Dossiers

Le sport et l’argent

 La RTS, comme beaucoup d’autres chaînes et pas seulement celles de la SSR-SRG, consacre beaucoup de place à de multiples sports, y compris parmi ceux dits « petits » : c’est une constatation. On peut trouver cette présence grandement envahissante : c’est une appréciation. Elle ne cherche pas à mettre en cause la structure actuelle des programmes des chaînes suisses. Des éventuels changements s’effectueront à moyen terme ; s’il y en a, ne serait-ce qu’à travers la multiplication des chaînes spécialisées, accessibles par abonnements ou à l’unité. On imagine mal le service public suisse devenant muet dans ce domaine. Plus discret, demain, peut-être, devant l’inflation financière !

Le sport est donc présent durant de longues heures en direct ( football, hockey-sur-glace, cyclisme, meeting d’athlétisme, etc), y compris aux heures de grande écoute. Le sport est un bon secteur pour enrichir l’audimate qui reste une mesure importante au plan quantitatif, son poids qualitatif assez secondaire, sauf pour qui voient dans la quantité un gage de qualité. La TSR, comme d’autres chaînes, propose parfois des émissions qui amorcent une réflexion sur le sports, y compris du genre débat avec pour et contre !

Le sport, n’importe lequel, mais pas le même pour tous, s’inscrit dans le vaste secteur du divertissement qui ne fatigue pas trop – ou pas du tout – celui qui le fréquente. Il est assurément parfois source de réel plaisir à travers l’émotion que peut provoquer l’exploit d’une équipe ou la réussite d’un athlète dont on se sent proche : ne sommes-nous pas presque tous « proches » de Federer, même lors d’une défaite ?

Devant cette vague puissante du sport, le téléspectateur est parfois démuni . Il vaut la peine de s’interroger sur la manière dont la télévision le propose à ses « clients », l’impose parfois par la répétition de ses rappels. Dans les grandes manifestations, l’image est fournie par les organisateurs moyennant finance souvent élevée à tous ses partenaires. Chaque partenaire peut du reste expédier sur place des équipes qui enregistreront des documents à usage interne. Et chaque diffuseur garde la main sur les choix qu’il opère dans l’offre abondante, en quantité ( toutes les rencontres du mondial de football ) et dans le temps ( suivre le tennis intégralement ou partiellement ).

De plus, chaque chaîne conserve sous sa responsabilité propos un élément important : le commentaire fait à un ou à plusieurs, diffusé depuis le lieu où se déroule la manifestation ou en studio. Sur place, le commentateur peut voir plus de choses que le téléspectateur, donc enrichir le reportage par ses remarques s’il ne se contente pas de dire ce que nous voyons tout comme lui. Il ne lui est pas interdit d’ajouter en passant des remarques qui valent pour le sport en général, ne serait-ce que pour donner des informations basiques : tous les spectateurs qui suivent un sport ne sont pas forcément des spécialises de ce sport : tout le monde comprend-il les variations dans le « slice » ?

A l’évidence, le succès assurément mondial de nombreux sports tient à l’existence même de la télévision qui lui assure une diffusion mondiale intense. Le sport-spectacle avec l’argent qui l’irrigue ne serait pas ce qu’il est devenu si la télévision n’existait pas.

Mais la télévision reste souvent muette ou discrète sur l’aspect économique et financier de cet engouement pour le sport qui repose, dans une partie des spectacles proposés, sur le sentiment d’appartenance à un pays, à une région et pourquoi pas, chez nous, à un canton ou même un lieu.

Reste à se demander comment, dès lors, comment chaque chaîne propose une approche originale de ses choix et à observer dont elle les commente.

Un angle d’approche est alors souvent négligé par la télévision : l’inscription de chaque sport dans son environnement économique et financier. Pendant un match de foot, on vous répète le nom du joueur qui touche ou rate la balle, celui qui va la recevoir, on rappelle de temps en temps, lors des rencontres internationales, à quel club ils appartiennent au quotidien, on donne parfois des indications sur sa carrière. Mais c’est un peu tout, donc c’est un peu court

A l’évidence, pour en savoir davantage sur le l’argent indispensable pour faire de tout sport un spectacle divertissement et un succès sur le petit écran, il faut s’en aller chercher l’information ailleurs, en particulier dans la pres

Prémices de « Mai 68 »

Paris, « Mai 68 » : on y revient longuement, un peu partout, depuis quelques semaines. En France, les milieux du cinéma y prirent une part importante, dès les manifestations de janvier/février contre le renvoi d’Henri Langlois, créateur et directeur de la cinémathèque française, par le ministre André Malraux, jusqu’au « final » avec le rideau qui se ferme sur le festival de Cannes, le dimanche 19 mai à 12h00. Nous prîmes alors la décision de passer par l’Italie pour rentrer en Suisse, afin de ne pas tomber en panne de carburant!

« Mai 68 » n’est qu’un événement important, parmi d’autres, en particulier ceux qui, aux Etats-Unis, permirent de protester contre la Guerre américaine du Vietnam, qui débuta en 1963 pour se terminer en 1975. Bien des signes de cette révolte presque mondiale de la jeunesses apparaissent dès le début des années 60. Evoquons-en quelques-uns au gré de souvenirs et de désirs, même un peu en désordre…..

Mai 68 avant l’heure – Alex Mayenisch

 Le dimanche 29 avril 2018, la TSR proposait une sorte d’avant-première des événements  avec « Mai 68 avant l’heure » d’Alex Mayenfisch, une production de « Climage », entreprise sise à Lausanne. Inutile d’en faire une description détaillée et de l’analyser dans ses moindres détails. Ce rappel  veut être une sorte d’hommage à celles et ceux qui ont décidé de précéder le cinquantenaire d’un événement qui continue aujourd’hui encore de provoquer des affrontements entre ceux qui y pensent avec nostalgie ou d’autres, comme celui qui disait « La réforme, oui ! le chienlit, non ! », formule signée par une image de son auteur.

 

« La chienlit, c’est lui » (à propos du président Charles de Gaulle) » , affiche de Mai 1968

Voici des images tirées du document qui permettent à ceux qui ont vu le film de s’y référer et aux autres d’en pressentir le contenu.

L’affiche du film (Photo Climage)

 

Mai 68 n’a pas surgi ex nihilo, tous ses composants préexistaient. Une génération, celle qui avait vingt ans au milieu des années 60, ne se satisfaisait alors plus d’un état des choses désespérément immuable et brûla de voir se réaliser des attentes esquissées de longue date. La pression était montée graduellement et la chaudière finit par exploser. Y compris en Suisse.

 

Et il est intéressant de donner la parole au cinéaste qui s’explique sur sa démarche:

https://www.evenement.ch/mots-cles/mai-68

 

Ondes de choc

Nouvel événement sur RTS1, ( 21 février 2018) : en premier rideau, à une excellente heure d’exposition – 20h10 – présentation du premier numéro d’une collection, « La Vallée » de Jean-Stéphane Bron, l’un des quatre réalisateurs d’équipe de « Bande à part ».

Jean-Stéphane Bron, Lionel Baier, Frédéric Mermoud, Ursula Meier

Lors d’un entretien conduit par Jacques Pilet, pour « Bon pour la tête », Gilles Marchand, désormais patron de la SSR-SRG, a assez clairement mis en avant la nécessité de donner meilleure place à la fiction pour « raconter » des histoires de notre pays. On aura dans les semaines qui viennent suffisamment d’occasions pour apporter différentes pièces au dossier de l’espoir d’une accélération créatrice à travers la fiction.

« Ondes de choc » est une collection qui repose sur une démarche commune : à partir de faits divers dramatiques qui se sont produits en Suisse romande, les quatre réalisateurs et leurs équipes ont pu proposer leurs réactions face à ces événements en laissant place aussi à leur imagination.

La vallée ( mercredi 21.02.18)

La réalité sert donc de tremplin : en 2010, des jeunes Lyonnais débarquent en Suisse pour y voler des voitures de luxe. L’affaire tourne mal.

« La vallée », un film de Jean-Stéphane Bron Avec Ilies Kadri. Copyright : RTS/Philippe Christin

Mais notre première approche va d’abord rester générale : comment la notion de « collection » s’inscrit-elle dans la création audiovisuelle contemporaine. Sans la moindre hésitation, la collection peut être considérée comme une forme qui tient des exigences de la série. Pour mémoire, la série unitaire ( un sujet traité dans chaque épisode en principe par certains personnages récurrents) et la série récurrente (un même récit se déroule durant l’ensemble des épisodes) occupent de nombreuses heures de diffusion, en journée ou même parfois très tardivement. A première vue, la série récurrente est plus ambitieuse que la récurrente, dès lors qu’elle fait appel à la fidélité du spectateur.

La collection, qui n’est pas une idée nouvelle si elle reste plutôt rare, a parfois été mise en valeur, par exemple par ARTE.

« Boomerang » de Nicole Borgeat

 Raconter des histoires d’ici ? On peut même partir de deux personnages qui échangent leurs personnalités, un politicien aux idées xénophobes et une demandeuse d’asile kurde musulmane qui se réveillent dans la peau de l’autre pour aborder avec une réelle sensibilité le problème de l’émigration.

« Boomerang » entre dans une ligne assez traditionnelle de téléfilm. Il est encore possible de voir le film jusqu’au 9 mars 2017 :

https://www.rts.ch/fiction/9189813–boomerang-un-film-de-nicole-borgeat.html

Le « groupe cinq »

Plus, en remontant dans un passé tout de même lointain, on peut citer deux exemples au moins qui se sont développés en Suisse romande vers la fin des années 60 du siècle dernier, le « Groupe des Cinq » et « Quatre d’entre elles ».

Au début des années 70, Alain Tanner, Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange, qui se sent tous « auteurs » de films, dans le sillage mondial des nouvelles écoles nationles ( les nouvelles vagues en France et en Tchécoslovaquie par exemple) proposent au directeur d’alors de la RTS, René Schenker, de mettre à leur disposition un budget qui permet de construire une co-production parfois ambitieuse.

René Schenker,(1920-200) ancien directeur de la RTS (1958-1973 puis de la RTSR ( 1973-1985)
( Photo RTS)

Voici deux références sur le site de la RTS

https://www.rts.ch/archives/tv/culture/cinema-vif/7947728-le-groupe-5.html

https://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

Quatre d ‘entre elles

Peu avant, quatre réalisateurs de courts métrages, au milieu des année 65, qui arrivent à tourner des courts métrages, faute de trouver des moyens de financements qui n’existent pas encore –l’aide fédérale à la fiction date de la fin de années soixante – Claude Champion Francis Reusser, Jacques Sandoz et Yves Yersin- tournent chacun un court-métrage faisant le portrait d’une femme, « Sylvie » 16 ans, « Patricia » 22 ans, Erika, 31 ans, Angéle,72 ans, en un collectif « Milos-films » ( en hommage à Milos Forman dont « L’as de pique », léopard d’or ). Les quatre films, regroupés en un long-métrage, « Quatre d’entre elles » fait très correcte carrière nationale et même internationale, tiré par sa meilleure partie « Angéle » d’Yves Yersin. C’était déjà une forme de collection, permettant à quatre courts métrages de bénéficier des portes mieux ouvertes sur grands et petits écrans à la durée du long-métrage. Les trois premiers parties durent 26 minutes ( deux fois treize ) et le quatrième ( 39 mn, trois fois treize) : la collection d’alors tenait ainsi de la mini-série.

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Bien entendu, nous allons être très attentifs à la collection « Ondes de choc »

+ La Vallée – Jean-Stéphane Bron ( 21 février)

+ Sirius –Frédéric mermoud ( 14 mars )

+ Journal de ma tête ( 4 avril )

+ Prénom : Mathieu ( 25 avril )

Il y aura donc encore des textes autour de cette « collection »…

No-Billag : Deux « Sondages d’opinion » fiables

 Quelles sont, à ce jour, les « photographies »  faites lors de « sondages d’opinion », autrement dit des sondages à valeur scientifique.

Qui est le » lanceur d’alerte » de début décembre ?

 Début apparaît un premier « sondage » fait donne un Oui à « No-Billag » à hauteur de 57 %. Mille personnes ont été interrogées sur internet.

Dans la foulée, on apprend assez rapidement que cette enquête n’a pas pris en compte le Tessin et que les « plus de soixante-cinq ans » n’ont pas été interrogés, lesquels sont souvent de « bons » clients des radios et télévisions. Qui est le commanditaire de ce sondage ? Il apparaît qu’il a été effectué par une société autrichienne, « Marketagen ». A première vue, pas très sérieux !

Mais avec un réel mérite : ce 57 % de Oui fonctionne en véritable « lanceur d’alerte ». Il provoque des réactions assez imposantes, dès le début de 2018, des partisans du NON. Rappelons, mais est-ce encore nécessaire, que dire NON à NO-BILLAG c’est dire OUI à la SSR-SRG dans ses structures actuelles, avec une redevance de 1 francs par jour dès 2019

Sondage « TAMEDIA » de mi-janvier

 Le 19 janvier sort un sondage « Tamédia » : 15’197 personnes de toute la Suisse, sont interrogées, une marge d’erreur de 1.1 % y est associée. Ces sondages sont menés par internet auprès des lecteurs des journaux du groupe, mais avec l’appui de la société de deux politologues, Lucas Leemann et Fabio Wasserfallen qui, selon le site

https://www.tamedia.ch/fr/sondage

pondèrent les résultats des sondages en fonction des variables démographiques, géographiques et politiques et permettent ainsi d’en tirer des conclusions représentatives.

Ce n’est pas le premier sondage d’opinion recueilli par « Tamédia ». Il y a donc lieu de le considérer comme fiable. Autrement dit, cette photographie de mi-janvier peut être prise en compte. Voici quelques résultats, avec nos remarques entre parenthèses :

Résultat global

+ oui ou plutôt oui : 40 %     non ou plutôt non : 59 %   indécis   1 %

( étonnamment bas, le nombre d’indécis-difficile à interpréter)

 Le rejet par région

+ suisse romande : 63 % Suisse italienne . 58 % Suisse allemande : 57 «  de NON

( on s’attendait à un écart plus grand entre romands et alémaniques )

Le rejet par classes d’âge

18-34 : 61 % / 35-49 : 56% / 59-64 : 60 % / plus de 65 : 62

( Les attentes sur de fortes différences entre jeunes et retraités étaient annoncées comme beaucoup plus fortes)

 Autres données

 64 % de non chez les femmes pour 55 chez le hommes

( Les femmes consomment-elles plus de télévision et de radio que les hommes ? Cette différence est, à première vue, inattendue)

Les « UDC » disent OUI à 73 % alors que les Socialistes et Verts ne sont que 17 % à en faire autant

( Sans surprise, la droite dure est plus dure que les autres sensibilités politiques ! Cela reflète peut-être le « trop à gauche » prononcé souvent avancé en Suisse alémanique).

Ceci encore, mais c’est une remarque générale : pourquoi les « sondages d’opinion » ne prennent-ils pas en compte le groupe souvent important des abstentionnistes ?

Sondage SSR-SRG du 20 janvier 2018

 Sur le site de la rts,

 https://www.rts.ch/info/suisse/9278043-les-suisses-rejettent-a-60-l-initiative-no-billag-selon-un-sondage-ssr.html

On y trouve des résultats détaillés sur lesquels nous reviendrons près prochainement, en particulier pour observer les différences entre les deux principaux sondages d’opinion pris en compte pour le moment.

Le sport-roi, rassembleur et envahissant!

Avertissement: cinq mille signes ci-dessous, temps de lecture entre trois et quatre minutes!!! (Illustrations, en vue d’aérer le texte, tirées deRTSSport!)

 Au Roi, tout est permis. Y compris de mépriser ses sujets.

Le serpent de l’Engadine

Le samedi 11 février 2017, descente dames aux championnats du monde. Une couche de brouillard, sauf erreur connue sous le nom de «serpent de l’Engadine» traîne sur la piste, départ ainsi retardé d’on ne sait trop combien de temps! RTS Deux réalise alors un exploit de taille: de 12h35 à 13h35, un plan fixe (ou peut-être deux ou trois), un texte qui défile au bas de l’image, pour faire prendre patience. L’attente sera longue, sans un mot d’explication orale. Pas de sujet de réserve pour faire prendre patience. Mais qui était donc de garde, parmi les responsables du service des Sports, ce jour-là, pour faire face à un incident. Tous dans les Grisons ?

La finale tardive

Au soir du dimanche 19 mars 2017, dans l’avant-programme, on annonçait à 21h: «Tennis ATP 1000 indien Wells Finale En direct d’Indian Wells (USA). Seulement si Suisse», pour une durée de 180 minutes en direct. «Suisse» ce soir-là il y eut; et même deux. Non pas à 21h, mais peu avant 23h. Là au moins, l’intendance avait pris ses précautions, au cas où une autre rencontre importante se prolongeait. Réaction il y eut, avec la reprise, en premier rideau, respectueuse du «si Suisse» : Wawrinka en demi-finale. Longue attente, de près de trois heures, avant de voir Federer sourire de sa victoire. Et Wawrinka d’apprécier, plus ou moins, ce sourire….

Le respect des horaires

Pratiquement toutes les chaînes de télévision s’imposent à elles-mêmes un horaire plutôt strict. Un événement politique d’importance au moins nationale justifie un horaire bousculé. Mais le «19h30» respecte l’horaire annoncé à la minute près, la publicité à la seconde. Même les débats en direct doivent respecter les horaires. Sans forcément couper un orateur au milieu d’une phrase, l e(la) présentateur(trice) de service met parfois abruptement fin à son émission, même si on y parle de course à pied!

Le sport-roi est donc ainsi l’exception qui autorise, au nom du direct, des horaires très souples soumis à des incertitudes (football, hockey-sur-glace, sports de plein air comme le tennis, etc).

En Suisse, le roi est aussi choyé puisque rassembleur, autrement dit porteur de bonnes parts de marché qui pèsent sur la moyenne annuelle. On peut certes faire quelque infidélité à sa majesté quand un direct s’étire dans l’ennui ou se prolonge sans rien montrer en ayant à disposition de la lecture. Le commentateur joue alors d’un rôle important: sonner l’alerte quand il se passe quelque chose.

Le commentaire et ses risques

D’ailleurs, le commentaire pose parfois problème, avec des interventions souvent inutiles, à raconter avec retard ce que nous venons de voir. Chose personnelle, je consomme certains sports, quand l’envie me prend de me laisser bercer par l’eau qui coule, tiède, du robinet à image. Mais on peut aussi regarder autrement. Le hockey sur glace prend une saveur nouvelle en cherchant du regard l’arbitre qui s’efforce de ne pas intervenir dans le cours du jeu. Une épreuve de ski alpin donne rapidement le sentiment du «déjà-vu»: rien ne ressemble plus à un participant qu’un autre participant. Heureusement, il y a les temps affichés et surtout les écarts sur le meilleur, en rouge ou en vert. On peut donc plaisir à prévoir la couleur. Mais un dixième de seconde, cela ne se «voit» pas tellement. Le commentateur si préoccupé à combler le silence se trouve assez souvent démenti par la couleur des écarts. Le silence est aussi une vertu qui permet d’apprécier un beau geste!

Dans la cour du roi se trouve des personnages ennuyeux: le récent Vaduz-Lausanne en football n’a pas atteint les sommets. Faire partir en ski les meilleurs en dernier est habile astuce pour maintenir le suspens d’une épreuve en direct. Mais attendre pendant presque deux heures une finale de tennis, qui fut d’ailleurs de belle qualité, avec plus de coups gagnants que de fautes directes, ce fut bien long.

Trop de sport ne semble pas, pour le moment, tuer le sport. Encore que la discrétion soit grande sur les parts de marché, sauf quand elles atteignent un sommet! Et viendra le jour, peut-être pas si lointain, où le sport sera financièrement inaccessible pour les chaînes de service public généraliste. Il sera trop tard pour apprécier le rôle de la redevance annuelle qui entraîne la gratuité quotidienne!

Une vraie chaîne sportive

L’amorce d’une chaîne sportive existe déjà sur internet. Mais il semble que le coût à engager pour disposer d’un canal de diffusion supplémentaire n’est pas particulièrement élevé. A quand un canal suisse sportif, avec commentaire pour chaque région, qui permette de respecter les horaires promis aux minorités qui aiment suivre la documentation ou ont un faible pour la fiction, éléments constitutifs d’information ou d’enrichissement culturel.

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Un contrat sans détail

PS: la SSR-SRG vient de publier un communiqué annonçant que les sports motorisés continueront d’être présents ces cinq prochaines années. Mais les «partenaires ont convenu de ne pas divulguer les détails des contrats». Secret d’entreprise! Comme si on divulguait les contrats dans les autres sports…. Il ne serait pas inintéressant de connaître les coûts à l’heure ou à la minute des différents sports….

 

« Désir » de séries récurrentes

 En février 2012 apparaît sur ARTE (en même temps en Belgique) une série récurrente qui fera date: «Borgen», issue de la télévision de service public d’un pays de 5.7 millions d’habitants, le Danemark. Elle arrive sur RTS Un en septembre. Il se passe quelque chose: la série sera reprise dans au moins trente pays différents. Et d’être alors quelques-uns à poser la question: «A quand l’équivalent d’un «Borgen» en Suisse». Réponse parfois entendue: il faudra bien vingt ans pour y arriver!

«Booster notre offre de fiction»

L’attente pourrait être abrégée, à croire certaines déclarations précieuses du futur Directeur de la SSR-SRG, Gilles Marchand qui, dans la Tribune de Genève (26-27 novembre 2016), parlait de sa future politique des programmes en ces termes:

J’aimerais booster notre offre de fiction. Faire plus de films, plus de séries. Car c’est la capacité d’un pays à se raconter. Les Scandinaves ont réussi à développer une culture de la série. Mais cela demande des moyens (…) Il faut savoir qu’une fiction américaine achetée nous coûte 100 francs la minute. Une fiction produite en Suisse, c’est 14’000 francs ( … ) L’objectif serait d’avoir un peu moins de séries étrangères et un peu plus de fictions suisses..

 Où en est-on, dans quelques «petits» pays, avec les séries récurrentes, celles que l’on peut classer dans au moins le haut du milieu de gamme? Quelques exemples:

Pays par pays

 Islande: 330 mille habitants, deux séries, «Trappel» et «Meurtre au pied du volcan» ont brisé les frontières pour s’exporter dans un plus ou moins grand nombre de pays.

L’image illustre le titre
( Meurtre au pied d’un volcan – photo ARTE)

Suède: 9.7 millions d’habitants, «Meurtres à Sandham» et surtout «Reals humans» ont fait parler d’eux à l’international. Pour la Norvège, 5.2 millions, ce sont: «Lylihammer», «Occupied», «Mammon».

Danemark, 5,7 millions: la liste est longue, qui commence il y a vingt ans avec «L’Hôpital et ses fantômes» et s’enrichit de «Borgen» dès 2010, «Bron», «Killing», «1964», «Traque en série», «Norskov», «Follow the money», parfois en plusieurs saisons.

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente dans « Borgen » la meilleure des séries citées dans ce texte

 Il faut retenir côté flamand de la Belgique, «Salamander» et le très attendu « Beau Séjour» (dès le 02.03.17 sur ARTE qui joue un précieux rôle de défricheur dans ce domaine des séries non-américaines), côté francophone «La Trève» et «L’ennemi public» qui vient de terminer sa carrière sur TF1, qui n’est pas particulièrement habituée à montrer une série récurrente exigeante en premier rideau.

 « Beau Séjour », une mise en scène réaliste, presque comme dans un reportage, pour une morte qui enquête sur sa propre mort : à coup sûr, intéressant, mais …. ( photo ARTE)

La plupart des séries citées ont été exportées, donc «vendues» ou «échangées», dépassant ainsi la seule présentation sur la chaîne d’origine. Les informations à leur propos permettent d’affirmer que ces séries sont généralement bien accueillies sur le marché régional ou national dont elles sont l’émanation. Le passage à l’étranger est ainsi tout bonus

Côté Suisse, en Romandie, deux titres: «Dix» et «Station horizon». Il est difficile d’y ajouter le «Croque-mort» alémanique. On ne sait pas grand chose, ici, de séries tournées à Zürich ou Lugano, si tant elles qu’il en existe! La communication audiovisuelle en télévision n’est pas une préoccupation prioritaire!

L’exemple de la bilingue Belgique

 Depuis la mise en ligne du texte qui précède celui-ci sur le blog, il m’a paru intéressant d’aller chercher des informations complémentaires sur ce qui se passe actuellement en Belgique francophone, sous la direction de François Tron, un français issu de France 2 devenu responsable des antennes puis directeur général de la RTBF. En novembre 2016, «Téléobs» lui faisait passer par écrit un «grand oral». Voici quelques informations glanées dans ce texte et ailleurs.

En 2013, la RTBF ne vouait guère d’attention aux séries récurrentes. Décision fut alors prise, entre francophones y compris ceux de la région de Bruxelles, potentiellement 4 millions d’habitants, de lancer un appel à projets de séries récurrentes. Il y eut 140 propositions. Une dizaine fut retenue. Chaque projet était enraciné dans une partie du pays mais son sujet avait potentiellement une force romanesque qui lui permettait d’éventuellement retenir l’attention hors des frontières linguistiques nationales.

Décision fut prise de financer un pilote d’une dizaine de minutes pour ces projets. Quatre furent finalement retenus. Deux sont terminés, «La Trève» qui a déjà intéressé plusieurs pays, dont les USA par le groupe Netflix et surtout «L’ennemi public» dont TF1 vient d’achever la diffusion, déjà vendu dans une dizaine de pays.

Cette volonté de sortir de la région de production est un calcul clair. La RTBF s’est interrogée sur la télévision au début des années 2020. Il est apparu que l’apport de la publicité (le 25% du budget en Belgique, comme en Suisse) risquait bien de diminuer, celle-ci de plus en plus tournée vers internet et les réseaux sociaux. Dès lors, décision fut prise de produire quatre séries de dix épisodes d’un peu moins d’une heure pour occuper l’antenne durant quarante semaines. Et d’emblée, «la Trève» et «L’ennemi public» auront brisé les frontières linguistiques nationales. Réussir à exporter une série, c’est aussi faire une bonne affaire et contribuer au prestige de la création audiovisuelle du pays d’origine, quelle soit due à la télévision et/ou au cinéma.

Intéressante comparaison à faire – prochainement – entre la RTBF et la RTS, avec ce salut à « L’ennemi public » qui vient d’être présenté de manière un peu surprenante sur TF1:

Montage pour « L’ennemi Public » (Photo RTBF)

« GOTHARD » en rafale!

 «Gothard», deux fois nonante minutes, est un fort bon produit audiovisuel, un gros investissement financier, qui a pour personnage principal le premier tunnel des années 1880. Il soulève de multiples questions, donne certaines réponses, qu’il faut parfois s’en aller chercher dans des compléments d’informations proposés sous la forme de documents télévisés. Jamais jusqu’ici, la SSR-SRG n’avait consenti un tel effort financier. Abordons d’abord les conditions de son existence, avant de s’arrêter plus tard à son apport historique et à son intérêt audiovisuel.

"Souvenir" mitigé de l'étrange, insolite et peu compréhensible ballast inaugural de mai 2016

« Souvenir » mitigé de l’étrange, insolite et peu compréhensible ballet inaugural du 1 juin 2016 – Photo RTS

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Lundi 28 novembre 2016, «Histoire vivante» propose «Les hommes du Gothard» d’un duo tessinois, Maria Casella et Paul Nicol, adapté en français par la RTS. Ce document est le résultat du suivi de quelques mineurs pendant plus de dix ans, pour s’arrêter, bien sûr, à juin 2016, alors que l’inauguration officielle réunissait plus de notables que de travailleurs de l’ancien chantier. Efficace simplicité, avec ses chapitres annoncés en sous-titre : d’une belle richesse humaine, un grand respect pour les personnes interrogées, une excellente manière de préparer la rafale suivante.

Inauguration - histoire vivante - le chantier du sièdle

Photo de l’inauguration de 1882 – Le chantier du siècle – Histoire vivante – (RTS)

Dimanche 11 décembre, RTS 2 offre «Tunnel du Gothard, le chantier du siècle». Encore un excellent document, mais cette fois il s’agit de l’autre, le «vieux», celui de 1880 ou 1882, déjà le «plus long du monde», avec quelques centaines de mètres de plus que son aîné du Fréjus- Mont-Cenis. Petit miracle: apports fort intéressants d’historiens de trois origines linguistiques, appuyés par des photos: presque passionnant pour qui rend tient aussi à apprendre des choses qu’il ne savait pas. Etrange: de belles images d’aujourd’hui, en couleurs apparaissent à l’appui de certaines déclarations. Elles «sentent» le neuf.

Pas d’aujourd’hui (11 décembre), vraiment de demain: lundi 12 décembre 2016, voici la plus coûteuse production de fiction de la SSR-SRG, commandée par Zürich, fortement appuyée de Lugano, avec Genève un peu en retrait. Presque en même temps sur les trois chaînes qui forment la SSR-SRG. Chose rare, dans notre paysage télévisuel qui ne sait guère travailler en commun!

Photo d'époque - Entrée nord du tunnel - 1880 - Histoire Vivante (RTS)

A Chacun sa programmation

«Gothard» est donc un téléfilm de 180 minutes environ, en deux parties de 90. Le réalisateur, Urs Egger, a signé des dizaines de contributions surtout pour la télévision.

Au Tessin, «Gothard» a été présenté le dimanche vers 20h40 et le lundi peu après 21h00. En Suisse alémanique, deux premiers rideaux aussi, dimanche et lundi, juste après 20h00. La RTS fait preuve d’originalité: le lundi 12 la projection commence à 20h45 pour se terminer juste avant minuit, Il y aura bien sûr entre les deux parties un entracte, alors que remonte dans certaines mémoires «Entracte, le moment de fumer une bonne Laurence». Enfin, la pub!

La solution romande n’est pas la meilleure des manières de mettre en valeur un duo de téléfilms qui méritaient mieux: combien de personnes à 21h00, à 22h00, à 23h00, pour combien encore à 23h45? Il sera intéressant de le savoir!!

La solution romande n’est probablement pas la meilleure. Mais on peut s’interroger sur le principe même des deux épisodes de nonante minutes.

En télévision, l’unité la plus naturelle, c’est l’heure, qui permet d’y glisser une ou plusieurs plages publicitaires. En fiction, la série est construite pour le «un-par-un», même si les duos sont de mises à tout le moins sur les chaînes francophones que nous suivons. On peut se demander si «Gothard» n’aurait pas pu être construit comme une mini-série de quatre épisodes d’une cinquantaine de minutes proposés quatre soirs de suite en milieu de premier rideau – après 20h et avant 21h? Il n’y a plus aucune raison pour que la télévision continue de faire des complexes face à cinéma! Surtout quand elle ose un investissement élevé!

Le poids de l’investissement

 «Gothard» est-il destiné à ne passer que sur le téléviseur et ses dérivés ou pourrait-il être vu sur grand écran. La toute première projection publique et gratuite eut lieu le mardi 2 août sur la «Piazza grande» le jour précédant l’ouverture du festival, pour quelques milliers de spectateurs. Après? Pas de nouvelles de la présence de Gothard sur grand écran.

Le coût de l’opération: onze millions de nos francs. La SSR-SRG et ses trois unités d’entreprises ont pris en charge 5,7 millions de francs. Les partenaires allemand et autrichien couvrent le 30%, soit 3,3 millions de nos francs. Ce partenariat implique que «Gothard» sera ou aura été vu en Allemagne et en Autriche.

Deux millions proviennent de différents soutiens au cinéma. Lesquels? Il y avait dans le temps une émission qui s’appelait «questionnez, on vous répondra!». Il y a des moyens peut-être de la faire revivre. Nous y reviendrons, informations demandées…

Pour un téléfilm à prétention «hollywoodienne», expression employée sauf erreur dans un téléjournal, en comparaison internationale, ce n’est pas très élevé. Au plan suisse, c’est beaucoup, en télévision, c’est donc donné comme un record. Le moyen de mesure à disposition, c’est celui du coût à la minute d’antenne. Une série américaine amortie sur son marché national vaut à l’achat en général cent francs la minute. Un «Temps présent» de 5o minutes oscille entre deux mille et trois mille francs la minute. Une série comme «Station horizon» tourné autour de treize mille francs. Avec «Gothard», onze millions pour 180 minutes, en trois versions différentes, cela donne environ soixante mille francs la minute. C’est en effet beaucoup!

Gotthard Making-of 2015 Carlos Leal (M.) und Statisten am Set Copyright: SRF/Dusan Martincek NO SALES NO ARCHIVES Die Veröffentlichung im Zusammenhang mit Hinweisen auf die Programme von Schweizer Radio und Fernsehen ist honorarfrei und muss mit dem Quellenhinweis erfolgen. Jede weitere Verwendung ist honorarpflichtig, insbesondere auch der Wiederverkauf. Das Copyright bleibt bei Media Relations SRF. Wir bitten um Belegexemplare. Bei missbräuchlicher Verwendung behält sich das Schweizer Radio und Fernsehen zivil- und strafrechtliche Schritte vor.

Il y a des scènes tournées en studio ou en décors naturels. Un village entier à été adapté pour faire revivre Goeschenen. L’entrée du tunnel a été organisé dans une carrière en Tchéquie. L’intérieur du tunnel, sur une centaine de mètres, a été construit dans une halle immense en Allemagne. Les figurants, donc les costumes, se comptent par centaines. Même sur le seul petit écran, on voit l’argent investi. Et la SSR-SRG a su associer les trois régions, à des degrés divers, pour une réalisation «commune». Opération économiquement réussie…. Opération culturelle assez réussie… Nous y reviendrons…

D’un bon usage des « sondages »

Il y a quelques mois déjà, le brexit provoque la surprise. Il y a deux semaines, l’élection de Trump provoque la surprise. Il y a une semaine, Fillon en tête de la primaire de la droite en France et l’élimination de Sarkozy provoquent la surprise. Chaque fois ou presque, des considérations sentencieuses sur le pelé, le galeux de la fable, celui d’où vient tout le mal: le dénommé «sondage» qui-n’a-rien-vu-venir! Mais que feraient les médias, de nos jours, si les sondages n’existaient pas?

Avant le brexit, les sondages donnaient un résultat assez serré. Avant la présidentielle américaine, les sondages donnaient un résultat assez serré, plutôt en faveur de Clinton. Avant la primaire de la droite, on attendait Juppé en tête. Après? Les «sondages» sont coupables de nous avoir trompés! Mais on emploie parfois le mot sondage dès que dix personnes donnent leur avis sur n’importe quoi!

Mieux vaudrait s’arrêter à la notion de «sondage d’opinion», effectué sur un sous-ensemble (un échantillon ) qui représente le mieux possible l’ensemble (la population) auquel on pose des questions auxquelles il doit être possible de répondre de manière assez simple, voire d’un binaire OUI ou NON. Ce «sondage d’opinion» obéit à quelques formules statistiques mathématiques. Il donne, à un moment précis, une photographie d’un sous-groupe qui reflète le mieux possible l’ensemble. A cette mesure est associée une marge d’erreur, qui crée un intervalle dans lequel le résultat final a de bonnes chances de se trouver.

La présidentielle américaine

 Dans la dernière ligne droite, on a parfois donné Clinton/Trump à 51/49%. Pas une seule fois, je n’ai entendu (à la télévision) ou lu (dans la presse) la marge d’erreur. Supposons que celle-ci soit de «plus ou moins deux pourcent» (hypothése plausible). Très sommairement, cela peut signifier, arrondis à l’unité, 53 à 47, 52 à 48, 51 à 49 ou 50 à 50 et même 49 à 51. Autrement dit trois fois la victoire du premier, une fois le match nul et une défaite. Si on prend l’image du pari sportif, ce seront trois «1» pour une fois «x» ou une fois «2». A 51 contre 49, Trump avait une chance de gagner: ce n’est de loin pas négligeable!

Si l’élection américaine avait pour base légale le nombre de voix obtenues dans l’ensemble des Etats-Unis, Clinton a obtenu, aux dernières nouvelles deux millions de voix de plus que Trumb, quelque chose comme soixante millions contre cinquante-huit, presque du 51/49!

Mais la manière dont des médias se sont servies de ces sondages a fini par escamoter une information essentielle: le principe du vote à deux étapes, la première désignant dans chaque état des «grands-lecteurs» qui formeront ensuite le décisif collège électoral. Or un «grand électeur» représente aux USA beaucoup moins d’habitants d’un état à forte population qu’un autre à la plus petite. Sans marge d’erreur, sans information sur l’échantillon, un sondage perd qui porte sur les voix seulement n’a qu’une valeur toute relative.

La primaire de la droite en France

 Intéressante page du «Monde», dans son édition du 18 novembre 2016, tout de même clairvoyante. Déjà son titre annonçait une «finale» à trois, Juppé/Sarkozy/Fillon, alors qu’on en était partout à attendre Juppé en tête devant Sarkozy». Une enquête électorale, menée par un centre de recherches politiques de Science Po en collaboration avec «Le Monde», a pris en compte vingt mille personnes durant presque toute l’année 2016. La dernière enquête, réalisée entre le 8 et le 13 novembre auprès de 18200 personnes en aura retenu 1337 qui se déclaraient certaines d’aller voter à la primaire. On a ainsi suffisamment d’informations sur la composition de l’échantillon pour fixer le pourcentage entier de chaque candidat. Pour les trois principaux est donnée une indication sur les «indécisions du vote». Par exemple, pour Alain Jupé, crédité de 36 pourcent, le score du potentiel bas au potentiel haut allait de 29 à 43 pourcent. Cet intervalle joue ainsi le rôle d’une sorte de marge d’erreur plausible. Le potentiel haut de Fillon – 28 – était équivalent au bas de Juppé (29) et dépassait celui de Sarkozy (25). C’était là une indication de «surprise» possible.

Un sondage, à un jour fixe, l’échantillon décrit, la question connue ne donne donc qu’une photographie instantanée. Il ne permet pas de prédire l’avenir. Mais la même enquête, faite en janvier, mars, mai, juin, septembre, octobre et novembre (première quinzaine) permettait de suivre l’évolution, non seulement du trio final, mais d’un quatuor, Bruno Le Maire dépassant en début d’année François Fillon. La ligne de Juppé descend lentement d’une enquête à l’autre, celle de Sarkozy d’abord légèrement montante, s’incline dès septembre vers le bas. Le Maire quitte lentement son 17 pourcent de mars pour s’arrêter un 7 pourcent en novembre, Fillon stagne jusqu’en août autour de dix pour prendre un élan à forte pente positive. On en est, début novembre à Juppé 36, Sarkozy 29, Fillon 22, le Maire 7.

En formulant l’hypothèse que les variations récentes se poursuivent dans le même sens, Fillon dépasse clairement Juppé qui dépasse Sarkozy, Le Maire aboutissant dans le groupe de petits scores, finalement même de peu dépassé par Nathalie Kosciusko-Morizet.

Surprise? Pas pour qui avait passé une bonne vingtaine de minutes sur l’information contenue dans cette page du «Monde». Mais nous vivons le temps de l’information en cent quarante signes – deux lignes dans une page de journal!!!

Autres ilots de résistance prudente

 Dans « C…dans l’air » (France 5 – chaque jour vers 17h45 avec reprise aux environs de 22h30), on cite, bien sûr, bon nombre de sondages. Mais dans le quatuor qui entoure les animateurs (Caroline Roux ayant succédé à Yves Calvi avec une force tranquille), on note souvent la présence d’un «sondeur» qui sait dire pourquoi il faut interpréter avec prudence tout «sondage», le sien y compris.

Il faut enfin rappeler une règle mise en place par la SSR-SRG ( ou la seule RTS, je ne sais plus): dans un Téléjournal, toute allusion à un «sondage d’opinon» doit donner la taille de l’échantillon, la date de l’enquête et la marge d’erreur. Cette règle est bien respectée. Elle est importante.

Autour de la notion de débat

Un peu assoupi, ces dernières semaines, ce blog! Mais mon «Pipe-line» personnel est encombré de versions différentes qui oscillent autour du «Tv-talk-show», une des «traductions» françaises de «talk-show», dit aussi «causerie» ou «émission-débat». On peut restreindre le débat à un sujet politique, culturel ou sociétal, s’en tenir à certains exemples fournis par la RTS, ARTE, France 5, chaînes généralistes de service public. L’obsession liée au désir de faire la meilleure part de marché possible devrait être l’apanage des seules généralistes commerciales qui vivent essentiellement de publicité, TF1 ou M6 chez nos voisins. Notons que sous nos latitudes romandes, on ignore tout ou presque de la Wallonie belge et du Québec canadien. Une limite: s’en tenir à des émissions quotidiennes et hebdomadaires.

Points forts de la RTS

La force actuelle de la RTS, née dans son passé des années 1960, réside dans son offre d’émissions généralement faites «maison» du premier rideau, «Mise au point» (dimanches), «TTC» (lundis), «A Bon Entendeur» (mardis), «Temps présent» (jeudis), «Passe-moi les jumelles» (vendredis), les grands magazines (mercredis) et les rares séries romandes (samedis). Elle y consacre d’importants montants. Les journaux télévisés, le sport et les séries unitaires américaines complètent ces émissions de premier rideau. Une bonne place est accordée à la documentation.

 Romaine Morard : nouvelle venue à "Infrarouge" (RTS)

Romaine Morard : nouvelle venue à « Infrarouge »

Avec «La puce à l’oreille» (jeudis vers 23h) et «Infrarouge» (mercredis vers 21h30), la RTS n’est pas particulièrement séduisante. A signaler toutefois que l’heure de diffusion d’«Infrarouge » a été avancée depuis quelques mois, désormais proposée à un public en moyenne plus nombreux avant 22h qu’aux environs de 23h!

Arte et «France 5» proposent une partie de leurs émissions aux heures de grande écoute (de 18h à 21h30). La «RTS» les renvoie en milieu ou fin de soirée. Premier signe négatif! Audimate prioritaire quand tu nous tiens…..

Propositions d’ARTE et de France 5

 Le «28 minutes» d’Arte (cinq jours en semaine entre 20h05 et 20h50) est la principale rubrique d’une émission de 45 minutes environ, avec rubriques régulières. Elisabeth Quin, accompagnée de deux journalistes, reçoit trois invités sur un sujet de son choix.

France 5 propose un riche ensemble «C…» qui vaut pour «C’est»:

«A dire» (17h30, quinze minutes) met un journaliste seul face à un invité. «Dans l’air» (17h45, six fois par semaine) permet à un animateur de recevoir quatre invités. «A vous»  (à 19h puis à 20h), autour d’Anne-Sophie Lapix, fait défiler plusieurs invités qui partagent un repas face à une équipe de cinq collaborateurs réguliers. Les récents «Hebdo» (samedis), «politique» (dimanche à 18h35) et «polémique» (dimanches à 19h45) mettent un animateur maison accompagné face à un ou plusieurs invités.

Pour une fois, fortes présences féminines

Pour une fois,, et c’est très bien mais très rare aussi, un secteur est marqué par une forte présence féminine, avec Elisabeth Quin (ARTE), Caroline Roux (La 5), Anne-Sophie Lapix (Fr5, C…à dire, du lundi au jeudi, qui remplace Yves Calvi avec talent), Anne-Elisabeth Lemoine ( France5, «C..l’hebdo » depuis le 3 septembre) et le duo Esther Mamarbachi/Romaine Morard (RTS, «Infrarouge», auquel manque vraiment la verve de Mix&Remix). Il est probable que les animatrices citées soient aussi, en partie du moins, responsables de la forme des débats qu’elles dirigent. Dans ces rôles, avantage aux françaises !

Elisabeth Quinn : il faut une mémoire d'éléfsnt pour prétrendre avoir vu deux fois la même robe à l'antenne

Elisabeth Quin : il faut une mémoire d’éléfant pour prétendre avoir vu deux fois la même robe à l’antenne (28 minutes – ARTE)

Pourquoi une seule collaboratrice de la RTS pour «Infrarouge» et une petite équipe sur  ARTE  et France5? Probablement pour des raisons budgétaires. La RTS doit être généraliste dans tous les domaines, obligations qui ne pèsent pas sur ARTE et France 5.

Interpréter le décor

Caroline ROUX - FRANCE 5

Caroline ROUX – FRANCE 5

La structure du décor n’est pas innocente. Le face-à-face ne provoque aucune remarque. «Infrarouge» et «La puce à l’oreille» ce sont six personnes au moins à placer, «28 minutes» entre quatre et six avec changements. «C…à dire» se déroule avec cinq personnes, «C..à vous», plus de six, comme d’autres «c…». Le public est parfois invité. Il faut bien reconnaître que cela fait plaisir à ceux qui ainsi «passent-à-la-télé». Mais il n’apporte strictement rien au contenu du débat. Il devient élément de décor avec prière d’applaudir poliment en fin d’émission et parfois au début. Ce qui se passe après l’enregistrement est peut-être intéressant, mais le téléspectateur n’en sait rien!

Placer les invités autour d’une table c’est assurer une sorte de mélange (C…à vous). Mettre l’animateur et ses proches d’un côté, les invités de l’autre (28 minutes), c’est en rester au face-à-face, pour faciliter le jeu des questions parfois commentées et des réponses argumentées qui conduisent au dialogue. On est dans le convivial.

Avec un animateur et deux groupes qui se font face, on entre dans le conflictuel. «C…à dire» ne tombe pourtant presque jamais les affrontements entre invités, alors qu’«Infrarouge» en fait sa nourriture de base, une confrontation «gauche-droite», deux fois sur trois au moins. Et c’est la seule émission où l’on rappelle parfois à plusieurs reprises que le temps de parole est mesuré, entre les clans. Le décor de «C..dans l’air» est en forme de V, celui d’«Infrarouge» vaut U, l’amorce de complicité du V s’oppose à l’opposition des branches du U!

L’affrontement suisse face au dialogue français

La France politique, coupée en deux avec son quinquennat, vit presque constamment entre deux élections présidentielles, un temps un peu après l’une et longtemps avant l’autre. De plus, elle s’offre le luxe dans chaque camp de s’offrir des primaires sur-abondantes, le FN mis à part, qui participera presque à coup sûr au deuxième tour du prochain duel final.

Sur les petits écrans français, l’élection présidentielle envahissante. Mais dans les débuts, tout se passe comme si la télévision voulait corriger la politique, cassant l’affrontement politique par un dialogue presque consensuel, souvent en l’absence d’élus nationaux.

La Suisse mène une politique consensuelle, entre les différentes tendances qui cherchent sincèrement le compromis pour arriver à une majorité changeante, actuellement plus souvent entre le centre et les droites que les centres et la gauche. La RTS propose un affrontement gauche-droite permanent avec son «Infrarouge» conflictuel glissant deux fois sur trois au pugilat. Ce qui était hier un élément qui pouvait être dynamique (ou amusant!) en rendant plus mordante la discussion est devenu aujourd’hui spectacle ennuyeux et répétitif où il est rare d’apprendre quelque chose. Cela profite plus à l’UDC qu’à tous les autres partis.

France: à la chambre des députés, au sénat et finalement à la présidentielle, du gauche-droite; débats télévisés nuancés!

Suisse: politique consensuelle, débat télévisé à «Infrarouge», gauche-droit

Cinéma suisse partout…et sur RTS Deux

A Locarno, plein de films suisses. Parmi ces films suisses, plein de films co-produits par la SSRSRG ou  la RTS. Dans cette offre, une première mondiale, « Moka » de Frédéric Mermoud, co-production entre la France et la Suisse (Bande à part). Et dès le 17 août, sortie dans les salles. Une première image:

 

 

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans "Moka"

Nathalie Baye et Emmanuelle Devos dans « Moka » (Frénetic – Zürich)

Et une autre, à  Locarno puis sur les écrans suisses à mi-septembre 2016:

Le carnaval avec les boilles aiu sinistre contenu en la présence de l'interprète de Jacques Chessex ( Photo Vega film)

Un carnaval avec les boilles au sinistre contenu en la présence d’André Wilms, interprète de Jacques Chessex dans « Un juif pour l’exemple » de Jacob Berger : première à Locarno le mercredi 3 aoûr 2016 (Photo Vega Film)

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 14 juillet 2016, peu après 21h30, sur la deux: «Mérette» de Jean-Jacques Lagrange, le 21 «La dentelière» de Claude Goretta, le 28, «La salamandre»  d’Alain Tanner, le 4 août, «Romands d’amour» de Jean-Louis Roy: chaque réalisation audiovisuelle, pour éviter de distinguer «Film» et «Téléfilm» qui ne différent que par leur mode de diffusion, (la carrière sur grand écran commencée avant de rejoindre le petit) aura été suivie sur RTS Deux d’un ou de deux documents consacrés aux auteurs-réalisateurs. En fin de soirée, après minuit, combien encore de spectateurs?

Hommage au « Groupe 5 »

Ainsi la RTS rend hommage au «Groupe 5», en oubliant «Michel Soutter». Dès 1969 et pour une assez courte période, Lagrange, Goretta (alors employés de la jeune télévision romande), Tanner, Roy et Soutter, collaborateurs réguliers, forment un groupe uni par une idée efficace de production: la télévision sous l’égide de René Schenker accepte d’investir le prix d’une soirée dramatique (soixante mille francs) dans une production qui reste sous l’entière responsabilité du réalisateur qui est souvent aussi producteur.

Michel Soutter (1932-1991) devant l'affiche des "Arpenteurs" (1972) © ERLING MANDELMANN

Michel Soutter (1932-1991) devant l’affiche des « Arpenteurs » (1972) © ERLING MANDELMANN

Rappeler quelques titres du «Groupe 5», c’est souligner son importance: «Charles mort au vif» (Tanner), «James ou pas» (Soutter), «Le fou» (Goretta), «Black out» (Roy), «La salamandre» (Tanner), «Les arpenteurs» (Soutter), «Retour d’Afrique» (Tanner), «L’invitation» (Goretta). Ces films ont presque tous en commun d’avoir fait belle carrière en festivals, accumulé de précieux dossiers de presse. Certains ont rencontré un large public international.

Le rôle de la télévision dans l’opération? Le risque pris par le directeur d’alors et ses plus proches collaborateurs d’avoir osé dire «Oui» à une proposition qui revenait à passer un budget de théâtre filmé à la co-production d’un film.

La télévision  d’aujourd’hui rend hommage à quatre seulement des cinq, Michel Soutter oublié! Mais le «nouveau cinéma suisse» des années soixante n’est pas né avec le «groupe 5». Il y eut déjà des auteurs de films en Suisse romande avant, Henry Brandt, assurément. Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy, Alain Tanner étaient de bons « cinéastes » avant la création du «Groupe 5» et Lagrange grand « téléaste »

Un coffret DVD

La cinémathèque, en co-production avec la RTS, vient de préparer un coffret DVD qui comprend deux longs-métrages de fiction restaurés à partir des originaux, «L’inconnu de Shandigor» de Jean-Louis Roy et «Les arpenteurs» de Michel Soutter et trois documents assez peu connus, mais rares et précieux, «Docteur B, médecin de campagne» d’Alain Tanner, «Les motards» de Claude Goretta et «La dernière campagne de Robert Kennedy» de Jean-Jacques Lagrange. Ces documents audiovisuels ont le mérite de rappeler qu’il n’y a pas de hiérarchie entre le cinéma et la télévision quand l’œuvre repose sur une volonté de créativité en toute liberté. Des bonus et des textes accompagnent les films numérisés.

Marie-France Boyer dans "L'inconnu de Shandigor" de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

Marie-France Boyer dans « L’inconnu de Shandigor » de Jean-Louis Roy, qui connait une nouvelle jeunesse dans sa version renovée par la cinémathèque

On peut se procurer ce coffret auprès de:

www.cinematheque,ch/boutique

ou de:

https://boutique.rts.ch/35-dvd

pour le prix de 42 francs ( port en sus)

La promotion faite par la cinémathèque

 Dans le numéro 288, septembre/octobre 2016, en un petit format, avec des caractères souvent petits, la cinémathèque consacre une dizaine de pages à cette «Rétrospective». Sa publication pourrait prendre le chemin d’une intéressante revue historique sur le cinéma, dans laquelle on aimerait lire plus souvent des citations de critiques suisses.

Il était juste de profiter de l’occasion pour attirer l’attention sur des acteurs pas forcément déjà «célèbres» au début des années 7o, les Jean-Luc Bideau, François Simon, Bulle Ogier, Miou-Miou, Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant, Jacques Denis, Michel Robin, Juliet Berto, Philippe Léotard ou Maurice Garrel. Ils furent parmi les «complices» de ce «Groupe 5» important mais éphémère dans sa durée, quelques années, mais qui ne s’oublie pas.

Jean-Luc Bideau et Jacques denis dans "La salamandre* d'Alain Tanner (1971)

Jean-Luc Bideau et Jacques Denis dans « La salamandre* d’Alain Tanner (1971)

Dans une sorte d’éditorial, Gille Pache, alors encore directeur des programmes de la RTS et Frédéric Maire, directeur de la cinémathèque, prennent la peine de signaler que l’hommage rendu à cinq «pionniers» genevois qui ont su trouver une reconnaissance internationale ne doit pas ignorer d’autres qui, parfois restés discrets, appartiennent à la même génération de cinéastes en suisse romande, les Yersin, Reusser, Edelstein, Butler, Amiguet, Champion, Schüpbach, Gonseth, etc.

Texte sur les sites de la RTSR et de la RTS

 Sur la page d’accueil de notre site RTSR, on trouve en bonne place une mise en valeur du programme actuel du «cinéma suisse à l’affiche de cet été», qui a donc un lien étroit avec le coffret DVD dédié au Groupe 5.

En cliquant sur:

http://www.rts.ch/fiction/7878083-le-groupe-5-nouvelle-vague-romande.html

on trouve quelques lignes intitulées en gros caractères

Il était une fois…

 L’introduction tend à faire croire qu’ils ne sont que cinq, désormais nobles représentants du troisième âge, en seuls “pères” du “nouveau cinema Suisse romand” des années soixante. C’est aller vite en besogne de citer les noms de ceux qui, quadragénaires ou proches de l’être, représenent la relève, les Ursula Meier, Lionel Baier, Jean-Stéphane Bron et Frédéric Mermoud, plutôt quadragénaires. Comme s’il n’y avait eu personne entre les deux générations, que la cinémathèque cite et que la RTS oublie.

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière - Claude Goretta (1977)

Isabelle Huppert (Pomme) dans La dentelière – Claude Goretta (1977)

La présentation, ensuite, de Jean-Louis Roy, d’Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter (pour le moment oublié par sur les écrans de la RTS), Jean-Jacques Lagrange est d’un meilleur niveau que l’introduction qui ressemble beaucoup à une “brève” dans l’esprit du “téléjournal” ou d’un réseau sur internet.

Et sur les différents écrans, que se passe-t-il?

( à suivre)

Et que dire de ces «vieux» films?

(A suivre)

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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