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Autour de la notion de débat

Un peu assoupi, ces dernières semaines, ce blog! Mais mon «Pipe-line» personnel est encombré de versions différentes qui oscillent autour du «Tv-talk-show», une des «traductions» françaises de «talk-show», dit aussi «causerie» ou «émission-débat». On peut restreindre le débat à un sujet politique, culturel ou sociétal, s’en tenir à certains exemples fournis par la RTS, ARTE, France 5, chaînes généralistes de service public. L’obsession liée au désir de faire la meilleure part de marché possible devrait être l’apanage des seules généralistes commerciales qui vivent essentiellement de publicité, TF1 ou M6 chez nos voisins. Notons que sous nos latitudes romandes, on ignore tout ou presque de la Wallonie belge et du Québec canadien. Une limite: s’en tenir à des émissions quotidiennes et hebdomadaires.

Points forts de la RTS

La force actuelle de la RTS, née dans son passé des années 1960, réside dans son offre d’émissions généralement faites «maison» du premier rideau, «Mise au point» (dimanches), «TTC» (lundis), «A Bon Entendeur» (mardis), «Temps présent» (jeudis), «Passe-moi les jumelles» (vendredis), les grands magazines (mercredis) et les rares séries romandes (samedis). Elle y consacre d’importants montants. Les journaux télévisés, le sport et les séries unitaires américaines complètent ces émissions de premier rideau. Une bonne place est accordée à la documentation.

 Romaine Morard : nouvelle venue à "Infrarouge" (RTS)

Romaine Morard : nouvelle venue à « Infrarouge »

Avec «La puce à l’oreille» (jeudis vers 23h) et «Infrarouge» (mercredis vers 21h30), la RTS n’est pas particulièrement séduisante. A signaler toutefois que l’heure de diffusion d’«Infrarouge » a été avancée depuis quelques mois, désormais proposée à un public en moyenne plus nombreux avant 22h qu’aux environs de 23h!

Arte et «France 5» proposent une partie de leurs émissions aux heures de grande écoute (de 18h à 21h30). La «RTS» les renvoie en milieu ou fin de soirée. Premier signe négatif! Audimate prioritaire quand tu nous tiens…..

Propositions d’ARTE et de France 5

 Le «28 minutes» d’Arte (cinq jours en semaine entre 20h05 et 20h50) est la principale rubrique d’une émission de 45 minutes environ, avec rubriques régulières. Elisabeth Quin, accompagnée de deux journalistes, reçoit trois invités sur un sujet de son choix.

France 5 propose un riche ensemble «C…» qui vaut pour «C’est»:

«A dire» (17h30, quinze minutes) met un journaliste seul face à un invité. «Dans l’air» (17h45, six fois par semaine) permet à un animateur de recevoir quatre invités. «A vous»  (à 19h puis à 20h), autour d’Anne-Sophie Lapix, fait défiler plusieurs invités qui partagent un repas face à une équipe de cinq collaborateurs réguliers. Les récents «Hebdo» (samedis), «politique» (dimanche à 18h35) et «polémique» (dimanches à 19h45) mettent un animateur maison accompagné face à un ou plusieurs invités.

Pour une fois, fortes présences féminines

Pour une fois,, et c’est très bien mais très rare aussi, un secteur est marqué par une forte présence féminine, avec Elisabeth Quin (ARTE), Caroline Roux (La 5), Anne-Sophie Lapix (Fr5, C…à dire, du lundi au jeudi, qui remplace Yves Calvi avec talent), Anne-Elisabeth Lemoine ( France5, «C..l’hebdo » depuis le 3 septembre) et le duo Esther Mamarbachi/Romaine Morard (RTS, «Infrarouge», auquel manque vraiment la verve de Mix&Remix). Il est probable que les animatrices citées soient aussi, en partie du moins, responsables de la forme des débats qu’elles dirigent. Dans ces rôles, avantage aux françaises !

Elisabeth Quinn : il faut une mémoire d'éléfsnt pour prétrendre avoir vu deux fois la même robe à l'antenne

Elisabeth Quin : il faut une mémoire d’éléfant pour prétendre avoir vu deux fois la même robe à l’antenne (28 minutes – ARTE)

Pourquoi une seule collaboratrice de la RTS pour «Infrarouge» et une petite équipe sur  ARTE  et France5? Probablement pour des raisons budgétaires. La RTS doit être généraliste dans tous les domaines, obligations qui ne pèsent pas sur ARTE et France 5.

Interpréter le décor

Caroline ROUX - FRANCE 5

Caroline ROUX – FRANCE 5

La structure du décor n’est pas innocente. Le face-à-face ne provoque aucune remarque. «Infrarouge» et «La puce à l’oreille» ce sont six personnes au moins à placer, «28 minutes» entre quatre et six avec changements. «C…à dire» se déroule avec cinq personnes, «C..à vous», plus de six, comme d’autres «c…». Le public est parfois invité. Il faut bien reconnaître que cela fait plaisir à ceux qui ainsi «passent-à-la-télé». Mais il n’apporte strictement rien au contenu du débat. Il devient élément de décor avec prière d’applaudir poliment en fin d’émission et parfois au début. Ce qui se passe après l’enregistrement est peut-être intéressant, mais le téléspectateur n’en sait rien!

Placer les invités autour d’une table c’est assurer une sorte de mélange (C…à vous). Mettre l’animateur et ses proches d’un côté, les invités de l’autre (28 minutes), c’est en rester au face-à-face, pour faciliter le jeu des questions parfois commentées et des réponses argumentées qui conduisent au dialogue. On est dans le convivial.

Avec un animateur et deux groupes qui se font face, on entre dans le conflictuel. «C…à dire» ne tombe pourtant presque jamais les affrontements entre invités, alors qu’«Infrarouge» en fait sa nourriture de base, une confrontation «gauche-droite», deux fois sur trois au moins. Et c’est la seule émission où l’on rappelle parfois à plusieurs reprises que le temps de parole est mesuré, entre les clans. Le décor de «C..dans l’air» est en forme de V, celui d’«Infrarouge» vaut U, l’amorce de complicité du V s’oppose à l’opposition des branches du U!

L’affrontement suisse face au dialogue français

La France politique, coupée en deux avec son quinquennat, vit presque constamment entre deux élections présidentielles, un temps un peu après l’une et longtemps avant l’autre. De plus, elle s’offre le luxe dans chaque camp de s’offrir des primaires sur-abondantes, le FN mis à part, qui participera presque à coup sûr au deuxième tour du prochain duel final.

Sur les petits écrans français, l’élection présidentielle envahissante. Mais dans les débuts, tout se passe comme si la télévision voulait corriger la politique, cassant l’affrontement politique par un dialogue presque consensuel, souvent en l’absence d’élus nationaux.

La Suisse mène une politique consensuelle, entre les différentes tendances qui cherchent sincèrement le compromis pour arriver à une majorité changeante, actuellement plus souvent entre le centre et les droites que les centres et la gauche. La RTS propose un affrontement gauche-droite permanent avec son «Infrarouge» conflictuel glissant deux fois sur trois au pugilat. Ce qui était hier un élément qui pouvait être dynamique (ou amusant!) en rendant plus mordante la discussion est devenu aujourd’hui spectacle ennuyeux et répétitif où il est rare d’apprendre quelque chose. Cela profite plus à l’UDC qu’à tous les autres partis.

France: à la chambre des députés, au sénat et finalement à la présidentielle, du gauche-droite; débats télévisés nuancés!

Suisse: politique consensuelle, débat télévisé à «Infrarouge», gauche-droit

Cinéma suisse partout…et sur RTS Deux

A Locarno, plein de films suisses. Parmi ces films suisses, plein de films co-produits par la SSRSRG ou  la RTS. Dans cette offre, une première mondiale, « Moka » de Frédéric Mermoud, co-production entre la France et la Suisse (Bande à part). Et dès le 17 août, sortie dans les salles. Une première image:

 

 

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans "Moka"

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans « Moka » (Frénetic – Zürich)

Et une autre, à  Locarno puis sur les écrans suisses à mi-septembre 2016:

Le carnaval avec les boilles aiu sinistre contenu en la présence de l'interprète de Jacques Chessex ( Photo Vega film)

Un carnaval avec les boilles au sinistre contenu en la présence d’André Wilms, interprète de Jacques Chessex dans « Un juif pour l’exemple » de Jacob Berger : première à Locarno le mercredi 3 aoûr 2016 (Photo Vega Film)

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 14 juillet 2016, peu après 21h30, sur la deux: «Mérette» de Jean-Jacques Lagrange, le 21 «La dentelière» de Claude Goretta, le 28, «La salamandre»  d’Alain Tanner, le 4 août, «Romands d’amour» de Jean-Louis Roy: chaque réalisation audiovisuelle, pour éviter de distinguer «Film» et «Téléfilm» qui ne différent que par leur mode de diffusion, (la carrière sur grand écran commencée avant de rejoindre le petit) aura été suivie sur RTS Deux d’un ou de deux documents consacrés aux auteurs-réalisateurs. En fin de soirée, après minuit, combien encore de spectateurs?

Hommage au « Groupe 5 »

Ainsi la RTS rend hommage au «Groupe 5», en oubliant «Michel Soutter». Dès 1969 et pour une assez courte période, Lagrange, Goretta (alors employés de la jeune télévision romande), Tanner, Roy et Soutter, collaborateurs réguliers, forment un groupe uni par une idée efficace de production: la télévision sous l’égide de René Schenker accepte d’investir le prix d’une soirée dramatique (soixante mille francs) dans une production qui reste sous l’entière responsabilité du réalisateur qui est souvent aussi producteur.

Michel Soutter (1932-1991) devant l'affiche des "Arpenteurs" (1972) © ERLING MANDELMANN

Michel Soutter (1932-1991) devant l’affiche des « Arpenteurs » (1972) © ERLING MANDELMANN

Rappeler quelques titres du «Groupe 5», c’est souligner son importance: «Charles mort au vif» (Tanner), «James ou pas» (Soutter), «Le fou» (Goretta), «Black out» (Roy), «La salamandre» (Tanner), «Les arpenteurs» (Soutter), «Retour d’Afrique» (Tanner), «L’invitation» (Goretta). Ces films ont presque tous en commun d’avoir fait belle carrière en festivals, accumulé de précieux dossiers de presse. Certains ont rencontré un large public international.

Le rôle de la télévision dans l’opération? Le risque pris par le directeur d’alors et ses plus proches collaborateurs d’avoir osé dire «Oui» à une proposition qui revenait à passer un budget de théâtre filmé à la co-production d’un film.

La télévision  d’aujourd’hui rend hommage à quatre seulement des cinq, Michel Soutter oublié! Mais le «nouveau cinéma suisse» des années soixante n’est pas né avec le «groupe 5». Il y eut déjà des auteurs de films en Suisse romande avant, Henry Brandt, assurément. Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy, Alain Tanner étaient de bons « cinéastes » avant la création du «Groupe 5» et Lagrange grand « téléaste »

Un coffret DVD

La cinémathèque, en co-production avec la RTS, vient de préparer un coffret DVD qui comprend deux longs-métrages de fiction restaurés à partir des originaux, «L’inconnu de Shandigor» de Jean-Louis Roy et «Les arpenteurs» de Michel Soutter et trois documents assez peu connus, mais rares et précieux, «Docteur B, médecin de campagne» d’Alain Tanner, «Les motards» de Claude Goretta et «La dernière campagne de Robert Kennedy» de Jean-Jacques Lagrange. Ces documents audiovisuels ont le mérite de rappeler qu’il n’y a pas de hiérarchie entre le cinéma et la télévision quand l’œuvre repose sur une volonté de créativité en toute liberté. Des bonus et des textes accompagnent les films numérisés.

Marie-France Boyer dans "L'inconnu de Shandigor" de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

Marie-France Boyer dans « L’inconnu de Shandigor » de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

On peut se procurer ce coffret auprès de:

www.cinematheque,ch/boutique

ou de:

https://boutique.rts.ch/35-dvd

pour le prix de 42 francs ( port en sus)

La promotion faite par la cinémathèque

 Dans le numéro 288, septembre/octobre 2016, en un petit format, avec des caractères souvent petits, la cinémathèque consacre une dizaine de pages à cette «Rétrospective». Sa publication pourrait prendre le chemin d’une intéressante revue historique sur le cinéma, dans laquelle on aimerait lire plus souvent des citations de critiques suisses.

Il était juste de profiter de l’occasion pour attirer l’attention sur des acteurs pas forcément déjà «célèbres» au début des années 7o, les Jean-Luc Bideau, François Simon, Bulle Ogier, Miou-Miou, Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Jacques Denis, Michel Robin, Juliet Berto, Philippe Léotard ou Maurice Garrel. Ils furent parmi les «complices» de ce «Groupe 5» important mais éphémère dans sa durée, quelques années, mais qui ne s’oublie pas.

Jean-Luc Bideau et Jacques denis dans "La salamandre* d'Alain Tanner (1971)

Jean-Luc Bideau et Jacques Denis dans « La salamandre* d’Alain Tanner (1971)

Dans une sorte d’éditorial, Gille Pache, alors encore directeur des programmes de la RTS et Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, prennent la peine de signaler que l’hommage rendu à cinq «pionniers» genevois qui ont su trouver une reconnaissance internationale ne doit pas ignorer d’autres qui, parfois restés discrets, appartiennent à la même génération de cinéastes en suisse romande, les Yersin, Reusser, Edelstein, Butler, Amiguet, Champion, Schüpbach, Gonseth, etc.

Texte sur les sites de la RTSR et de la RTS

 Sur la page d’accueil de notre site RTSR, on trouve en bonne place une mise en valeur du programme actuel du «cinéma suisse à l’affiche de cet été», qui a donc un lien étroit avec le coffret DVD dédié au Groupe 5.

En cliquant sur:

http://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

on trouve quelques lignes intitulées en gros caractères

Il était une fois…

 L’introduction tend à faire croire qu’ils ne sont que cinq, désormais nobles représentants du troisième âge, en seuls “pères” du “nouveau cinema Suisse romand” des années soixante. C’est aller vite en besogne de citer les noms de ceux qui, quadragénaires ou proches de l’être, représenent la relève, les Ursula Meier, Lionel Baier, Jean-Stéphane Bron et Frédéric Mermoud, plutôt quadragénaires. Comme s’il n’y avait eu personne entre les deux générations, que la cinémathèque cite et que la RTS oublie.

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière - Claude Goretta (1977)

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière – Claude Goretta (1977)

La présentation, ensuite, de Jean-Louis Roy, d’Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter (pour le moment oublié par sur les écrans de la RTS), Jean-Jacques Lagrange est d’un meilleur niveau que l’introduction qui ressemble beaucoup à une “brève” dans l’esprit du “téléjournal” ou d’un réseau sur internet.

Et sur les différents écrans, que se passe-t-il?

( à suivre)

Et que dire de ces «vieux» films?

(A suivre)

Tour de France « sur » France 3 et 2 et « sur » RTS/ 19, 22 et 28 juillet

26 juillet 2016 à   07h54

 Lundi 25 juillet 2018 : pas une minute de sport sur RTS 1 ou 2 ! C’est le vide le plus troublant. Mais mardi et mercredi, coucou, voici revoici le football. Et ce seront bientôt les JO: la RTS n’allait pas perdre son titre de championne en temps d’antenne consacré aux sports parmi les plus généralistes de service public. Les téléspectateurs restent «rassemblés», fidèle au rendez-vous imposé!

Le tourisme culturel

Aveu: la composante touristique entre assurément dans mon attention assez distante vouée au tour ces derniers jours. Mais il vaut la peine, un peu au moins, de se poser des questions sur la manière dont la télévision montre et parle des sports, ici le Tour de France. C’est pourquoi l’illustration de ce texte autour d’un seul monument, la collégiale de Neuchâtel, ma proche voisine, est une manière de saluer les responsables du spectacle autour du Tour et de leur rendrre hommage quand ils profitent du vélo pour faire du tourisme historique et culturel. Ils pimentent ainsi agréablement un spectacle sportif un peu terne.

Dans le module de France télévison, le 19 juillet 2016, le cénétaphe des Comtes de Neuchâstel

Dans le module de France TV, le 19 juillet 2016, le cénétaphe des Comtes de Neuchâtel

 Poursuivi des heures durant l’alternance du Tour de France entre la RTS et France Télévision. Oh, souvent distraitement, les lectures, sudoku, relevés de comptes ou jeu des ponts bien en place, attention attirée plus par l’oreille dos tourné que par l’œil rivé sur les cyclistes qui moulinent.

Tout de même, des fins d’étape parfois un brin excitantes, l’une d’elles associée à la glissade de Chris Froome, qui aura ensuite perdu quelques secondes sur ses principaux rivaux mais en même temps augmenté son avance sur son nouveau dauphin français, Romain Bardet. Il aura fallu une course à pied et une chute pour pimenter la course, sans oublier une descente assis sur le cadre!

Grâce à lui, tout de même des moments de suspens en descente et chutes...

Grâce à lui, tout de même des moments de suspens en descente et chutes…

En duos

Au petit jeu du pitonnage comparatif RTS-France 2, la place occupée par les duos de commentateurs est essentielle: même dos tourné, on les entend. Romain Glassey pose beaucoup de question à Daniel Atienza qui sait tout plein de choses et prend réel plaisir à les raconter en long et en large. Gérard Holtz en est à son dernier Tour, en direct, en course. En «Vélo-Club» il est associé à Laurent Jalabert, lui aussi en fin de carrière. Le Tour de France, ce sont d’abord les commentateurs, tout comme les journaux télévisés sont attribués aux présentateurs qui souvent ne font que présenter, informations orales y compris, le travail de nombreux collaborateurs. La partie touristique de FranceTV est un véritable « plus ». Les connaissances techniques de Daniel Atienza sont assez vastes.

Jean-Maurice Ooghe

Ce nom ne dit rien? C’est pourtant parmi les dizaines de collaborateurs de France TV Sports le principal responsable de l’apport visuel. Il prépare le tournage pendant de longues semaines réparties sur toutes l’année et dirige l’opération jour après jour pendant la compétition.

Jean-Michel OOghe en R repérage à Cherbouerg-en-Contentin le 1 janvier 2016 (photo Ouest-france)

Jean-Michel Ooghe (au centre) en repérage à Cherbourg-en-Contentin le 14 janvier 2016 (photo Ouest-france), alors qu’il imagine une séquence qui apparaitra à l’écran.

Il vaut la peine, une fois au moins, de signaler l’existence de ceux qui font la télévision, si souvent oubliés au profit de ceux qui commentent les images. La presse écrite se doit de parfois s’arrêter à ces collaborateurs précieux qui restent dans l’ombre. «TéléObs» (2698- 23 au 29 juillet) rend hommage à ce presque inconnu et lui donnant l’occasion de s’exprimer sur son travail. Des huit à neuf mille signes du texte de L’OBS– temps de lecture, environ dix minutes – retenons quelques éléments intéressants.

Le cloitre très serein de la Collégiale de Neuchâtel, absent de la cellule touristique du France Télévision

Le cloitre très serein de la Collégiale de Neuchâtel, absent de la cellule touristique du France Télévision

Bizarrement, c’est peut-être la dernière étape qui recueille la meilleure audience: Paris et les Champs-Elyséees, l’Arc de Triomphe font rendez-vous mythique. Le Tour n’est que rarement une émission de premier rideau, ces soirées qui font le plein à l’audimate. Pourtant, chaque après-midi, il y a tout de même plus ou moins quatre millions de téléspectateurs, en France. Beaucoup plus si l’on tient compte des multiples pays qui, un peu partout, reprennent les images du Tour en direct ou différé. D’année en année, des progrès sont effectués: il paraît que de minuscules caméras embarquées dans les guidons des vélos de coureurs volontaire permettent de s’introduire dans le peloton!

Plus de tombes que de coureurs!

 Elément très intéressant: « au moins vingt pourcent des téléspectateurs ne sont pas là pour les exploits cyclistes mais pour découvrir des paysages, ne cesse de répéter Daniel Billalian, directeur des Sports de France Télévisions.

Détail du cénotaphe des Comtes de Neuchâtel - la collégiale évoquée dans un module intéressant de France Télévision

Détail du cénotaphe des Comtes de Neuchâtel – la collégiale évoquée dans un module intéressant de France Télévision

 Jean-Maurice Ooghe se souvient: Le jour où nous avons longé le ligne de front de la Somme, j’ai montré plus de tombes que de coureurs. (..) Le tour, c’est aussi une leçon d’histoire et de géographie. Les contacts avec des associations comme «Le centre des Monuments nationaux» depuis trois ans ou «La Fondation pour les Monuments historiques» sont fréquents. Les tournages sont préparés lors des repérages d’avant Tour: Cette histoire de patrimoine, c’est un peu mon bébé. Je développe cette idée depuis vingt ans.

 Cette attention aux paysages, aux monuments, aux localités traversées est, pour les villes de départ et d’arrivée, une sorte de retour sur investissement puisqu’elles paient à l’organisation des sommes importantes – on en entendu citer le montant de trois cents mille euros pour Finhaut?

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22 juillet 2016 à 14h55

Les images et les mots

 La diffusion d’une étape du Tour de France commence sur la RTS en même temps que la prise d’antenne sur France 3 ensuite relayée par France 2, mais nos voisins jouent ensuite les prolongations en «club». Les images de base sont souvent les mêmes, si leur habillage varie.

 Là où l’image est constamment dense, le son se réduit à des mots prononcés par des commentateurs depuis une cabine, lieu plus souvent fixe qu’en mouvement. Les bruits réels du direct sont presque inexistants. Deux équipes étrangères l’une à l’autre confectionnent séparément le reportage! On retrouve toutefois du son direct lors d’entretiens qui sont en quelque sorte des commentaires du spectacle que l’on vient de voir.

Parcours neuchâtelois du Tour de France 2016

Une partie du parcours neuchâtelois du Tour de France 2016

Il est intéressant, en pitonnant, de comparer le travail de France Télévision à celui de la RTS, championne du monde parmi les généralistes de service public du temps d’antenne accordé aux sports rassembleurs!

L’image seule

Elle permet de s’introduire dans le peloton, devant, à côté ou derrière un grand ensemble – le peloton principal – ou de plus petits, échappés ou attardés, parfois réduits à un coureur solitaire. On nous montre ainsi sportifs portants des tenues bigarrées différentes en moulinant leurs jambes pour faire avancer une machine à deux roues, appelée bicyclette. A dire vrai, regarder des cyclistes pédaler n’est pas un spectacle tellement fascinant. C’est même plutôt ennuyeux.

L’image seule ne permet pas de bien faire comprendre la situation en course. Pour connaître les écarts entre les différents groupes, il faut faire intervenir un élément essentiel sur le déroulement de chaque étape, le travail des chronométreurs. De plus, impossible d’un simple regard de «mesurer» la vitesse des déplacements!

Lundi 19 juillet 2016 : intéressant module touristique de FranceTélévision sur la Collégiale de Neuchâtel, sauf que notre image ne date pas de 2016 !

Lundi 19 juillet 2016 : intéressant module touristique de FranceTélévision sur la Collégiale de Neuchâtel, sauf que notre image ne date pas de 2016 !

 La promotion touristique

Mais le cyclisme sur route a un mérite, celui de traverser des paysages qui, durant les trois semaines d’un tour de France avec incursions chez des voisins, sont porteurs de qualités touristiques. France Télévision, avec son armada d’hélicoptères, peut quitter le peloton pour offrir de souvent très belles images du paysage dans l’esprit contemplatif de «Passe-moi les Jumelles». Ces échappées hors de la course peuvent être préparées à l’avance et injectées dans le direct. On croise ainsi l’aspect commercial de l’opération: la promotion touristique de la région traversée adressée à de nombreux pays qui reprennent tout ou partie des images du Tour.

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19 juillet 2016 à 09h57

Tentative de prise de pouvoir par une partie de l’armée de Turquie? Largement et bien commentée à «C….dans l’Air» (France 5) et à «28 minutes» ( Arte).  Quelle virtuosité dans l’établissement des listes d’officiers, soldats, avocats à arrêter immédiatement! Bonne affaire pour Erdogan avec ses services bien préparés à la contre-attaque!

Nice? L’émotion, bien sûr. Et une démonstration de plus de la rupture entre le personnel politique français et la réalité douloureuse. Car il y a ceux qui savent ce qu’il aurait fallu faire (Estrosi, Sarkozy) et ceux qui pensent qu’un gouvernement de droite n’aurait pas forcément fait autrement que l’actuel quand un camion est lancé dans une foule.(« France5 », ARTE, « 19:30 ») La campagne présidentielle, qui se sert de l’émotion, envahissante, est de plus en plus insupportable.

Sport «rassembleur»?

Pour la téléspectateur, parfois en vacances, c’est, après le football et le tennis, l’invasion du Tour de France en attendant les Jeux Olympiques de Rio. Beaucoup de sports, paraît-il rassembleur. Trop, surtout sur notre service public généraliste. Mais ceci est une autre question.

Tour de France 2016/Collégiale de Neuchâstel

Tour de France 2016/Collégiale de Neuchâtel d’avant photo et numérique

Opté, ce lundi 18 juillet 2016 pour l’étape franco-suisse du Tour de France, qui s’en allait passer devant ma maison natale, suivre les quarante kilomètres d’une route empruntée des centaines, non des milliers de fois, frôler mon appartement calfeutré sous la protection d’un château et d’une collégiale qui allaient bien faire l’objet de plans pris d’hélico.

Les tuiles colorées du tout de la Collégiale de Neuchâtel, aussi vues en direct sur le petit écran

Les tuiles colorées du toit de la Collégiale de Neuchâtel, aussi vues en direct sur le petit écran

Confortablement en «appart»…

Il eut été possible de se rendre à quatre cents mètres de mon domicile au bord d’une route fermée pour regarder passer les deux cents véhicules de la caravane publicitaire, pour attendre ensuite pendant de longues minutes le passage de coureurs à belle vitesse (moyenne de l’étape du jour à plus de quarante-cinq kilomètres à l’heure), pendant une dizaine de minutes, rester debout sur de vieilles jambes de moins en moins porteuses, en profiter pour emprunter le petit train touristique gratuit qui remplaçait les bus bloqués.

Quatre heures de direct

Et bien non, ce serait, durant quatre heures, un stage confortablement assis ou même couché devant mon assez grand petit écran. Avec une claire intention: France 3 d’abord relayé par France 2 d’une part, RTS Un de l’autre, la main sur la «zapettte» pour passer très souvent de l’un à l’autre, afin d’écouter les uns et les autres qui commentent le même événement. Avec en plus dès l’arrivée dans le canton de Neuchâtel, préférence donnée à la France, pour comprendre comment nos voisins présentent la Suisse ce lundi traversée sur près de cent kilomètres. D’où le double «sur» du titre évoquant le Tour en suivant l’offre des services publics de France et de Suisse romande, destinée à des millions de spectateurs de par le vaste monde. Formidable promotion «touristique» qui vaut probablement largement les trois cents mille francs dépensés par Finhaut, tête de l’étape de mercredi 20 juillet, montant qui vaut peut-être bien aussi celui payé par Berne.

Séries : plus qu’une mode

Illlustrations reprises de l’un des 103 textes consacrés aux séries qui subsistent sur ce blog. Pour le plaisir de se souvenir ! True Detective. (Temps de lecture, trois/quatre minutes)

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Assisté, mercredi 13 avril 2016, à un brutal match de catch verbal durant quinze minutes parsemées dans soixante. Revu ce jeudi matin « Infrarouge » : impression inchangée. C’est inadmissible ! C’est décidément la formule qui est en cause ( cf en particulier de la minute 5 à la minute 12). Il faudra ou il faudrait y revenir ! (fyly- 10:57)

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Un peu partout dans le monde, la série, unitaire ou récurrente, occupe de plus en plus de place. Un peu partout, on a compris que les différences formelles s’effacent entre le cinéma et la fiction télévisée

Laura Palmer, dans « Twin Peaks »

Twin Peaks – Laura Palmer

Intéressante lecture, dans « Le Monde des 10 et 11 avril » : deux pages, « La télévision est a son apogée en termes de créativité » et « « Tapis rouge pour les séries », signées Martine Delahaye. Dans la première, parole à John Truby, consultant auprès de grands studios américains, en particulier HBO, lors de la sortie d’un livre « Anatomie du scénario ». On y prend élan à partir de ce qui tend à devenir un tissu d’évidences : « Depuis les années 2000 environ, la télévision est à son apogée en termes de créativité, et ce partout dans le monde » car « une bonne série peut être aussi bien filmée qu’au cinéma, et avec tellement plus de dramaturgie que n’importe quel film ». Pour atteindre l’audience la plus large possible, « il fallait que l’on s’attache au personnage principal pour que le spectateur revienne chaque semaine vers lui, (..) ce qui impliquait qu’il soit positif. Un réseau câblé s’appuie sur le nombre de ses abonnés, pas sur le maximum de spectateurs devant chaque émission. « L’apparition des chaînes payantes du câble a mené à la situation actuelle : même au-delà des Etats-Unis, les séries font preuve d’une très grande créativité, et souvent beaucoup plus que le cinéma.

Peggy ( Elisabeth Moos) la petite secrétaire montée en grade, de moins en moins timide. Voici un pâle reflet de la qualité des images projetées sur le petit écran.Mad Men :Elisabeth Moss

 Quelques noms

 Pour atteindre une grande qualité d’écriture, il faut donc un « Showrunner », qui dirige une équipe de scénaristes et supervise l’ensemble du processus de création, tels, cités par « Le Monde » Vince Gilligan (Breaking Bad), Nic Pizzolatto (True Detective), Mathieu Weiner (Mad Men) ou David Chase (Les sopranos).

Pour les cinéphiles de la grande époque des ciné-clubs, des années 50 à 80 du siècle dernier, nourris au biberon du cinéma d’auteur, d’autres noms confirment la « politique-des-auteurs » mise à mal par les « show-runners » : Maurice Pialat « La maison des bois », David Lynch « Twin Peaks », Lars von Trier, « L’hôpital et ses fantômes », Jane Campion « Top of the Lake », David Fincher « House of cards », etc.

Encore Robin(Elisabeth Moos) cette fois un peu comme prisonnière de la végétation, dans la forêt inquiétante où se cache Tui Top of the lake

Top of the lake /Elisabeth Moss

A qui attribuer « Borgen », « The killing », « Downton Abbey », « Un village français », »Boardchurch », « Luther » etc ?

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente de "Borgen"Borgen

Le vieux « cinéphile » et peut-être même le jeune « sériophile » ne sait peut-être pas très bien qui est le véritable responsable de « Broadwalk empire », de Martin Scorsese, co-producteur qui a signé le premier épisode dans un décor que l’on retrouvera régulièrement, celui du bord de mer d’Atlanta City, ou de Terence Winter, responsable de l’écriture. Pour « Vinyl », on retrouve les deux mêmes noms en responsables de la démarche créative.

Sarah Lund (Sofie Gräbel) ) plus souvent en pull qu'une arme à la mai dans The KIlling

The KIlling

Les offres de Netflix

Et puis, aux grandes chaînes de télévision généralistes, commerciales ou de service public, au câble par abonnement s’ajoute désormais un autre vecteur porteur de produits audiovisuels de création. Sur internet, Netflix, parmi d’autres comme Amazon, propose films et séries en flux continu, à des prix abordables, sans passer par le traditionnel « petit écran ». Leur puissance grandit. ! Une nouvelle industrie mondiale se met en place. La série devient un produit audiovisuel : il faut renoncer à y ajouter « télévisée »

Et la Suisse ?

 « Le Monde » explique pourquoi la série, accueillie déjà dans des sections aux festivals de Berlin ou Toronto, devrait trouver une manifestation importante qui lui serait consacrée. Certes, un peu partout, certaines manifestations font depuis assez longtemps place à des séries « télévisées », comme « Tous écrans » à Genève. Une série ambitieuse doit se faire remarquer dans un festival, qui permet d’ouvrir des marchés internationaux. C’est une nouvelle industrie audiovisuelle qui se met en place. Certaines séries scandinaves connaissent une bonne diffusion internationale.

P'tit Quinquin .

P’tit Quinquin

En Suisse, dans l’audiovisuel, il y a trois régions, presque trois « pays » qui peinent à collaborer, Tessin, Suisse alémanique et Suisse romande. On ne voit guère de séries tessinoises, s’il en existe, ou alémaniques sur le petit écran romand. « Le croque-mort » zurichois fit récemment exception, sans avoir attiré l’attention du grand public. Et si des séries de la RTS sont adaptées pour « Zürich », on n’en parle guère.

Robin Renucci, le maire, une fonction délicate à occuper en courant le risque de finir par être "collaborationniste"

Un village français

Un survol du catalogue de « Netflix » n’a pas permis d’y rencontrer le titre d’une série produite en Suisse. Les séries romandes récentes s’ouvrent parfois des marchés étrangers, sur les réseaux de TV5 Monde par exemple. On n’entend guère parler de la présence de séries suisses dans les manifestations spécialisées. Il faut remonter à « Dix » qui reçut un prix à la Rochelle en 2010.

Et pendant qu’en effet, un peu partout dans le monde, la série se développe et triomphe, la RTS qui pouvait jusqu’ici produire trois séries en deux ans n’en propose plus qu’une par année, économies obligent. Dans la navigation à contre-courant, on ne fait pas mieux !

Cinéma « suisse »

Esen Isik, née en 1969, est double nationale turque et suisse. Elle vient de tourner «Köpek» uniquement à Istanbul un film qui couronné du quartz meilleur film «suisse» de l’année.

Mano Khalil, né au kurdistan syrien, vit en suisse et vient de tourner dans le kurdistan irakien «L’Hirondelle», un excellent film «suisse».

Bon, alors, c’est quoi un film «suisse»? La nationalité est en général associée à la nature de sa construction financière. L’argent venu majoritairement du marché suisse, le film est considéré comme suisse en premier!

 

"Köpek" d'Esen Isik, "quartz" du meilleur film suisse 2016

« Köpek » d’Esen Isik, « quartz » du meilleur film suisse 2016, sur les écrans en juin 2016 (Photo Cineworx)

L’argent? C’est sous sa suprématie que «Frame magazine», publication associée au Festival du Film de Zürich et à la très sérieuse NZZ publie une long texte traduit par «L’Hebdo» dans son édition du 17 mars 2016, probablement pour être en concordance avec la récente remise des quartz du cinéma suisse le 18 mars 2016.

Subvention et investissement

Première page de la traduction: «Les films les plus subventionnés sont alémaniques». Enquête. La Confédération, la SSR et la Fondation zurichoise soutiennent aujourd’hui les productions suisses à hauteur de 60 millions de francs par an. Voici les réalisateurs qui touchent le plus. Au-dessus, une image du téléfilm «financé à hauteur de 5,73 millions par la SSR: Gothard».

 Une page plus loin: trois visages de Sabine Boss, Tobias Ineichen et Markus Imboden avec des millions «glanés» : 15,34 puis 10,81 et enfin 7.09 pour le «Top 3 des réalisateurs suisses qui ont le plus reçu». Quatre réalisateurs romands sont loin derrière, Ursula Meier la meilleure avec 3,69 millions.

Isabelle Huppert dans Home

Isabelle Huppert dans Home d’Ursula Meier

Certes, la Confédération par son Office fédéral de la culture subventionne le cinéma, tout comme la Fondation zurichoise. Mais les participations de la SSR-SRG sont d’une autre nature: ce sont des investissements, qui reviennent à effectuer l’achat d’un droit de diffusion. Pour le producteur, car c’est lui qui est responsable de la gestion financière d’un produit audiovisuel, l’argent de la SSR-SRG est «commercial».

La SSR-SRG et ses entreprises se sont engagées, le 8 mars 2016, à investir annuellement ces prochaines années un peu moins de trente millions dans l’audiovisuel suisse de création, un apport important en cofinancement commercial mais qui, notons-le en passant, représente le 2 % du budget global de la radio et télévision de service public.Donc mieux vaudrait ne pas confondre subvention qui vient de la Confédération et du Fonds zurichois et investissement issu de la SSR-SRG

Plus de deux milions investis par la télévision dans un film qui sera va en Chine, mais pas dans les salles suisses ! Isabelle CAILLAT - Elisabeth Grimm

Plus de deux millions investis par la télévision dans un film qui sera vu en Chine, mais pas dans les salles suisses ! Tout de même un peu étrange ! Isabelle CAILLAT – Elisabeth Grimm

Comparaisons régionales

 Entre 2006 et 2015, l’étude reprise par l’Hebdo publie un tableau pour la répartition des subventions par régions linguistiques de 351 millions donnant  à la Suisse alémanique 65%, à la Suisse romande 25.9% à la suisse italienne 8,5 et 0,6 à la Suisse romanche.? C’est le résultat d’observations pendant dix ans portant sur 3835 paiements! Un très grand travail.

La comparaison est faite avec les pourcentages de population: 65,6 + 22.8 + 8.4 ce qui donne 96,8. Il y aurait donc 3,2 romanches! Bizarre. On peut d’ailleurs s’interroger sur ces pourcentages, comme si les frontières entre régions linguistiques étaient rigides.

Mais il y a plus grave. Le cinéforum romand, qui distribue actuellement environ dix millions de subventions annuelles, existe depuis mai 2011 seulement. Certes, on trouve bien une allusion à son existence: pour dresser un bilan complet, il aurait fallu intégrer Cinéforum. Les enquêteurs de Frame expliquent la raison de leur abstention: nous voulions que nos observations portent sur une période de dix ans, afin qu’elle soient pertinentes.

 Ne pas tenir compte de 30 à 40 millions de subventions du Cinéforum, de 2011 à 2015, rend l’enquête beaucoup moins «pertinente». Il est fort probable que les interventions du Cinéforum ont joué en faveur de producteurs et de réalisateurs romands. Manque de sérieux ou reflet d’une sorte d’ «orgueil» zurichois traduit par «L’hebdo» sans le moindre sens critique?

Films et téléfilms

 Au niveau de la démarche créatrice, il n’y a plus guère de raison de distinguer le film qui serait d’abord vu sur grand écran dans une salle avant de passer sur le petit de celui passerait uniquement sur le petit écran de la télévision et ses désormais multiples diffusions annexes (internet, réseaux sociaux).

Mais économiquement, la diffusion mérite d’être prise en compte. Là encore, le texte paru dans «L’Hebdo» provoque une nouvelle surprise. Un tableau donne le «top 10» des films les plus subventionnés: en tête un inédit, «Gothard», une production qui ne sera présentée qu’en décembre 2016 sur les petits écrans suisses. Seront-ce nonante minutes subdivisées en deux parties ou fois nonante minutes ?

Parmi les dix films cités, il n’y a qu’un romand: «Le temps d’Anna» et ses 2,37 millions qui ne sera pas montré sur grand écran. Et on y trouve six fois «Tatort», une série policière germanophone, Allemagne et Autriche associées, ayant renforcé leur collaboration avec la Suisse à travers la DRS depuis 2011.

TATORT aujourd'hui en Suisse. Une jeune fille est mort. Les enquêteurs font leur travail. Foto: ARD Degeto/SRF/Daniel Winkler

TATORT aujourd’hui en Suisse. Une jeune fille est morte. Les enquêteurs font leur travail.
Foto: ARD Degeto/SRF/Daniel Winkler

Et c’est ainsi que neuf des dix productions audiovisuelles suisses, la plus ancienne datant de 2011, les plus coûteuses sont suisses alémaniques. Et seules deux ont passé sur un grand écran (Schellen-Ursli en 2015 et Stärke en 2012).

Les séries romandes «oubliées»

Or, ces dernières années, la RTS a apporté au moins le 75 % du financement d’opérations audiovisuelles de grande envergure, des séries comme «Station horizon», «Port d’attache», «A livre ouvert» ou encore «L’heure du secret» I et 2, chaque fois avec des budgets aux alentours de quatre millions, destinées pour le moment au seul petit écran romand. Ces séries romandes ont-elles été reprises à Zürich et au Tessin? Ou vont-elles l’être? Un marché international est-il en train de s’ouvrir pour elles? Pour l’industrie audiovisuelle et par la qualité de leur réalisation, ces séries n’existent pas dans l’étude faite à Zürich et reprise aveuglément par un grand hebdomadaire romand. Dommage!

photo de famille des personnages de STATION Horizon ( RTS)

Photo de famille des personnages de STATION Horizon ( RTS). La série romande n’existe pas dans l’enquête de Frame!

Pourquoi «Le croque-mort», série suisse alémanique reprise par la RTS, c’est-à-dire ayant franchi la fameuse barrière de «roesti» qui semble bien existante dans le domaine audiovisuel vu de Zürich, n’apparaît-il pas dans les dix «films» les plus subventionnés ?

Avec la confusion entre subvention et investissement, sans s’intéresser à la nature de la diffusion, en omettant l’importance du Cinéforum romand, l’enquête de Frame traduite pour L’Hebdo donne une image fortement déformée de la réalité du monde audiovisuel suisse, avec oubli presque total du Tessin, souligne l’existence de grandes différences entre régions linguistiques, le fossé hélas bien réel entre Suisse alémanique et Suisse romande.

 

L’appétit du « Conseil du public »

Pour enricher la discussion sur les sujets choisis par le conseil du public qui aboutissent à la rédaction d’un rapport, des interventions portées à la connaissance du conseil peuvent être précieuses. Et pourquoi pas les faire connaître à travers ce blog.

C’est ainsi que le conseil du public se prononcera prochainement sur les émissions consacrées par la RTS à la cuisine. Thierry Murier, caissier de la SRT-NE,a donc pris la peine d’envoyer quelques remarques à un des membres du conseil du public pour éventuellement nourrir une prochaine intervention. Son texte , adressé en Cc à tous les membres du comité de la SRT-NE, m’a paru intéressant au point de souhaiter le publier. Ce que je fais ci-dessous avec l’autorisation explicite de son auteur ( temps de lecture, entre trois et quatre minutes).

L’occasion est belle aussi pour donner une suite au récent texte rédigé dans une certaine urgence à propos d’ “Infrarouge” au comité de la SRT-NE en formulant quelques remarques sur les Rapports et communiqués du Conseil du public . (Temps de lecture, 3 minutes)

(( Reste à trouver des images ??- dimanche 28.02.16 – 08:09 -fyly)

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En cuisine avec la RTS – Thierry Murier

Nombre d’émissions

 Elles seraient au nombre de quatre (« Al dente », « Cuisine de chez nous », « Pic assiette », « Descente en cuisine »). Alors que la culture ne dispose que d’une petite fenêtre et que les émissions religieuses font les frais des mesures d’économie, la RTS se paie le luxe de proposer quatre émissions culinaires (pas en même temps il faut toutefois le convenir) dans un paysage médatique déjà saturé de cuisiniers amateurs.  Je trouve cette répartition injuste vis-à-vis d’autres thématiques méritant aussi être défendues par une télévision de service public. A ce titre et dans le cadre des futures mesures d’économies, c’est par la réduction de la voilure des émissions qui couvrent à triple ou à quadruple une thématique qu’il faudrait commencer.

 Emissions

Je donnerai ici un avis général. La diffusion d’une seule émission est suffisante, le concept étant rigoureusement le même de l’une à l’autre…

 Je catégorise les quatre émissions en deux groupes (a) la création (« Cuisine de chez nous », « Pic Assiette » et « Descente en cuisine ») et (b) les opérations publicitaires/marketing (« Al Dente »).

 Je commencerai par la 2e catégorie. Pour procéder à la critique, connaître la répartition des coûts de production avec les partenaires commerciaux est nécessaire (le financement d’ »Al Dente » par la RTS est probablement moindre que pour « Cuisine de chez nous », je ne dispose malheureusement pas de cette information). Ce qui m’intéresse surtout est de savoir de quelle manière ces partenaires interviennent sur la ligne « éditoriale » de l’émission: si ce type de partenariat est financièrement intéressant pour la RTS, cela ne permet pas non plus de faire n’importe quoi sous prétexte que l’émission est sponsorisée. Il serait dès lors pertinent que le conseil du public aille au-delà de « Al Dente » et se penche sur la ligne éditorial/concept des émissions financées par des partenaires commerciaux.

 « Al Dente » : pour moi, le degré zéro de la télévision. Un concept qui n’évolue pas, du grand n’importe-quoi dans le jeu (partie 1 questions : une personne peut presser sur le bumper et dire n’importe quelle bêtise ; partie 2 : on dit aux enfants de ne pas jouer avec la nourriture – cela se passe de commentaires ; partie 3 : dégustation à l’aveugle – Comment humilier une personne ?). L’animateur n’est pas drôle (ses plaisanteries tombent à plat) et en fait trop (sa façon de jouer l’élément perturbateur en cuisine est usé).  Le seul élément que je sauverais de cette catastrophe en cuisine est les deux salariés de coop (les cuisiniers) qui font bien leur job, malgré les piètres interventions de l’animateur. Madame Dana Hastier devrait venir faire un stage à la RTS.

 Créations propres de la RTS

 « Cuisine de chez nous » :  l’idée de faire une émission couvrant toutes les régions linguistiques de la Suisse est intéressante. Le format de 45-50 minutes et le mélange de la cuisine avec d’autres aspects culturels est très bien aussi (permet de prendre un peu son temps). Pas de starification ce qui est un grand plus aussi. Le système de notation de me gène pas car cela débouche souvent sur de la critique positive ou constructive (contrairement aux émissions de TF1 dont le but est de flinguer les concurrents).  J’estime que ce concept devrait être maintenu MAIS en y sortant tout l’aspect cuisine (saturation du thème, voir commentaire plus haut) et en tendant vers quelque chose de plus culturel (« Culture de chez nous » ) où les personnes seraient amener à se prononcer sur des projets/initiatives/créations.

   « Pic Assiette » : une de ces émissions à la gloire d’un ou d’une journaliste. Personnellement, je ne la supporte pas et je zappe. Le concept est toutefois intéressant et j’aime bien les cadrages ainsi que la façon de filmer en accéléré, bien adapté pour ce genre d’émission.

« Descente en cuisine » : jamais vu.

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RAPPORTS ET COMMUNIQUES DU CONSEIL DU PUBLIC

Le communiqué du 26 février, « Infrarouge » (Temps de lecture : une minute)

Infrarouge a fait l’objet d’un échange récent entre les producteurs-animateurs et les membres du Conseil du public. L’émission est devenue depuis douze ans un rendez-vous phare du public romand : des débats plus ou moins animés sur des thématiques politiques, économiques, sociétales et, assez rarement, culturelles. Avec le temps, la forme a quelque peu évolué et le CP salue l’insertion de données statistiques et informatives, de reportages utiles à la relance ou à la continuité du débat, sans oublier les contributions de Mix & Remix, destinées à détendre l’atmosphère.

Un débat est constitué de confrontations pas toujours faciles à gérer. Le Conseil du public s’est fait l’écho auprès de l’animateur et de l’animatrice de situations tendues qui dérangent une partie des téléspectateurs. Il est vrai qu’en fonction des personnalités présentes, la maîtrise des expressions contradictoires est souvent difficile, s’agissant à la fois d’éviter une cacophonie de plusieurs voix simultanées tout en laissant aussi les passions s’exprimer et en faisant avancer le débat ! Il n’en reste pas moins que des améliorations pourraient être apportées dans la gestion des débats.

Le Conseil du public a donc émis un constat globalement positif tout en suggérant, en fin d’émission, l’apport d’une synthèse, voire d’un fact-checking par un-e journaliste n’ayant pas pris part à l’émission.

Remarques (Temps de lecture, maximum deux minutes)

Depuis plusieurs années, le conseil du public a donné plus d’ampleur à ses réflexions à propos de la radio et la télévision et de certaines de leurs émissions. Des petits groupes de travail, trois ou quatre membres du conseil, planchent sur un sujet, confrontent leur avis, confient à l’un d’eux la rédaction du projet de rapport ensuite soumis à l’appréciation du plénum qui peut proposer des modifications avant publication. Les responsables de l’émission sont invités à la séance où l’on examine le rapport. Celui-ci est ensuite accessible sur le site de la RTSR.

A maintes reprises, la lecture du communiqué donne l’impression d’être prudemment aimable avec le sujet du jour alors que le rapport ne craint pas de le malmener, certes et de loin pas systématiquement.

C’est un peu le contraire qui est apparu avec le récent débat sur “Infrarouge”. Le rapport déjà en ligne comprend près de vingt mille signes (temps de lecture attentive, au moins un quart d’heure). Le communiqué, reproduit ci-dessus, se contente de 1.300 signes.

Le rapport plus élogieux que réservé, les regrets sont énoncés comme des points pas très importants. La moitié du communiqué explique pourquoi il serait nécessaire d’améliorer au moins la gestion des débats.

Il est évident qu’une discussion dans un cadre restreint d’un comité cantonal comme celui qui nous a conduit à proposer presque dans l’urgence un texte sur le blog intitulé “Infrarouge au comité de la SRTNE” peut amener des remarques qui restent plus virulentes que si elles étaient écrites.

Le rapport complet parle d’”infrarouge” comme d’un rendez-vous incontournable qui retient l’attention d’un nombre important de téléspectateurs. Rappel de la moyenne annuelle de 2015 : 13 % de parts de marché avec 40 mille spectateurs, alors que la moyenne annuelle de la case entre 22h30 et 23h30 s’élevait en 2011 à 20 % pour soixante mille personnes. Pourquoi mentionner 2011? Ou bien l’information n’existe pas pour les années suivantes, ou bien elle est considérée comme un secret d’entreprise !! D’ailleurs, l’information chiffrée sur l’audimate moyen de 2015 ne figure pas dans le rapport.

Charlie

 « Je suis Charlie », depuis presque une année entière, a été répété des millions de fois. Cela ne signifiait que rarement, dans un premier temps, « Je lisais Charlie ». Fin 2014, « Charlie-Hebdo » était en crise financière. Différents appels, par exemple à « 28 minutes » (ARTE) permettaient à Charb d’annoncer que, grâce à différentes aides, son journal pouvait continuer de paraître. Ce dessin date de fin 2014 :

Dessin de Charb, fin 2014

Après la tuerie, le tirage du numéro 1178, du 14 janvier 2015, s’est élevé à presque huit millions d’exemplaires. Fin janvier, l’exportation, atteignait les 800 mille, pour quatre mille fin 2014. « Je suis Charlie », cette fois, sous-entendait aussi, souvent : je lis charlie et je regarde les dessins. C’était il y a un an….

La une du 14 janvier 2015 "Charlie-hebdo".

La une du 14 janvier 2015

L’effort de la RTS

Avec trois ou quatre semaines d’avance, la RTS publie sur papier vert une version de ses futurs programmes, généralement respectés. Mais l’avant-programme de la semaine no 1 de 2016 annonçait seulement : Le doc du lundi : A la recherche de Charlie de David André et Bruno Joucla, sur RTS 2, dès 20h05.

Les magazines spécialisés ont tout de même reçu des informations du service de presse de l’entreprise permettant de mettre en valeur le juste et digne effort de programmation qu’il faut saluer : une soirée entière, de 200h05 à 23h50, est consacrée à Charlie, avec trois propositions.

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 20h05 : « Les visages de la terreur » (RTS2, mais aussi à 22.10 sur France 3 avec reprise le 12 janvier à 03h20) :

« Ils sont français, Nés et élevés ici. Qu’avaient donc dans la tête le Coulibaly, Kouachi et maintenant ceux du 13 novembre, dont un ancien chauffeur de bus revenu de Syrie pour tuer au Bataclan »

( www.teleboy.ch)

charlie 2016

Ce document de Stéphane Bentura est une co-production Tony Comiti avec France 3 (photo France 3)

http://www.france3.fr/emissions/documentaires/diffusions/04-01-2016_445620

Il est précédé d’un autre document, dès 20h05, « Attentats au cœur du pouvoir » à 20h05 sur France 3 qui propose aussi une soirée thématique ce même lundi, ce qui peut mettre un téléspectateur dans l’embarras du choix.

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 21h45 : Du côté de vivants » de David André et Bruno Jouclat, que l’on peut aussi voir le mardi à 23 :10 sur France 2.

Ce document, vu sur le site de la RTS, parfaitement respectueux de l’attitude des survivants, provoque une émotion d’une grande dignité. Ségolène Vinson, chroniqueuse judiciaire, a survécu à la tuerie qui l’a conduit à revoir au Louvre « Le radeau de la Méduse ». Elle s’explique avec clarté sur la raison de cette visite.

"Le radeau de la Méduse -Géricault - LE LOUVRE associé à Ségoléne Vinson

« Le radeau de la Méduse -Géricault – LE LOUVRE

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22h45 : « La chambre vide, » de Jasna krajinovic – France/BelgiqueSahila s’interroge, avec d’autres, pour savoir comment son fils a pu, presque brusquement, partir en août 2013 en Syrie pour « faire le djihad » et y mourir….

La chambre vide (Photo Arte)

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« Temps présent » ( jeudi 7 septembre à 20:10) propose un document intitulé « Charlie Hebdo, trois jours de terreur ».

Arte et  France 5

Deux chaines généralistes proposent aussi des soirées entières à « Charlie ».

Arte, naturellement, consacre son  « Théma » traditionnel du mardi au 7 janvier 2015, avec « Paris est une cible » (20 :55), « Les armes des djihadistes » (21 :50) suivi d’un entretien, avant « La chambre vide ».

(http://info.arte.tv/fr/thema-spéciale-le-5-janvier)

France 5 n’est pas en reste. Un document, « Engrenage, la France face au terrorisme », (mercredi 6 – 20:45) sera suivi d’un « C…dans l’air » spécial (21:35). il faut noter que le débat animé en général par Yves Calvi a, en deux fois, battu son record en parts de marché l’an dernier, atteignant environ 2.5 millions de spectateurs, environ 16 %, ce qui est évidemment considérable pour une chaine dont la part de marché annuelle tourne autour de trois pourcents. C’est aussi une confirmation de l’importance culturelle de France 5, qui, avec « C..dans l’air », propose une émission de débat haut de gamme!

 

Place de la Bastille- une image d' ""engrenage", un document de Clarisse Feletin (France 5)

Place de la Bastille- une image d’ «  »engrenage », un document de Clarisse Feletin (France 5)

 

Et ailleurs ?

Toutes ces observations valent pour la soirée seulement, alors que la consommation de télévision atteint les sommets. TF1, M6, Canal+  ignorent « Charlie ». Un rappel est toutefois confié à des chaînes qui appartiennent au groupe, TMC (groupe TF1) y consacre sa soirée du mercredi 6 janvier, tout comme D8 (Groupe Canal+).

Rien trouvé, en lisant les programmes de 105 chaînes dans le magazine romand TV, en Suisse alémanique et au Tessin, ni dans les pays voisins. A noter toutefois que les programmes ne prennent pas en compte la Belgique.

C’est donc le service public généraliste, avec ou sans plages publicitaires, qui sait se saisir de l’importance d’un événement aussi grave et révélateur d’un monde qui se porte mal. Il n’a pas pour incessante priorité les parts de marché!

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Et pour se souvenir, autrement, la réaction de Coco en janvier 2015

Signé Coco

Signé Coco

Infrarouge : il faut en changer!

Pour alléger ce mini-dossier, qui se compose de paragraphes parfois autonomes annoncés par des intertitres, malgré la violence des événements récents qui auraient pu toucher n’importe qui, un moyen de résistance: l’humour de dessinateurs, même difficile à supporter

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 En cette période d’événements tragiques, chacun réagit à sa manière. J’ai peine à m’arrêter, depuis quelques jours, à une télévision de la futilité, de pur divertissement, aussi clinquant soit-il, tel «Générations» et ses publics bruyants. A chacun son choix de détente: le mien est ravitaillé, et largement comme souvent, par le sport bien présent sur les deux chaînes de la RTS.

28 minutes arte coco 13 novembre 2014

Première attitude à adopter: quels sont les faits? Dans la rapidité de l’information qui arrive en direct, il n’est pas toujours facile de savoir où situer les certitudes. Mais suit rapidement un autre besoin: celui de commencer à comprendre alors que continuent d’arriver de nouvelles informations.

La télévision, comme la radio, sont avides d’instantanéité: tout, tout de suite, sur presque tout. C’est dans les téléjournaux que l’on trouve la première amorce de réflexion. La RTS, comme beaucoup d’autres, a su consacrer le temps qu’il convenait à l’information immédiate en cassant les grilles horaires.

13 novembre 2015

Reste ensuite à trouver réponse à ce besoin de comprendre, sans trop attendre. Certaines chaînes disposent de rubriques quotidiennes qui remplacent ou complètent le journal télévisé. Sur ce point, la RTS est plutôt en état de fragilité: seules «Mise au point» et «Infrarouge» permettent de réagir assez rapidement devant l’actualité.

La télévision s’auto-critique enfin…

Il convient donc de s’interroger non seulement sur le contenu de l’information et des premiers commentaires, mais aussi sur la manière dont la télévision répond à un besoin. Dans la presse écrite, la télévision fait rarement l’objet de chroniques régulières. Mais la télévision n’aime pas tellement s’interroger sur elle-même. Paradoxe: la RTS vient de tolérer l’introduction d’une rubrique dans «26 minutes». Samedi soir, 21 novembre, «ils» y sont pas allés très fort. L’ «Infrarouge» du 17 y fut mis à l’honneur pour ses confrontations assez inaudibles ou presque (pendant une minute, la dixième), «hommage» ainsi rendu à la provocatrice du désordre, Mme Amaudruz, complété par Cassandre Freysinger triste d’avoir toujours raison (sur canal 9). Les deux Vincent ne se sont pas dérobés devant l’actualité avec la présence de Jean-Pierre Garnier, porte-parole de l’Elysée, même si ce qui n’était pas le meilleur de leurs sketches. Plus de cent mille admirateurs de «26 minutes» ont donc eu droit à des extraits d’ «Infrarouge», dont les assidus sont moins nombreux!

28 minutes arte coco 13 novembre 2014 marine récupère

 Il est presque normal que les pugilats repris par «26 minutes» perturbent «Infrarouge». Voici pourquoi: depuis des années, «Infrarouge» n’est pas un débat d’idées: c’est une confrontation entre ceux qui, à une question répondent oui et les autres non. C’est même souvent l’occasion pour ceux qui disent oui de s’en prendre à ceux qui disent non sans s’expliquer sur leur oui. La réciproque est vraie. Le décor en «U», un animateur au centre, deux tables qui se font face, participe à la mise en scène de l’affrontement.

Bonne décision, dimanche 15, de proposer une émission spéciale de 80 minutes présentée par Catherine Sommer («Mise au point») et Esther Mamarbachi («Infrarouge»). Cinq minutes de présentation en commun, apports intéressants de «Mise au point» avec un résumé des faits (douze minutes), une prise de température à Lyon (quatre minutes) et un reportage en Egypte (douze minutes) qui rappelle les plus de deux cents morts russes de l’avion abattu dans le Sinaï, quarante-cinq minutes pour «Infrarouge», avec cinq invités en plateau et trois en duplex, dont deux à Paris et l’un à Sion.

Siné mensuel - Mix&Remix

Forcément, comme d’habitude, trop de monde, auquel le temps va manquer pour s’exprimer avec nuance. Une partie de ce temps doit être utilisée par certains invités pour recadrer la discussion puisque l’animatrice, Esther Mamarbachi mit sur cette table de débats ouverte à tous les vents le problème (la nécessité?) de la fermeture de nos frontières suisses, chose, déjà techniquement, impossible à faire!

Un débat à partir d’une banlieue de Marseille

13 novembre 2015

Soirée spéciale du mercredi 11, autour de l’éducation, avec le l’excellent film «Spartiates» de Nicolas Wadimoff suivi d’un débat, «Education: le retour du bâton?», Etrange, cette soirée thématique, qui s’appuie sur un film soulevant des problèmes et une solution apparus dans une grande ville française, Marseille, assez éloignés de ceux qui se posent en Suisse. Avec six invités, plus une éducatrice entourée d’une dizaine d’adolescents, c’était trop de monde aussi, chacun n’ayant que de peu de temps pour s’exprimer vraiment sur des sujets partant en tous sens.

Le 17 novembre vers 23h00

 «Terreur : et maintenant, on fait quoi?»: un peu trivial, ce titre, avec son côté langage parlé. Longtemps, je me serai demandé si une certaine allergie face à «Infrarouge» tenait à la présentatrice. Partielle erreur: il y a autre chose. D’abord, trois «Infrarouge» en sept jours, c’est peut-être trop pour une équipe habituée à des débats hebdomadaires rarement préparés au dernier moment.

coco - arte - 28 minutes - 13 novembre 2015

Ce mardi 17, les invités forment trois groupes qui auraient pu servir de base à trois émissions différentes, le tout pourtant en à peine plus d’une heure. Voici donc deux représentants de la classe politique, deux genevois, une UDC, Céline Amaudruz, un socialiste, Carlo Sommaruga, infrarougement incompatibles: affrontement droite-gauche. Voici deux intellectuels, Philippe Gonzalez, sociologue des religions et Haounes Seniguer, philosophe, qui ne se heurtent pas, mais semblent un peu égarés dans ce débat qu’ils n’arrivent pas à élever: amorce d’un débat d’idées presque philosophique. Voici, de Paris, Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire du ministère français de la défense en duplex, avec Jean-Paul Rouillier, directeur d’un centre d’analyse du terrorisme et Denis Froidevaux, président de la société suisse des officiers, trois «spécialistes» qui se complètent. Une conversation de grand intérêt aurait pu s’amorcer entre trois hommes de «terrain».

coco arte - 28 minutes 13 novembre 2015

Il fallut attendre près de vingt minutes pour entendre une première fois M.Rouillier qui fit carrière dans le «renseignement». C’est – évidemment – la représentante de l’UDC qui mit le feu au poudre, même si sa dextérité verbale n’atteint pas des sommets escaladés avec quelques «euh»! Un David Berger, débordé, permit à «Infrarouge» d’alimenter «26 minutes»!

Trouver une autre formule…

Avec «Infrarouge», la TSR dispose d’un peu plus de soixante minutes par semaine pour commenter des sujets souvent liés à l’actualité. Les trois dernières émissions ont fait appel sept invités au moins. France 5, avec «C…dans l’air», dispose de plus de cinq heures par semaine, avec quatre invités chaque jour et un animateur. Les invités ont le temps de s’exprimer. Ils se trouvent en face d’un (d’une) animateur(trice) qui maitrise son dossier et sait profiter de l’occasion d’en savoir davantage à la fin de l’émission. Les dérapages sont rares. Les invités sont là pour expliquer pourquoi ils pensent avoir raison, pas pour démolir les autres.

13 novembre 2015

«Infrarouge» se déroule en public, qui applaudit au début probablement pour remercier la puissance invitante. Mais comment interpréter les applaudissements finaux: comme un indice de satisfaction? Une émission dite de débats mériterait, en principe, mieux qu’un soir de semaine aux environs de 23h00, quand les téléspectateurs se font rares.

Le temps est venu de trouver une autre formule pour «Infrarouge». Pourquoi pas s’inspirer du modèle de «C..dans l’air», deux fois au moins par semaine…

LRTV : une « pause » seulement

« Match nul » écrivions-nous le 16 juin 2015 une fois connu la « victoire » du OUI avec trois mille voix d’avance sur le NON. Maladresse, « match » presque nul pas terminé! Il ne s’agit que d’une pause de quelques mois avant la reprise des « hostilités ». On reparlera de « Billag » quand les cent mille signatures souhaitées par le radical romand Nantermod seront atteintes, avec le soutien de l’UDC et de l’USAM si l’on en croit une information qui reste à confirmer. J.F.Rime va s’auto-déchirer pris entre la défense des postes de travail de Billag, avec son personnel installé en bonne partie dans le canton de Fribourg et sa mission de sauver le seize pourcent des entreprises suisses faisant au moins un chiffre d’affaires annuel de plus de un million qui seront ruinées par la redevance nouvelle, dès 2018, plus élevée que l’ancienne.

On annonce aussi une prise de position du Conseil fédéral sur l’audiovisuel de service public ouvrant un « vrai » débat devant les Chambres ( en 2016, 2017 ?). Chic, alors!

L’UDC et Mme Rickli joueront l’attaque. L’USAM restera-t-elle sur le banc ? Nantermod deviendra-t-il avant-centre? Bref, en comparaison sportive, c’est la pause à la mi-temps d’une rencontre de football ou entre le premier et de deuxième tiers d’un match de hockey.

Profitons de ce temps d’arrêt pour un rappel : les partisans du OUI ont poussé un premier OUF de soulagement et ceux du NON trouvé un terreau fertile pour continuer leur combat, non contre la redevance et son prélèvement, mais pour abattre l’audiovisuel suisse généraliste de service public.

Du grain à moudre pour les politologues

Rappelons tout de même quelques faits qui ne sont pas encore expliqués :

+ Pourquoi le NON, tout de même étroit du Tessin, à 52 contre 48, alors que la SSR-SRG accorde 22 % de son budget au cinq-six pourcent de la population de langue italienne ?

+ Les votes des villes furent assez nettement en faveur du OUI ( preuve à l’appui, les résultats dans les capitales cantonales), alors que les NON viennent des campagnes et des petites communes.

+ La Suisse romande a largement contribué à la mince victoire du OUI. Ce serait pourtant une erreur que d’en conclure que tout est pour le mieux dans la meilleure des RTS du monde. On peut, on doit, en discuter. A coup sûr, la RTS peut, doit faire mieux dans certains domaines. Mais ce n’est pas le propos d’aujourd’hui.

L’UDC, l’USAM existent ; pas la « Presse » !

L’UDC existe, elle a fait voter contre. L’USAM existe, sa direction a fait voter contre. La presse aurait, selon certains partisans du OUI, systématiquement fait voter contre. Mais la presse n’est pas unitaire. La « presse » n’existe pas. Il existe des éditeurs – deux d’entre-eux au moins ont pris ou fait prendre position contre la LRTV : Tamedia et Ringier. Ces éditeurs ont été suivis par leurs plus proches collaborateurs, les responsables chefs et parfois sous-chefs des rédactions. D’autres parmi leurs collaborateurs ne se sont pas alignés sur les propriétaires des titres. Notons aussi que bon nombre de journalistes de l’audiovisuel sont restés silencieux pendant la récente campagne.

Il est dès lors intéressant de citer une partie du texte de Chantal Tauxe, dans « L’Hebdo » (Ringier) du 18 juin en page 33 sous le titre « Un dimanche sans vainqueurs » :

« On a artificiellement divisé les journalistes en deux camps, supputant ceux de la presse écrite tous alignés couverts aux ordres de leurs éditeurs « zurichois », et ceux du service public forcément planqués, arrogants et tout aussi alignés derrière leurs chefs suprêmes. On a ainsi insulté toute une corporation dans les moteurs essentiels restent, pour la plupart de ses membres, l’indépendance d’esprit et de devoir critique ».

 Assez bel exemple d’indépendance, encore que le « forcément planqués, arrogants et tout aussi alignés… » témoigne peut-être d’un souci exagéré d’équilibre entre « confrères et consoeurs » supposés ennemis à cause de l’antagonisme des « patrons »

Match nul !

Il y a six mois, personne ne s’intéressait à ce référendum contre la LRTV porté par l’USAM, en particulier à travers certains de ses dirigeants membres de l’UDC. Au début de l’année, on a appris en Suisse romande que les gens s’excitaient assez fortement à Zürich. Un sondage de fin mars avançait 47% de non, 43% de oui, 10% d’hésitants avec une marge d’erreur de 3%. Le camp du oui commence alors à s’inquiéter timidement. La SSR-SRG s’est voulue prudemment neutre. Le tous-ménages de l’USAM, baigné de l’esprit des minarets, des moutons noirs à repousser, des contingents à rétablir, brandisssant la future redevance à mille francs,a favorisé le «réveil». Les partis politiques qui ont voté la loi aux chambres sont restés assez prudents, le PDC en principe dans le rôle du leader chargé de défendre. L’USAM et l’UDC se sont unies pour arracher le non.

Quand l’UDC est en campagne, le débat s’élargit et souvent dérape. On parle de tout, de rien et d’autre chose, du salaire de Roger de Weck, des entreprises qui seront sollicitées si fortement qu’elles risquent d’en mourir! L’avance finale du OUI est si faible que le résultat tient du match nul. Soulagement des partisans du OUI! Ceux du NON tout de même fort satisfaits de faire trembler une première fois le «mammouth».

En «Une» sept fois!

Après avoir lu dans le décor du «19 :30» un pourcentage d’abstention qui n’est pas celui annoncé par la journaliste de service, pour en savoir davantage, j’ai décidé de lire sept quotidiens romands ce 15 juin 2015. Coût de l’opération pour ce seul jour: une vingtaine de francs, équivalant à vingt jours de radio et télévision avec la future redevance de 2018!! Voici quelques titres parus en «Une», assortis de remarques à leur propos (ordre alphabétique sans l’article)

24 heures: en grand «La loi radio-TV coupe la Suisse en deux» et en plus petit: «Le vrai débat va commencer dans une grande confusion». Tiens, il n’y a donc pas encore eu de «vrai» débat, réjouissons-nous;

L’Express: «Le oui des romands fait passer la révision de la loi radio-TV» et pour l’édito du red-en-chef «La SSR a senti le vent du boulet»: boulet de saison alors que les chaînes françaises en sont à Waterloo ;

La Liberté: «Le débat sur la radio-TV ne fait que commencer» et pour l’édito du red-en-chef «Le fin de l’âge d’or de la SSR»;

Le Matin: «Redevance moins chère grâce aux… Romands» sur fond noir en deux couleurs, à côté de Ronaldo qui boude Genève avec un maillot portant «Fly Emirates»;

Le Nouvelliste: «La LRTV passe d’un cheveu», mais le Rhône, auquel on dit oui, la R21, face à un non, Melley qui sourit quand Torney perd… de peu sont prioritaires;

Le Quotidien jurassien: «Non très net, oui ultracourt» pour le commentaire principal, discret à côté du «Frontaliers: le résultat est clair», avec une carte de la Suisse en couleurs délavées pour le «Oui très timide du peuple suisse».

Le Temps: «3700 voix d’écart pour la SSR». Donc on votait «pour» ou «contre» la SSR? J’avais crû comprendre qu’il s’agissait d’une votation technique sur le prélèvement de la redevance.

La palme d’or du titre le plus indirectement «polémique» revient au «Temps».

Villes et campagnes

Et un tas d’autres palmes secondaires au même journal, en particulier pour sa carte très méticuleuse des pourcentages par communes ou régions allant du vert le plus vif, pour «plus de 65 pourcent du oui» au rouge le plus sanguinolent pour le oui inférieur à 35 %.

7 cantons ou demi-cantons ont dit oui et 19 cantons et demis ont dit non. Et déjà certains se servent de cette majorité pour soutenir la récolte des signatures anti-Billag. Mais 17 capitales cantonales ont dit oui et 9 non. Curieux! Et si les deux suisses séparées étaient celles des villes contre les villages?

908 communes ont dit NON et 1509 OUI. Il y a donc 2417 communes en Suisse. On apprend tous les jours quelque chose!

«24 heures» publie les résultats commune par commune. Dans le canton, une trentaine pour le non, la plus grande étant celle des Ormonts-Dessus, 206 à 243.

Neuchâtel? 7 petites communes votent non sur 37: record à Gorgier-Chez-le-Bart, 211 à 390. Fribourg, même constatation, toujours des petites communes qui disent non, majoritaires en Singine. Fribourg est un canton bilingue, comme le Valais. Mais «Le Nouvelliste» ne donne pas les résultats commune par commune. A première vue, en consultant la carte colorée du «Temps», le non du Valais semble se répartir équitablement entre les régions linguistiques: petite surprise. Jura? Peu de communes pour le non, et toujours les petites: record à Bonfol, 118  à 125. Jura bernois? 17 petites communes sur 40 disent NON – égalité sur le Plateau de Diessse, 322 -322!

Ce sont là des faits observés. Reste à en comprendre le sens, un travail qui pourrait être celui de politologues. Esquisse d’une explication: plus on est petit et plus on est absent des médias.

 

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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