarouge » réunira huit personnes au moins pour une heure de débat contradictoire, il y aura toujours quelqu’un qui accaparera la parole. Ce n’est pas l’animatrice qui est en cause, mais la formule même d’ « Incfrarouge », émission d’affrontements sur un sujet, trop courte pour trop d’invités. Ou bien on diminue le nombre de participants ou l’on augmente la durée de l’émission. Pour que Mamar cesse de couper la parole, il faut revoir la structure de l’émission. Ce serait peut-être à elle de le dire….

Pourquoi ?

Pourquoi donc, quand arrive la séquence météo du soir sur notre chère TSR, nous parle-t-on du temps qu’il a fait dans la journée ? En principe, chacun a remarqué le temps qu’il a fait pendant ce jour !

Pourquoi donc y a-t-il d’immenses taches rouges sur la magnifique carte mondiale qui orne l’arrière-plan du Téléjournal, et pourquoi cette carte est-elle si difficilement lisible ?

Pourquoi, lorsque des personnalités s’expriment dans une autre langue et que leurs dires sont traduits, laisse-t-on le son original en même temps que la traduction tant et si bien que l’on ne comprend plus rien du tout?

In French please !

Entre Noël et Nouvel-An, l’attention des sportifs a été retenue par les retransmissions de la TSR de toutes les rencontres de la Coupe Spengler 2010 à Davos. Chapeau, bravo et merci!

Laurent Bastardoz (Photo: RTS).

Un des journalistes principaux à oeuvrer fut Laurent Bastardoz, sans doute le meilleur connaisseur en hockey sur glace de Suisse occidentale. Nous avons suivi plusieurs des rencontres qu’il a commentées, parfois avec d’autres experts en hockey. Ce commentateur est passionnant et passionné, et c’est une encyclopédie à lui tout seul de ce sport de glace tant apprécié en Suisse.

Mais pourquoi faut-il qu’il utilise constamment des expressions anglaises ou américaines alors que l’IIHF (Fédération Internationale du Hockey sur Glace) a rédigé il y a quelque temps un glossaire français valable pour le Canada et les pays francophones?

A tire d’exemple, un rink est une patinoire, goal = but ou cage; puck = palet ou rondelle, linesman = juge de ligne, offside = hors-jeu, playoff = éliminatoire, slashing = cinglage, assist = passe, backcheking = repli défensif, backhand = passe ou tir du revers, bodycheck = mise en échec, goalie = gardien (de but) power play = jeu de puissance, slap shoot = tir frappé ou lancer frappé, shoot = tir, referee = arbitre.

Que l’on utilise une fois au l’autre un anglicisme pour faire bien ou pour changer, d’accord, mais qu’on abuse de mots américains alors qu’il en existe de meilleurs en français, non!

L’eau rang Bas tard dos aimerait-il qu’on le nomme Water Rank Low late back?
In French Laurent, please! Thank You!

« Nouveaux » journaux ?

On nous avait prévenus depuis longtemps, les journaux de la TSR allaient changer de fond en comble (une révolution aurait dit Steve Jobs !).


Pourtant, vu de son canapé, le fond est toujours bleu, le générique est le même, les cartes quasiment semblables avec un peu plus de relief, le plateau gris au lieu de blanc, la lumière plus vive, l’horloge est passée du rouge au noir, le sigle TSR a perdu son fond noir et Rochebin est toujours Rochebin…

Peut-être qu’après quelques éditions, on s’apercevra de modifications plus substantielles, mais pour le moment, le téléspectateur lambda n’a pas été cloué dans son fauteuil.

Vous avez dit grand changement? Petit toilettage eût été plus adéquat!

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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