Fictions

Quartier des banques (III)

Très curieux et même impatient de découvrir les deux derniers épisodes de cette série, même si la programmation en duos me semble aller à contre-sens de l’esprit de la série faite pour être découverte épisode par épisode ( RTS 1 – jeudi 30 novembre 2017 dès 21h15 – Mais, en face, sur France 3, il y a la fin d’une admirable série, « Un village française » – du « play-tv » personnel dans l’air !!!)

Importante co-production romando-belge

Le RTS ne propose guère plus d’une série récurrente par année. Elle y consacre un budget important, trois millions environ, donc cinq cent mille francs par épisode, dix mille francs au moins la minute. Le prix à la minute consenti par des chaînes comme la RTS ou plus importante qu’elle est souvent plus élevé. A noter aussi que « Quartier des banques » a bénéficié d’une co-production avec la Belgique qui a permis de disposer d’un  budget de près des cinq millions. Il vaut la peine de s’arrêter sur cette série, poussé aussi par l’intérêt personnel porté à ce secteur de la création audiovisuelle.

Tournage au Grand Hotel Kempinski
Lauriane Gilliéron et Brigitte Fossey

Le service de presse de la RTS a donc réussi à provoquer un certain nombre d’articles de promotion, d’information complétés parfois par une appréciation qualitative appelée « critique ». La mise à disposition sur internet de certains épisodes avant diffusion permet cette réflexion, même si elle se fait rare. Les mesures de l’audimat servent aussi et trop souvent de jugement de valeur. Il faudrait que toute émission s’inscrive dans la moyenne, ce qui impliquerait que celle-ci augmente d’année en année…

Le choix des acteurs

 L’idée de la série est née à la RTS, l’écriture a été conduite sous direction romande. Le tournage a eu lieu à Genève et dans ses environs, avec une incursion au moins à Chypre (sauf erreur). La majorité du financement provient de Suisse. Le réalisateur est suisse. La RTS est à féliciter de s’être associée non plus à une grande chaîne française dominante, mais à une chaine belge un peu semblable à elle, la RTBF.

Dans l’ensemble, les acteurs font bien leur travail, appuyés par des dialogues simples et efficaces. Les personnages principaux, la famille Grangier et son conseiller juridique, Me Bartholdy, sont bien servis par leurs interprètes.

Bartholdy (Féodor Atkine) lors du gala de charité

Laura Sepul, dans le rôle d’Elisabeth, qui mène l’enquête et donc s’inscrit comme le vrai moteur de la série, est belge. La reine-mère, Blanche Grangier, est jouée par Brigitte Fossey, actrice française. Arnaud Binard, dans le rôle de l’étrange Alexandre Grangier, amant de la femme de son frère, est français. Féodor Atkine, le dominant et astucieux Me Bartholdy, est un français de lointaine origine russe et polonaise.

Certes, Paul Grangier, personnage dans le coma depuis son discours inaugural du premier épisode, permet de montrer un acteur suisse profondément endormi, Vincent Kucholl, à la verve qui fait le succès de « 26 minutes » ! Son épouse Virginia, jouée par Lauriane Gilliéron, est pour le moment plus connue comme ex-Miss Suisse » assurément séduisante que comme actrice.

Dans une série majoritairement suisse, la distribution, d’un fort bon niveau professionnel, n’est, pour les personnages principaux, guère romande mais même pas tellement belge, puisque tournée vers la France. Il y a là tout de même quelque chose d’un peu gênant !

En regardant une série, le téléspectateur ne voit pas le financement, ni l’écriture, encore moins le travail en coulisses des techniciens de l’image, du son, du montage, l’organisation de la production, etc. Peu lui importe que la production soit majoritairement suisse. Il voit surtout les lieux du tournage et les acteurs

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Mettre une note !

Etablir un échelle de valeur permet de « résumer » d’un « chiffre » une réaction personnelle face à tout « objet » audiovisuel quelle que soit sa nature.
0 : nul   / 1 à 3 : bas de gamme / 4 à 6 : milieu de gamme / 7 à 9 : haut de gamme / 10  : chef-d’œuvre
Vu d’abord sur ordinateur, les épisodes 1 et 2 : 7 pour le premier, 6 pour le second. Revus en survol les nos 1 et 2 ensuite le 3, sur ordinateur sur petit écran : 7 et 6 confirmés, 5 pour le troisième : tendance à la baisse ? Vu l’épisode 4, sur « play tv » : ce sera 6.
Moyenne : 6, donc clairement à ce stade dans le haut du milieu de gamme, là où se trouve aussi « Station horizon ». « Parmi les séries RTS de ces dernières années, « Dix » est la (ma) meilleure, avec un 7 : dans le bas du haut de gamme !

« Quartier des banques » : sur quatre axes

 Avant même de voir le premier épisode, un point très positif a déjà été mis en valeur : on quitte l’ambition cantonale du Tour de Romandie pour s’ouvrir à la co-production avec la RTBF. ( cf « Quartier des banques ? Mérite d’être vu ! » en ligne depuis le 12.11.17).

« Quartier des banques » est majoritairement suisse. La réciproque conduira certainement à une série majoritairement belge avec participation suisse romande minoritaire. La RTBF a tout de même un peu d’avance sur la RTS, aussi bien en quantité qu’en qualité : il suffit de rappeler l’existence de récentes séries belges comme « Beau Séjour », « La trève » ( saison 2 en cours de tournage), « L’ennemi public » ( saison 2 aussi en projet) pour s’en convaincre. Elles sont appréciées dans plusieurs pays, mais ce n’est pas sur la RTS, sauf erreur, que nous les avons rencontrées.

Pour mémoire, « L’ennemi public » : Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud), enquêtrice efficace au passé mystérieux (Photo RTBF)

Les considérations qui suivent reposent sur une vision des trois premiers épisodes sur ordinateur personnel et d’une vision partielle lors du passage à l’antenne de deux premiers épisodes le jeudi 16 novembre 2017.

La série s’engage donc sur quatre axes :

1/ une saga familiale, celle des Grangier sur trois générations, enfants compris

La « Reine-mére » chez les Grangier ( Brigitte Fossey – photos RTS)

2/ une enquête d’esprit policier conduite surtout par Elisabeth qui ne croit ni à l’accident, ni à la tentative de suicide de son frère encore à l’hôpital dans le coma

3/ le fonctionnement d’une banque privée avec les flux d’argent qui vont et viennent, en particulier ceux d’une inquiétante cliente russe qui porte sur un bon nombre de millions

4/ les conséquences de la fin du secret bancaire sous la pression américaine, puisque nous sommes en 2012.

Le titre, « Quartier des banques », ne donne guère d’idée de ces quatre axes.

Sur chaque axe, on pourrait ou il faudrait s’interroger sur l’écriture, le jeu des acteurs et leur présence, sur la mise en scène qui se termine au montage pour finaliser l’organisation du récit. Mais peut-être est-ce s’imposer un trop complet chemin d’approche.

Laura Sépul (Elisabeth Grangier) et Féodor Atkine (Maître Bartholdy) : personnages forts interprétés par d’excellents acteurs…

Tout réside donc dans le poids de chacun des axes. Force est tout de même de constater, probablement dès l’écriture, que la saga familiale et l’enquête « policière » occupent plus de place, d’une manière assez lisible en général , que les flux d’argent et la disparition du secret bancaire. En même temps, les scènes « familiales » sont mieux conduites que les celles d’actions.

Détour par Berne

Une partie relative au secret bancaire est traitée au niveau fédéral, en particulier par des déplacements à Berne. La séquence de la rencontre avec une conseillère fédérale est assez peu crédible. On avait vu un « vrai » conseiller fédéral dans l’introduction, y compris alors qu’il faisait une déclaration. Fausse piste : difficile de penser même un peu à Mme Widmer-Schlumpff. Séquence peu crédible !

C’est évidemment se prononcer sur un choix fait déjà dans la phase d’écriture en regrettant que le secret bancaire et les flux financiers soient tout de même assez peu abordés alors que la saga familiale et l’enquête « policière » sont assez longuement traités et fort bien conduits. On en sait plus ainsi sur la famille et l’enquête que sur le fonctionnement d’une banque et la fin d’un secret qui aura fait le bonheur financier de « la » banque suisse.

Cette remarque qui reflète un regret personnel porte probablement sur des options faites au moment déjà de l’écriture.

Quartier de banques ? Mérite d’être vu!

 La série récurrente, un des secteurs où la télévision peut apporter beaucoup de créativité, n’est pas seulement américaine, anglaise, française, italienne ou allemande ( même si l’on connaît mal les deux dernières sous nos latitudes francophones). Elle nous vient aussi de chaînes de Belgique, d’Islande, de Finlande, de Norvège, de Suède, du Danemark, d’Israël, etc. La RTS est capable de proposer au moins une série ambitieuse par année, depuis 2010. Pour mémoire, citons (année du premier passage à l’antenne) : « Dix » (2010), « T’es pas la seule » (2011), « Crom » (2012), « L’heure du secret I » (2012), « Port d’attache » (2013), « L’heure du secret II » (2014), « A livre ouvert » ( 2014), « Station horizon » ( 2015), « Anomalia » ( 2016) : neuf séries en sept ans. Voici « Quartier des banques », six épisodes par duos, à voir les 16, 23 et 30 novembre 8 (RTS1- vers 21h00).

« DIX », série RTS 2010, Bruno Todescini

Tour de Romandie

Toute série originale est bien entendu destinée au public de son bassin de diffusion. La RTS s’efforce de satisfaire les différentes régions regroupées dans la RTSR. Elle a donc « promené » les personnages de ses séries à Genève(Dix), dans le vignoble de la côte vaudoise (T’es pas la seule), à Yverdon (Crom), dans le Jura neuchâtelois (L’heure du secret I et II), le Bas Léman (Port d’attache), Lausanne (A livre ouvert), le Valais (Station horizon) ou la Gruyère (Anomalia). Habile tour de Romandie, que ce savant mélange de cantons (auquel manque le Jura) ou de régions. Signe peut-être de « prudence » ou d’une certaine « timidité ».

Station horizon
Une moto, une station-service, un mas et deux drapeaux, le paysage de montagnes dites sublimes, le personnage principal, Joris Fragnière, à peine sorti de prison dans STATION HORIZON ( Photo Joy Louvin – RTS)

Tentative de meurtre ?

Avec « Quartier des banques », nouvelle incursion à Genève. Mais il se pourrait cette fois, et ce serait très bien ainsi, qu’il s’agisse d’une ambition plus large, pour pouvoir s’inscrire dans une sorte de compétition internationale qui permet aux uns de découvrir les autres. Le « quartier » est situé à Genève. Mais il va s’agir d’une banque « locale, alors qu’en 2012, le secret bancaire est en train de céder sous les coups américains. La famille Grangier est à la tête d’un établissement privé, alors que Paul, « banquier-de-l’année », est dans le coma, suite à une prise d’insuline exagérée. Accident, tentative de suicide ? Elisabeth, éloignée de sa famille, revient pour enquêter : elle pense son frère a été victime d’une tentative de meurtre. Mais pouquoi ?

La fratrie Grangier et Me Bartholdy (PHOTO RTS)

Co-production avec la Belgique

Premier signe de cette volonté d’ouverture : les producteurs romands, dont la RTS, ont pour partenaires la RTBF. Il s’agit donc d’une co-production dont le coût dépasse les quatre millions de francs – aux environs de quinze mille francs la minute, plutôt dans le haut pour une chaîne de télévision de l’importance de la RTS. La co-production a aussi le mérite de garantir un passage ans un deuxième pays. Elle pourrait ouvrir la voie à une prochaine co-production avec la Belgique majoritaire.

« Quartier des banques » s’inscrit assez bien dans la série des séries honorables produites ces dernières années par la RTS, même sans atteindre les sommets.

Tournage « Quartier des banques », avec Virginia Grangier ( Lauriane Gilliéron, Photo RTS)

Finance, banque et enquête

L’écriture permet de mélanger les questions financières internationales à travers une banque privée genevoise tout en donnant à une famille et à ses problèmes beaucoup de place, l’intrigue reposant aussi sur une sorte de « polar » avec enquêtrice non-professionnelle. Parmi les personnages importants, on citera Paul, qu’on ne voit guère puisqu’il est dans le coma dans les premiers épisodes, sa sœur Elisabeth avec sa curiosité, bien interprétée par l’actrice belge Laura Sepul. Forte présence aussi de Féodor Atkine, dans le rôle de Me Bartholdy, le conseiller juridique de la famille Grangier.

Quartier des Banques:

Paul et Virginia  Grangier (Photo RTS)

Voici quelques-unes des raisons d’être curieux. Bien entendu, nous y reviendrons après le passage à l’antenne de deux premiers épisodes, en premier rideau le jeudi 16 novembre 2017 vers 21h00, pour parler qualités … et défauts.

 

Un peu plus de séries suisses?

Bilan romand : trois tous les deux ans !

(Temps de lecture : environ trois minutes / Quatre images du tournage de « Quartier des banques », série RTS -Point Prod à l’antenne en novembre 2017)

Pour mémoire, citons les séries récurrentes de fiction de la RTS depuis 2010 ( année de projection) :

2010 : « 10 », « En direct de notre passé »

2011 :   « T’es pas la seule »

2012 : « Crom », « L’heure du secret I »

2013 :« Port d’attache »,

2014 : «  L’heure du secret II »,   « A livre ouvert »

2015 : « Station horizon »

2016 : « Anomalia »

2017 : « Quartier des banques »

En huit ans, onze séries ont été produites par la RTS, ce qui donne un rythme de trois séries tous les deux ans, mais une seule par année depuis 2015. Le budget d’une série d’origine entièrement romande peut dépasser les trois millions.

A noter que le Tour de Romandie des lieux d’action est à peu près complet : Vaud la Côte ( T’es pas la seule), Yverdon (Crom), Jura surtout neuchâtelois, deux fois (L’heure du secret), Lac de Genève (Port d’attache), Lausanne ( A livre ouvert), Valais (Station horizon), Fribourg ( Anomalia), Genève (Quartier des banques).

Faire des économies

 Serpent de mer au rendez-vous, décidément presque annuel, les économies : (« Le temps » – 23 août 2018 – dans un texte de Nicolas Dufour, intitulé « La RTS veut se rapprocher de son public » :

« Chargée de faire des économies, la RTS a notamment réduit son rythme de production de fictions. Cette année, une seule série sera lancée, mais sur laquelle la chaîne, avec des partenaires belges, mise beaucoup « Quartier des banques », drame familial en milieu financier ». (sortie probable le 9 novembre  2017)

 Booster la fiction

 En novembre dernier, au cours d’en entretien paru dans la « Tribune de Genéve » ( 26/27 novembre 2016), le futur patron de la SSR-SRG, Gilles Marchand disait :

J’aimerais booster notre offre de fiction, faire plus de films, plus de séries. C’est la capacité d’un pays à se raconter. Les Scandinaves ont réussi à développer une culture de la série. Mais cela demande des moyens, des partenaires. Je suis prêt à collaborer avec les cablo-opérateurs et les entreprises de télécoms pour y arriver(..) L’objectif serait d’avoir un peu moins de séries étrangères et un peu plus de fictions suisses.

 Entre le moment où la décision est prise de mettre en production une série, parfois après une longue période préparatoire, et l’apparition du résultat à l’écran, trois années au moins peuvent passer. Il n’y a pas de contradiction entre une seule série nouvelle sur l’écran de la RTS en 2017, toutes décisions à son propos prises par son directeur, et une déclaration d’intention pour le futur, qui ne peut pas être concrétisée avant 2018 ou même 2019. Il n’en est pas moins important de rappeler les intentions du patron de la SSR-SRG à moyen terme.

Viser l’international

 La production de séries, depuis assez longtemps déjà, prend une place de plus en plus grande dans le monde télévisuel de l’imaginaire. Mais une série peut aussi connaître une carrière économique intéressante, par des ventes ou des échanges avec d’autres chaînes.

 

Les USA, dans la fiction spécifiquement télévisuelle donc la série, dominent le monde, comme le fait le cinéma hollywoodien. Mais le petit écran et ses dérivés, avides d’heures de fiction, font bon accueil à d’autres fournisseurs. On connaît assurément mieux les séries venues d’Islande, d’Israël, de Belgique, tant francophone que flamande, d’Israël, de Norvège, de Suède et surtout du Danemark que le cinéma issu de ces pays.

Une série exportable finit par contribuer au financement d’une autre série. Les pays que nous venons de citer sont tous exportateurs. Les séries suisses, avec ses trois chaînes nationales basées sur trois langues, peinent à trouver des diffusions à l’étranger.

On peut donc, en prenant acte du « désir » de fiction exprimé par celui qui est désormais le patron de la SSR-SRG, souhaiter qu’une série suisse (romande) puisse conquérir non seulement le public régional en premier rideau le samedi soir, mais aussi des chaînes de diffusion dans beaucoup d’autres pays. Ce serait un moyen de « booster » la fiction produite par notre télévision.

La RTBF: un exemple pour la RTS?

En dissertant de séries récurrentes, le 3 mars 2017, nous avons décrit la politique de la RTBF mise en place depuis quelques années et pris en compte le «désir» de Gilles Marchand, prochain directeur de la SSR-SRG de «booster notre offre de fiction, faire plus de films, plus de séries». Dans ces considérations, priorité est donnée aux séries récurrentes de cinq épisodes au moins, chacun d’une durée égale ou supérieure à quarante minutes.

Bruno Todeschini, dans « Dix » (2010), la meilleure série de la RTS ces dernières années, avec « Station Horizon » (Photo RTS)

Des comparaisons entre la RTBF et la RTS méritent d’être faites.

Population

RTBF: 11 millions d’habitants, quatre millions environ de francophones, y compris à Bruxelles.

RTS: environ deux millions de francophones pour huit millions et demi d’habitants.

Chaînes

Belgique francophone: La Une, La Deux, La Trois / site internet

Suisse romande: RTS Un / RTS Deux / site internet

Parts de marché

RTBF, passe de 19 % il y a 5 ans à 25 % actuellement

RTS, assez stable, 33 à 34 % en premier rideau ( de 18 à 23 heures)

 Budget (radio et télévision confondues)

RTBF , 300 millions ( en francs suisses)

RTS, 400 millions par an

Séries récurrentes

RTBF: en principe quatre séries de dix épisodes d’environ 50 minutes, ce qui assure 40 semaines à l’écran,  en premier rideau le dimanche soir.

Angelo Bison (Guy Béranger, au centre), accueillli après sa sortie de prison, dans *L’ennemi public » (Photo RTBF)

RTS: trois séries tous les deux ans, donc dix épisodes de 50 minutes qui apparaissent en premier rideau le samedi soir.

Séries récurrentes

Coût d’un épisode de 50 minutes:

RTBF: 250 mille francs

RTS: 450 mille francs

« Staton Horizon », meilleure série de la RTS avec »Dix »,  aurait mérité de revenir en deuxième saison.

Coût à la minute

RTBF: 5000 francs

RTS: 9000 francs

Investissements en % sur les séries « récurrentes »

 RTBF: dix millions pour quatre séries de dix épisodes (un peu plus de 3%)

RTS: Trois séries en deux ans, 4 millions pour une dizaine d’épisodes (1% environ)

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Remarques

L’accueil du public suisse romand face à une série suisse romande est en général assez bon. Il est probable que l’accueil d’une série belge francophone par le public belge francophone le soit aussi.

Les séries récurrences de Suisse romande n’atteignent pas (pas encore?) de public international, sauf à travers TV5. Et la RTS n’indique guère la manière dont ses séries passent en Suisse alémanique et au Tessin: bizarre disrcrétion, signe d’un manque de considération d’une région à l’autre?

Un paysage du Semois, dans « La Trève* : la série a été présentée sur un grand écran d’une salle à Bruxelles en même temps que sur le petit, intéressante expérience ( Photo RTBF)

Deux séries récurrentes francophones belges , «La Trève» et «L’ennemi public» ont bien accueillies à l’étranger («L’ennemi public» dans un dizaine de pays).

La vente de séries à des pays étrangers est considérée par les responsables de la RTBF aussi comme une source de revenus. Même au tarif minimal de 100 francs la minute, dix pays représentent au moins mille francs la minute, donc le 20% de l’investissement de base ( cinq mille francs la minute). Autrement dit, le rendement international d’un quart des séries devrait permettre d’en produire une cinquième. La vente peut être remplacée par un échange: une série de cinq épisodes remplirait ainsi dix soirées!

Mais l’accès à un marché international n’a pas qu’une valeur financière. Il est évident que notre connaissance de l’Islande, du Danemark, de la Suède, de la Norvège et désormais de la Belgique est enrichie par la découverte de séries récurrentes, y compris sous un angle à composante «touristique».

Une série récurrente, opération coûteuse, ne doit pas seulement s’inscrire au moins dans la moyenne annuelle de la chaîne qui la diffuse. Elle devrait être assez audacieuse pour sortir des frontières du rayon de diffusion de la chaîne dont elle est l’émanation.

Pourquoi la Belgique francophone fait-elle mieux, actuellement, que la Suisse romande? Je n’en sais fichtre rien! A la RTS, le manque d’audace commence peut-être dès l’écriture freinée par l’obligation de la présence en premier rideau du samedi soir?

« Faire plus de films, plus de séries »? Une excellente « politique » pour un proche avenir, que seule une entreprise publique forte peut conduire…

 

« Désir » de séries récurrentes

 En février 2012 apparaît sur ARTE (en même temps en Belgique) une série récurrente qui fera date: «Borgen», issue de la télévision de service public d’un pays de 5.7 millions d’habitants, le Danemark. Elle arrive sur RTS Un en septembre. Il se passe quelque chose: la série sera reprise dans au moins trente pays différents. Et d’être alors quelques-uns à poser la question: «A quand l’équivalent d’un «Borgen» en Suisse». Réponse parfois entendue: il faudra bien vingt ans pour y arriver!

«Booster notre offre de fiction»

L’attente pourrait être abrégée, à croire certaines déclarations précieuses du futur Directeur de la SSR-SRG, Gilles Marchand qui, dans la Tribune de Genève (26-27 novembre 2016), parlait de sa future politique des programmes en ces termes:

J’aimerais booster notre offre de fiction. Faire plus de films, plus de séries. Car c’est la capacité d’un pays à se raconter. Les Scandinaves ont réussi à développer une culture de la série. Mais cela demande des moyens (…) Il faut savoir qu’une fiction américaine achetée nous coûte 100 francs la minute. Une fiction produite en Suisse, c’est 14’000 francs ( … ) L’objectif serait d’avoir un peu moins de séries étrangères et un peu plus de fictions suisses..

 Où en est-on, dans quelques «petits» pays, avec les séries récurrentes, celles que l’on peut classer dans au moins le haut du milieu de gamme? Quelques exemples:

Pays par pays

 Islande: 330 mille habitants, deux séries, «Trappel» et «Meurtre au pied du volcan» ont brisé les frontières pour s’exporter dans un plus ou moins grand nombre de pays.

L’image illustre le titre
( Meurtre au pied d’un volcan – photo ARTE)

Suède: 9.7 millions d’habitants, «Meurtres à Sandham» et surtout «Reals humans» ont fait parler d’eux à l’international. Pour la Norvège, 5.2 millions, ce sont: «Lylihammer», «Occupied», «Mammon».

Danemark, 5,7 millions: la liste est longue, qui commence il y a vingt ans avec «L’Hôpital et ses fantômes» et s’enrichit de «Borgen» dès 2010, «Bron», «Killing», «1964», «Traque en série», «Norskov», «Follow the money», parfois en plusieurs saisons.

Sidse Babett Knudsen (Brigitte Nyborg), la magnifique actrice en présidente dans « Borgen » la meilleure des séries citées dans ce texte

 Il faut retenir côté flamand de la Belgique, «Salamander» et le très attendu « Beau Séjour» (dès le 02.03.17 sur ARTE qui joue un précieux rôle de défricheur dans ce domaine des séries non-américaines), côté francophone «La Trève» et «L’ennemi public» qui vient de terminer sa carrière sur TF1, qui n’est pas particulièrement habituée à montrer une série récurrente exigeante en premier rideau.

 « Beau Séjour », une mise en scène réaliste, presque comme dans un reportage, pour une morte qui enquête sur sa propre mort : à coup sûr, intéressant, mais …. ( photo ARTE)

La plupart des séries citées ont été exportées, donc «vendues» ou «échangées», dépassant ainsi la seule présentation sur la chaîne d’origine. Les informations à leur propos permettent d’affirmer que ces séries sont généralement bien accueillies sur le marché régional ou national dont elles sont l’émanation. Le passage à l’étranger est ainsi tout bonus

Côté Suisse, en Romandie, deux titres: «Dix» et «Station horizon». Il est difficile d’y ajouter le «Croque-mort» alémanique. On ne sait pas grand chose, ici, de séries tournées à Zürich ou Lugano, si tant elles qu’il en existe! La communication audiovisuelle en télévision n’est pas une préoccupation prioritaire!

L’exemple de la bilingue Belgique

 Depuis la mise en ligne du texte qui précède celui-ci sur le blog, il m’a paru intéressant d’aller chercher des informations complémentaires sur ce qui se passe actuellement en Belgique francophone, sous la direction de François Tron, un français issu de France 2 devenu responsable des antennes puis directeur général de la RTBF. En novembre 2016, «Téléobs» lui faisait passer par écrit un «grand oral». Voici quelques informations glanées dans ce texte et ailleurs.

En 2013, la RTBF ne vouait guère d’attention aux séries récurrentes. Décision fut alors prise, entre francophones y compris ceux de la région de Bruxelles, potentiellement 4 millions d’habitants, de lancer un appel à projets de séries récurrentes. Il y eut 140 propositions. Une dizaine fut retenue. Chaque projet était enraciné dans une partie du pays mais son sujet avait potentiellement une force romanesque qui lui permettait d’éventuellement retenir l’attention hors des frontières linguistiques nationales.

Décision fut prise de financer un pilote d’une dizaine de minutes pour ces projets. Quatre furent finalement retenus. Deux sont terminés, «La Trève» qui a déjà intéressé plusieurs pays, dont les USA par le groupe Netflix et surtout «L’ennemi public» dont TF1 vient d’achever la diffusion, déjà vendu dans une dizaine de pays.

Cette volonté de sortir de la région de production est un calcul clair. La RTBF s’est interrogée sur la télévision au début des années 2020. Il est apparu que l’apport de la publicité (le 25% du budget en Belgique, comme en Suisse) risquait bien de diminuer, celle-ci de plus en plus tournée vers internet et les réseaux sociaux. Dès lors, décision fut prise de produire quatre séries de dix épisodes d’un peu moins d’une heure pour occuper l’antenne durant quarante semaines. Et d’emblée, «la Trève» et «L’ennemi public» auront brisé les frontières linguistiques nationales. Réussir à exporter une série, c’est aussi faire une bonne affaire et contribuer au prestige de la création audiovisuelle du pays d’origine, quelle soit due à la télévision et/ou au cinéma.

Intéressante comparaison à faire – prochainement – entre la RTBF et la RTS, avec ce salut à « L’ennemi public » qui vient d’être présenté de manière un peu surprenante sur TF1:

Montage pour « L’ennemi Public » (Photo RTBF)

Séries belges

 Que sait-on de la Belgique et de sa partie francophone si l’on dispose, comme source d’information, de la seule télévision romande? A dire vrai, pas grand chose: Bruxelles n’a pas le pouvoir attractif de Paris. Que sait-on de la RTBF, la télévision d’environ quatre millions de francophones parmi les onze de belges? Pratiquement rien: les cablo-distributeurs, attentifs à proposer de nombreuses chaînes françaises, ignorent la télévision généraliste de service public de Belgique. C’est regrettable: la francophonie pourtant existe! Les cablo-distributeurs de Belgique consacrent deux euros par abonné pour alimenter un fonds de création audiovisuelle. Faire comme les Belges ne conduirait pas les sociétés suisses de distribution à la ruine!

( Vient de paraître, LE MEDIATIC no 195 -Mars-Avril 2017. En pages 4 et 5,  intéressant entretien avec le futur Directeur Général de la SSR-SRG, Gilles Marchand. A propos de l’investissement actuel de 27.5 millions de francs chaque année pour soutenir le cinéma suisse, M.Marchand dit :

La création d’un fonds permettant d’irriguer de manière plus dense qu’aujourd’hui la production cinématographique suisse serait la bienvenue. Je souhaite que des diffuseurs comme Swisscom ou Cablecom, qui font profit grâce à nos programmes, y contribuent. De même, les fenêtres publicitaires pourraient laisser une petite partie de leur marge en Suisse pour nous aider à faire plus de co-productions. Je vais essayer d’agir dans ce sens.(..) 

Et si la RTSR soutenait une telle démarche????  (  23.02.17 – 15h05)

Connaît-on la production des séries de Belgique? Mal; assurément moins bien que les nombreuses séries de France atteintes directement sur les chaînes françaises ou proposées souvent en priorité sur les écrans de la RTS.

Hasard du calendrier, découvert lors d’une lecture de « Télérama » il y a quelques instants (Edition du 22.02.17 – page 73) : le jeudi  2 mars dès 21h, ARTE présente les deux premiers épisodes d’une série de la Belgique flamande, « Beau Séjour ». Le résumé, dit « pitch », est assurément séduisant: Une adolescente assassinée recherche son meurtrier, dans une campagne hors du temps. Une première image intrigante: (23.02,17 – 16:00)

 

La série de la télévision belge flamande a été récompensée à « Séries Mania 2016 » d’un Prix du Public ( photo ARTE)

 

Le budget annuel de la RTBF se situe aux environs de trois cents millions d’euros, pour un public potentiel de quatre millions sur onze, budget couvert à 75 % par l’Etat et 25 % par la publicité. A première vue, situation assez semblable à la RTS, mais avec un public potentiel francophone belge double du romand!

Dans le domaine des séries, on a pu glaner ici ou là plusieurs productions entièrement ou partiellement belges. «The Team» associait dans une enquête sur la mort de trois prostituées les télévisons du Danemark, d’Allemagne et de Belgique, avec une participation montagnarde de l’Autriche. On y trouvait un acteur suisse, Carlos Léal. (Juillet/août 2015 sur RTSun vers 22h30).

Carlos Leal dans « The Team », en journaliste belge (Photo RTS)

«Salamander» , tournée en 2012, sortit en janvier 2015 sur la chaîne romande: cette série fort intéressante, mais touffue, d’origine flamande serait restée inédite dans la partie francophone de son pays d’origine. Il en fut question dans ce blog le 10 février 2015.

«La Trève» a été présentée par la RTS en juin et juillet dernier 2016. Le fil rouge décrit les conséquences de la mort d’un jeune footballeur d’origine africaine. Durant cette période fleurissait l’Eurofoot!

Ces trois séries oscillent, au gré des souvenirs, entre le haut du milieu de gamme et le bas du haut. Elles méritent donc d’être citées.

Voici une nouvelle série belge, incontestablement à inscrire dans le haut de gamme, «L’ennemi public», qui apparaît de manière inattendue sur «TF1» qui n’a pourtant pas l’habitude d’introduire dans son premier rideau des fictions qui ne craignent pas les complications nées de personnages ambigus et contradictoires. Il faudra revenir sur ses évidentes qualités de cette série.

Les trois plus importants personnages de « L’ennemi public », Chloé Muller (Stéphanie Blanchoud), Guy Béranger (Angelo Bison) et Lucas Stassart (Clément Manuel) ( Photo RTBF)

 

Compliqués, ces lundis soirs qui offrent actuellement trois épisodes de «L’ennemi public» entre 21h et 00h10 sur TF1, un seul de «Big little Lies», très attirante série américaine sur RTS Un entre 22h40 et 23h30, puis, toujours sur RTS Un, un numéro un de la troisième saison de «Les américains» entre 23h30 et 00h15. Cruel embarras du choix! Heureusement, il y les présences sur internet en «play-tv» durant sept jours. Il faudra donc revenir sur ces trois offres, deux inscrites dans le haut de gamme, trois en pariant sur les qualités de «Big little Lies».

« GOTHARD » en rafale!

 «Gothard», deux fois nonante minutes, est un fort bon produit audiovisuel, un gros investissement financier, qui a pour personnage principal le premier tunnel des années 1880. Il soulève de multiples questions, donne certaines réponses, qu’il faut parfois s’en aller chercher dans des compléments d’informations proposés sous la forme de documents télévisés. Jamais jusqu’ici, la SSR-SRG n’avait consenti un tel effort financier. Abordons d’abord les conditions de son existence, avant de s’arrêter plus tard à son apport historique et à son intérêt audiovisuel.

"Souvenir" mitigé de l'étrange, insolite et peu compréhensible ballast inaugural de mai 2016

« Souvenir » mitigé de l’étrange, insolite et peu compréhensible ballet inaugural du 1 juin 2016 – Photo RTS

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Lundi 28 novembre 2016, «Histoire vivante» propose «Les hommes du Gothard» d’un duo tessinois, Maria Casella et Paul Nicol, adapté en français par la RTS. Ce document est le résultat du suivi de quelques mineurs pendant plus de dix ans, pour s’arrêter, bien sûr, à juin 2016, alors que l’inauguration officielle réunissait plus de notables que de travailleurs de l’ancien chantier. Efficace simplicité, avec ses chapitres annoncés en sous-titre : d’une belle richesse humaine, un grand respect pour les personnes interrogées, une excellente manière de préparer la rafale suivante.

Inauguration - histoire vivante - le chantier du sièdle

Photo de l’inauguration de 1882 – Le chantier du siècle – Histoire vivante – (RTS)

Dimanche 11 décembre, RTS 2 offre «Tunnel du Gothard, le chantier du siècle». Encore un excellent document, mais cette fois il s’agit de l’autre, le «vieux», celui de 1880 ou 1882, déjà le «plus long du monde», avec quelques centaines de mètres de plus que son aîné du Fréjus- Mont-Cenis. Petit miracle: apports fort intéressants d’historiens de trois origines linguistiques, appuyés par des photos: presque passionnant pour qui rend tient aussi à apprendre des choses qu’il ne savait pas. Etrange: de belles images d’aujourd’hui, en couleurs apparaissent à l’appui de certaines déclarations. Elles «sentent» le neuf.

Pas d’aujourd’hui (11 décembre), vraiment de demain: lundi 12 décembre 2016, voici la plus coûteuse production de fiction de la SSR-SRG, commandée par Zürich, fortement appuyée de Lugano, avec Genève un peu en retrait. Presque en même temps sur les trois chaînes qui forment la SSR-SRG. Chose rare, dans notre paysage télévisuel qui ne sait guère travailler en commun!

Photo d'époque - Entrée nord du tunnel - 1880 - Histoire Vivante (RTS)

A Chacun sa programmation

«Gothard» est donc un téléfilm de 180 minutes environ, en deux parties de 90. Le réalisateur, Urs Egger, a signé des dizaines de contributions surtout pour la télévision.

Au Tessin, «Gothard» a été présenté le dimanche vers 20h40 et le lundi peu après 21h00. En Suisse alémanique, deux premiers rideaux aussi, dimanche et lundi, juste après 20h00. La RTS fait preuve d’originalité: le lundi 12 la projection commence à 20h45 pour se terminer juste avant minuit, Il y aura bien sûr entre les deux parties un entracte, alors que remonte dans certaines mémoires «Entracte, le moment de fumer une bonne Laurence». Enfin, la pub!

La solution romande n’est pas la meilleure des manières de mettre en valeur un duo de téléfilms qui méritaient mieux: combien de personnes à 21h00, à 22h00, à 23h00, pour combien encore à 23h45? Il sera intéressant de le savoir!!

La solution romande n’est probablement pas la meilleure. Mais on peut s’interroger sur le principe même des deux épisodes de nonante minutes.

En télévision, l’unité la plus naturelle, c’est l’heure, qui permet d’y glisser une ou plusieurs plages publicitaires. En fiction, la série est construite pour le «un-par-un», même si les duos sont de mises à tout le moins sur les chaînes francophones que nous suivons. On peut se demander si «Gothard» n’aurait pas pu être construit comme une mini-série de quatre épisodes d’une cinquantaine de minutes proposés quatre soirs de suite en milieu de premier rideau – après 20h et avant 21h? Il n’y a plus aucune raison pour que la télévision continue de faire des complexes face à cinéma! Surtout quand elle ose un investissement élevé!

Le poids de l’investissement

 «Gothard» est-il destiné à ne passer que sur le téléviseur et ses dérivés ou pourrait-il être vu sur grand écran. La toute première projection publique et gratuite eut lieu le mardi 2 août sur la «Piazza grande» le jour précédant l’ouverture du festival, pour quelques milliers de spectateurs. Après? Pas de nouvelles de la présence de Gothard sur grand écran.

Le coût de l’opération: onze millions de nos francs. La SSR-SRG et ses trois unités d’entreprises ont pris en charge 5,7 millions de francs. Les partenaires allemand et autrichien couvrent le 30%, soit 3,3 millions de nos francs. Ce partenariat implique que «Gothard» sera ou aura été vu en Allemagne et en Autriche.

Deux millions proviennent de différents soutiens au cinéma. Lesquels? Il y avait dans le temps une émission qui s’appelait «questionnez, on vous répondra!». Il y a des moyens peut-être de la faire revivre. Nous y reviendrons, informations demandées…

Pour un téléfilm à prétention «hollywoodienne», expression employée sauf erreur dans un téléjournal, en comparaison internationale, ce n’est pas très élevé. Au plan suisse, c’est beaucoup, en télévision, c’est donc donné comme un record. Le moyen de mesure à disposition, c’est celui du coût à la minute d’antenne. Une série américaine amortie sur son marché national vaut à l’achat en général cent francs la minute. Un «Temps présent» de 5o minutes oscille entre deux mille et trois mille francs la minute. Une série comme «Station horizon» tourné autour de treize mille francs. Avec «Gothard», onze millions pour 180 minutes, en trois versions différentes, cela donne environ soixante mille francs la minute. C’est en effet beaucoup!

Gotthard Making-of 2015 Carlos Leal (M.) und Statisten am Set Copyright: SRF/Dusan Martincek NO SALES NO ARCHIVES Die Veröffentlichung im Zusammenhang mit Hinweisen auf die Programme von Schweizer Radio und Fernsehen ist honorarfrei und muss mit dem Quellenhinweis erfolgen. Jede weitere Verwendung ist honorarpflichtig, insbesondere auch der Wiederverkauf. Das Copyright bleibt bei Media Relations SRF. Wir bitten um Belegexemplare. Bei missbräuchlicher Verwendung behält sich das Schweizer Radio und Fernsehen zivil- und strafrechtliche Schritte vor.

Il y a des scènes tournées en studio ou en décors naturels. Un village entier à été adapté pour faire revivre Goeschenen. L’entrée du tunnel a été organisé dans une carrière en Tchéquie. L’intérieur du tunnel, sur une centaine de mètres, a été construit dans une halle immense en Allemagne. Les figurants, donc les costumes, se comptent par centaines. Même sur le seul petit écran, on voit l’argent investi. Et la SSR-SRG a su associer les trois régions, à des degrés divers, pour une réalisation «commune». Opération économiquement réussie…. Opération culturelle assez réussie… Nous y reviendrons…

Gothard : un « blockbusker » suisse?

Le lundi 12 décembre 2016, après la projection du téléfilm « Gothard » sur RTS Un à 20h40, vous pourrez tout savoir sur le film avec son making of, sous-titré en français, à 23h15 sur RTS Deux.

 Impatient de découvrir ce « blockbusker » qui semble bien aussi faire place aux « anonymes » de la construction….Intercalées dans le texte, quelques images « SSR-SRG » qui, même petites, doivent donner une idée de la qualité du film sur lequel nous reviendrons dès mardi 13.

Coproduction présente à Locarno d'Urs Egger

Le tournage le plus imposant jamais fait par la télévision suisse, une co-production à 70 % SSR-SRG et 30 % entre ZDF ( Allemagne) et ORF (Autriche) ! Il aura duré douze semaines, pour un film de deux fois nonante minutes ( entre deux et trois minutes utiles par jour). La présence d’une co-production avec l’Allemagne et l’Autriche garantir une sortie au moins télévisée dans ces deux pas. Au générique, mention est aussi faite d’un partenaire à Prague, ce qui vaudra peut-être au film une sortie en Tchéquie.

Le tunnel ? Reconstitué à Cologne! Son portail nord? Construit dans une carrière près de Prague! Coùt total pour la SSR-SRG? 5,73 millions (selon une source unique, le « Le Matin-Dimanche » du 11.12.16.). Donc en tout 8,2 millions environ, pour 180 minutes : 45 mille francs la minute! A comparer avec le coût d’une série comme « Station horizon », aux environs de 13/14 mille francs la minute. En comparaison internationale? Confortable! Pour le Suisse? Un gros effort!

Gotthard Buch: Stefan Dähnert Regie: Urs Egger Produktion: SRF/Zodiac Pictures Carlos Leal als Louis Favre bei den Dreharbeiten in Gletsch Copyright: SRF/Oscar Alessio NO SALES NO ARCHIVES Die Veröffentlichung im Zusammenhang mit Hinweisen auf die Programme von Schweizer Radio und Fernsehen ist honorarfrei und muss mit dem Quellenhinweis erfolgen. Jede weitere Verwendung ist honorarpflichtig, insbesondere auch der Wiederverkauf. Das Copyright bleibt bei Media Relations SRF. Wir bitten um Belegexemplare. Bei missbräuchlicher Verwendung behält sich das Schweizer Radio und Fernsehen zivil- und strafrechtliche Schritte vor.

Dans la partie «rédaction» du générique, on note la présence, côté suisse, de la SRF (Zürich), RSI (Lugano). Pas de mention faite à la RTS, malgré une présence romande, celle de Carlos Léal, pour interpréter le romand Louis Favre, personnalité relativement importante pour la construction du tunnel. Pas d’ouverture vers la moindre chaîne française et italienne. Le tunnel du Gothard en télévision réunit la suisse alémanique, le Tessin, l’Allemagne et l’Autriche.

Gotthard SRF Schweizer Film Buch: Stefan Dähnert Regie: Urs Egger Produktion: SRF/Zodiac Pictures¨ Motiv 8 Streikführer: Tommaso (Pasquale Aleardi, M.), Giuseppe (Walter Leonardi, re.) und Sprengmeister (Mark Zak, li.) Copyright SRF/Lukas Zentel NO SALES NO ARCHIVES Die Veröffentlichung im Zusammenhang mit Hinweisen auf die Programme von Schweizer Radio und Fernsehen ist honorarfrei und muss mit dem Quellenhinweis erfolgen. Jede weitere Verwendung ist honorarpflichtig, insbesondere auch der Wiederverkauf. Das Copyright bleibt bei Media Relations SRF. Wir bitten um Belegexemplare. Bei missbräuchlicher Verwendung behält sich das Schweizer Radio und Fernsehen zivil- und strafrechtliche Schritte vor.

Le film a été présenté à Locarno l’été dernier en avant-première. Ensuite? Pas de grand écran! Seulement le petit et ses déclinaisons. La première sur les chaînes nationales le jour même où le nouveau plus long tunnel ferroviaire du monde, celui de 2016, commence sa véritable exploitation. Pourquoi pas une sortie sur grand écran? Voici l’image soignée, le son attentivement construit réservés au seul petit écran du téléviseur et aux miniaturisations sur tablettes et autres des portables. Il est vrai que se poser la question de la beauté des images et des sons ne touche que quelques vieux «crocodiles» attardés préoccupés par l’esthétique.

Gotthard SRF Schweizer Film Buch: Stefan Dähnert Regie: Urs Egger Produktion: SRF/Zodiac Pictures¨ Hauptmotiv 10 Ein schwarzer Tag auf der Baustelle: Giuseppe (Walter Leonardi, Mi.) trauert um Leo (Silvia Busuioc, liegend) Copyright SRF/Lukas Zentel NO SALES NO ARCHIVES Die Veröffentlichung im Zusammenhang mit Hinweisen auf die Programme von Schweizer Radio und Fernsehen ist honorarfrei und muss mit dem Quellenhinweis erfolgen. Jede weitere Verwendung ist honorarpflichtig, insbesondere auch der Wiederverkauf. Das Copyright bleibt bei Media Relations SRF. Wir bitten um Belegexemplare. Bei missbräuchlicher Verwendung behält sich das Schweizer Radio und Fernsehen zivil- und strafrechtliche Schritte vor.

Mais évidemment, l’important, c’est le nombre. Les centaines de milliers de spectateurs, c’est devant les petits écrans qu’on les rencontre. Rarement au cinéma. Même pas pour une histoire de tunnels ferroviaires, le plus long du monde de 2016 qui était déjà le plus long en 1882.

Séries survolées

Rappel de critères personnels mais assez largement partagés :

à qualités ressenties comme égales

+ il y a plus de plaisir à suivre une série récurrente qu’une unitaire

+ la suivre un par un ou en rafales vaut mieux qu’en duos qui rappellent trop le cinéma dans les salles, avec long-métrage coupé par un entracte

+ en soirée, une diffusion vers 21h est plus alléchante qu’en nocturne («notre» RTS met bien en valeur ses productions propres entre 19h et 21h).

Il ne se passe pas une semaine sans que la montée en force de la notion de série soit confirmée. Exemple récent: l’affiche géante qui attire l’attention sur «The young Pop» reste visible dans nos rues. Certes, il s’agit aussi d’une campagne de «Canal+» à la recherche de ses abonnés perdus….

Et maintenant, survolons, dans l’ordre « Westworld », « Games of Thrones », « Person of Interest!

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 Westworld

(RTS Un – lundis – un par un – deuxième rideau avant minuit – VOST)

 La fabrique d’androïdes, son personnel, sa vie, ses conflits d’une part, la bourgade de l’autre, dans un grand espace de l’Ouest américain avec ses spectacles joués par les androïdes pour de vrais spectateurs qui arrivent par le rail. Ce pourrait aussi très bien être une manière de raconter comment passer de l’écriture du scénario à sa réalisation sur une scène où se trouve le public parmi les acteurs. C’est ambitieux. On en arrive parfois même à frôler quelques raisonnements «métaphysiques». L’affrontement entre le Dr Robert Ford, créateur du parc, un peu marginalisé par certains de ses collaborateurs, et Dolorés Abernathy, belle et douce jeune femme qui commence à se poser des questions sur elle-même, va dans cette direction (épisode 5 – lundi 31 octobre).

 Jeffrey Wright ( Bernard Lowe), directeur de la programmation du parc) et Anthony Hopkins ( Dr Robert Ford, créateur de la fabrique et directeur du parc) (Photo RTS/HBO)

Jeffrey Wright ( Bernard Lowe), directeur de la programmation du parc) et Anthony Hopkins (Dr Robert Ford, créateur de la fabrique et directeur du parc) (Photo RTS/HBO)

Curieux sentiment tout de même d’un peu d’inégalité entre les épisodes, de hauts et bas à l’intérieur, avec recours fréquents à des affrontements en champs puis contre-champs uniquement sur les visages. Ce trouble pourrait bien naître de la difficulté qu’il y a de repérer qui est androïde et qui est humain, les acteurs et les spectateurs confondus. Pourquoi? Je n’ai pas (encore) compris quels signes permettent de reconnaître les uns et les autres. Mais il se peut que la série soit rigoureusement construite sur cette imperméabilité. A trop se poser cette question, on risque de perdre le fil, d’autant plus qu’il faut lire les sous-titres. La violence excessive qui peut surprendre n’est tout de même pas inquiétante: le personnel de la fabrique dispose d’un efficace atelier de réparations.

Dolorès dans le paysage (Photo HBO)

Dolorès dans le paysage
(Photo HBO)

La diffusion est accompagnée du logo rouge. Pourquoi diable? A cause de la violence prise au premier degré? Satisfaction personnelle oscillante!

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Games of thrones

(RTS Un – lundis – un par un – en noctunre )

Faute d’avoir appris la géographie des royaumes, j’ai perdu pied depuis assez longtemps. J’y reviens parfois pour constater que la mise en scène reste pareille à elle-même, d’excellent niveau, dans son alternance de violences et d’intimités.

Cersei Lannister (Lena Headey), reine gérante des Sept Couronnes (Macall B.Polay - HBO)

Cersei Lannister (Lena Headey), reine gérante des Sept Couronnes (Macall B.Polay – HBO)

Intéressante information trouvée sur internet: aux USA, la progression en millions de spectateurs, reprises comprises, est régulière, avec en moyenne une audience de 2.5 millions (saison 1) passant par 3.8, 5.0, 6.8, 6.9 puis 7.7 (saison 6 terminée en juin). Encore faudrait-il savoir ce que représentant ces millions pour HBO aux USA.

Le lundi 7 novembre 2016, la RTS aura peut-être fait preuve d’un maximum d’originalité en proposant l’épisode 6 de la saison 6 à 00h55: record battu! C’est probablement une programmation qui doit apporter de nouveaux adeptes à la reprise de l’épisode en «play tv» pendant sept jours! C’est la faute au «Loup de wall street», le grand film de Martin Scorsese, qui dure 180 minutes, en hommage à la présidentielle américaine.

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Person of Interest

(RTS Un – Jeudis – en duos – en premier rideau – cinquième saison en cours)

Cette série américaine appartient à l’ensemble des unitaires, un récit par épisode. Mais avec une demi-douzaine de personnages qui réapparaissent d’un épisode à l’autre, avec leurs liens qui évoluent, elle dispose de qualités récurrentes précieuses, tout comme par exemple «Docteur House». La cinquième saison, en cours, avec ses treize épisodes, pourrait bien être la dernière. Fera-t-on exploser la Machine?

Originalité dans la présentation de "Person of Interest" ( Photo RTS)

Originalité dans la présentation de « Person of Interest » ( Photo RTS/Warner Bros)

Allergique, je l’aurai été assez longtemps à cette Machine qui prévoit les crimes au fonctionnement de laquelle je ne comprenais pas grand chose. J’ai picoré puis, au fil des saisons, augmenté la dose. Tout de même pas à en  devenir «fan»! Certains des responsables de la série font belle carrière. Il y a son créateur, Jonathan Nolan, qui est dans le coup de «Westworld». Et on retrouve aussi dans le générique J.J.Abrams dans le rôle d’un des producteurs, lequel Abrams passe aisément du petit au grand écran. Il aura signé un film d’auteur étonnant, «Superhuit». Ils s’en tirent bien dans des formes différentes d’anticipation!

Michael Emerson, à la démarche singulière, joue Harold Finch, le milliardaire inventeur de la Machine. L'acteur fut aussi l'étrange Benjamin Linus de "Lost"

Michael Emerson, à la démarche singulière, joue Harold Finch, le milliardaire inventeur de la Machine. L’acteur fut aussi l’étrange Benjamin Linus de « Lost »(Photo RTS/Warner Bros)

De l’avis d’observateurs attentifs de l’univers des séries, «Person of Interest» est allée en s’améliorant d’une saison à l’autre. Reste à savoir si la remarque est fondée. Il se pourrait que cette Machine qui sait tout, invention de la science-fiction, existe ailleurs, sous d’autres noms, ceux de la CIA et de la NSA acquises à la surveillance généralisée.

Et puis, en 2013 Edward Snowden a parlé. Oliver Stone vient de lui consacrer un film. La Machine de «Person of Interest» n’est plus une invention. C’était une parabole sur la réalité. Et c’est ainsi qu’une série gagne des galons qui ne lui auront pas été attribués immédiatement.

Avertissement

Ce blog propose des regards subjectifs émanant de contributeurs membres d'une SRT. C’est un espace de liberté de ton qui ne représente pas le point de vue de la RTSR mais bien celui de son auteur.

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